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CHAPITRE XV

VÉRIFICATION DE L'ÉTAT ASEPTIQUE DES FILS A UOATURES ET DES OBJETS DE PANSEMENT

On s'assure de Tétai aseptique des (ils à ligatures et des objets de pansement par Tépreuve bactériologicjue, dont voici le principe :

On prélève, avec les précautions nécessaires pour éviter toute contamination extérieure, un échantillon du lil à ligature ou de Tobjet de pansement en se servant de pinces et de ciseaux flambés. Cet échantillon prélevé est ensuite plongé dans un bouillon Je cullure stérile. Si, après incubation, on perçoit un trouble du bouillon, c'est que l'échantillon n'est pas aseptique.

11 faut donc, tout d'abord, préparer des tubes de bouillon de culture stériles.

A cet égard, nous engageons le pharmacien à avoir toujours, dans son officine, une certaine provision de ces tubes de bouillon non seulement pour vérifier l'état aseptique des pansements, mais aussi répondre aux besoins du médecin pour les cas où celui-ci voudrait examiner un liquide au point de vue bac-

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Itériologique ou, plus simplement, s'assurer si un biquide organique quelconque est stérile ou non, I Le bouillon de culture le plus fréquemment em- Iployé esl le bouillon de bœuf au de veau additionné ■de peptono- Peur le préparer, on prend 500 grammes Ide viande de bœuf ou de veau, débarrassée des os, Ide la graisse^ des tendons, aponévroses, etc. ; on la Ihache très finement,

I La pulpe obtenue est mise à macérer, à froid et Ipendant vingt-quatre heures, dans 1 litre d'eau dispillée déjà stérilisée- Au bout de ce temps, on jette ne tout sur uu linge mouillé et on exprime. On comrolëte le volume à l.OOO centimètres cubes avec de h'sâu distillée.

I Dans le macéré aqueux, on ajoute l(ï grammes ■de cblorure de sodium, 20 grammes de peptone sèche [et 1 gramme de phosphate disodique ou de phosphate Ide potasse.

I Le mélange est soumis ensuite à une ébultition ld*une demi-heure; on écume, on dégraisse et on Ijjltre sur papier Chardin préalablement humecté Id^eau.

I F^e bouillon filtré est franchement acide ; on le pieutralise par addition^ goutte k goutte, d'une solupion de carbonate de soude ; une légère alcalinité Eue présente, du reste, aucun inconvénient. Si, après ^saturation, le liquide se trouble^ on le filtre a nouveau.

I Le bouillon limpide est alors versé dans un makrâs stérile que Ton bouche avec un tampon d^ouate

et on slérilisc à Tautoclave à 120® pendant vinf^t à trente minutes.

Pour transvaser ensuite le liquide dans les tubes à essai, passés au four à flamber, on se sert de la pipette Chamberland [fig, \\) stérilisée, garnie d'un tampon de coton à sa large tubulure et scellée de Taulre. On brise la pointe fermée que Ton flambe,

Fui. ii. — Pipette «le Chauiberlîind.

j)iiis on plonge cette tubulure dans le bouillon et on aspire. Le liquide est ensuite réparti dans les tubes à essai, tenus aussi inclinés que possible pour éviter toute contamination par Tair pendant cette opération. Les tubes sont obturés par un tampon d'ouate après avoir été flambés à leur extrémité supérieure. Pour être certain qu'il n'y a pas eu de contamination pendant cette répartition, on fera bien d'autoclaver les tubes encore pendant dix minutes à 120°, après

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[avoir protégé le bouchon d'ouate par un capuchon [de papier ou de caoutchouc.

On s'assure de la stérilité des tubes de bouillon [ainsi préparés en les exposant^ pendant vingt-quatre lôu trente-six heures, dans rétuve à incubation porfiée à la température de îj7 à 38".

Les tubes restés limpides peuvent seuls être considérés comme stériles.

Au lieu du bouillon de bœuf ou de veau, on emi ploie souvent aussi, comme milieu de culture liquiiic, [la solution suivante :

Gélatine blanche. 2 gr.

PeptonR sèche .....,....,.,. 1 —

Chlorure de sodium 0,:>0 centij^r»

Eau distillée 101) gn

On fllcalinise nettement au moyen d'une solution [de carbonate de soude.

On Jiltre, on stérilise et on répartit ensuite le [liquide, comme précédemment» dans des tubes h fessai.

Les tubes à culture étant prêts, on peiTt alors pro- Icéder a répreuve bactériologique d'un 111 à ligature [ou d'un pansement.

On prélève, avec des pinces et des ciseaux flam-

Ibés, nu échantillon de Tobjet à éprouver au point de vue de son aseplîcité, L*échantîllon est tenu dans la pince au moyen de la maîn gauche; d autre part, on saisit, de la muin droite^ un tube â bouï!lun

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dont on flambe la partie supérieure à Ja flamme d'un bec Bunsen; le liibe est débouché par les doigts de la main gauche restés libres, et on introduit dans le bouillon k partie prélevée du fil ou du pansoment. On romûl sur Je tube le tampon de colon^ on llambe à nouveau la partie supérieure du tube que Ton met ensuite dans une étuve à incubation chauffée à 37^

Si, au bout de vingt-fyuatre ou de quarante-huit heures, le tube de bouillon ne s'est pas troublé, il y a des probabilités pour que réchantiîlon prélevé soit stérile. Nous disons « des probabilités », car il peut arriver que certains fils à ligatures non aseptiques ne produisent pas de cultures dans le bouillon,

(rosi ainsi que MM, Hallion et Car ri on ont remarqué que les catguts, plongés dans un premier bouillon où on les laissait séjourner^ ne produisaient pas de cultures, tandis qu'ils troublaient un second bouillon où on les avait ensuite transportés. Ce résultat tenait à ce fait que les brins de catgut ensemencés étaient imprégnés d'une substance antiseptique, qui s'opposait au développement des microbes dans le premier liquide de culture où ils avaient subi une sorte de lavage, et où ils s'étaient débarrassés du sublimé dont ils étaient imprégnés. Aussi leur transport dans un second bonîllon amenait-il une culture, indice de contamination.

Nous conseillons donc, lors d'une épreuve bactériologique d'un objet de pansement et surtout d'un fil à ligature dont on ne connaît pas la composition du

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liquide conservateur, de laver le prélèvement dans de Teau stérilisée. On le laisse macérer dans celte eau stérile, pendant quelques heures, à la température de 25 à 30°, pour enlever toute substance antiseptique, et c'est ensuite qu'on procède à Tépreuve bactériologique.

Si, dans ces conditions, le bouillon reste stérile après un séjour d'environ quarante-huit heures dans une étuve chauffée à 37-38", on est assuré de l'asepticité de l'objet éprouvé.

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