CONCLUSIONS
l“Nousavons essayé de montrer à quelle précision il faut arriver dans ces mesures, à quelle technique serrée il faut s’astreindre pour obtenir des indications exactes. En ceci, comme pour toutes les recherches psychiques, ilfaut posséder sa technique au point de l’appliquer inconsciemment sans avoir besoin de la surveiller. Toute l’atten^tion doit être donnée à l’examen du sujet et à la direction de l’expérience : mais en même temps le fonctionnement normal de l’appareil doit être si présent à l’expérimentateur qu’il s’aperçoive inconsciemment du moindre désordre.
2° Ces mesures sont un de nos rares moyens d’atteindre, dans l’organisme le plus élevé, la manifestation la plus complexe de l’activité nerveuse les fonctions mentales. Sans doute on ne pénètre encore que leur durée, sans atteindre au mécanisme intime : on ne mesure que la rapidité et la régularité : mais elles sont indice de quelque chose plus profond, l’attention. C’est par là que la psychométrie peut rendre de précieux services en clinique mentale et nerveuse, aussi bien qu’en psychologie et en pédagogie. Ainsi l’ont appliquée à l’étude des états morbides Buccola {op. cit.) Feré {Pathol, des Emotions. Paris, 1892), Nadler(ya/e /a6om^. 1896) etc. en étudiant parleurs oscillations les maladies de l’attention. Le docteur Pierre Janet(l) a cru voir, au contraire, dans la régu-
(1) P. Janet, Nl-nroses et idées fixes, T. I, p 91 (1897). La principale série citée à l’appui de cette théorie d’automatisme cojiiprend 180 réactions obtenue.s en 30 minutes: ce qui suppo.se dos intorvallc.s tels que l’on n’ait pas perdu une .seconde même en remontant Tinstruinent ou notant les chiffres, etc.
larité et la rapidité des réactions, un indice d’automatisme au lieu d’attention ; mais l’exemple qu’il en cite nous semble peu concluant, les réactions qui oscillent entre 0”10 et 0”15 n’étant ni très courtes ni très régulières.
3® Poura-t-on aller bientôt plus loin que cet examen de l’attention ou de la distraction? La découverte de Lange sur la différence des réactions motrices et sensorielles avait fait espérer tirer de ces mesures le diagnostic du type mental, les moteurs devant donner des réactions motrices mieux coordonnées sur ce point ; mais les résultats ne sont pas concluants.
Il n’en reste pas moins que nous sommes ici en présence d’une nouvelle méthode d’investigation exacte, préci.se, et par conséquent bonne à mettre en œuvre.
Vu : Le Président de la Thèse, G. GARIEL.
Vu : Le Doyen, BROUARDEL.
Vu et permis d’imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.
BUZ.VNÇAIS (l.\Dfi.F.), I.MPRIMF:RIË DEVERDUN El’ JAGUIX.