INDICATION SOMMAIRE ET RAPIDE DU CONTENU DE CE LIVRE
(La table détaillée se trouve à la fin du livre, p. 221).
Introduction. But et plan du livre 1
Deux chapitres préliminaires :
Sur le diagnostic de la coxalgie au début dans les cas difficiles. .. 7
Sur le pronostic de la coxalgie suivant les cas 24
Un coup d'oeil rapide sur les lésions anatomiques 30
Traitement : deux parties (technique et clinique).
1° Partie technique.
Un mot sur la nécessité du repos dans la position horizontale pendant la période active de la coxalgie 33
Cadre de repos pour la coxalgie 41
Extension continue : sa technique ; dans quel cas l'on peut y recourir. 46
Quelques mots sur la manière de donner le chloroforme SI
La manière de faire un appareil plâtré de coxalgie 58
Technique de la correction des attitudes vicieuses (avec ou sans chloroforme) 77
Technique de la ténotomie dans la coxalgie 97
Rupture des tendons parla pression des pouces 106
Technique de l'ostéotomie dans la coxalgie 109
— de l'ostéoclasie 117
du traitement de l'abcès (ponctions et injections) 120
— du traitement des fistules 133
— du drainage et de la résection de la hanche 138
du traitement de la luxation de la hanche 146
du moulage de la hanche et de la fabrication des appareils
en celluloïd 154
2° Partie clinique
i" cas : Coxalgie sans déviation 163
2e cas : Coxalgie avec allongement, douloureuse ou non 166
3e cas : Coxalgie avec abcès fermé 172
4e cas : Coxalgie avec fistules 179
S* cas : Les coxalgies avec raccourcissement 185
6° cas : Coxalgie coexistant avec d'autres maladies (coxalgies doubles, coxalgie avec mal de Pott, etc.) 197
Convalescence de la coxalgie. Moyens d'éviter la rechute et de conserver le résultat fonctionnel (massages, chaussures, etc.) 201
Appendice. Un type de coxalgie bénigne et un type de coxalgie grave
après traitement 219
Sommaire. — Ce livre est écrit pour tous les médecins. L'auteur s'y est attaché à indiquer pour chaque déformation congénitale et acquise un traitement, un seul, pratique et simple, que tous les médecins, où qu'ils soient placés, pourront appliquer, ce qui leur permettra de soigner euxmêmes tous ceux de leurs malades qui, pour des raisons diverses, ne pourront jamais aller au spécialiste...
Se refuser à traiter ces malades, sous prétexte qu'il y a des spécialistes, c'est en réalité, pour qui veut voir les choses telles qu'elles sont, condamner les neuf dixièmes de ces malades à n'être jamais soignés.
S'il n'est pas un médecin qui, un jour ou l'autre, n'aura à soigner une fracture, il n'en est pas un qui n'aura à soigner une coxalgie, un mal de Pott, un pied bot, une luxation congénitale, de la hanche, en un mot une déviation congénitale ou acquise.
Et cela est vrai surtout des médecins éloignés des grandes villes.
Or j'estime que tous les médecins peuvent et doivent arriver à soigner une coxalgie comme ils sont arrivés à soigner une fracture, même compliquée.
Tous les médecins le doivent : — car réserver au seul spécialiste le soin des déviations congénitales ou acquises, c'est en réalité, pour qui veut voir les choses telles qu'elles sont, condamner la presque totalité de ces malades à n'être jamais soignés — puisqu'il n'existe dans la France entière que deux ou trois demi-douzaines de spécialistes, — et mille raisons bonnes ou mauvaises empêcheront toujours l'immense majorité de ces malades d'arriver au spécialiste, ce qui veut dire qu'ils resteront ou deviendront infirmes pour la vie.
Tous h s médecins le peuvent : - il n'est pas plus difficile
^ Calot. — Traitement do la coxalgie I
de soigner une coxalgie qu'une fracture ; l'on peut même soutenir que le traitement de la coxalgie comporte moins d'interventions sanglantes, délicates, que celui des fractures compliquées, et je le montrerai dans ce livre.
Ce qui différencie les deux traitements, c'est que l'un est connu et que l'autre ne l'est pas; - - c'est que tous les médecins ont appris à soigner une fracture, et que très peu des médecins de notre génération ont pu apprendre dans nos écoles, avec l'organisation actuelle de notre enseignement, à soigner une coxalgie, un pied bot, une luxation congénitale de la hanche.
C'est dans ce manque d'initiation, si je puis dire, que se trouve l'explication de ce fait, maintes fois avoué et déploré devant moi par bien des médecins, qu'ils n'osent pas se charger du traitement de ces affections orthopédiques qu'ils connaissent mal, et préfèrent s'abstenir et abandonner le malade à son malheureux sort pour échapper ainsi à toute responsabilité. . . comme si l'on ne pouvait pas pécher par omission, comme si leur responsabilité n'était pas aussi gravement engagée parce qu'ils n'ont pas su éviter une infirmité à cet enfant difforme, que parce qu'ils n'ont pas évité la perte de la vue à cet autre enfant atteint d'ophtalmie purulente, — en négligeant de les soigner l'un et l'autre.
Je ne ferais pas ce rapprochement si je n'avais pas la conviction absolue que tous les médecins peuvent arriver à éviter ce dénouement désastreux, aussi bien dans le cas de difformité que dans celui d'ophtalmie purulente.
Ce qui manque aux médecins, ce sont des notions suffisantes, claires et pratiques, et une technique d'exécution facile qui puissent leur permettre de se conduire aussi bien dans le premier cas
que dans le second. , Je le répète, cette insuffisance de préparation est imputable a notre enseignement actuel et nullement aux médecins qui savent faire des traitements (parce qu'on les leur a appris) bien plus ardus et plus difficiles que ceux que comportent les maladies dont je parle.
C'est parce que j'ai cette conviction et cette certitude, c'est parce nue tous les médecins français ou étrangers qui m'ont vu a l'œuvre à Berck ont partagé cette conviction, que j'ai entrepris la publication de ces opuscules de technique orthopédique, ou je veux donner à tous les praticiens, comme beaucoup me 1 ont demandé, les moyens de se rendre utiles et de conduire a bien les coxalgies, les maux de Pott, les pieds bots, les tumeurs blanches,
les luxations congénitales de la hanche qu'ils auront à soigner désormais.
Comment, dira-t-on, est-ce que vraiment le hesoin de ces nouveaux livres se faisait sentir? N'y a-t-il donc pas, sur ces mômes sujets, des volumes assez nombreux, assez savants, assez complets, signés des noms les plus considérables!
Oui, certes, répondront les médecins dont je parle. Des livres savants, complets, considérables, il y en a beaucoup, il y en a trop!... L'on y trouve les trente-six méthodes différentes, souvent opposées, qui sont ou ont été en cours dans les divers pays et les divers âges pour le traitement de ces maladies; nous devons faire notre choix un peu au petit bonheur, la vérité paraissant changer suivant les auteurs et suivant les latitudes, et lorsque nous nous sommes décidés pour une méthode plutôt que pour une autre, nous n'en tirons généralement aucun profit. Alors nous ne savons plus qui accuser de l'insuccès : la méthode elle-même ou bien notre maladresse à l'appliquer? Et cette incertitude conduit naturellement au scepticisme et bien vite à l'abstention de toute thérapeutique. Ne sachant ni ce que nous devons, ni ce que nous pouvons faire, nous aimons mieux ne rien faire du tout pour fuir toute responsabilité.
Eh bien, tout cela, c'est le chaos; et les spécialistes voudraient nous masquer dans leurs livres, en paraissant désirer nous la révéler, la vérité sur Ces maladies, qu'ils ne s'y prendraient pas autrement.
Ce que nous réclamons de vous, poursuivent-ils, c'est d'abord un exposé de tous les cas qui peuvent se présenter à nous dans la pratique, exposé assez clair pour que nous sachions immédiatement auquel de ces cas rapporter notre malade; ensuite pour chaque cas un traitement, un seul, net et précis, que vous nous apprendrez à appliquer exactement, en guidant à chaque pas nos yeux et notre esprit par l'image et la description écrite de manière qu'il ne nous soit pas possible de nous égarer; vous nous conduirez par la main, du commencement à la fin du traitement. Ce traitement unique, c'est vous qui l'aurez choisi pour nous; nous n'avons ni le loisir, ni la possibilité de le choisir nous-mêmes entre les trente-six procédés que les spécialistes proposent.
Vous nous direz en toute impartialité et sincérité : voici pour chaque ras celui qui m'a le mieux réussi dans ma pratique, celui que je fais actuellement, et voici comment je le fais.
Chaque temps .lu traitement sera indiqué par une figure ou par plusieurs qui auront été faites sur vos indications et d'après vos malades.
Ne craignez pas d'entrer dans des détails infimes, c'est souvent tel petit détail insignifiant pour vous qui nous arrête et nous fait échouer.
Dites-nous ce qui adviendra de notre malade en cours de route avec le traitement; l'évolution la meilleure et la pire; et la manière de nous conduire dans les deux cas...
J'ai répondu à cette demande parce que je crois qu'on peut combler la lacune signalée.
Il y aura bien toujours le tour de main du spécialiste, oui, sans cloute, mais ce tour de main ne compenserait pas pour le spécialiste lui-même l'infériorité qui lui viendrait de la non-observation d'une bonne méthode, - et si vous voulez un exemple, portezvous au chapitre où est étudiée la construction de l'appareil plâtre dans la coxalgie, suivez les indications très simples que je vous donne et je vous promets que vous ferez un appareil plus précis et plus utile que ceux que font à l'heure actuelle bon nombre de médecins réputés spécialistes.
Deuxième exemple, encore plus démonstratif : N'est-il pas au pouvoir du plus modeste praticien de traiter les abcès de la coxalgie et du mal de Pott par les ponctions et les injections? La technique très simple qu'il trouvera dans ce livre lui permettra de guérir ainsi les coxalgieset les maux de Pottsuppurés infiniment mieux et infiniment plus souvent que le plus grand des spécialistes qui interviendrait, à tous coups, le bistouri à la main; or, plus des trois quarts des spécialistes, de par le monde, suivent encore cette pratique désastreuse de l'ouverture des abcès froids symptomatiques...
Mon ambition est grande, on le voit. J'ai voulu écrire les livres nue l'aurais désiré trouver au début de ma pratique pour me guider dans le traitement des déviations et des difformités, - mais que je n'ai pas trouvés parce qu'ils n'existaient pas, - et qui n existen pas davantage aujourd'hui, si j'en juge par les sollicitations dont ai été l'objet de la part d'un si grand nombre de médecins.
11 Y avait un écueil à éviter : puisque j'étais charge de faire un choix entre les divers traitements, de m'arrèler toujours a mon
traitement personnel en me laissant entraîner parfois par mon amour-propre d'auteur, ou un préjugé de système ou d'école.
Le meilleur moyen de me dégager de tout parti pris et d'échapper à tout reproche, c'était de songer toujours et exclusivement aux médecins à qui je m'adresse. Le seul témoignage que j'attends d'eux est le suivant : Nous avons suivi pas à pas le chemin que vous nous avez tracé et nous sommes arrivés exactement au résultat que vous nous aviez promis.
C'est ainsi que je ne conseillerai pas toujours pour les médecins non spécialistes les traitements qui sont les miens ; car il est dans tel cas exceptionnel des traitements un peu plus parfaits mais plus compliqués, qui n'ont leur raison d'être que dans un institut orthopédique muni de toutes les installations désirables, comme celui que nous avons à Berck : traitements qui ne seraient pas pratiques ni même réalisables dans le milieu où se trouve l'immense majorité des médecins. J'ai donc tenu compte de ces nécessités et de ces différences de milieu, n'ayant d'autre objectif, je le répète, que d'offrir aux médecins le moyen assuré d'arriver à des résultats sensiblement aussi satisfaisants que les miens, heureux si je pouvais faire, suivant le mot d'Ambroise Paré, « qu'il n'y eût personne qui ne devint par mes écrits beaucoup plus habile que moi ».
Le volume que je donne aujourd'hui est consacré à la coxalgie. Viendront ensuite, — à très bref délai, — les fascicules consacrés à la technique du traitement des tumeurs blanches (par les injections intra-arliculaires), à la technique du traitement de la luxation congénitale de la hanche, du mal de Pott, de la paralysie infantile, du pied bot, de la scoliose, etc.
En y regardant bien, dans le traitement de la coxalgie, qui parait si complexe, au premier abord, tout se réduit en réalité à savoir 1° assurer le repos de la hanche, 2° corriger une attitude vicieuse, 3° maintenir cette correction très exactement par un appareil plâtré bien fait; à savoir en outre ponctionner un abcès froid et drainer au besoin la jointure de la hanche. Si le médecin sait faire cela, et nous verrons que cela n'est pas difficile avec un bon guide, il sait soigner toutes les coxalgies.
La première partie du livre sera consacrée à V élude technique de ces moyens thérapeutiques.
Dans la deuxième partie, la partie clinique, nous dirons les divers cas, les divers aspects sous lesquels la coxalgie se présente à nous et comment nous devons associer et combiner pour chaque cas les moyens thérapeutiques étudiés dans la première partie.
Voilà pour le traitement.
Mais lorsqu'un médecin est appelé auprès d'un enfant qui a boitillé ou s'est plaint de la jambe, les parents demandent d'abord ce qu'a leur enfant, c'est-à-dire le diagnostic, et lorsque le mot de coxalgie aura élé prononcé par vous, ils vous demanderont aussitôt s'il guérira, comment il guérira et quand il guérira, c'est-à-dire le pronostic, pour ne s'occuper qu'ensuite de ce qu'il y a à faire, c'est-à-dire du traitement.
Il faut que le médecin puisse répondre à ces questions.
Nous ferons donc précéder l'étude du traitement de deux courts chapitres consacrés au diagnostic et au pronostic de la maladie.
Un livre comme celui-ci ne se conçoit pas sans une illustration ' extrêmement soignée.
J'y ai apporté toute mon attention; chaque figure a été étudiée par moi avec mon interne et ami Joseph Fouchou, dont le grand talent de dessinateur m'a été très précieux.
Permettre à tous les médecins de faire le diagnostic de la maladie, même dans les cas à peine ébauchés, dès la période d'incubation, d'établir le pronostic autant que cela est possible, de conduire à bien le traitement quel que soit le cas clinique, quel que soit le milieu où ils se trouvent et les ressources dont ils disposent, tel est, en deux mots, le programme que je me suis tracé.
C'est aux médecins qui m'ont demandé ce livre que je dois le dédier en toute justice; c'est à eux seuls qu'il appartient de dire si je leur donne le guide sûr, fidèle, pratique qu'ils ont réclamé, « le fil d'Ariane solide et tirant bien » qui doit les conduire droit au but.
Si j'ai réussi, si ce livre, qui m'a coûté beaucoup de temps et de peine, atteint son but, s'il comble la lacune que les médecins m'avaient signalée, j'aurai la satisfaction d'avoir élé utile non seulement aux praticiens, mais encore à tant de malades qui, sans cela, n'auraient pas été soignés et se trouvaient fatalement condamnés à une infirmité lamentable ou à la mort, celle-ci souvent plus douce que celle-là...