CHAPITRE VI Chloroformisation
Sommaire. — Critérium absolu de la narcose : conservation du réflexe cornéen, en même temps que sont abolies : la sensibilité générale du sujet et la résistance des muscles des membres. — Par réflexe cornéen on entend la contraction active, immédiate, des paupières (toujours appréciable sur la paupière supérieure), provoquée en touchant de l'index la cornée du sujet.
— Si le sujet est insensible et inerte, la résolution est suffisante pour tout ce qu'on peut avoir à faire : corrections orthopédiques, interventions sanglantes. L'anesthésie est assez poussée. — On est sûr qu'elle ne l'est pas trop, tant que le réflexe cornéen est conservé. La sécurité est alors entière.
— Pendant toute la durée de l'opération, ne dépasser ce degré ni en deçà, ni en delà, et l'entretenir par quelques gouttes de chloroforme administrées de temps en temps 51
Sommaire. — A. — Matériel nécessaire.
1° Pelvi-support improvisé : deux piles de livres de 15 à 20 centimètres de haut et de largeur inégale, placées sur une table de cuisine, la pile plus large supportera les épaules de l'enfant, la plus étroite le sacrum.
2° Un jersey ou lin gilet de tricot, qu'on mettra à l'enfant comme un caleçon, la jambe dans une manche et l'abdomen recouvert par le corps du gilet.
3° A défaut de jersey, de l'ouate ordinaire, non hydrophile, roulée en bandes
de 15 centimètres environ de large et d'un centimètre d'épaisseur. 4° Trois litres environ de plâtre frais à modeler.
5° Dix mètres de mousseline empesée, dont se servent les couturières pour faire des « patrons ». Cette mousseline sera débitée en bandes de 5 mètres de long et de 10 à 12 centimètres de large. On fera ainsi de dix à douze bandes. Six bandes sullisent pour un appareil de taille moyenne. Les dix bandes sont nécessaires pour un grand appareil ou pour un enfant de grande taille.
6" Deux ou trois cuvettes et de l'eau froide.
B. — Personnel.
1° L'opérateur :
2° Un aide «moral», la mère si possible, qui soutienne la tôte de l'enfant et l'encourage.
TABLE DES MATIÈRES
3° Deux aides, un pour chaque jambe, jeunes, forts, inexpérimentés si l'on veut, mais préalablement instruits de leur rôle, et qu'on dirigera par quelques commandements sobres, nets, précis
Application de l'appareil.
L L enfant revêtu du jersey est placé comme le tablier d'un pont sue les deux piles de livres, les épaules appuyées sur l'une et le sacrum sur [autre. La mere lui lient la tète et l'occupe. Les deux aides, — à la rigueur un aide suffirait', - lui tiennent les pieds, tendant les jambes comme les brancards d'une brouette.
2» Explication, « à sec », aux aides, de l'effort qu'ils auront à produire dans quel, jues instants, pendant la prise du plaire, et du sens dans lequel ils devront appliquer cet effort pour assurer, selon les indications particulières a chaque cas, telle ou telle atlilude correctrice ou compensatrice Ces efforts sont de trois sortes :
ti) Rotation du pied en dedans ou en dehors;
b) Traction ou refoulement de la jambe;
c) Abduction ou adduction de la jambe.
3° Bouillie de plâtre. — Dans une cuvette vide et sèche, mesurez cinq verres de plâtre. Ajoutez trois verres d'eau. Gâchez.
Plongez une bande roulée dans cetle bouillie, dont elle s'imprégnera pendant que vous l'y déroulerez et l'enroulerez de nouveau. Vous avez dix à douze minutes avant que se fasse la prise du plâtre qu'elle renferme. — A votre exemple, un aide plâtera les autres bandes, et vous commencerez l'application.
4° Premier temps. - Application des bandes plâtrées. — Débuter par un premier tour de bande en ceinture. Continuer à recouvrir l'abdomen par des circulaires, en déroulant la bande sans pression, continuer par un spica de l'aine, puis circulaires de la jambe jusqu'au point où l'appareil devra s'arrêter, y compris le pied dans les grands appareils. Appliquer ainsi les six ou dix bandes plâtrées, prenant soin d'assurer au niveau du pli de l'aine, qui est le point fragile, la solidité en imbriquant les uns sur les autres plusieurs spicas. A ce moment, l'enfant est soulevé comme une planche horizon laie par les pieds, par le bassin et par les épaules; les deux piles sont rapidement enlevées, et il est déposé sur la table.
S0 Deuxième temps. — C'est celui qui décide de la valeur de l'appareil. Trois préoccupations :
a) Assurer l'adhérence intime du bassin à la carapace plâtrée qui l'entoure. A cet effet, l'opérateur, disposant ses deux mains en gouttière par une demi-flexion des doigts, vient coiffer les deux crêtes d laques en déprimant avec les éminences thénars les fosses iliaques internes, pendant qu'il applique fortement les doigls allongés sur la fosse iliaque externe. En même temps, de toul son poids, il lixe le bassin sur la lable, et il ne bouge plus jusqu'à ce que la prise du plâtre soit complète.
b) Les aides des jambes font : i° la rotation du pied; 2» la traction ou le refoulement de la jambe, suivant le côté; 3° l'abduction ou adduction, telle qu'elle leur a été indiquée.
c) Une troisième personne vient coiffer de ses deux mains comme de deux calottes sphérîques la région du genou, afin de prendre avec le plâtre l'empreinte de la rotule èt des condyles, empêchant ainsi que la jambe puisse tourner dans L'appareil autour de son axe, ce qui se produirait Calot. — Traitemont do la coxalgie 15
TABLE DES MATIÈRES
évidemment, malgré la fixation de l'appareil sur 1rs crêtes iliaques, si l'on n'avait soin d'utiliser tous les reliefs de l'articulation du genou qui forment autant de clavettes entre le manchon plâtré et La jambe. 6» Troisième temps. — Quand le plâtre est définitivement durci, les aides abandonnent leur poste, et ou procède à diverses échancrures qui facilitent la respiration abdominale, la flexion du genou, le pansement d'une fistule, etc.
Un appareil plâtré peut cire défectueux pour deux raisons :
■1° Parce qu'il ne fait pas corps avec le malade. 11 est alors inutile. Ce défaut
vient : „ ... v. a) De la couche d'ouate, souvent trop épaisse, qui est sous 1 appareil el qui empêche le plâtre d'épouser intimement les reliefs, lesquels sont des points d'appui naturels. — C'est pourquoi nous préconisons le simple jersey sur la peau.
6^ De ce que l'appareil, bien fixé au niveau des crêtes iliaques, ne 1 est ' pas suffisamment au niveau de la rotule et ne maintient pas la rotation du pied telle qu'on la désirait. - On a toujours comme ressource, dans ce cas, de prendre le pied dans l'appareil. 90 De ce que l'appareil, tout en étant irréprochable au point de vue de la " contention, ne réalise pas l'attitude de correction ou de compensation désirable
. CHAPITRE VIII Correction des attitudes vicieuses de la coxalgie sous chloroforme.
Sommaire - L'abduction du début de 1 1 coxabjie se corrige aisément sous ch Ta oforme. - Dans les cas douloureux, il s'agit de tuberculose active ,t alors le devoir est de faire la correction par les manœuvres les plus douces e les plu \ brèves. - S'abstenir surtout des manœuvres de mobilisation en
us sens préconisées par Bonnet (de Lyon), qui sont ^ ^ent manœuvres décrites dans tous les livres classiques. - Portai directement S nussi doucement que possible la jambe malade en dedans et en bas. Les ranœ™ Serrées et longues sont dangereuses en ce quelles ieîvS a^er un broiement des fongosités virulentes et provoquer des Fnoculalions au loin. - Si la correction demande pour être compléta des ^«i^reuBes, s'en tenir pour l'instant aune correction partielle
vigoureuses Ces manœuvres sont permises, puisque la tuberculose est lie, atténuée ou même éteinte.
Pour corriger l'abduction, un aide sull.t. Phypercorreclion
abduction forcée pendant plusieurs semaines