COUCHÉE
Sommaire. — Ce repos est obtenu par un cadre ordinaire, facile à construire partout. — Deux sangles fixent le tronc et les deux jambes bien à plat. — Disposition spéciale,' permettant les fonctions naturelles sans nécessiter la mobilisation de l'enfant. — Ce cadre est bien préférable à la gouttière de Bonnet, qui est chère, mal construite, et laisse les enfants se dévier sans qu'on s'en aperçoive. Tous les médecins savent que fréquemment on retire de la gouttière de Bonnet un enfant difforme.
N'est-il pas oiseux de consacrer un chapitre à la manière d'assurer le repos du malade dans la position couchée? Je ne le crois pas.
Il suffît, semble-t-il, de le placer dans un lit.
Oui, sans doute, si le matelas en était dur, régulier, bien plat, et si ce lit pouvait être facilement transporté au dehors, pour permettre à l'enfant de passer toute la journée au grand air.
Il est plus pratique de placer l'enfant sur une planche ordinaire bien rembourrée, plus mobilisable, ou sur le cadre en bois que voici, matelassé de crin, portant de chaque côté des arrêts pour des sangles destinées à brider le corps; ces sangles sont fixées • l'un côté, et se bouclent de l'autre (fîg. 24).
Aux deux extrémités de la planche ou du cadre sont deux anses permettant de porter l'enfant et de le placer soit sur deux chaises, soit sur une voiturette dans laquelle on le promènera. Cette planche et ce cadre matelassé peuvent se fabriquer partout. Votre menuisier ou votre tapissier ordinaires vous les construiront.
Ces moyens très simples sont bons; mais pour les cas où il faut te repos absolument parfait de la hanche, je leur reproche de laisser ballotter l'enfant un peu trop librement, de nécessiter la mobilisation, c'est-à-dire une secousse fâcheuse, chaque fois que l'enfant veut aller à la garde-robe.
Pour supprimer jusqu'à ces petits déplacements, j'ai fait construire des cadres avec une large ouverture médiane, pratiquée au niveau du siège. Dans l'intervalle des garde-robes, cette ouverture
Fiçr. 34. — Cadre de bois ordinaire, garni d'un matelas de nrin et de quatre courroies
destinées à immobiliser l'enfant.
médiane est exactement comblée par un coussin bien régulière-
Fig. 25. — Notre cadre. — Cadro ordinaire modifié avec une ouverture médiane au niveau du siège: ouverture fermée en temps ordinaire par un tampon T qui vient s'y ajuster à frottement.
ment arrondi qui s'y engage à frottement, et ce coussin est soutenu
par une planchette coulissant sur une glissière placée sous le cadre.
Au moment de la garde-robe on tire la planchette, on enlève le coussin et on glisse à sa place un bassin de forme et de dimension semblables, et qui, par conséquent, s'adapte à l'orifice; dès qu'il y est adapté, on tire en dessous la planchette comme pour le coussin, de manière à le maintenir en place pendant tout le temps nécessaire (fig. 25, 26, 27).
Pour assurer plus exactement la fixation des jambes, on peut disposer les sangles des jambes et des genoux une boucle pour chaque jambe (fig. 28).
Fig. 20. — Notre cadro. — A, Bassin en place, vu d'en haut. — B, Tampon matelassé qui vient se loger à la placo du bassin et roste en place dans l'intervalle des garde-robes.
en double boucle
MOYEN D'ASSUHEH LE REPOS DANS LA POSITION COUCHÉE 43 La fixation du tronc est assurée par deux larges sangles, ou par un gilet en coutil passé sur ta chemise, gilet dont les deux épau hères et les bords inférieurs sont fixés par des courroies aux bords du
^Avec la gouttière de Bonnet on arrive également à cette fixation,
Fig. 27. .Notre cadre vu en dessous avec sa glissoire.
mais les gouttières de Bonnet sont chères et ne se trouvent pas partout. Il y a une autre objection plus sérieuse : la gouttière de Bonnet est généralement mal construite, pas assez régulière, pas assez plate; elle se laisse déprimer et déformer, et masque les déviations qui s'y élaborent silencieusement, si bien qu' « on retire souvent de la gouttière de Bonnet un enfant difforme ».
J'aime mieux conseiller
l'emploi du Cadre Ordinaire Fig. 28. — Notre cadre. — La sanglo dos jambes est . , . • it' Tl fixée par son milieu pour embrasser lo membre dans
tel que je 1 ai modifie. Il a unc b*uclQi les avantages de la gouttière sans en avoir les inconvénients; il peut être fabriqué par le plus petit menuisier de village à très bas prix; il sera complété par un matelas régulier et dur fait par un tapissier ou par la mère de l'enfant elle-même. Ce matelas doit être un peu plus épais au niveau du siège, pour maintenir le bassin soulevé, et lutter contre l'enscllure.
On peut adapter à l'extrémité inférieure du cadre des baguettes transversales sur lesquelles, dans une échancrure remplaçant une poulie, passera la corde de l'extension continue (fig. 29).
Je tiens à ce que Les deux jambes soient maintenues pour deux raisons : la première c'est que la jambe saine étant libre pourrait, par ses mouvements exagérés, imprimer quelques secousses au bassin; la seconde, c'est qu'il y a intérêt pour l'avenir à ce que les deux jambes soient mises au même régime de repos absolu pendant la durée de la maladie, surtout lorsqu'on recherche, comme c'est le cas ici, par ce traitement dans un cadre sans appareil plâtré, uni' guérison intégrale.
En effet, la guérison ne pourrait pas être intégrale si l'on main-
Fig. 29. — Enfaut dans son cadre. On voit les deux sangles dos jambes et des cuisses fixées par leur partie médiane et embrassant les membres dans une double boucle. La contre-extension est assurée par le poids du corps pourvu que l'on relève la partie inférieure du cadre par uno~ou deux briques placées sous les pieds du support en bois.
tenait étroitement une jambe (la malade), tandis que l'autre (la saine) serait libre d'évoluer sans entraves dans le lit, d'agir sans discontinuité. Après un an et demi ou deux de ce régime — la jambe bridée serait amaigrie, tandis que la jambe libre serait hypertrophiée très souvent.
Lorsque le malade se lèvera, il ne fera pas des pas symétriques avec une jambe faible et l'autre très solide. Si les deux jambes sont également faibles, au contraire, il leur demandera le même effort, elles reprendront symétriquement et simultanément leur force et leur habileté. Les jambes étant plus égales, la marche en sera plus régulière et la guérison plus parfaite.
J'ajoute que les enfants couchés sont vêtus généralement de longues blouses de flanelle, ouvertes sur la ligne médiane postérieure. On les transporte au grand air dans une voiturette, comme cellesjque nous avons à Berck.