LES LYMPHATIQUES DES CAVITÉS BUCCALES
Aucun d’eux n’a un retentissement électif et primitif sur les ganglions sous-maxillaires et sous-mentaux.
Les lymphatiques de la langue. — Nous ne voulons pas revenir sur la description anatomique du réseau riche et complexe qui y prend naissance.
« Les collecteurs se terminent dans les groupes « sous-hyoïdiens, sous-maxillaires et les ganglions de « la chaîne jugulaire interne.
« Mais l’importance réciproque de ces différents « groupes ganglionnaires est loin d’être la même en « tant qu’aboutissant des lymphatiques de la langue. « Les ganglions sus-hyoïdiens ne reçoivent que « quelques Iymphatiques de la langue. Quant aux « ganglions sous-maxillaires, seul le plus antérieur « d’entre eux a des lymphatiques linguaux comme « affluents directs et les trois ou quatre troncs qui « aboutissent à ce ganglion ont un territoire restreint
« aux bords latéraux et à la partie marginale de la « face dorsale de la langue.
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« Par contre, tous les ganglions de la chaîne jugu- « laire interne compris entre le ventre postérieur du « digastrique et le point où les vaisseaux sont croisés < par l’omo-hyoïdien, peuvent recevoir des lympha- « tiques venus de la langue. En particulier, l’amas « ganglionnaire dit ganglion de Küttner situé juste « au-dessous du ventre postérieur du digastrique est « un des aboutissants les plus importants des lym- < phatiques de la langue. » (Poirier.)
Ici donc, territoire lymphatique beaucoup plus complexe dont les ganglions sous-maxillaires ne représentent qu’un élément.
— Les lymphatiques de la voûte palatine : se terminent dans la chaîne sous-sterno-mastoïdienne.
— Les lymphatiques du plancher de la bouche : ïl semble qu’on puisse leur appliquer exactement tout ce qui a été dit pour les lymphatiques linguaux.
— Les gencives ont des collecteurs lymphatiques externes, les plus importants, qui vont aux ganglions sous-maxillaires et sous-mentaux mais aussi des collecteurs internes qui, largement anastomosés avec les précédents, vont aboutir aux ganglions sous-digas-
triques de la jugulaire interne.
— Les lymphatiques des fosses nasales, enfin, aboutissent aux ganglions rétro-pharyngiens et aux ganglions supérieurs de la chaîne jugulaire interne et, très accessoirement, aux ganglions sous-maxillaires (Poirier).
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En résumé: au point de vue purement anatomique,
— la face muqueuse des lèvres supérieure et infé-
rieure, — Ja face cutanée de la lèvre inférieure, — la peau du menton,
— Ja joue (face cutanée) au-dessous d’une horizontale passant par la commissure,
sont les territoires qui envoient leurs lymphatiques
électivement et uniquement dans les ganglions sous-
maxillaires et sous-mentaux.
Cette conclusion demande cependant quelques atténuations.
« L’anatomie fournit certes des renseignements « précieux, elle permet de prévoir l’envahissement « habituel, de comprendre certains envahissements « rares, mais elle ne donne pas la certitude absolue. « À elle seule, elle ne permet pas de savoir quels « seront les territoires envahis par le cancer ni la « fréquence de cet envahissement. C’est l'étude ana- « tomo-clinique d’un cancer donné, l'observation de « zones envahies, l'étude minutieuse des récidives, la « confrontation entre l’extension ganglionnaire et le « siège et l’étendue de la lésion primitive qui doivent « servir de base à notre connaissance utile de l’exten- < sion ganglionnaire et aux règles qui doivent pré- « sider à nos opérations. » (Roux-Berger.)