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HISTOLOGIE

Nous nous devons de signaler le mémoire très

important et très documenté de Dubois-Roquebert

(Paris, 1924); il fait une étude détaillée au point de vue histologique et pathogénique du retentissement lymphatique des cancers.

Ce travail rappelle et discute les deux théories émises pour expliquer l’envahissement lymphatique à partir de la tumeur primitive : perméation ou embolie cancéreuse. Mais surtout insiste sur le fait que tous les ganglions augmentés de volume, perceptibles dans la zone correspondant à une lésion

néoplasique, ne sont pas forcément cancéreux;

— soit ganglions envahis par le cancer, — soit ganglions purement inflammatoires (on sait la fréquence des atteintes mixtes cancéro-inflamma-

toires,

= Je

— enfin, ganglions simplement hypertrophiés ou mieux hyperplasiques au voisinage d’un néoplasme. Ganglions absolument indemnes de toute atteinte maligne et dont l’hyperplasie reste inexpliquée.

Les travaux de Regaud et Barjon (Anatomie pathologique du système lymphatique dans la sphère des néoplasmes malins, Paris, 1897) en font état également. Réaction réticulo-endothéliale ou stroma réaction (P. Masson, Diagnostics de laboratoire, Paris, 1923) qui aboutirait à une oblitération des vaisseaux lymphatiques et convertirait le ganglion en un bloc fibreux, rétracté, imperméable au cancer.

En conséquence « nous avons été mis de plus en « plus en méfiance sur la nature des ganglions du « cou perceptibles chez des malades porteurs de « cancer. Nous avons acquis la conviction que le « diagnostic de l’infestation cancéreuse des ganglions « perceptibles ou non perceptibles est impossible « sans examen histologique » (Dubois-Roquebert).

Notion qui a une importance pratique considérable.

PATHOGENIE

Si les travaux sur le mode de propagation du néoplasme dans les lymphatiques (Perméation (Sampson- Handley) ou Embolie cancéreuse) ont perdu leur intérêt pratique, une autre question pathogénique s’est posée depuis une dizaine d’années, question qui, elle, a un gros intérêt.

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Certains auteurs n’envisagent plus le ganglion cancéreux comme un néoplasme semblable à la tumeur primitive, capable d'un gros développement et d’une pullulation dans un territoire lymphatique plus étendu, ne considèrent plus les ganglions comme le point d’appel presque électif d’un nouveau cancer semblable au premier, mais au contraire se demandent si les lymphatiques ne jouent pas un rôle de barrage (Métivet), si l’ablation des lymphatiques n’est pas plus nuisible qu’utile.

Ces conceptions sur le rôle de la « barrière lymphatique » exposées par James J. Duffy (J. of Roentgenology and Radium Therapy, mars 1938), basées sur des expériences de laboratoire faites par des auteurs allemands (Auler et Schilling, 1937; Schmidt Werner, 1939) aboutissent à cette notion que l’ablation chirurgicale de la « barrière lymphatique » devant un cancer donné peut aboutir à la pullulation du cancer dans des ganglions plus éloignés et chirurgicalement inaccessibles, ou même à des métastases viscérales précoces. On en arriverait donc, en poussant jusqu’au bout cette notion, à considérer que les ganglions enlevés sont les plus utiles « les ganglions atteints qui secrètent au moins théoriquement les anti-corps >» (Ducuing, Journées de Cancérologie, Liége, 1939).

« Je crois toutes ces craintes beaucoup plus théoriques que réelles. » (Roux-Berger, Presse Médicale, août 1940.)

ue on

Nous avons sous les yeux plusieurs observations de malades atteints d’un cancer de la lèvre, un évidement sous-maxillaire a été fait, la lésion de la lèvre a pu récidiver une fois et même deux fois (dans un de ces cas) avant d’être définitivement guérie, et jamais on n’a constaté ni récidive sous-maxillaire ni pullulation carotidienne. Il semble au contraire que l’ablation du tissu lymphatique sain correspondant à la tumeur primitive mette le malade à l’abri de cette redoutable atteinte ganglionnaire, même si la tumeur primitive a pu présenter une récidive (nous reviendrons sur ce point aux indications thérapeu-

tiques).

De plus, les travaux de P. Masson ont montré que la stroma réaction aboutissait pratiquement à la non perméabilité du ganglion transformé en un bloc fibreux donc inapte à jouer ce rôle de barrière lymphatique; il semble cependant que ce soit dans les cas où cette stroma réaction est le plus nette et le plus précoce (baso-cellulaires de la peau) que l’on n’observe jamais d’envahissement ganglionnaire. Cette notion des lymphatiques jouant un rôle de défense nous paraît donc très peu vraisemblable.

«< Il faut considérer les vaisseaux et ganglions lym- « phatiques comme la voie et le tissu de choix pour « la propagation et la pullulation de la celule can- « céreuse. L’exérèse aussi vaste que possible de tout « le système lymphatique sain autour d’un épithé-

« ont loin d’être regrettable, doit être ner < On détruit ainsi voie de propagation et milieu de < pullulation et lon réduit la malignité du mal. » (Roux-Berger, Presse Médicale, août 1940.)

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