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DES RAYONS X POST-OPERATOIRES

En général, on se contente du curage chirurgical, même si les ganglions sont cancéreux, du moment

ET Va

que la corticale est intacte et que l’opération satisfaisante a paru passer au large.

Dans le cas contraire, on peut avoir recours aux

radiations après l’acte chirurgical.

Il. - LE NEOPLASME DE LA LEVRE ATTEINT LA LIGNE MEDIANE

Ce néoplasme peut être d'emblée médian ou, au contraire, largement développé d’un côté, mais empiétant sur la ligne médiane.

Dans ces conditions, l’évidement doit être bilatéral systématiquement, qu’il y ait des ganglions ou non.

Pour illustrer les dangers de la surveillance de ces malades, la possibilité de métastase tardive rapidement développée, nous citerons à nouveau quelques observations :

M. S., 52 ans. — Lésion primitive à la lèvre inférieure, à gauche de la ligne médiane.

Opéré en province deux ans auparavant. Cancer, dit le malade, qui n’apporte pas d'examen histologique.

— Le 21 novembre 1933, il se présente à l’hôpital Curie, à la consultation du docteur Roux-Berger. En deux mois, apparition d’un volumineux ganglion à l'angle de la mâchoire, à gauche.

— Opération: difficile. Docteur Roux-Berger.

Résection de l’angle de la mâchoire indispensable pour se donner du jour en haut et en avant.

Tumeur beaucoup plus adhérente qu'on: ne pensait cliniquement.

— Examen histologique: épithélioma pavimenteux stratifié parakératosique (docteur Gricouroff).

— Revu le 19 février 1932: excellent état.

Donc guérison depuis neuf ans. Malgré une intervention pénible, peu satisfaisante, sur une masse développée en deux mois.

Georges R..., 66 ans. — Le 18 octobre 1928: ulcération plane superficielle sur la partie médiane de la lèvre inférieure, plus étendue à droite qu’à gauche; à gauche, elle dépasse la ligne médiane de 2 à 3 mm.

Adénopathie: 1 petit ganglion sous-maxillaire droit,

1 semblable à gauche.

Examen histologique : épithélioma formé de cordons épidermoïdes anastomosés dans un derme scléreux infiltré de plasmocytes.

Le 30 octobre 1928 : curiethérapie par appareil moulé. Application par intermittence.

En novembre 1928, fin de l’application.

Le 16 novembre 1928 : réaction de la région irradiée en bonne voie de guérison. Le malade n’est pas revu pendant un an, il s’est considéré comme guéri de sa lésion labiale et n’est pas revenu.

Le 26 septembre 1929: région labiale parfaite. Adénopathie sous-maxillaire gauche très volumineuse, collée à la mâchoire.

A droite, les ganglions sont restés à peu près semblables à ce qu’ils étaient il y a un an, peut-être plus gros. Les dimensions importantes de l’adénopathie ont été atteintes en un mois environ.

Etat général excellent.

— La masse gauche est extrêmement volumineuse, formant fer à cheval autour du maxillaire inférieur. La corne interne de la tumeur est perceptible dans le sillon maxillo-lingual.

Dimensions de la face externe: 4 cent.-5 cent.

Malade inopérable.

On décide de faire une irradiation externe par appareil moulé.

Du 28 septembre au 31 octobre: la masse diminue.

Le 8 novembre : la lésion est stationnaire, du volume d’une grosse noix; on décide de l’enlever chirurgicalement.

Le 16 novembre 1929 : évidement sous-maxillaire gauche au bistouri électrique (docteur Tailhefer).

Examen histologique : épithélioma épidermoïde dont les formations sont en grande partie kératinisées et entourées de cellules géantes. Présence de cordons épithéliaux jeunes (Gricouroff).

Le 13 décembre : plaie en parfait état.

Le 1” février 1930 : région sous-maxillaire dure, suspecte.

Le 7 février 1930 : région sous-maxillaire nettement envahie.

Le 7 mai 1930 : mort après large ulcération de la région sous-maxillaire.

Ces opérations, faites tardivement, sont le plus souvent peu satisfaisantes et attendre que le malade présente des ganglions suspects d’être néoplasiques, c’est s’exposer à se trouver en présence de cas difficilement opérables où le pronostic est très réservé si l'examen histologique est positif, même quand l’opération a été satisfaisante.

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