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INCISION DE DÉCOUVERTE DANS UN BUT DIAGNOSTIC

Il est des cas où, devant une tumeur de la région sous-maxillaire, on ne peut pas faire de diagnostic précis, malgré un examen clinique minutieux.

L'examen endo-buccal, examen du pharynx et du

larynx, radio de profil du carrefour aéro-digestif, tout reste négatif. Il ne s’agit sans doute pas d’une ‘adénopathie secondaire. Les caractères de la tumeur sous-maxillaire sont bien précisés, on n’aboutit à aucune conclusion clinique. Aucun antécédent bacillaire. Pas d’autres masses semblables axillaires ou inguinales.

Le malade est revu une ou deux fois à trois semaines d'intervalle, la tumeur semble grossir. Il est impossible de dire avec certitude s’il s’agit de lésion bénigne ou maligne. |

Deux cas possibles :

1° La lésion est inopérable. Sa masse, ses adhérences cutanées et en profondeur rendent illusoire toute exérèse correcte en un bloc. Dans ces conditions, se contenter d’une petite incision cutanée pour prélever un petit fragment tumoral. Examen histologique qui précisera le diagnostic et le pronostic et permettra de voir si on peut entreprendre un traitement radiothérapique avec quelques chances de succès.

2° La lésion est parfaitement opérable.

Il peut s’agir d’un cancer.

Se garder d’une incision petite et d’une exérèse limitée pour examen histologique.

L'opération doit être suffisamment large pour enlever en entier la région suspecte et ne courir aucun risque, s’il s’agit de cancer.

— Opération sans danger à l’anesthésie locale. C’est ainsi que fut enlevée une tumeur que l’examen

histologique a montré être un schwanome.

— Schwanome de la région sous-mazxillaire

— Mlle Lina C.., 15 ans (docteur Taïlhefer).

La malade a été opérée à Rouen, en mai 1935, un an auparavant, pour une tumeur sous-maxillaire. Examen histologique : sarcome dont on ne précise pas le point de départ.

Le 3 juin 1936, vient consulter pour une récidive

grosse comme une orange, mais mobile. Pas de gan-

Ai ; |

glions de voisinage. Ni carotidiens, ni sus-claviculaires.

Opération : tumeur volumineuse, mais bien mobile.

Technique habituelle. à

On peut l’extirper correctement ; seul un prolongement monte très haut sur la face interne de la branche montante du maxillaire.

Hémostase difficile à ce niveau. Pince à demeure et mèche.

Pièce : tumeur multilobulée, grosse comme une orange.

A la coupe : tissu très ferme, avec, au centre, un foyer de nécrose.

Examen histologique (26.493). Docteur Gricouroff. Ganglions indemnes de néoplasme.

Il s’agit d’une tumeur d’aspect mésenchymateux dont l’origine schwanienne est probable.

En résumé : malignité probable, récidive locale à craindre.

En juin 1937 : un an après. |

Récidive au niveau de l’angle de la mâchoire.

On conserve le sterno. On résèque la jugulaire.

Evidement carotidien. On constate que la tumeur du volume d’une noisette adhère à l’angle de la mâchoire. |

Quelques ganglions haut situés.

Examen histologique : ganglions hypertrophiés sans envahissement néoplasique.

Tumeur récidivée. ,

mnt”

En mars 1938, un an après.

Adénopathie ou récidive du volume d’un petit pois, au niveau de l’extrémité antérieure de l’incision sousmaxillaire.

Petite retouclfe locale. Excision du nodule, enlevé en totalité et à distance.

Examen histologique (30.307). Pas de récidive. C’est un ganglion indemne de tout néoplasme.

Revue le 6 juin 1939. Reste guérie.

Revue 1940. Reste guérie.

Mais, à côté d’observations comme celle de ce schwanome, l’intervention révèle parfois une simple adénopathie d’aspect tuberculeux ou bien l’examen histologique répond comme celui de M” L.., 59 ans (examen histologique n° 9.955). « Tous les ganglions « présentent le même aspect. Lésions inflammatoires, « pas de calcification. Il ne s’agit probablement pas « de tuberculose (il y a cependant des cellules « géantes rappelant beaucoup les follicules tubercu- « leux, avec, parfois, nétrose fibrinoïde et sclérose). « Aucun signe de malignité. Des lésions de cette « sorte ont été observées à plusieurs reprises sans « qu’une origine précise ait jamais pu être détermi- « née. »

Comme dans plusieurs autres cas, il s’agissait d’une malade âgée chez laquelle on pouvait craindre une lésion maligne. Lésion primitive recherchée par exa-

men endo-buccal. Pharynx et larynx. Radio ‘de profil.

Ma

La possibilité d’une lésion maligne justifie alors une intervention large et complète. Bien préférable à une adénectomie ou à une biopsie plus ou moins large par une incision limitée, passant beaucoup trop \ près de la tumeur. Intervention tout à fait illogique | à chaque fois que l’examen clinique fait penser qu’il peut s’agir d’un cancer et que la lésion strictement li- __ mitée à la région sous-maxillaire peut à la fois être enlevée en entier et examinée au microscope.

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