RESECTION ET AMPUTATIONS SECONDAIRES SE * DU GENOU
Nous avons vu précédemment les bons résultats donnés par la résection primitive du genou, faite dans les premières heures qui suivent le traumatisme. Ces bons résultats avaient été prévus par Ollier malgé les suites désastreuses données par la résection secondaire du genou en chirurgie d'armée. « Avec les nouveaux pansements, disait Ollier, les résultats seront certainement tout autres, à la condition que l’antiseptie puisse être réellement appliquée. » C'est ce qui s’est passé avec la résection primitive. Mais la guerre actuelle, comme les guerres passées, fournit une mortalité écrasante pour les résections faites secondairement, c’est-à-dire lorsque la suppuration s’est établie, ou, ce qui est pareil, pour une résection d'emblée faite sur une arthrite suppurée.
A titre de document historique, nous rapellerons l’énorme mortalité donnée par la résection du genou dans les dernières grandes guerres. Elle fut de 8r % dans la guerre d'Amérique, de 85 % dans la guerre du Schleswig en 1864, de 86 % dans la guerre de 1868, de 80 %, dans la guerre Franco-Allemande de 1870-71: Dans cette dernière guerre, il en fut pratiqué’ beaucoup. La grosse
objection à faire à cette opération est la grande mor-
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talilé qui dépasse de beaucoup celle de l'amputation de la cuisse, faite dans les mêmes conditions.
La mortalité pour amputation avait, en effet, été de 55 9%. C'éait donc une différence de plus de 25 % en faveur de cette dernière opération. Aussi, Ashhurst concluait que la résection est plus grave que lamputation. La mortalité augmente au fur et à mesure que le blessé subit des transports plus lointains.
Depuis Ollier, d’amples discussions ont surgi à la Société de chirurgie, à Lyon. Poncet s’est fait un ardent défenseur de la résection. MM. Tixier et Gangolphe la combattent et préconisent l'arthrotomie. En 1908, telle était déjà l'opinion de notre maître, M. le professeur Vallas. M. Tixier, tout en faisant un chaud plaidoyer pour l’arthrotomie dans les arthrites suppurées du genou, en 1908 (Bulletin Soc. chirurgie de Lyon) ajoute que « la résection osseuse immédiate dans les arthrites suppurées est souvent inutile, et même dangereuse, car elle ouvre dans le foyer purulent des extrémités osseuses capables de résorber les produits septiques. Elle ne devient indispensable qu'à la phase secondaire, pour sauver le malade ; elle entre en parallèle, alors, avec l’amputalion de
cuisse. »
C'est done, comme le dit Ollier, le plus près possible
du moment de la blessure qu'il faudra tenter la‘résection.
TE ré
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