‹ Technique microscopique appliquâee áa l'anatomie pathologique et áa la bactâeriologie. Manuel pratiqueChapitre 34 sur 96 · XII. Pigmentation · texte numérisé non relu

XII. Pigmentation

Les foyers hémorragiques renferment de Thématoïdine amorphe ou cristallisée en tablettes rliomboédriques. Cette substance est facilement reconnaissable à sa coloration jaune orange ou plutôt rouge. Mais on rencontre aussi des masses amorphes, jaunes ou môme brun noir, qu'on réunit sous la désignation d'hémosidérine à cause du fer qu'elles contiennent.

RÉACTIONS DE LHÉMOSIDÉRINE, c'eST-A-DIRE DU FER.

a. Solution de ferrocyanure de potassium et d'acide chlorhydrique.

On porte les coupes pendant quelques minutes dans une solution aqueuse à ^ 0/0 de ferrocyanure de potassium, puis dans la glycérine additionnée de 1/2 0/0 d'acide chlorhydrique. L'hémosidérine prend une teinte bleu net.

Pour conserver les préparations et colorer simultanément les noyaux, on procédera ainsi : on ajoute à la solution lithino-carminée ordinaire quelques gouttes de la solution de ferrocyanure de potassium, et l'on passe ensuite dans la glycérine acidifiée par l'acide chlorhydrique, ou bien on lave dans l'alcool chlorhydrique, puis dans l'eau, on déshydrate dans l'alcool et l'on monte dans le baume de Canada.

On peut aussi commencer par la réaction du ferrocyanure de potassium et la glycérine chlorhydrique, laver les coupes et colorer dans le carmin aluné.

b. Méthode de Stieda.

1° Colorer au carmin lithiné, plusieurs heures. 2° Laver rapidement à l'eau distillée.

3° Bain de ferro-cyanure de potassium, 4 à 6 heures. 4« Bain de H Cl à 1 0/0, G à 12 heures.

5° Eau, alcool, alcool absolu, huile d'origan, baume de Canada. Cette méthode colore fort bien les noyaux tout en donnant la réaction du fer.

c. Sulfure d'ammonium.

1° Bain dans la solution fraîche de sulfure d'ammonium pendant 5 â 20 minutes, jusqu'à coloration vert foncé ou vert noir ; 2° Lavage rapide dans l'eau ; S*' Examen et conservation dans la glycérine.

Le fer se montre sous forme de petites granulations noires ou vert noir.

On peut aussi porter les préparations de l'eau dans l'alcool, l'huile d'oeillet et le baume de Canada.

d. Méthode de Zalefshi.

Dans cette méthode, on comljine l'action du ferro-cyanure de potassium avec celle du sulfure d'ammonium. On traite les pièces en masse au lieu de les traiter en coupes.

(a) Sulfure (f ammonium.

1" Baigner les pièces pendant 24 heures dans l'alcool à G5°.

2" Les durcir pendant 24 heures dans l'alcool à 90° additionné de quelques gouttes de sulfure d'ammonium concentré, et agiter de temps en temps.

3" Durcir ensuite dans l'alcool absolu additionné de plusieurs gouttes de sulfure d'ammonium.

4° Couper.

Le flacon sera complètement rempli d'alcool, atin d'empêcher l'oxydation par l'air. On ne fera pas usage de bouchons en liège qui donnent la réaction du fer avec le sulfure d'ammonium. Les pièces peuvent être conservées pendant longtemps dans l'alcocjl contenant ce produit.

(b) Ferro-cjjanure de potassium.

1° Baigner les pièces pendant 24 heures dans l'alcool à 05°. 2" Baigner dans la solution à 1 0/0 de ferro-cyanure jaune dans ralco<jl à 90", 2 à 3 jours.

3" Porter dans la solution à 1 0/0 de ferro-cyanure jaune dans l'alcool à 05°.

4° Porter dans l'alcool chlorhydrique de 1 à 2 0/0, 2 à 3 jours. 0° Faire les coupes. La coloration au carmin réussit fort bien. Le traitement par l'alcool à. 05° facilite la pénétration ultérieure de

84 EXAMEN DES TISSUS DÉGÉNÉRIiS

l'acide chloi'hy(lri(|ue. Los pièces, traitées [)ar ie ferrocyanure, prennent beaucoup mieux les couleurs qu'après le sulfure d'ammonium.

On peut aussi se servir du ferricyanure de potassium qui donne une coloration bleue avec Toxydule de fer, ou recourir au sulfocyanate de potasse, etc.; dans les deux cas, traiter ensuite par l'acide chbu-hydrique.

« Vacide sulfuriquc concentré, mis lentement au contact des cristaux et des granulations d'he'matoïdine, donne naissance à une série de teintes virant du bleu au vert et au rouge rosé avant de dissoudre la matière colorante. Cette réaction s'obtient en plaçant une goutte d'acide concentré sur un des bords de la lamelle, en ayant soin de ne plus la remuer pour éviter la dissolution instantanée de la matière colorante. Sous l'action de la soude et de la potassC;, ils se gonflent et se dissolvent en partie. » (Legrain.)

Quand on recliercbe la présence du fer, il ne faut pas employer d'aiguille d'acier, et on évite avec soin tout contact avec les objets de ce métal.

La métbode du ferrocyanure de potassium a l'inconvénient, signalé par Quincke, de coaguler l'albumine et de se diffuser légèrenumt dans les régions voisines. Mais ceci a peu d'importance si l'on suit sous le microscope la marche de la réaction dans la glycérine chlorhydrique.

D'autre part, on ne perdra pas de vue que le sulfure d'ammonium provoque, avec une série d'autres métaux, la formation de dépôts analogues à ceux du fer : ainsi avec l'argent, le plond) et le mercure.

C'est pourquoi il y peut y avoir avantage à faire les deux réactions.

Remarquons en outre que les pigments peuvent rester insensibles à ce procédé, alors même qu'ils renferment des combinaisons de fer. Cela peut dépendre de la variété de la combinaison, qui ne réagit qu'à un stade déterminé. Les pigments trop frais ou trop anciens ne réagissent pas non plus.

S'il s'agit uniquement d'étudier la situation du pigment, on colorera les coupes de préférence en rouge avec le carmin lithiné, le carmin boracique ou le carmin aluné, qui mettent le pigment bien en évidence. Le carmin aluné est plus recommandable que le carmin lithiné, car il ne réclame pas le lavage dans l'acide chlorhydrique.

Nous parlerons plus loin de la recherche des cristaux d'hémine.

Page 1