CHAPITRE X
Les tissus bourgeonnants et enflammés seront durcis dans les liquides de Muller, de Flemming ou d'autres produits qui conviennent aussi bien l)our les cas de prolifération hyperplasique que pour les tumeurs.
Avant toul, on emi)loiera le li([uide de Muller lors([u'on voudra éviter le ratatinement des tissus et conserver le sang dans les vaisseaux. Les tisseux celluleux délicats, les sarcomes noirs, les tumeurs myxomateuses, les gliomes, les enchondromes, etc., se colorent beaucoup mieux après durcissement dans le li([uide de Muller que dans l'alcool.
Mais, si l'on veut rechercher la présence des microbes dans les tissus bourgeonnants, on donnera la préférence au durcissement par l'alcool. Nous parlerons plus loin d'autres nuHhodes.
Pour se rendre com[)te d'une façon précise des structures cellulaire et nucléaire des tissus proliférants, des tumeurs par exemple, on fera l'examen de ceux-ci à l'état aussi frais ([ue possible, dans les solutions indillerentes, telle que la solution de sel marin à (),() 0/0. Arnold rec<mimande, dans ce but, une solution très faible de vert de méthyle dans une solution de sel marin à 0,6 0/0 ; mais la solution de Flemming mérite la préférence. Du reste, il est absolument indispensable d'étudier les figures nucléaires })our reconnaître les variétés cellulaires qui ont donné naissance aux bourgeons d'intlammation d'iiyperplasie, aux tumeurs. Pour les tumeurs, on choisit les parties qui se trouvent à la limite des tissus préexistants. Les solutions d'Hermann, de sublimé, etc., présentent aussi les plus grands avantages.
On commencera par traiter les coupes par les colorants nucléaires. Il est à remar({uer que les diflerentes variétés de cellules réagissent avec une intensité variée, les leucocytes ],)renant la teinte la plus foncée. Cette réaction est d'un grand secours pour distinguer, dans rinfdtration inflammatoire, les globules hlancs émigrés des cellules conjonctives préexistantes dont elles peuvent revêtir la forme.
Dans rinflammation chronique, les tissus, surtout le tissu conjonctif, renferment souvent un grand nombre des celMes jûasmatiques . Celles qui sont deux à trois fois plus f-randes que les leucocytes ont un noyau paie et un protoplasma à grosses granulations, dont plusieurs prennent les couleurs basiques d'aniline, c'est-à-dire les colorants ordinaires des microbes, tandis que le noya^u reste souvent pâle.
Réaction des cellules ])Jasmafîques . — Procédé d'Elirlich.
1° Durcissement dans l'alcool.
2° Coloration pendant 12 à 24 heures dans :
Dahlia en excès.
Alcool absolu .^0 cent. c.
Eau distillée 100 —
Acide acétique 12, o —
3° Lavage dans l'eau.
Pcir: colorer simultanément les cellules plasmatiques et les noyaux cellulaires, on emploie la méthode cV Ehrlich-WpstpliaJ . 1° Coloration pendant 24 heures dans :
►Soliiliop alcool . concentrée de dahlia -. j ^
Cai'min alune ' na 100.
Glycérine \
Acide acétique 20.
2° Lavage dans l'alcool.
S"" Huile, baume de Canada.
Les noyaux des tissus sont rouges, les granulations des cellules plasmatiques et les microbes, bleus.
On se sert en général du mésentère de la grenouille pour étudier les processus inflammatoires dans les tissus vivants. On choisit des mâles volumineux, les organes génitaux de la femelle étant gênants pour tirer le mésentère au dehors. Oninsutïle avec une pipette en verre 2 gouttes d'une solution aqueuse de curare à 1 0/0 sous la peau de l'animal, de préférence à la cuisse, après avoir ouvert celle-ci avec des ciseaux. L'animal devient immobile au bout de 1/2 h. à 3/4 d'heure. On ouvre le ventre sur la ligne axillaire, en incisant d'abord la peau et les muscles et en pratiquant ensuite une ouverture longitudinale d'un centimètre. On arrête l'hémorragie à mesure par la pression avec du j^apier à fdtrer. Puis on extrait une anse avec son mésentère, on l'étalé sur un anneau de liège qu'on fixe à la gomme laque sur une plaque de verre. Le mésentère est maintenu au moyen d'aiguille.< de Carlsbad passées à travers l'intestin. L'animal doit être complètement curarisé pour que les tissus ne se déchirent pas. On peut employer les plaques qui servent aux cultures des
microbes; on y place ranimai à côté du bouchon et on le recouvre complètement de papier à filtrer, imbibé d'eau.
On constatera une émigration de globubes blancs au bout d'un quart d'heure, et l'on pourra continuer l'observation pendant plusieurs heures si l'animal est couvert de papier ; pour la poursuivre plus d'un jour, on fera une nouvelle curarisation.
On peut étudier de la même façon la circulation sur la membrane natatoire et la langue de la grenouille.