Coloration des préparations sur lamelle
Pour examiner à l'aide des couUuirs les microbes des li(|ui(les, ou bien on frotte une goutte sur un couvre-objet avec un fil de i)latine, ou bien on recouvre un deckji,lass charj-é de la goutte d'un autre deckglass et on les frotte l'un contre l'autre; on les sépare, on sèche à l'air et on passe trois fois à la flamme. Qu'on remarque bien que la fixation par la chaleur n'est complète que si la préparation est bien sèche.
Mais certains microbes (bacille récurrent) sont défavorablement influencé par la chaleur; dans ce cas, les préparations séchées à l'air doivent être fixées dans un bain de parties égales d'alcool et d'éther, prolongé ])liisieurs lieures.
(1) Parmi les décolorants, signalons encore : la glycérine, l'iuiile d'aniline et les essences de girofle, de bergamote, dont l'action est lente, et de l'eau bouillante.
(2) Ainsi la fuclisine est remplacée par le bleu de méthyle de Loeffler ; le bleu alcalin le cède au brun de Bismarck. Dans ce dernier cas, les microbes seuls restent bleus, le reste de la préparation ])assant au brun.
On porte alors le deck^lass dans vin verre de montre contenant la matière colorante, en le laissant tomber la face frottée en dessous: ou bien on porte sur le couvre-objet deux gouttes de la solution colorante avec une tige de verre ou une i)ipette; une, deux ou trois minutes après, on lave, en l'agitant, le couvre-objet dans un récipient rempli d'eau jusqu'à ce (ju'il n'abandonne plus de colorant, puis on le sèche en le passant ])lusieurs fois sur du papier à filtrer ou même au-dessus de la flamme. Le baume de Canada se troublerait au contact des traces d'humidité.
On porte alors une goutte de baume de Canada sur le porte-objet. Si pourtant on ne conserve pas la préparation, on met une goutte d'eau sur ce couvre-objet. Mais les préparations au baume présentent des images plus nettes.
On peut aussi colorer isolément les mirrohes sans les noyaux : il suffit de porter le deckglass pendant une minute dans une solution saturée de carl)onate de potasse, diluée dans son volume d'eau. On lave ensuite à l'eau.
La coloration des préparations sur le couvre-objet comprend par conséquent les numipidations suivantes :
L* Etalage du li(juide sur le couvre-objet et dessiccation.
2° Triple passage à la flamme.
3" Coloration, une à trois minutes.
4*^ Lavage à l'eau.
Dessiccation entre des feuilles de papier à filtrer.
G" Baume de Canada.
Cette méthode est applicable aux solutions aqueuses de fuchsine, de violet de gentiane, de bleu de méthyle et de brun de Bismarck. C'est surtout au violet de gentiane que l'on s'adresse; les règles que nous avons indiquées plus haut peuvent aussi être mises en pratique. La solution de Lœffler au bleu de méthyle est fort recommandable ; de même celles où entre l'eau phéniquée rendent de grands services. Pour beaucoup de cas, on se trouve bien de la méthode suivante :
Méthode de Gram.
1° Colorer pendant 2 à 5 minutes dans la solution saturée de violet de gentiane dans l'eau d'aniline.
2" Porter la préparation pendant 1 minute à 1 minute i / !2 dans la solution iodo-iodurée (1 : 2 : 300), où elle devient noire.
3° Décolorer dans l'alcool jusqu'à ce que la coloration noire commence à disparaître et s'atténue jusqu'au grisâtre.
A" Inclure dans le baume de Canada.
La décoloration dans l'alcool absolu peut être accélérée et renforcée par l'addition d'acide nitrique à 3 0/0. De l'alcool acide les coupes sont
alors portées dans l'alcool pur. On peut aussi, d'après Ribbert, arriver au même résultat en ajoutant à l'alcool 10 à 20 parties d'acide acétique.
La méthode de Gram a deux avantages. Elle décolore toutes les parties constituantes des cellules et fait d'autant mieux ressortir les microbes, qui sont bleu foncé. Au reste, les cellules peuvent être mises de nouveau en évidence par une coloration consécutive par contraste avec le bleu de Bismarck.
Son deuxième avantage est de ne s'appliquer qu'à certaines espèces de microbes, qui peuvent être ainsi différenciés d'autres qui leur ressemi)lent morphologiquement. C'est donc en outre une méthode de diagnostic différentiel .
Microbes qui prennent 1) le Gram : bacille de la tuberculose, pneumocoque de Fraenkel-Weichselbaum, streptocoque pyogène, streptocoque érysipélateux, staphylocoques pyogènes doré, blanc, citrin et jaune, bacille du charbon, bacille dn rouget du porc, microcoque tétragène, bacille du rhinosclérome, du tétanos, de la lèpre, actinomyces, bacille de la septicémie des souris.
Microbes décolorés par le Gram : bacille typhique, gonocoque, bacille encapsulé d(! Friedlaender, bacille-virgule du choléra, bacille de la diphtérie, de la morve, de l'œdème malin, du charbon symptomati([ue, du choléra des poules, de la septicémie des lapins, de la peste bovine, spirille récurrent.
Méthodes de coloration des cils ou flagella des microbes.