II. MÉTHODE DE Van Ermengem
Cette méthode consiste, comme celle de Golgi, à impre'gner la matière organique par de Targent à l'état métallique. Les cils étant fixés, de préférence au moyen d'un bain à l'acide osmique ou au tannin, on y provoque un dépôt de particules métalliques en soumettant les préparations à l'action simultanée de corps réducteurs et du nitrate d'argent.
1. Au premier point, c'est la nécessité où l'on se trouve de ne se servir que de couvre-objet d'une propreté absolue. La moindre trace de matières grasses, de souillure organique, donne des voiles qui gâtent les préparations.
Pour les nettoyer, on les fait bouillir dans la solution suivante :
Bichromate de potasse 60 grammes
Acide sulfurique concentit- 60 »
Eau 1.000
On lave ensuite dans plusieurs eaux, on passe dans l'alcool absolu et on laisse sécher en position verticale sous cloche, sans essuyer.
2. Pour avoir de bonnes préparations, il faut recourir à des cultures récentes (agar 10 à 18 heures) et diluer les organismes considérablement, de manière à n'en déposer qu'un très petit nombre sur le couvre-objet et à éviter que les matières organiques dissoutes n'y forment une couche enrobant les bactéries.
La préparation séchée est passée trois fois par la flamme, en la tenant entre les doigts.
3. Le bain fixateur qui a donné les meilleurs résultats, est le suivant :
Acide osmique (solution à 2 \) 1 partie
Tannin (solution de 10 à 25 %) 2 parties
On fait bien d'ajouter à la solution de tannin 4 à 5 gouttes d'acide acétique cristallisable par 100 c. c.
(I) E. Van Ermcngem, Nouvelle méthode de coloration des cils des bactéries : Annales de la Société de méd. de Gand, 1893, p. 231.
Ce mélange constitue une sorte d'encre de coloration noir bleu foncé. On en dépose une goutte sur le couvre-objet et on laisse agir pendant une demi-heure, à froid. A la température de oO à 60°, il suffit d'un contact de cinq minutes.
4. Les préparations, après avoir été lavées très soigneusement dans de l'eau et de l'alcool, sont plongées ensuite quelques secondes dans un bain sensibilisateur au nitrate d'argent très peu concentré, de 0,5 à 0,25 0/0.
5. Puis, sans laver les lamelles, on les passe dans le bain réducteur et renforçateur suivant :
Il importe de remarquer que les espèces reproduites présentent des différences très notables dans la manière dont elles se comportent vis-à-vis du bain mordant de Loeffler. Le D. typhosus ne se colore bien que dans un bain (tannin,
fer, sol. aie. de fuchsine), bain de 16 c. c. additionné de 22 gouttes NaHO ; le B. subtilis exige 35 à 40 gouttes ; le B. du lait bleu se colore dans un bain sans addition de soude ; le M. agilis demande un mordant un peu moins acide, de même qu'un Spirillum non liquéfiant (rapproché du S. concentricAim)^ tandis que le Sp. rubrum et celui du choiera asiatique ne présentent nettement leurs
cils que dans des bains additionnés d'une à six gouttes d'H2 "jf^. Les avantages de la méthode de Van Ermengem sont considérables.