Examen du sang à Fétat frais
Pour examiner le sang Irais, on en porte une petite goutte sur le milieu d'un couvre-objet, et on place celui-ci avec précaution sur un porte-objet bien propre. 11 est important d'employer une quantité de sang aussi minime que possible; on en met généralement trop, les détails de line structure des globules ne pouvant être étudiés ([ue sur les préparations très minces. On fera souvent bien de fixer le deckglass sur le porte-objet avec la cire, de faire pénétrer la goutte de sang dans cet espace capillaire, et d'obturer ensuite complètement avec la cire. De cette façon on peut prélever du sang au lit des malades et l'examiner (juand on le voudra. On peut aussi employer la méthode de Plehn, indi- (juée au chapitre XIII, en mettant du sang entre deux gouttes de paraffine. Comme les globules du sang s'altèrent très rapidement, aussi bien dans l'eau distillée que dans les acides, et qu'ils perdent très vite leur hémoglobine, on aura à faire usage des liquides conservcdeurs indifférents (1).
(1) C^n recueille le sang sur le vivant })ar piqûre du doigt et de préférence par aspiralion du sang d'une veine de l'avant-bras, d'une veine superficielle. La peau est rendue asepti(iue par le procédé suivant, décrit ainsi par AYurtz : laver à la brosse pendimt
Pour pratiquer l'examen microscopique du sang, voici comment il faut procéder. On dépose sur une lame une petite goutte de sang, avec la pipette, la seringue ou un fil de platine. « Puis, avec Textrémité droite d'un fil de platine que l'on plonge dans cette goutte de sang, on enduit la surface des lamelles, en traçant des stries, en rayons de roue, sur la lamelle. On a ainsi des globules rouges en courbes très petites, peu épaisses, et faciles à examiner. Avec une goutte de sang on peut faire au moins une vingtaine de préparations. Aplatir deux lamelles l'une contre l'autre en y interposant une goutte de sang est une pratique que nous déconseillons, qui donne de mauvais résultats, car la recherche des microbes est rendue plus difficile par l'épaisseur et surtout par l'étendue de la préparation.
« Il n'y a pas de réactifs colorants spéciaux pour le sang. Le violet de gentiane, le bleu de méthylène, le liquide de Ziehl dilué coloreront les bactéries et les leucocytes ; les hématies restent incolores. Si l'on veut obtenir la coloration des globules rouges, on n'a qu'à colorer la préparation une seconde fois dans une solution aqueuse d'éosine. Le liquide de Ziehl, employé sans dilution, ne donne pas de bons résultats : il forme, avec les matières albuminoides du sang, une sorte de laque colorée d'une façon intense, et qui rend l'examen de la préparation très difficile » (^Vurtz).
Liquides destinés a conserver et a durcir le sang.
i"" Solution plujsiologique (le sel marin. Très utile. Le degré de concentration, variant de 0.6 à 0.75 0/0, doit être essayé pour chaque espèce animale.
2° Sérum du sanfj.^ lymphe.^ liquide amidotique de l'espèce animale correspondante.
On peut remplacer ces liquides par l'iode ou bien faire passer par le bord du couvre-objet un liquide colorant, par exemple du vert de méthyle, dans une solution de sel marin à 0.6 0/0.
'6"^ Solution jaune sherry dHodure de potassium ioduré. Elle convient surtout pour rendre manifestes les ombres des globules rouges.
4° Solution aqueuse saturée d'acide picrique. Même propriété.
5" Solution de nitrate dhirgent à 0.5 0/0.
6° Liquide de Pacini :
0 minutes avec savon noir et eau chaude. Frotter la peau avec tle la gaze imbibée d'alcool, placer sur l'endroit que l'on doit piquer un morceau d'ouate hydrophile imbibée d'une solution au millième de sublimé. On laisse ce tampon d'ouate en place pendant dix minutes. Laver à l'alcool, pour dissoudre et enlever les traces de sublimé qui peuvent rester sur la peau Faire un dernier lavage à l'étlier. Flamber la lancette et piquer. On recueillera le sang soit avec le fil de platine soit avec une pipette. — En ce qui concerne le second procédé, on désinfecte soigneusement la peau du pli du coude, le bras étant serré au-dessus du coude par une bande, et l'on pique la veine avec la seringue de Straus stérilisée , la pointe étant dirigée vers la main. A l'autopsie, on stérilise la surface de l'organe à ponctionner avec une baguette de verre ou une lame de platine chauffée au rouge et on plonge la pointe d'une pipette stérilisée.
130 EXAMEN DES TISSLS ET DES OliGANES
Bichlorure de mercure 1 gramme.
Chlorure de sodium 2 grammes.
Eau distillée 200 " »
7° Liquide de Hayem :
Sublimé 0 gr. 5.
Chlorure de sodium 1 gramme.
Sulfate de soude '. ;j grammes.
Eau distillée 200 " »
On y dilue le sang au lOO''. Avec le repos les éléments ligurés du sang tombent au fond ; on décante après vingt-quatre lieui'es. on laA e la masse de ces éléments, qui ont été durcis, et on colore. On peut aussi ajouter de l'éosine au liquide.
Liqueur d'Afanassiew :
On dissout 0 gr, 6 de peptone desséchée dans 100 parties de la solution physiologique de sel, on ajoute 1 p. 10,000 ou 20,000 de violet de gentiane, on fait bouillir le mélange, on filtre et on conserve dans des flacons stérilisés. Pour s'en servir, il suffit d'en déposer une goutte sur la pulpe d'un doigt et de piquer la peau en dessous de cette goutte; le sang est mis ainsi directement eu contact avec la liqueur.
Mais tous ces liquides ne peuvent être employés pour les préparations qu'on veut conserver; de plus, ils n'empêchent pas les altérations structurales du noyau de se produire.
Ces inconvénients sont évités par certains réactifs qui, surtout, conservent les formes cellulaires. Ce sont les :
Milieux fixateurs :
1° Acide acétique^ à 1 0/0 ;
±° Acide osmique^ à 1 ou 2 0/0 (1) ;
3° Liquevr de Flemmiiig. Beaucoup d'auteurs préfèrent employer une solution contenant une quantité moins élevée d'acide chromique que la solution normale.
On colore en ajoutant au liquide fixateur du vert de méthyle, du violet de méthyle, de la safranine, etc. ; ou bien on fait des préparations de sang en coupes qu'on traite ensuite par une teinture. La liqueur d'Hermann, avec coloration consécutive à la safranine, détermine, dans les coupes des tissus, des images très nettes qui se prêtent à l'étude très approfondie du sang.