Corps étrangers du sang
/. Piyment. — La recherche du pigment dans le sang se pratique en mélangeant simplement une minime goutte de sang à une goutte de 1
KXAMEN DI-:S TISSUS ET DKS ORGANES lli9
solution de sel marin à 0.6 0/0, ou bien en faisant des préparations sur lamelles non colorées ou colorées à l'aniline.
//. Schizomycetes. — On rencontre dans le sang de riionune, jjendant la vie, surtout le bacille du cliar'bon et le spirille de la fièvre récurrente. Pour le charbon on fait des préparations sur lamelles qu'on colore par le Gram, ou bien on examine une goutte de sang frais. [Le sang, à l'état frais, peut être examiné en goutte suspendue, dilué ou non dans l'eau distillée ou la solution physiologique.]
En ce qui concerne les autres microorganismes, et spécialement les microcoques, on évitera de les confondre avec les granulations basophiles 7 et les granulations &, qui prennent comme (mix les couleurs basiques. Les granulations o sont, tellement fines qu'on ne peut les confondre avec ces cocci. Les granulations des « Mastzellen » sont très ressemblantes à ceux-ci, mais n'ont pas des dimensions aussi régulières.
La prali(iue des préparations sur lamelles des microbes du sang fixés est facilitée en traitant celles-ci pendant 10 secondes par une solution d'acide acétique de 1 à 5 0/0. On lave ensuite soigneusement et l'on colore.
De cette façon, l'hémoglobine est extraite des globules ronges et les microbes sont colorés presque isolément.
Vincent colore les microbes dans le sang par le procédé suivant. La lamelle séchée est plongée pendant 1/2 à 2 minutes dans une solution, filtrée prélablement et composée de :
Solution à 5 0/0 d'ac. ithéniquo 0.6
Solution saturée de XaCl 3)
Glycérine 3)
L'iiénioglobine est dissoute, mais les globules blancs ne sont pas déformés. On lave à Teau, on colore avec le bleu do méthyle pliénique' ou avec la solution aqueuse de violet de méthyle à 1/2 0/0. Les hématozoaires de Laveran sont de la sorte bien colore's.
Pour le spirille de la fièvre récurrente, on le recherche dans le sang frais pendant un accès de fièvre. On le reconnaît à ses mouvements très vifs. On colore les préparations des lamelles dans une solution aqueuse ou glycérinée de brun de Bismarck on dans le bleu de Loeffler. Nous en avons du reste parlé au chap. ix.
Numération des globules sanguins.
I. Pour compter les globules du sang (1), il faut diluer celui-ci au préalable. On prend une pipette dilatée en ampoule au milieu. L'ampoule
(l) Le nombre des hématies dans le sang normal est d'environ o. 000. 000 par millimètre cube.
mesure exactement cent l'ois le contenu de la partie de la pipette située en dessous. On commence par remplir la pipette de sang jusqu'à la limite de l'ampoule et on remplit celle-ci en aspirant un liquide de dilu-
tion. On obtient aussi une dilution au
Il existe plusieurs liquides de dilution. Le plus simple, mais il est très rarement employé, est le Liquide de Toison :
Violet de niéthvle 0 gr. 025.
Glycérine neutre 30 centimètres cubes.
Eau distillée SO » »
On ajoute :
NaCl \ gramme.
Sulfate de soude 8 grammes.
Eau distillée 80 cent, cubes.
On filtre.
Au bout de 5 à 10 minutes, les globules blancs sont colorés en violet et se distinguent bien des globules rouges devenus verdâtres.
On remplit, avec le sang dilué au lOO'' dans ce liquide, l'appareil à numération de Thoma-Zeiss. Celui-ci est constitué par une chambre humide de 0.1 mm. de profondeur; la couche liquide qui se trouve sur le
carré qui est divisé en 400 carrés mesure cent. c.
On compte alors les globules sanguins dans le plus grand nombre possible de carrés, en comprenant aussi ceux qui se trouvent sur la ligne de division. Puis on multiplie le contenu cubique 4000 par le nombre de dilutions et le nombre des globules sanguins, et l'on divise ce total parHe nombre des champs comptés. Le chiffre obtenu est celui des globules par millimètre cube. Le calcul est exprimé dans la formule :
X = nombre de globules sanguins dans un millimètre cube de sang non dilué, v — dilution, c'est-à-dire généralement 100, z — nombre des globules dans les carrés, n = nombre de champs comptés.
Malassez dilue le sang dans un sérum artificiel composé d'une solution de sulfate de soude de 1020 (5 0/0) ; on trouvera la description de sa méthode dans les livres de microscopie clinique.
[Nappert numère simultanément les globules rouges et les diverses variétés de globules blancs à l'aide d'une chambre de Zeiss comprenant 9 fois la surface de carrés servant à la numération des globules rouges (16X16x 0 = 2304 carrés). Il dilue dans un mélange de 5 c. c. d'une solution d'acide osmique à 1 0/0 avec 3 gouttes d'une solution colorante : glycérine et eau distillée aà 10 c. c. ; solution d'éosine 1 0/0 dans l'eau, 5 c. c]
Numération des (jlohuJes blancs. — On dilue, à l'exemple de Tlioma, le sang dans 10 parties d'eau renfermant 0.3 0/0 d'acide acétique anhydre. Les globules rouges sont dissous, ce qui facilite la numération des cellules blanches.
Sherrington congèle la lame graduée recouverte de sang dilué sur la plaque du microtome à congélation : les globules rouges disparaissent. Le chauffage à 60® pendant 5 minutes donne aussi de bons résultats. On peut ajouter au liquide de dilution (de préférence à la solution neutre d'oxalate de potasse à 3 0/0) une quantité de bleu de méthyle suffisante pour lui donner une teinte bleuâtre. Les noyaux de leucocytes sont colorés, et l'examen en est bien plus facile (Fletcher).
Pour de plus amples détails, consulter le résumé d'hématologie clinique du docteur De Buck.
§ //. — Examen du cœur et des vaisseaux.
On examine fort bien le muscle cardiaque à Vétat frais par dessiccation . On différencie la tuméfaction trouble de la dégénérescence graisseuse par l'emploi des réactifs indiqués au chapitre i, de l'acide acétique d'une part et de l'acide osmiqne à 1 0/0, d'autre part (v. au chap. xi).
La dégénérescence pigmcntaire se reconnaît bien également dans les préparations par dissociation.
Le liquide de Muller, et l'alcool ensuite, conviennent le mieux pour le durcissement. On inclut dans la celloïdine pour faire des coupes et on traite par les colorants nucléaires. Le carmin boracique ou lilhiné mérite la préférence dans les lésions pigmentaires. Le picrocarmin fait ressortir très nettement les faisceaux nmsculaires striés.
On fera Y examen bactériologique des plaques d'endocardite et des végétations valvulaires par des préparations sur lamelles : on frotte le produit pathologique sur une lamelle directement, ou bien on en mélange avec une tige de verre passée à la flamme une petite quantité dans l'eau stérilisée et l'on porte une goutte de ce liquide sur le porteobjet.
On recherche les microbes dans les coupes après inclusion à la celloïdine, ou même à la parafline; on les colore simplement dans le violet de gentiane et on lave à l'alcool; ou bien on procède d'après la méthode de Gram, qui convient à la plupart des microbes de l'endocardite, surtout aux streptocoques et aux staphylocoques pyogènes et au pneumocoque de Fraenkel-Weichselbaum.
L'examen histologique des plaques d'endocardite esl pratiqué en les
colorant au carinin aluné, ou j)ien à riiématoxyline et au cai'min ou à l'éosine ; le procédé de Wei^ert pour la tibrine est aussi applicable.
Quant aux /7r()s vaisseaux^ ils seront durcis de préférence dans le liquide de Millier. Les vaisseaux élastiques seront traités comme s'il s'agissait de la peau.
§ ///. — Rate et ganglions lymphatiques.
Les meilleurs agents de durcissement sont en première ligne le liquide de Muller, et ensuite le sublimé. Pour colorer, on recourt aux colorants nucléaires; les méthodes d'Ehrlicli, que nous avons signalées pour le sang, conviennent également.
Ehrlich recommande, pour l'examen de la pulpe splénique, de ponctionner, immédiatement après la mort, avec un gros trocart la rate à travers la peau, et de faire une préparation sur lamelle du suc ainsi obtenu.
% IV. — Membranes séreuses.
On durcit dans le liquide de Muller ou dans l'alcool, et l'on traite par les colorants nucléaires ordinaires.
Les produits d'exsudation et de transsudation séreuses, riches en cellules, seront examinés à l'état frais dans une petite quantité de la solution de sel marin. Quant à ceux qui sont pauvres en cellules, on les précipite, soit par le repos, soit par la centrifugation, surtout s'il s'agit de rechercher le bacille de la tuberculose ou d'autres microbes.
§ V. — Peau.
A l'état frais, on hxe les fragments de peau dans le liquide de Fleniming, le liquide de Muller ou l'alcool. Les cellules de l'épiderme, surtout du corps mu- (pieux, se difîe'rencient nettement dans les préparations au Millier. A l'état frais, on obtient de belles figures des cellules à ponts par une macération de deux heures à 40° dans la solution saturée à froid et filtrée de pancréatine sèche (Eberth), On conserve dans un me'lange d'alcool, d'eau et de glycérine. Dans l'épiderme frais fixé à l'acide chromique, la couche cornée se différencie en trois zones : l'externe qui devient noire, la médiane incolore et la profonde également noire. La zone lucide des préparations fixées par l'alcool, l'acide chromique, le liquide de Millier, devient jaunâtre sous l'action du picrocarmin. Les granulations de kératohyaline de la couche granuleuse se colorent par le carmin, par la safranine, par la pararosaniline iodée; celles de kératine de la même zone deviennent rouge orange avec la méthode de van Gieson. On opère l'inclusion dans la paraffine celloïdinée.
L'alcool suffit pour les examens d'ensemble et facilite du reste la coloration des éléments. Au contraire, pour les examens de détail, on aura recours au Flemming, à rHermann, au sublimé ou à l'acide osmique.
La confection des coupes est parfois laborieuse ; celle des grandes coupes ne peut être effectuée que dans la celloïdine. Mais, pour les pièces de petites dimensions, on peut aussi se servir de la paraffine, en prenant toutefois la pre'caution d'inclure aussi rapidement que possible dans la paraffine et en raccourcissant autant que possible le séjour dans l'alcool et le toluol. La paraffine molle, fondant à oO", est la meilleure. Voici donc quel est le procédé iBœiim et Davidoff(l)] :
l*^ Fixer dans l acide osmique ou le Flemming;
2° Alcool à 96« ;
3" Alcool absolu, 24 lieures au maximum; 4° Chloroforme, 1 heure; .')° Paraffine ou chloroforme, 1 heure ; G-^ Paraffine pure, 1 heure.
On emploie 2/3 de paraffine fondant de 42-45'^ et 1/3 fondant de 43-50", et Ton chauffe l'étuve à 50".
On colle les coupes sur les lames de verre non pas avec Talbumine, mais avec de l'eau.
A. Fibres élastiques. — (Jn k's examine par les méthodes suivantes : 1. — Métuode d'U.nna :
1" Durcissement dans l'alcool absolu, ou dans la solution de Flemming, avec durcissement consécutif dans l'alcool absolu: Coloration (éventuellement ) dans la vésuvine; iî' Lavage;
V' Coloration })eiidant 24 heures dans :
.")" Acide nitri(|ue à 25 0/0, 2 à 3 secondes; ()' Décoloration dans l'eau acéti({ue faible :
7 ' Déshydratation rai)ide dans l'alcool absolu. Alcool, huile de cèdre, baume de Canada.
H. — Méthode de Hermiei.meh :
1" Durcissement dans le ]i([uide de Muller;
2'' Coloration pendant 3 à 5 minutes dans :
o' Solution officinale de chlorure de fer, 5 à 20 secondes;
4*^ Lavage dans l'eau ;
T)* Alcool, huile, baume de Canada.
IjCS faisceaux élastiques sont colorés en bleu noir ou même en noir
(l) Lehrbuch der Histologie des Menschen. WicsbaJen, 1895. p. 322.
Fuchsine
Eau distillée
Alcool
Acide nitricjuc à 2;j 0/0
^rainines.
Hématoxyline
Alcool absolu
Eau
Solutiou de carbonate de lithine saturée à hoid. . . .
1 gramme.
20 ijrammes 20 " ')
1 gramme.
144 tXAMiîN DES TISSUS ET DES ORGANES
foncé, le tissu restant bleu clair ou bleuâtre; les noyaux de tissu conjonctif etles cellules rondes sont également colorés. On peut encore employer le brun de Bismarck pour la double coloration.
Cette méthode ne réussit que pour colorer des coupes et non pas des pièces entières. L'alcool absolu, l'acide picrique et la liqueur de Flemming conviennent aussi pour durcir, mais le liquide de Muller est préférable ; il rend la décoloration plus facile.