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V. — Irrigation

Ii'rij^atîou continue. — L'irrigation continue doit être appliquée ciiaque fois que le contact d'un liquide aseptique avec la plaie constilue une menace pour l'état général. Par exemple après la prostatectomie sus-pubienne, chez les sujets infectés. Le passage continu d'eau bouillie entraîne l'urine septique et l'empêche d'intoxiquer le sujet. Ce procédé est employé couramment par Marion pour la taille sus-pubienne et par Young après la prostatectomie périnéale.

L'irrigation continue constitue le traitement de choix pour les membres écrasés. Il est interdit au chirurgien de faire l'amputation d'une main ou d'un pied le jour même de l'accident. Opérer dans ces conditions expose le malade au choc, à la septicémie, et surtout au sacrifice inutile d'un doigt ou d'une main encore utilisable.

Placées sous un courant d'eau pendant vingt-quatre heures par jour, toutes les parties vouées à la mortification s'éliminent et, au bout de dix à douze jours, la plaie est nette. Le chirurgien peut alors se rendre compte de ce qu'il doit sacrifier ou conserver. En général, les sacrifices sont, grâce à ce procédé, toujours inférieurs à ce qu'on pouvait espérer au premier abord.

Pour faire l'irrigation continue, le membre écrasé largement badigeonné à l'iode est placé au bord du lit, sur une toile caoutchoutée. La plaie est entourée de gaze ; chaque lambeau, chaque cavité sontisoléspar un petit tampon de gaze individuel ; de cette façon, les foyers sont béants et peuvent se laisser pénétrer par le liquide. Audessus de ce pansement à la gaze, une infirmière laisse tomber goutte à goutte un mince lilet d'eau. Le liquide est contenu dans un laveur suspendu à 1 mètre au-dessus du lit ; le liquide sera de l'eau stérilisée. Dans la chiiurgie rurale, il n'est même point nécessaire d'avoir de l'eau bouillie ; de l'eau de fontaine absolument propre peut suffire, pourvu qu'on y ait versé, une heure avant son emploi, une substance antiseptique (phénol : 1 p. 200 ; eau de Javel : une cuillerée à soupe par litre ; solution de permanganate de chaux au 1/15 : une cuillerée à soupe par litre ; teinture d'iode: 20 gouttes par litre). Il n'est point nécessaire que l'eau soit chauffée ; au contraire, ce liquide doit être à la température de la chambre, c'est-à-dire à 15° ou 16° environ.

L'eau agit d'abord par sa température, puisque les bactéries ne se

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(léveloppenl guère avec une chaleur aussi basse ; elle agitaussi mécaniquement par entraînement des liquides sepliques.

Cette irrigation continue est très supérieure à la balnéalion continue ; elle est facile à appliquer et n'e.xige la présence de Tinfii mière que pour renouveler l eau dans le récipient.

11 sera bon dassocier la méthode de Bier à l irrigation continue. L'infirmière placera une ligature élastique à la racine du membre, suivant la technique habituelle.

Pulvérisation antiseptique. — L'irrigation continue n'est applicable qu'à l'extrémité des membres. Si le chirurgien doit traiter un anthrax, une plaie de mauvais aspect occupant la racine d'un membre ou le tronc, ill'aut remplacer l'iriigation par la pulvérisation antiseptique.

Quand j'étais interne de Léon Labbé, combien ai-je vu de septicémies conjurées parce procédé si simple !

La .substance employée n'a guère d'importance ; l'eau simple pourrait sulïire. 11 est prél'érable toutefois d'y ajouter un peu d'eau de Javel ou de liqueur de Labarraque. Comme pour l'iri'igation, on associera à la pulvérisation l'emploi de la bande ou de la ventouse de Bier.

Voyez page 280.

Vil. — Traitement des écrasements des membres.

I n membre a été écrasé par une charrette lourdement chargée, un tramway, l'engrenage d'une machine. 11 en résulte une fracture ouverte avec esquilles, décollements di! la peau, deslruclioii des muscles, des vaisseaux et des nerfs. Que faul-il faire ?

Un peut répartir les accidents en quatre périodes :

1° La période immédiate est celle qui suit les premières heures du traumatisme. Elle est caractérisée par la stupeur générale des tissus, le dioc traumatique, Vhémorragie.

Le traitement local consiste, après badigeonnage iodé et rasage delà peau, àsectionner aux ciseaux un membre prescjue complètement séparé du corps, un lambeau de tissu qui ne tient plus que par un centimètre de téguments, et à arrêter l'hémorragie si celle-ci existe. Il faut borner là l'action chirurgicale et s'occuper exclusivement de l'élat général.

Le traitement général comprend : 1° l'injection de sérum antitétanique à la dose de 10 centigrammes, répétée le premier et le

second jour, puis tous les huit jours, tant que la plaie suppure ;

Kig. — "".A nipu talion «l'un iloigt à la suite d'un écrasement {La Clinique).

I,a sfclion osseuse a porté à 1 centimètre au-dessus (le la plaie circulaire. Les parties molles sC rajijuoclieront sjK)ntanément par réunion secondaire.

Hg. 215. — Amputation d'un doigt ii la suite d'un écrasement (La Cliuiqut). f.a phalange ruginée est sectionnée à l'aide d'une cisaille à 1 centimètre de son -e.xtrémité.

2° (les injections d'etin salée sous la peau, à la dose d'un litre environ par jour. Si le sujet est en étal de choc violent, faire l'injection inti a-

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