IV. — Tamponnement des plaies
Chaque fois qu'une plaie est susceptible de saigner ou de suppurer, elle doit être tamponnée.- Le moindre caillot sanguin est un excellent milieu de culture.
Toutefois, ce tamponnement peut être appliqué aussi à certaines plaies aseptiques ; par exemple après les opérations sur les voies biliaires, il permet d'assurer l'hémostase du foie et d'empêcher l'écoulement de la bile dans le péritoine. L'opération d une tumeur parotidienne détermine souvent un suintement sanguin en nappe qu'il est bon de tamponner à la gaze ; par-dessus, fermer la plaie avec des agrafes. Un drain est placé en bas de la suture. Les agrafes sont enlevées le deuxième jour ; la gaze est extraite ; la peau est suturée de nouveau avec des agrafes ; la plaie est drainée et un pansement compressif est appliqué.
C'est surtout aux plaies infectées et aux cavités naturelles (vagin, rectum) que le tamponnement s'applique. Ce tamponnement doit être changé toutes les vingt-({uatre ou quarante-huit heures. 11 détermine souvent une mauvaise odeur. Néanmoins, il peut être nécessaire de le laisser une semaine entière pour ne i)as faire saigner la plaie. Si la température s'élevait, il faudrait l'extraire et recouriiil l'iriigation continue. Pour appliquer le tamponnement, la plaie infectée est largement ouverte, la cavité suppurante est explorée à laide de deux écarteurs etdu doigt. Les anfractuosités sont détruites, et une mèche de gaze est introduite mollement dans tous les coins. Cette compresse peut rester cinq jours. On la détache en l'imbibant
(l'eau o.xygénée ; rablalion de la gaze se fait alors sans douleuf. Dès «lue la plaie commence à bourgeonner, c'est-à-dire vers le douzième jour, il faut supprimer le tamponnement et maintenir rorifice cutané béant jusqu'à ce que la profondeur soit comblée.