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COMPLICATIONS. — VOMISSEMENTS

tluisent un lôgei- degré trintoxicalion par l'agent anesthésique, ou une action do celui-ci sur le système nerveux (pneumogastrique, grand sympathique).

Tant (jue ces vomissements sont muqueux ou bilieux, ils ne comporlcnt aucun pronostic sérieux ; ils cessent d'ailleurs spontanément au bout de ({uelques heures. Dès qu'ils se prolongent, et surtout dès qu'ils deviennent noirs, couleur de calé clair, ils indiquent la présence de sang et la rui)ture de petits vaisseaux de la muqueuse gastrique ; ils deviennent dangereux.

Ces vomissements doivent être traités immédiatement par un lavage de l'estomac, faute de quoi le malade peut succomber rapidement.

Pathogénie. — Ces vomissements noirâtres prolongés tiennent soit à la péritonite, soit à la dilatation aiguë paralytique de Vcstomac. Ce dernier accident est facile à reconnaître. On inspecte l abdomen du sujet et, au-dessous du rebord des fausses côtes, Testomac fait saillie ; la pereussion montre qu'il est gontlé par les gaz. Cette dilatation aiguë est due à l'inhibition du système nerveux central (moelle) ou péi'ipliérique (pneumogastrique, grand sympathique) par l'agent aneslhésique. Cette action paralysante de la narcose sur ces nerfs est expliquée par les expériences de Braun, qui a provoqué chez le chien la paralysie molrice de l'estomac, en sectionnant les deux nerfs splanchniques, et par Stieda qui a provoqué le même accident par la section d^s nerfs vagues.

La dilatation aigué de l'estomac n'est que le premier temps d'un accident plus grave : Vocclmion aiguë diiodénale post-opératoire. En effet, l'estomac distendu refoule par en bas la ma.sse de l'iléon ; le paquet de l'iléon refoulé e.xeixe une traction sur les vaisseaux mésentériques; ces vaisseaux mésentériques, au-dessous desquels le duodénum ])asse comme sous un pont, étranglent l'anse duodénale et provoquent la dilatation du duodénum. Dans ce cas, la dilatation aiguë post-opératoii-e intéi-esse donc à la fois l'estomac et le duodénum.

Symptômes. — 1° Vomissements et collapsus rapide. — Tels sont les deux caractères essentiels de la dilatation d'estomac, avec ou sans occlusion duodénale aiguë. Les vomissements sont incessants, abondants, bilieux, verdàtres, noirâtres. jamais fécaloïdcs. Le liquide est souvent irritant par suite de la présence du suc pancréatique et produit de l'érythème de la face au pourtour de la bouche.

Le collapsus est tardif quand il n'y a que de la dilatation d'estomac. Il est très i)récoce si le duodénum est comprimé. Il est caractérisé par le faciès hippocratique, l'accélération et la petitesse du pouls. Ces acci-

y. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.

(U'iils sDul dus à ce que le diajjliragme refoulé comprime le cœui- ol exerce une traction sui- les nerl's ])neumoiiastrif|ues ; ils résultent surtout de Yinto.eication qui est rapide. Cette toxémie est due aux ])oisons endogènes que fabiique l'intestin au niveau du duodénum.

2° Distension abdominale. — Au début, cette distension est localisée à fépigastre, mais l'estomac se dilate tellement qu'il i)cul descendre jusqu'au ]iubis. La forme de l estomac n'est pas dessinée sur la paroi. 11 n'existe pas de mouvcmenls péristaltiques ; cet organe est jiaralysé.

3° La soif est vive ; les urines sont rares. — Ce qui lient à ce que l oi-gane est privé d'eau. Cette déshydi-atation est due à ce que le malade vomit plus qu'il n absorbe et qu'il ne ])eut boire pour réparei' la perle.

i° Arrêt des gaz et des matières par l'anus. — Ce phénomène est accessoire ; il peut d'ailleurs manquer. Les gaz et la diarrhée ont pu se constater.

Traitement. — Un malade opéré depuis vingt-quatre heures ou deux ou trois jours commence à vomir. Les vomissements présentent une couleur café ; le patient éprouve une soif vive ; le pouls devient petit, fuyant, lapide. La ligure présente tous les caractères du faciès hippocratique : yeux excavés, traits tirés, visage terreux, lèvres livides. Les vomissements se répètent pendant quel(|ues heures, puis le refroidissement se produit et le sujet succombe vingt-quatre ou quarante-huit heures après l'aijparition des accidents.

Que faire pour prévenir une issue fatale? Laver Cestomac. Le laver d'une façon large, avec de l'eau tiède, simple ou additionnée d'une petite quantilé d eau oxygénée. Cesser le lavage dès que le li(|uide devient clair ; le recommencei- tant que le vomissement a tendance à se reproduire et que l'état général du malade ne paraît pas so remonter. Ce lavage doit être exécuté par les infirmières, qui ne doivent pas attendre la visite du chirurgien.

Dès qu'un malade vomit noir, il faut immédiatement lui laver l'estomac; l'urgence est aussi grande que s'il s'agissait de faire de la compression sur un membre qui saigne. U faut, de la part de l'infirmièr-e, une certaine dose d'énergie et de décision. Le malade est affaibli, le lavage d'estomac paraît devoir l'accabler, surtout s'il n'y est pas habitué. Une grande habitude de ces petites oj)érations les rend faciles.

Si le lavage d'estomac ne réus.sit pas, après avoir été répété; si, malgré ce lavage, l'estomac se distend au bout d'une demi-heure ou <l'une heure, c'est que la dilatation aiguë se complique de l'étrangle-

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