SOINS PRÉ- ET POST-OPÉRATOIRES DES LAPAROTOMISÉS
Avant de pratiquer une laparotomie, il suffit généralement de trois ou (juatre jours de préparation.
Le rôle des infirmières est de désinfecter la peau du malade par un bain savonneux avec friction au savon noir, les dents par le détartrage et l'iode, le vagin par des irrigations d'eau oxygénée et Vintestin par des laxatifs répétés associés à des lavements d'huile. 11 ne suffit pas d'un purgatif unique; il faut plusieurs jours de laxatifs et surtout plusieurs lavages d'intestin pour obtenir l'évacuation complète de certains gros intestins.
Chez les sujets obèses ou congestifs qui créent, par suite de leur obésité et de leur tension abdominale, de grandes difticultés opératoires, une préparation de plusieurs semaines s'impose.
Quel régime faire suivre aux futurs laparotomisés, obèses ou congestifs, pendant les semaines ou les mois qui précèdent l'opération ?
Nous les soumettons au régime fruilarien et végétarien exclusif ; nous supprimons d'une façon complète la viande, le poisson, les œufs, le lait, sauf le lait caillé ; nous diminuons la ration de pain, de pâles et nous donnons à discrétion des fruits et des légumes verts ; suppression complète de sel ; boissons en abondance. En général, le malade maigrit de 5, 10,15 et 20 kilogrammes avant l'opération. Cet amaigrissement est surtout appréciable pour les sujets atteints de hernie ombilicale : l'opération devient ainsi facile; la convalescence est courte.
Après les opérations, nous alimentons très peu les malades, mais nous les faisons boire abondamment dès que les vomissements ont cessé. Au début, nous leur administrons de l'eau de Vais, des comprimés de ferment lactique ou une eau alcaline artificielle, pour nettoyer le tube digestif et combattre les effets de l'anesthésie générale. Dès que le teint devient clair et que la langue est propre, nous commençons à les alimenter. Les fruits constituent la base de l'alimentation des opérés. La quantité de sucre qu'ils renferment et l'eau qui fait partie de leurs cellules les nourrissent et contribuent au lavage interne. Nous ne donnons jamais d'alcool aux opérés, pas
SOINS POST-OPÉRATOIRES
de cognac, pas de cliampagne; nous n'en reconnaissons pas l ulilité. L'eau salée, la caféine, la sparléine sont autrement eldcaces.
La constipation est une complication fréquente à la suite des opérations. Elle est facile à combattre en faisant boire toutes les vingt-(iuatre heures, on plusieurs fois, un liti-e d'eau de Vais additionnée d'un verre à bordeaux d'eau de C.arabana.
Chez certains sujets dont la vessie a été incisée ou déchirée, il est nécessaire de laisser une sonde à demeure. Chez l'homme, cette sonde sei a fixée à l'aide d'une compresse cousue autour de la verge. Employer la sonde Nélaton et la changer tous les jours.
Chez la femme, placer une sonde Malécot et la changer toutes les quarante-huit heures.
Si la sonde à demeure n'était pas supportée et s'il était nécessaire de sonder le? malades, ce sondage serait exécuté aseptiquement avec une sonde Nélalon, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme.
Quel jour faut-il Taire lever un opéré ? — Nous levons nos opérés relativement tôt. L'ne hystércclomie pour iibrome se lève le dixième jour. Un opéré d'appendicite à froid se lève le quatrième ou le cinquième jour. Les sujets opérés sur le sein, le cou, la langue se lèvent le lendemain de l'intervention.
La position du sujet dans le lit n'est point indiiïérente. Tantôt le sujet doit être dans le décubitus dorsal : c'est la position habituelle. Les jambes sont alors légèrement relevées à l'aide d'un coussin placé en travers au-dessous des jarrets.
Après les opérations pour fistules vésico-vaginalcs, la malade doit rester couchée à plat ventre.
Après les opérations pour cancer du larynx, le patient est couché, en position inclinée, les pieds du lit relevés par deux briques.
Chez un sujet atteint de péritonite, la position demi-assise s'impose pour que les sécrétions s'écoulent vers le bassin.