‹ Technique opératoireChapitre 21 sur 145 · V. PAUCHET · texte numérisé non relu

V. PAUCHET

soude à 2 p. 100). Il est nécessaire de la couper de o à 10 fois pour les mu(iueuses. Il est inutile d'employer l'eau oxygénée médicinale qui coûte cher ; l'eau oxygénée industrielle, qui contient de l'acide chlorhydrique et de l'acide sulfurique, est suffisante. Celle-ci est rendue non caustique quand on prend la précaution de la couper, au moment de s'en servir, de 2 à 10 fois son volume à l'aide d'eau alcaline (sous-carbonate de soude). Ses propriétés microbicides sont aussi actives ; ses propriétés caustiques sont supprimées.

Perborate de soude. — U peut être employé en solutions pour remplacer l'eau oxygénée (une à deux cuillerées à soupe dans un litre d'eau). Ses propriétés sont moins actives.

Teinture d'iode. — Nous en usons largement : badigeonnage iodé à sec de la peau lavée avant l'opération ; lavage d'eau iodée (1 p. 100) comme injections vaginales, buccales ; badigeonnage iodé des gencives malpropres, etc.

Chlorure de zinc. — Badigeonnages des plaies tuberculeuses (solution à 10 p, 100),

Nitrate d'argent. — Solution à 1 p. 50 pour les instillations vésicales; à 1 p. 2000 pour les lavages de vessie. A conserver dans un flacon de verre bleu.

Solution salée à 37°. — Utilisée pour le lavage du péi-iloine (rare), celui des plaies, celui du cerveau. Dans la chirurgie à domicile, les compresses, tampons et champs opératoires doivent être bouillis pendant une demi-heure dans une solution de sel de cuisine et d'eau de source à la dose d'une cuillerée à café par litre d'eau. Cela fait une solution de sérum artiticiel (1),

Permanganate de potasse. — Employé à 1 p. 1000 à 40", il sert aux injections de l'urètre et du vagin dans les blennorragies. A 1 p. 100, il désinfecte les mains pour lesquelles le savonnage paraît insuffisant. Les téguments sont alors colorés en bi'un comme par la teinture d'iode. Pour les décolorer, on les plonge dans une solution de bisulfite de soude à 10 p, 100, Les taches de permanganate sur le linge sont enlevées à l'aide d'acide oxalique ou d'acide tartrique,

Naphtol camphré. — Il s'emploie en injections dans les abcès froids comme l'éther iodoformé,

Lysol. — Un verre à liqueur dans un litre d'eau. Il s'emploie pour la désinfection des mains. Il constitue une sorte de solution savonneuse antiseptique et peut remplacer le savon ou lui être associé.

(1) Formule du sérum artificiel :

Eau (le pluie ou de source Sel marin

Chlorure de calcium

Q, S. pour 1000.

7 grammes.

3 grammes.

ASEPSIE. — AUTOCLAVE.

Formol. — Solution du commerce : pour inonder le sol des appartements (vingt-quatre heures); un litre pour un seau d'eau.

Poudre de trioxyméthyiène pour la désinfection dos sondes en gomme.

Eau de Javel. — (lelle-ci s'emploie dans la chii-urgie de campagne pour remplacer l'eau oxygénée. L'ne cuillerée à soupe d'extrait d'eau de Javel dans un litre d'eau agit autant que l'eau oxygénée coupée de cinq fois son volume d'eau alcaline.

Vapeur sous pression — (-elle-ci s'obtient à l'aide d'un autoclave. Choisir l'autoclave Chamberland, qui est le plus simple, ou l'autoclave Sorel,(iui permet de i'onserver des pansements secs. L'autoclave doitdonner 123° (2 atmosphères). Avec cet appav^tt, on stérilise l eau, l'ouate, les compresses, les tampons, les fils, et n)ème les instruments, pourvu que ceux-ci soient plongés dans une solution de borate de soude.

Autoclave Chamberland. — C'est un cylindre en métal ; le couvercle, muni devis à pression, porte une soupape de sûreté, un manomètre et un robinet.

Le manomètre, gradué jus- (ju'à cinq atmosphères, indique la température et la tension. On dispose dans

l'inténeur des boîtes à pansements ou des cuvettes. La chaudière est remplie jusqu'à un niveau indiqué sur la paroi. On fei me le couvercle et on allume, La vapeur s'échappe par le robinet ; ne fermer f|ue quand le jet est continu; l'appareil est alors purgé d'air. \'ers 130", faire fonctionner la soupape de sûreté et régler le débit du

Fig. 3H. — .Viitoclave Chaiiiherlund.

L'appareil ouvert iiionlre les boites niétalli(|iies dans lesquelles sont contenuos les compresses.

gaz

de sorte que l'aiguille se maintienne vers 125" pendant

64 V. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.

vingt minutes. L'auloclave est chauffé au gaz, à la vapeur, au pétrole ou à l'électricité (fig. 38). Autoclave Sorel. — Celui-ci présente une double enveloppe de

Fig. .39. — -Viiloclave Sorel horizontal.

façon que, la stérilisation étant terminée, on puisse faire le vide à raide d'une trompe à eau. De cette façon, les pansements et les compresses sont absolument secs et peuvent se conserver. Cet appareil

ASEPSIE. — ASEPSIE DU LOCAL.

est indispensable pour les pharmaciens ([ui débilent les [>aM.seinenU quelques jours ou quelques mois après leur stérilisation (lig. 39).

L'appareil Chamberland est l'instrument de choix pour les installations chirurgicales. Il est plus simple, moins coûteux et suffisant.

Étuve sèche. — La chaleur sèche est obtenue par Téhive Poupinel qui doit monter à 160", chaulfée au gaz ou à réleclricité. La stérilisation doit durer une demi-heure. Cette étuve sert à stériliser les instruments, les cuvettes, plateaux, etc.

Ébullilion. — L'ébullition peut être utilisée pour les instruments, les fils et les pièces de pansements. On fait usage d'un bouilleur à gaz ou électrique. Dans les installations voisines d une salle d'opérations, il faut avoir recours au bouilleur à vapeur ou au bouilleur électrique, car le gaz d'éclairage brûlé devient toxique mêlé aux vapeurs du chloroforme ou risque de s'enflammer avec l'éther. Dans le bouilleur, on melti-a de l'eau de pluie additionnée de borate de soude, 2 p. 100 pour stériliser les instruments. Quel que soit l'objet qu'onfassebouillir: instruments, gants, etc., ilfaut, avant d'immerger les objets, attendre que le liquide soit en ébullition et non les jeter dans l'eau froide, sous peine de les altérer. Ne jamais faire bouillir des instruments métalliques avec des objets de caoutchouc, sinon le métal se colore en noir (sulfure de fer). Les tampons, compresses ou objets de pansements doivent être bouillis dans un récipient spécial pendant une heure, dans de l'eau de source additionnée de sel marin (une cuillerée à café pour un litre d'eau).

Flambage. — Le flambage peut être employé dans certains cas d'urgence. C'est un mauvais procédé; s'il est trop énergi({ue, il altère les instruments ou brise les cuvettes. S'il est insuffisant, il ne produit aucune stérilisation. Pour que le flambage soit efficace, il faut qu'il dure une ou deux minutes au minimum, et que les instruments fassent entendre un bruissement au moment où on verse de l'eau sur eux. Il est préférable de tenir l'instrument ou la cuvette au-dessus d'un brûleur à gaz, car le sommet de la flamme est la seule partie qui stérilise. La cuvette flambée par quelques gouttes d'alcool (même si on prend soin de la tourner dans tous les sens) n'est nullement stérilisée. Si on a recours à ce procédé, il faudra que la cuvette soit préalablement très propre et vigoureusement frottée à l'alcool à l'aide d'un tampon d'ouate. Le flambage est donc un procédé d'exception.

Page 1