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V. PAUCHET

la suite d'une opération d'urgence pour plaie susceptible d'être infectée (plaie par écrasement, grand traumatisme).

La salle doit se prêter à cette désinfection facile. Les parois doivent être lisses, ripolinées blanc. Le sol sera couvei't de porphyrolithe, de carrelage ou de mosaïque. Les murs seront également carrelés ou couverts de ripolin sur une hauteur de 2 mètres. La lumière pénétrera par un plafond vitré ou latéralement par une large baie exposée au nord. Éclairage par l'électricité directe ou par réflexion, (lhaufl'age central à vapeur ou eau chaude à l'aide de radiateurs. Pas de courants d'air.

Les instruments seront stérilisés dans la « chambre de stérilisation » qui sera voisine.

La salle d'opérations se trouvera à l'étage et non au rez-de-chaussée.

Pour pratiquer la désinfection de la salle, celle-ci devra être lavée à l'eau courante, ainsi qu'on le pratique après chaque matinée opératoire. Puis l'infirmière fermera portes et fenêtres et inondera le sol à l'aide d'un seau d'eau additionnée d'un litre de formol du commerce. La pièce restera fermée pendant vingt-quatre heures. Les fenêtres seront alors ouvertes pour atténuer l'odeur du formol; on répandra ensuite de l'ammoniaque sur le sol.

in. — ASEPSIE DU MATÉRIEL.

Stérilisation de l'eau. — Le chirurgien utilisera de préférence l'eau de pluie ou l'eau de source. Sinon, elle devra être préalablement filtrée au filtre Chamberland.

L'eau sera stérilisée par Y autoclave à 1 25° pendant un quart d'heure, ou par VéhuUition pendant une heure. Dans ce cas, faire usage d'un simple bouilleur à gaz ou électrique.

Faute d'ébuUition, l'eau peutse stériliser par le /ï/fj-e Chamberland; mais la bougie filtranle doit être stérilisée deux fois par semaine dans un four à 700''.

L'eau peut encore être stéi'ilisée par les procédés chimiques : 4 gouttes d'iode dans un litre ; 1 gramme de permanganate de chaux dans un litre; 1 gramme d'acide citrique dans un litre.

La solution devra être iaite depuis une heure pour que l'eau soit considérée comme dépourvue de microbes.

Stérilisation des instruments. — Après chaque opération, les instruments sont nettoyés dans l'eau savonneuse froide. Le sang est enlevé à l'aide d'une compresse ou d'une brosse. Ceux qui ont été souillés par du pus doivent être jetés dans une solution bouillante de sous-carbonate de soude (une cuillerée à soupe par litre).

ASEPSIE.

— ASEPSIE DU MATÉRIEL.

pendant un (juart d'heure. Ces instruments, savonnés ou bouillis, sont alors soigneusement essuyés. S'ils pi'ésenU'nl quelques irrégularités qui puissent faire supposer que le linge a pu négliger un point humide, les plonger dans l'alcool qui seul permettra de les sécher. On ne devra jamais laisser sur les instruments une tache de rouille. Ceux-ci seront stérilisés par l'étuve, l'ébullition ou le flambage, .l'ai déjà dit que le bon flambage altère les instruments et que le flambage insuffisant ne les stérilise pas.

L'étuve sèche à 160° assure la stérilisation en une demi-heure. Bien régler l'appareil, car souvent une partie des instruments est trop chauffée, tandis que l'autre l'est insuffisamment. C'est le procédé qui altère le moins les instruments et c'est celui auquel nous avons recours personnellement.

Vébullition est le procédé de choix dans la chirurgie courante. Elle se fera dans une bouilloire contenant de l'eau de pluie et du borax (2 p. iOO). Elle devra durer quinze à vingt minutes. Jeter les instruments dans l'eau bouillante, jamais dans l'eau froide.

L^autoclave peut être utilisé pour la stérilisation des instruments. Ceux-ci sont disposés dans une boîte métallique remplie d'eau boralée. La stérilisation est complète au bout d'un quart d'heure. Ne pas omettre d'ajouter du borax, sinon la vapeur d'eau noircit le nickel. C'est un procédé excellent comme garantie d'asepsie, mais qui altère plus les instruments que l'ébullition simple ou l'étuve sèche.

Pour la stérilisation des aiguilles et des bistouris, nous avons recours au procédé suivant : après immersion de quelques minutes dans l'alcool, ils sont vigoureusement frottés avec une compresse stérile et alcoolisée, puis plongés pendant cinq minutes dans de l'eau boi atée bouillante.

Stérilisation des cuvettes, bocaux, plateaux, etc. — Le flambage est incertain ou insuffisant, ou bien il altère ces objets et risque de les briser ou de les fendre. Recourir à la stérilisation par l'étuve sèche ou par l'autoclave. Les cuvettes seront laissées dans l'étuve Poupinel pendant trente minutes.

Stérilisation des drains et gants. — Les drains de caoutchouc rigides, les seuls qu'on doive utiliser, ainsi que les gants de Chaput, seront stérilisés par l'ébullition d'une demi-heure dans l'eau. Ne pas les jeter dans l'eau froide, mais dans l'eau bouillante, sinon le caoutchouc est déformé et s'altère ra})idement.

Les gants fragiles (gant américain) seront simplement savonnés dans l'eau tiède et rincés, puis laissés pendant plusieurs heures dans la glycérine phéniquée à 2 p. 100.

Pour la stérilisation des gants, voyez en outre page 54.

Stérilisation des liis. — Les fils métalliques, bronze ou lailoii, seiont stérilisés avec les instruments. Les crins et le fil de lin seront stérilisés, comme les compresses, à l'autoclave (un quart d'heure à 125°) ou par l'ébullition (une heure dans l'eau salée).

Le fil de lin sera enroulé sur des bobines de verre, sur un petit tampon d'ouate ou sur un petit rouleau de gaze.

Les crins seront introduits dans un drain. 11 sera ainsi facile de les prendre un à un sans les entremêler au moment de l'opération.

Soie, fils de lin. — Nous n'employons jamais la soie. Nous utilisons le fil de lin acheté chez le mercier. Pour les sutures artérielles, nous prenons du n° 700; pour les sutures délicates (uretère), le n" 300 ; pour les sutures intestinales, le n° 250 ; pour les ligatures des vaisseaux, le n» 250, 200 ou 150; pour les sutures des parois, le n» 100. Le stériliser par l'ébullition dans l'eau salée (vingt minutes), ou à l'autoclave avec les compresses.

Stérilisation du catgut. — Le catgut se sléi ilise de trois façons : soit par un procédé physique, c'est-à-dire par la vapeur d'alcool sous pression, soit par un procédé chimique, ou par l'ébullition dans le eu mol.

1° Vapeur d'alcool sous pression. — Le catgut est placé dans un récipient plein d'alcool, dans un petit autoclave qui est lui-même introduit dans l'autoclave Chamberland. La température est portée à 125° pendant un quart d'heure. Cette méthode constitue certainement le procédé de choix ; c'est elle qui est employée par toutes les maisons sérieuses qui livrent du catgut au commerce : Robei't, Leclercq, Chevretin, Larochette, Bombard, Deffins, etc. Ce procédé est plus ou moins modifié suivant que le fabricant veut donner [)lus de garantie, de souplesse ou de solidité. Son application est difficile; le chirurgien trouvera dans le commerce d excellents catguts offrant toutes garanties d'asepsie. Si pourtant la consommation était trop grande et si le chirurgien désirait prépai-er lui-même le fil, il aui'a recours à la méthode chimique.

2° Procédé chimique. — Le meilleur procédé est celui de Lucas- Championnière. Laisser à demeure le catgut. brut dans de l'essence de térébenthine. Cette immersion durera de un à trois mois, suivant la grosseur du fil. Le lil est alors enlevé de l'essence de térébenthine, rincé à l'éther pendant vingt-quatre heures, puis laissé à demeure dans de l'alcool à 90°. Nous ne nous servons que de catgut stérilisé depuis un an. Par exemple, nous utilisons en 1909 le catgut stérilisé en 1908. Je considère que le facteur « temps » est l'élément principal de succès dans la préparation chimique du catgut. Quand

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