‹ Technique opératoireChapitre 30 sur 145 · V. PAU C H ET · texte numérisé non relu

V. PAU C H ET

doses est étroite avec le chloroforme; elle est large avec l'éther, et permet au chirurgien de s'y mouvoir sans inquiétude, d'atteindre sans danger le but désiré.

Les divers anesthésiques présentent des propriétés physiologiques diverses; les individus réagissent différemment à l'égard d'un anesthésique déterminé.

Préparation du malade. — En présence d'un malade à narcotiser-, le médecin doit obtenir son consentement et, s'il s'agit d'un mineur, le consentement de ses parents.

Il ne faut pas lui exposer les dangers de la narcose, bien qu'il doive savoir que sa vie peut être mise en jeu.

Le malade sera à jeun depuis la veille au soir, s'il s'agit d'une opération bénigne. S'il s'agit d'une grande intervention, il devra être à la diète depuis deux ou trois jours. Cette diète autorise néanmoins l'usage des liquides et des fruits, jusque sept ou huit heures avant l'opération. Les vieillards n'y seront astreints que très peu de temps; il en est de même des enfants. Les sujets obèses et surtout les congestifs pourront être, avec avantage, soumis à une diète prolongée. La diète de douze heures assure l'évacuation des matières alimentaires hors de l'estomac et garantit contre l'asphyxie par corps étrangers des voies aériennes. La diète de plusieurs jours, le régime liquide et fruitarien prolongé, produit un lavage du foie et des reins et les met en bonne posture pour lutter contre l'action toxique d'une anesthésie prolongée.

Chez tout malade devant être endormi, il faut :

\° Examiner la bouche, faire nettoyer les dents pour éviter les infections pulmonaires et les parotidites.

2" Ausculter le cœur et le poumon, et, si possible, les radioscoper. 11 m'est arrivé de ne pas opérer un sujet atteint d'anévrysme de l'aorte parce que la radioscopie avait montré l'ectasie de ce vaisseau.

3" Faire l'examen des urines : albumine, sucre, dosage de l'urée.

Les sujets cardiaques supportent mal le chloroforme ; les bronchitiques supportent mal l'éther.

11 est bon d'examiner aussi la base de la langue. Quand les follicules de cet organe sont hypertrophiés, cela correspond à l'hypertrophie du thymus et prédispose le sujet à la mort par chloroforme.

Remarquer aussi l'état du nez. Si les fosses nasales ne sont pas libres, si le sujet est atteint d'insuflisance nasale, autrement dit, si c'est un ancien adénoïdien qui respire par la bouche, l'anesthésie sera pénible. Il faudra lui maintenir la bouche ouverte pendant

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