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VI. — Résumé pratique de l'anesthésie générale

Poui- ohtonir une narcose prolongée, on se sert de chloroforme ou d'éthcr. l*our ohlenir une anesthésie coui'le, de chloréthyle.

Anesthésie par le cliIoror<>rnie. — Effets physiologiques du chloroforme. — Tiois périodes:

1" l'ériode (V excitation, caractérisée d'ahord par l'excilalion des muqueuses respii-atoires, puis par des trouhles céréhraux : idées incohérentes et irrégularité du pouls et de la respiration.

2° Période d'onesthésie chirurgicale : disparition des réflexes et régulai'ilé du pouls et de la respiralion.

3° Période de cnllapsus qu'il ne faut pas attendre : ralentissement de la rcspir-alion, alfaiblissement du pouls, dilatation de la pupille.

Caractères du bon chloroforme. — Limpide; odeur franche agréable; réaction neuti'C au tournesol; il doit être conservé dans des flacons foncés.

Objets usuels de la chloroformisation. — Flacons comptegouttes; compresses ou masque à chloroformer; tampons montés; jtince à langue; ouvre-houche ; seringue de Liier ; ampoules de caféine et d'huile camphrée.

Précautions à prendre pour le malade. — .leùne absolu; examen du cœui-, du poumon, de la bouche (râtelier); déshabillage complet; décubitus horizontal. Rassurer le malade et lui apprendre à i-espirer lentement. Onction des lèvres et du nez avec de la vaseline pour éviter la brûlure. Fixation des genoux (!t des poignets à la table poui- éviter les monv(Mnenls de défense.

Mode d'administration du chloroforme. — a.) Appai eil de Ricard ou Decolland ; 6) a[)pareil de Roth (chloroforme et oxygène);

102 V. PAUCHET. — TECHNIQUE OPÉRATOIRE.

()) la comiircsse pour la iiiélliode du }^ouUe à goutte de Léon Lal)bé. Cidlo-ci est la plus onii>loyéc dans la chirurgie rurale. Nous la décrivons :

Verser au début 4 àO gouttes sur la compresse. La retourner aussitôt et l'appliquer en place sur le nez et la bouche du patient. Le cbloroforinisateur est placé derrière le maladt;. il relève le menton avec deux doigts de chaque main, de façon à projeter le maxillaire en haul et en avant. La compresse est hermétiquement fermée sur les boi'ds poui- réduire le passage de Tair. Le chloroforme est donné goutte à goutte, par très petite quantité, d'une manière continue, sans aucune intermittence autre que le temps de retourner la compresse pour verser du chloroforme. Une fois le patient endormi, verser quelques gouttes de temps en temps pour entretenir l'anesthésie. La disparition du réflexe cornéen permet de reconnaître que le patient dort.

Conduite du chloroformisateur pendant l'anesthésie. — L'anesthésisle doit : 1" surveiller attentivement le malade sans causer avec les assistants ni regarder l'opération ; 2" prévenir le chirurgien des accidents qui peuvent survenir. La surveillance portera sur la coloration de la face et des lèvres qui ne doivent être ni pâles, ni violacées; sui- la respiration qui doit être perceptible et régulière; sur V(ril : la pupille doit être contractée et la cornée insensible; enfin, sur la langue qui doit être tirée au dehors, si elle gène la respiration.

Quand l'opération est terminée, ne pas quitter le malade avant qu'il soit réveillé ; le laisser se réveiller de lui-môme. S'il reste pâle ou si le sommeil se prolonge, ouvrir les fenêtres, faire respirei- de l'oxygène, injecter de l'eau salée sous la peau.

Anestliésio par l'éther. — Avantages. — Rareté des accidents et des vomissements. L'asphyxie seule est à redouter. Elle est due à l'inattention de l'anesthésisle.

Inconvénients. — N'apeurs inflammables ; dangers d'un foyer sur le sol ; dangers du thermocautère dans le voisinage immédiat du masque; impossibilité de fulgurer un cancer; tremblement fréquent qui gêne l'opérateur; complications pulmonaires chez les emphysémateux et les lironcbitiques.

Mode d'administration. — Employci- le masque de .lunker ou celui de Julliaid. Y verser d'emblée 20 centimètres cubes d'éther. Dans les opérations sur la tête ou la face, recourir à l'anesthésie par voie rectale si le sujet n'a point d'entéro-colite. ^viter la congestion pulmonaire pai- le nettoyage des dents, le désencombrement des mucosités au cours de l'opération, la surveillance de la température

ANESTTIÉSIE. —

RÉSUMf: DE L'ANESTITÏÎSIE GÉNÉRALE. 103

(le la cliambro et des couloirs, et par une injection de scopolaniineniorphine (jui diminue les sécrétions broncliicpies et réduit la ([nanti té d'anesthési(jue à employer.

Aiiesthcsîe par le clilorcthylc. — Le chlorétliylo s'emploie soit pour les opérations de courte durée (ablation d'un dent, végétations adénoïdes, opérations à l'anus, amputation de doigts, incision de pblegmon), soit comme premier (emps de l'aneslliésie à l'éther, laquelle constitue un procédé pénible.

Avantages.— Il peut s'administrer debout, assis, couché, àgenoux. Peu dangereux, très agréable.

Inconvénients. — Il s'évapore très vite, coûte cher; il est inapplicable aux alcooliques.

Mode d'administration. — a. Avec le masque de Camus. — Employer des ampoules de 3 centimètres cul)es pour l'adulte, 2 centimètres cubes pour l'adolescent et 1 centimètre cube pour l'enfant. L'anesthésie est obtenue en trente on soixante secondes et dure deux minutes environ.

b. Avec le petit masque Robert et Carrière. — Ne pas sidérer le patient brutalement; mais, au contraire, ne donner le sommeil qu'en une minute environ. Les accidents sont rares.

c. Avec l'appareil Decolland. — Narcose plus lente à oblenir ; elle peut être continuée par le chloroforme dans le nKMiie aiqiareil.

Accidents d aiiestliésie ^çéuérale. — 1" Accidents immédiats. — Us sont dus, dans la très grande majorité des cas, à ce que l'anesthésie est mal appliquée, à ce que l'anesthésiste est inatlentif ou inexpérimenté. Exceptionnellement, il faut accuser l'impureté de l'agent chimique ou la susce|dibilité spéciale du sujet.

a. Excitation du début. — (lelle-ci est évitée soit par une injection de morphine vingt minutes avant, soit par une inj(MMion de morphinc-scopolamine une h(!ur(! au[)aravanl, ou une potion de véronal la veille au soir.

Agir avec douceur, causer au palienl en lui recommandant de respirer profondément. Le fixer à la table pour remitêchcr de se lilesser. L'excitation cesse au bout de quelques minutes.

I). Vomissements. — Qu'il s'agisse de vomissements 7n7/'jfîiei<.ï on bilieux, ils n'entraînent aucun danger. Us s'annoncent par une dilalalion brusque de la pupille avec réapparition du rcfic.ve cornéen. La rospiiation est irrégulière. U y a du hoquet, d(ïs coni raclions épigaslriques, des contractions abdominales. Augmentei' la dose d'anesthésiquc, tourner la tête du patient de C()té poui- l'empêcher de vomir dans la trachée. Nettoyer le pharynx avec un tampon monté sur une pince.

104 V. PAUCHET. — TECHNIQUE lOPÉRATOIRE.

Plus graves sont les vomissements alimemaiives, qui se coiislalonl quand le chifuigien opère à domicile, ils n'existent jamais dans un milieu hospitalier, où le malade est à jeun. Plus graves encore soni les VOMISSEMENTS KÉCALOÏDES, en cas de hernie étranglée ou d'occlusion intestinale. Ils peuvent entraîner la mort immédiate par asphyxie ou tout au moins la congestion pulmonaire deux ou trois jours plus tard. Amener brusquement le malade au bout de la table, la têle dans le vide, pour que les vomissements toml)ent dans les fosses nasales. Pour éviter les vomissements fécaloides, ne jamais opérer d'occlusion intestinale sans un lavage préalable de Testomac.

c. Asphyxie. — S'annonce par la cyanose de la face et des lèvres, l'irrégularité, puis l'arrêt de la respiration. Si la respiration n"est point encore arrêtée, porter le maxillaire inférieur en avant et en haut. Saisir la langue, nettoyer la gorge avec un tampon. Si la respiration est arrêtée, prati(iuer lentement et régulièrement la respiration artificielle, les tractions rythmées de la langue et des inhalations d'oxygène.

d. Syncope. — Elle s'annonce par la dilatation brmque de la pupille urec disparition du réflexe cornécn. La face est livide ; la respii-ation et le pouls s'arrêtent. Môme ti-ailement que l'asphyxie, c'està-dire respiration artificielle et tractions rythmées de la langue. lnj(îcLion intraveineuse de 1 litre de sérum additionné de 1 centimètre cube d'une solution d'adrénaline au millième.

2'^ Accidents tardifs. — On peut observer :

a. Vomissements incoercibles. — Si ceux-ci sont noirâtres, pratiquer un ou plusieurs lavages d'estomac. Si le ventre .se gonfle et reste gonflé malgré un lavage stomacal, coucher le sujet à plat ventre ou dans la position génu-pectorale (occlusion aiguë du duodénum, dilatation aiguë de l'estomac^).

b. Albuminurie et glycosurie, ictère par irritation du rein ou du foie. — Ils disparaissent au bout de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois.

c. Congestion pulmonaire. — Elle accompagne parfois l'éthérisation. l'^lhî ])eut être évitée par rinjeclion préalable de morphine-scopolamine, par une adminislralion i)rudenle de l'éther (le malades ne doit pas ronfler ), par le nettoyage fré(iuent de la gorge au cours de l'anesthésie et par la désinfection préopératoire de la bouche (détarli'age et badigeonnage iodé).

d. Dilatation aiguë du cœur. — ('erlains sujets obèses, surtout les fennnes à Cd'ur gras, opérés sur le plan incliné, peuvent mourir deux ou trois jours après l'opération, soit par la compression du cœur par les viscères, soit par l'intoxication de l'oi ganisme poi teur

ANESTIIÉSIE.— ANESTIIKSIE LOCALE. lOf)

de mauvais reins ou d'un mauvais foie. Chez de lois sujols, ne pas laire de scopolamine-morphine ; ne jamais pratiquer deux aneslliésies dans la même quinzaine.

e. Paralysies périphériques. — La plus fréquente est la paralysie radiale due à ce que le nerf radial a été comprimé contre la table d'opération dans la gouttière de torsion. Elle guérit spontanément au bout de quelques semaines, mais il vaut mieux l'éviler en fixant les poignets du sujet dans une bonne position.

Conclusion. — Pour une anesthésie courte : dents, adénoïdes, incision d'abcès, prenez le chloréthyle et le masque de Camus. Po ur une aneslhésie longue, choisissez l'éther avec le masque d'I )mbredannc ou de Junker, en commençant Faneslbésie avec le chloréthyle.

Si vous opérez près du thermocaulère ou sur un sujet pulmonaire, choisissez ,1e chloroforme et administrez-le avec l'appareil de Ricard.

Si vous associez l'anesthésie au chloroforme avec le kélène, prenez l'appareil Decoliand.

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