MÉTHODES D'EXÉRÈSE. - EXTRACTION D'AIGUILLES
Nous possédons maintenant par chaque tirage les distances exactes dans deux pians différents du projectile au point squelettique non déformé sur lequel nous avons fait tomber l'image du repère, (.ela fait quatre plans. 11 ne nous en faut que trois pour déterminer un point dans l'espace (deux d'entre eux se confondent) Cette notion de distance exacte dans les différents plans permet de préciser les rapports anatomiques du corps étranger et c'est de leur connaissance que s'inspiie la recherche du projectile. Par e.xemple, une balle dans le cou est à telle distance en longueur, en largeur et en hauteur de la quatrième vertèbre cervicale, donc en contact avec tel ou tel organe.
N égarons pas un regard sur ces clichés devenus dangereux, car si nous avons corrigé les déviations de la balle, nous n'avons
pas corrigé les déformations du squelette, étalé et élargi dans ses parties les plus distantes de la plaque.
Cesl donc au point indiqué par un calcul de mathématiques élémentaires qu'il nous faudra cliercher, convaincus que l'inspection au regard trompera toujours, tandis que la géométrie ne peut pas se tromper.
( )n pourra alors prendre le bistouri, et ce dernier découvrira le jtrojectile avec certitude et rapidité.
I i5. — Rechorclie des projectiles par la radiographie.
Extraction des aiguilles introduites dans un membre.
l'ne ménagère, en frottant un coussin, a senti une douleur vive et pense avoir un fragment d'aiguille dans la main. S'assurer d'abord de la réalité du fait par la radioscopie. Le fait ([ue la femme afiirme fexistence de l'aiguille ou le fait que la pression du doigt provoque une douleur exquise ne constitue pas du tout un signe de certitude; il faut toujours radioscoper.
Lécran montre la présence de l'aiguille et sa position. Nous savons également ainsi quelles sont la longueur et l'importance du fragment. L'aiguille étant l econnue, que faire ? 11 n'y a aucun inconvénient à abandonner un fragment de l'aiguille de Pravaz dans la cuisse d'un morphinomane, mais, s'il s'agit d'une aiguille de coutu-
rière égarée dans la main ou le poignel, ce corps étranger devient dangereux dans ces j"égions soumises à des mouvements variés, à des contacts incessants, et si nous voyons souvent des aiguilles abandonnées au premier moment, nous n'en voyons guère que le blessé se soit résigné à conserver toujours. Donc, toute aiguille qui a pénétré dans la main, le pied ou dans le voisinage d'une articulation doit être enlevée, dette extraction n'est pas toujours facile, même avec la radiographie. Avant de prendre le bistouri, il faut repérer avec exactitude la position de l'aiguille; en etl'el, l instru
Fig. l 'iO. — Schéma de loculisatioii des j)rojecliles imt- les; ravons X.
ment ne doit point arriver dans le voisinage de l'aiguille et découvrir le corps étranger en fouillant à quelques millimètres à droite ou à gauche. Linstrument doit rencontrer- CaiuuiUc directement et du premier coup. 11 ne suffit donc pas de repérer le siège dans la pensée par rapport aux dispositions anatomiques du squelette; « i7 faut marquer sur la peau la projection des extrémités de r aiguille au moment oit le rayon qui les inscrira sur l'écran radioscopique sera un rayon normal à cet écran et à la surface du membre » ( Perdu 1.
Soit en effet un foyer d'ampoule en 0, un écran en AB, un membre M contenant un point métallique P. Le schéma (fig. 146), montre