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PRÉFACE

C’est peu renseigner et peu rassurer le praticien que de lui indiquer qu’un nouvel agent physique guérit telles maladies, tout en lui montrant que ce merveilleux agent produit des accidents chaque jour de plus en plus nombreux: accidents oculaires, accidents de la peau (dont un cas récent très grave), lésions de tous les organes lymphoïdes.

Le but de cet ouvrage est de lui faire connaître d’une façon précise, quelles conditions il doit réaliser pour tirer tous les avantages de ce nouvel agent thérapeutique, et en même temps, lui montrer qu’il est à même d’en supprimer avec la plus grande facilité tous les effets fâcheux.

Cette nouvelle méthode, comme toutes les autres, a eu sa période d’empirisme; quoique bien jeune encore, on peut affirmer que déjà elle est entrée dans sa période scientifique.

Qu’on nous permette une comparaison :

Pendant des siècles on a employé l’opium brut,

Are c’est-à-dire un médicament de composition excessivement variable (provenance, préparation, saison), et d'actions très complexes, étant donné la multiplicité de ses principes.

Aujourd'hui, tout au moins dans la plupart des cas, on extrait, on sépare, on dose ces principes suivant l'effet spécial qu’on désire obtenir de chacun d’eux. De même, on a appris à séparer et à utiliser indépendamment les unes des autres, certaines propriétés importantes des rayons de Ræœnigen : nous voulons parler des pouvoirs différents de pénétration appartenant à la complexité de ces radiations.

Il y a plus; aujourd’hui, ou pour être plus précis, disons bientôt, nous serons à même de formuler et d’administer une dose de radiations Rœntgen avec la même exactitude que nous le faisons lorsqu'il s’agit d’un médicament chimique.

Bref, il y aura entre la radiothérapie d'hier et celle de demain, la différence qui existe, entre la capricieuse macération de certaines plantes de l’ancienne thérapeutique et la solution titrée d’alcaloïde que nous possédons aujourd’hui.

Nous n'avons pas voulu faire un traité didactique de radiothérapie, en présentant tous les appareils, les comparant, les discutant. Ils ont tous le mérite d’avoir contribué à l’éclosiôon de cette nouvelle science, et c’est pour cela que nous avons indiqué

aussi ceux qui s’emploient moins fréquemment,

se

éstimant qu'ils ont marqué des étapes dans le perfectionnement de l’instrumentation.

C’est avec regret que nous n'avons pu multiplier les observations qui terminent cet ouvrage. Malheureusement, s'il est vrai qu'il existe déjà plusieurs centaines d'observations constituant des acquisitions spéciales à la radiothérapie, nous sommes obligé de constater que pour l'exposé d’une technique, elles sont sans valeur.

Nous reconnaissons néanmoins que pour le clinicien, elles ont le grand mérite d’attirer son attention sur le traitement radiothérapique d’affections bien précises.

Comme nous le faisions prévoir plus haut, nous sommes à la veille de voir formuler couramment, d’une facon exacte, un traitement radiothérapique.

Il faut donc demander aux thérapeutes qui font des recherches dans cette nouvelle voie, qu'ils ne se contentent pas de nous indiquer que telle maladie est passible des rayons X, mais qu’ils précisent la nature et la quantité des radiations employées.

Malgré la rapidité des progrès obtenus, qu’on nous permette de demander aux chercheurs : savants ou industriels, des appareils encore plus pratiques, c'està-dire moins lourds, moins encombrants et surtout moins coûteux.

Faut-il rappeler encore ici l'éternel problème qui

reste en suspens, depuis bien des années : nous vou-

lons parler du perfectionnement des accumulateurs.

Puisse, ce précis que nous avons laissé constamment sur un terrain pratique, être utile non seulement aux praticiens décidés à faire personnellement de la radiothérapie, mais à tous les médecins en général, qui bientôt seront obligés de connaître les avantages certains de cette médication et dont le devoir sera d’en faire indirectement bénéficier leurs malades.

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