CHAPITRE I
Historique de la Radiothérapie.
La découverte de Rœntgen en 1895 a d’abord fourni un nouveau moyen de diagnostic : la radiographie et la radioscopie. Très rapidement, des perfectionnements techniques ont été apportés à l’application de cette méthode. La troisième application de la découverte de Rœntgen : la radiothérapie, dont l'importance dépasse de beaucoup celle des deux autres, a bénéficié de tous ces perfectionnements. L’instrumentation permettant l'application des rayons X était déjà très parfaite et elle a hâté l’évolution de cette méthode de traitement.
Période empirique. — La radiothérapie a d’abord
AS — été empirique. À la suite de poses prolongées en radiographie on observa quelques accidents tels que: chute des poils, rougeur, dermatite ; l'idée vint alors de les produire dans un but thérapeutique.
Les premières applications dans ce sens sont dues à Schiff et à Freund.
Mais les indications techniques étaient insuffisantes ; les conditions d’expérimentation n'étaient définies que par le type de la bobine, l'intensité et la tension du courant primaire. Quant aux temps de pose et à la distance d’exposition des parties malades à l’ampoule, ils variaient considérablement suivant les opérateurs.
Robert Kienbock essaie d'appliquer le traitement rationnel par les rayons X. Il montre que les effets spéciaux constatés sont bien attribuables aux rayons X et non à des actions électriques.
Oudin, en France, grâce à des expériences concluantes, vient confirmer indiscutablement l’opinion de Kienbock.
Plus tard, Scholtze ayant expérimenté sur les animaux conclut dans le même sens.
Période scientifique. — La période empirique qui marque le début de la radiothérapie prit fin en 1901-
Vers cette époque le D' Guido Holzknecht en introduisant les mesures en radiothérapie a fait de ceite
méthode thérapeutique une véritable science. L'usage
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de son chromoradiomètre, dont il sera parlé plus loin, a permis en effet de définir d’une façon précise les conditions du traitement et d'opérer avec plus de sécurité pour le malade. Il a été alors possible de déterminer les doses efficaces et les doses dangereuses, d’administrer les premières et d'éviter les secondes, d'opérer avec assurance au lieu de donner aux malades des doses insuffisantes, comme l’avait conseillé jusqu'alors une prudente timidité.
On était dès lors autorisé à espérer l’établissement de formules de traitement pour diverses affections, pour celles surtout se présentant dans des conditions sensiblement identiques, et de fait le D' Holzknecht et après lui le D' Sabouraud ont pu déterminer les conditions précises du traitement de la teigne. On a fait de même pour les petits épithé-
liomes cutanés de la face.