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diverses formes et par diverses voies, n ont arrêté ses pro
grès.
Tout au plus peut-on se demander si la guérison est due à la seule action des rayons de Ræntgen ou à l'emploi combiné de ces rayons et des injections sous-cutanées de quinine.
Vous me permettrez ici d’ouvrir une parenthèse. C’est le Dr Morton, de New-York, qui, dans un article du Mew- York medical Record, le 8 août 1893, a conseillé en radiothérapie l'emploi combiné des rayons de Rœntgen et des injections de quinine. L'action favorable attribuée à la quinine dans le traitement des néoplasmes n’est entrée pour rien dans ce conseil. L'idée théorique qui a guidé le D' Morton est toute différente.
On sait que pour abréger le temps de pose en radiographie on a recours aux écrans dits renforçateurs. La plaque photographique est recouverte d’un écran portant à sa surface une substance capable de devenir fluorescente, c’est-à-dire d'émettre de la lumière visible sous l'influence des rayons de Rœntgen. La plaque photographique est ainsi impressionnée à la fois par les rayons de Rœntgen eux-mêmes et par les rayons de lumière provenant de l’écran fluorescent ; elle est donc plus rapidement impressionnée. Le D' Morton a eu l'idée, pour rendre plus efficace la radiothérapie appliquée aux tissus profonds, d’introduire dans l'intimité de ces tissus une sorte d’écran renforçateur en mêlant au liquide sanguin qui les baigne une solution fluorescente capable d'émettre de la lumière sous l'influence des rayons de Rœntgen; les éléments cellulaires doivent être ainsi impressionnés à la fois
par les rayons de Rœntgen et par les radiations lumineuses
en particulier par les radiations violettes et ultra-violettes, qui proviennent de la substance fluorescente,
Un grand nombre de substances, douées de cette propriété, peuvent être introduites dans la circulation par la voie hypodermique. Parmi ces substances, c’est au bichlorhydrate de quinine que le D' Morton donne la préférence ; il recommande de faire l’injection une heure ou une demi-heure au moins avant l’exposition aux rayons de Ræœntgen,
Il semble d’après ce qu'a observé le malade et comme je lai rapporté plus haut, qu'à Chambéry l'amélioration a progressé simultanément avec l’emploi combiné des injections de quinine et des rayons de Rœntgen tandis qu’elle est demeurée stationnaire pendant la période où ces rayons ont été employés seuls. Si je ne tenais compte que de ce fait, j'inclinerais à regarder comme démontrée l'utilité de la combinaison thérapeutique imaginée par le D' Morton, mais une série d’autres observations me laisse dans le doute et ne me permet pas encore, au point de vue pratique, une conclusion ferme.
Quoi qu’il en soit, il est certain que chez ce jeune homme un sarcome du maxillaire supérieur, récidivé après deux opérations chirurgicales, a guéri par la radiothérapie. Ce fait d’ailleurs n’est pas unique; plusieurs observations analogues ou semblables ont déjà été publiées, surtout dans la littérature médicale étrangère, mais elles ne sont pas très nombreuses et on peut, je crois, en faire le compte avec les doigts.
De cette observation, intéressante à divers titres, il est
possible de tirer plusieurs conclusions d’une portée générale.
La première, c’est que l’action élective et spécifique des rayons de Rœntgen se manifeste aussi bien vis-à-vis des sarcomes que vis-à-vis des épithéliomas.
La seconde, c’est que l’action élective et spécifique des rayons de Rœntgen sur les néoplasmes peut s’exercer au travers de la peau saine, sans nuire à son intégrité.
Mais il est évident qu’on ne peut faire absorber dans le même temps aux tissus malades la même quantité de rayons, suivant qu’il s’agit d’un néoplasme superficiel ulcéré ou d’un néoplasme profond recouvert par la peau saine. La posologie de l’agent thérapeutique est, dans l’un ou l’autre cas, forcément très différente. Dans le cas de néoplasmes souscutanés, la préoccupation de respecter la peau conduit à la méthode de traitement que j'ai communiquée à la Société de dermatologie (1) et dont la formule tient dans les deux règles suivantes :
1° Faire absorber, à chaque séance, la quantité de rayons maxima compatible avec l’intégrité du tégument;
2° Mettre entre les diverses séances l’intervalle de temps minimum compatible avec l'intégrité du tégument,
En résumé le maintien de l’intégrité de la peau devient en pareil cas le grand obstacle à la rapidité du traitement et par suite à son efficacité, si la marche de la maladie le devance de vitesse. Aussi la plus ou moins grande rapidité
d'évolution d’un néoplasme est-elle au premier rang des fac-