CHAPITRE II
Rayons X et substances radio-actives.
Au xvur siècle, l’abbé Nollet faisant éclater l’étincelle de décharge d’une machine à frottement dans une ampoule de verre où il faisait progressivement le vide, constata que le trait de feu s’élargissait de plus en plus.
Crookes fit éclater la décharge entre deux fils de platine, à l’intérieur d’un globe de verre où le vide était poussé beaucoup plus loin.
On observe alors une colonne lumineuse rouge violacée partant de l’anode (électrode positive) et se dirigeant vers la cathode (électrode négative).
Cependant, elle ne l’atteint pas et en reste séparée par une région obscure entourée d’une gaine violette : l’espace d'Hittortf.
À mesure que le vide devient plus parfait, cette gaine violacée augmente et bientôt subsiste seule, la lumière anodique ayant disparu.
De cette gaine partent les rayons cathodiques.
Ces rayons peu visibles par eux-mêmes rendent fluorescents la plupart des objets qu’ils viennent frapper, à commencer par la paroi opposée de l’ampoule (anticathode) qu’ils illuminent d’une lueur jaune verdâtre.
Crookes les croit constitués par une infinité de particules très petites, lancées par la cathode avec une vitesse de 40,000 à 60.000 kilomètres par seconde. Sous l’influence de ce « bombardement moléculaire » une petite boule de platine pourrait être portée au rouge blanc. Chacune des particules du faisceau cathodique est électrisée négativement, et le faisceau est dévié par le voisinage d’un corps électrisé ou d’un aimant. Les rayons cathodiques étant constitués par une projection continue de particules se trouvent arrêtés par l’ampoule de verre. Ils ne la franchissent que si la portion anticathodique de l’ampoule est remplacée par une lame d’aluminium. Rœntgen maniant une ampoule de Crookes recouverte de carton noir, s’aperçut que pendant le passage du courant, un écran au platino-cyanure de baryum placé dans le voisinage, devenait lumineux.
Le même fait se reproduisit, malgré l’interposition de différents corps opaques : planche, livre, etc.
L'opérateur passant la main entre l’ampoule et l'écran, aperçut sur celui-ci, l’image demi-teintée des parties molles, sur laquelle celle de son squelette se
dégageait en teinte plus sombre.
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Cette image reçue sur une plaque photographique apparut au développement. Ainsi, le tube de Croo. kes émettait des radiations capables de traverser les Corps opaques, plus ou moins facilement, et l’image de ces corps pouvait être fixée sur la plaque photographique : la radioscopie et la radiographie étaient nées.
On explique de la façon suivante, la formation des rayons découverts par Rœntgen et appelés par lui rayons X.
Les corpuscules cathodiques arrivant à toute vitesse sur l’anticathode se trouvent arrêtés par elle; ils s’aplatissent, mais leur énergie potentielle se transforme :
4° En chaleur;
2° En fluorescence ;
3° En rayons X.
Les rayons X, comme les rayons cathodiques,exeitent la fluorescence, mais plus faiblement.
Contrairement à eux, ils ne sont déviés ni par le champ électrique, ni par l’aimant.
Ils se propagent en ligne droite comme les rayons lumineux, maïs ils ne subissent ni réflexion, ni réfraction.
Cette propriété rend plus précieuse encore au point de vue de la radiographie, leur faculté de pénétration; grâce à elle, les images obtenues sont très nettes.
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Les rayons émis par le radium réunissent quelques-unes des propriétés des rayons cathodiques et des rayons X. Ils sont capables d’exciter la fluorescence et de décharger les corps électrisés.
Comme les rayons X, ils franchissent plus ou moins facilement les obstacles: bois, verre, métaux, etc... et sont capables d'en fournir des images en impressionnant la plaque photographique. Mais les images obtenues sont moins nettes parce que les radiations du radium sont complexes et composées en réalité de trois espèces de rayons dont les uns subissent la réfraction.
Les radiations du radium sont déviées par l’aimant, les unes se dirigent dans un sens, les autres dans un autre, les troisièmes ne sont pas déviées du tout et sont assimilables par toutes leurs propriétés aux rayons de Rœntgen.
Les deux premières espèces de rayons sont formées de particules de vitesses différentes et électri-
sées de facon inverse.