‹ Techniques chirurgicales Suites opératoires et résultats de la trépanation décompressive dans le syndrome d'hypertension intra-crânienneChapitre 30 sur 33 · PEAU · texte numérisé non relu

PEAU

Il'entre alors à la Salpétrière le 12 avril 1910, dans le service de M. le professeur Raymond. C’est un jeune garçon paraissant très intelligent, répondant très nettement. Son état général à première vue paraît satisfaisant, mais il se plaint d’une céphalée intense localisée « en avant et aux tempes, » presque continuelle et particulièrement vive le matin.

On n’a pas constaté de vomissements, mais en revanche des vertiges assez fréquents: « il se sent tomber à droite ou à gauche » indifféremment et pour éviter une Chute, est obligé de s’asseoir en toute hâte.

L’appétit devient mauvais.

Les réflexes tendineux sont un peu exagérés surtout à gauche.

Pas de Babinski.

La cécité est complète, et à l'examen ophtalmologique, on trouve de l’atrophie blanche de la papille.

Le 20 avril. --' Les vomissements ont réapparu depuis quelques jours, tous les aliments, même les liquides, sont rejetés. |

Et malgré ponctions lombaires et piqures de biodure, la céphalée devient plus violente.

On n'hésite pas plus longtemps et on décide d'intervenir.

Opération, 22 avril 1910, par MM. de Martel et Louis Bazy. On fait un large volet temporal droit définitif. La dure-mère est très tendue, on la ponctionne avec une aiguille de Pravaz et on retire un peu de liquide clair. Suture en surget selon le procédé habituel. Durée de l’opération : 10 minutes. Les suites opératoires sont très normales; la température monte à 390, 39,3 pendant les 2 jours qui suivent, le pouls est aux environ de 120. Mais au 4e jour, la température est descendue

à 370,4, le pouls est à 95 ou 100 ; c’est la courbe typique.

La céphalée a totalement disparu dès le second jour.

Rien de particulier dans la suite.

20 juin. - Cicatrice parfaite, hernie cérébrale peu prononcée et bien maintenue. L'enfant dit ne plus avoir souffert de la tête depuis son opération, il est tout heureux et se trouve bien, il se lève et se promène au bras d’un de ses voisins.

Fait intéressant: avant la crâniectomie, la cécité était absolue, l'enfant voyait « la nuit autour de lui. » Or, depuis une dizaine de jour, il dit voir le jour et distinguer même quelque peu les objets ; de fait, il voit lorsqu'on s'approche de lui, dit: « je vois votre figure; » le 12 juin, il a distingué ma main ouverte à trente centimètres de lui.

La décompression aura-t-elle chez lui un heureux effet sur

la stase papillaire? L’avenir l’apprendra.

Observation X (Résumée)

(Due à l’obligeance de M. JUMENTIHÉ)

Néoplasme cérébral. — Stase papillaire. — Hémiplégie. — Crises épileptiformes. — Trépanation décompressive. — Améliora-

tion trés grande.

L..., mécanicien, 32 ans, ne présente rien de particulier dans ses antécédents héréditaires.

A. P. — Abcès bacillaires à l’âge de 4 ou 5 ans.

Marié à 26 ans, 3 enfants bien portants.

Histoire de la maladie. — En janvier 1909, il était sur l’im-

périale d’un tramway lorsque, dit-il, saisi par le froid, il se

sent la tête « serrée et douloureuse » ; il descend et court jusqu’à son atelier (300 mètres), en arrivant, il tombe sans connaissance; on le ramène chez lui, il reste 4 jours sans travailler.

Huit jours après, nouveau malaise; il pâlit, chancelle et ressent une « angoisse au cœur. » Sa tête se renverse en arrière, ses bras et ses jambes s’agitent de convulsions cloniques puis toniques. Morsure de la langue. Puis sommeil et abbatement profond.

Dans les trois mois. qui suivent: 6 crises, il les sent venir et pousse un cri; l’aura consiste en une sorte d’angoisse, de constriction au cœur. On lui donne du valérianate.

Cephalée, vomissements, puis faiblesse dans le côté gauche.

Pendant les crises, pas de perte de connaissance, pas de chute, mais il est obligé de s'asseoir. Les crises durent un quart d’heure. En dehors même des crises, il conserve de la maladresse dans la main et ne peut bientôt plus s’en servir.

Examen, 12 janvier 1910. — Motilité au membre supérieur normale à droite: à gauche, grosse diminution de la forme musculairé.

Au membre inférieur: normale à droite; à gauche, force diminuée dans la flexion et l'extension du pied sur la jambe, mais surtout dans la flexion et l'extension de la jambe sur la cuisse.

Le malade marche en trainant le pied gauche.

A la face, rien d’apparent en dehors des mouvements provoqués, mais dans le relèvement de la lèvre supérieure, le plinaso génien est moins marqué, la fente palpébrale est peut-être moins ouverte. Langue maladroite.

Troubles de la diadococinésie très accentués dans la main

gauche. Les réflexes au membre supérieur sont normaux à

droite, exagérés à gauche. Au membre inférieur, normaux à droite; à gauche le réflexe rotulien est très fort ; fort aussi le réflexe achilléen. Tendance au clonus du pied.

Réflexes cutanés: plantaire à droite; flexion des petits orteils, gros orteil immobile; à gauche, le plus souvent immobilisé, mais par instant, fiexion dorsale du gros orteil.

Sensibilité normale. Pas de troubles trophiques ni sphinctériens.

Fond de l'œil. - Dilatation veineuse avec hémorragies nombreuses, papille un peu boursoufflée sur les bords, mal délimitée et floue.

Réflexes papillaires normaux.

Acuité visuelle prise salle Terrillon à la Salpêtrière à 5 heures du soir à 4m de distance: O D — V — 1/7 O G — V.— 1/4.

Ponction lombaire, liquide clair mais lymphocytose nette.

Opération 13 janvier 1910. MM. de Martel et Louis Bazy. — Technique habituelle. — 4 trous et on passe le décolle dure-mère. Volet sous-temporal élargi ensuite en bas pour permettre d'aborder plus facilement la région malade dans un second temps; grosse hypertension; on sent une grosse masse; petite hémorragie vite arrêtée. Durée: 19 minutes.

Le 14 janvier. — Température à 39,3, pouls à 120.

Le double signe de Babinski persiste. La céphalée a disparu.

Ecchymose palpébrale droite.

Les jours suivants, le malade va bien et 10 jours après, le 24 janvier, on décide de faire le second temps.

La cicatrice est déjà adhérente, on trouve sous la peau une couche de caillots sanguins. La dure-mère est très tendue on l'incise, et à mesure le cerveau vient faire hernie. On explore et on ne trouve rien, la région paraît ramollie, kystique.

On pense à un gliôme et on se retire en bon ordre. Les suites

ont été des plus simples, la guérison de la plaie opératoire rapide. La céphalée a disparu, les crises ne se sont pas renouvelées, mais l’hémiplégie n’avait pas régressé quand le malade est sorti de l'hôpital. Il est encore actuellement (30 juin) chez lui, à Levallois-Perret.

On ne peut discuter ici le bénéfice tiré par le malade de

son opération.

Observation XI (Résumée) Due à l’obligeance de M. T. DE MARTEL.

Œdème papillaire. — Céphalée. — Trépanation décompressive.

— Disparition de la céphalée.

Jeune malade adressée d'urgence à M. de Martel par M. P: Marie, qu'elle est allée consulter le jour même parce qu’elle souffrait d’un mal de tête atroce.

La malade entre dans le service de M. le Professeur Segond dans un semi-coma et présentant de l’œdème papillaire.

Elle est aphasique et pousse seulement quelques gémissements en portant les mains à sa tête.

Le 12 mars 1910. Double Cushing (MM. Martel et Louis Bazy) (Durée, 23 minutes). |

Dès les jours suivants on assiste à la disparition de céphalée; la malade ne se plaint plus. Elle est toujours aphasique, mais fait signe qu’elle ne souffre pas quand on le lui demande. La cécité est restée complète.

Le 3 juin, elle peut prononcer quelques paroles intelligibles.

L'état général du reste semble s’aggraver. La malade est

cependant encore vivante.

Le 25 juin la malade est toujours dans le même état et parvient à prononcer quelques mots.

Que dire de cette observation si ce n’est que c’est encore

celle d’une malade opérée peut-être un peu tardivement?

Observation XII à : (Résumée) MM. Scuerrer et de MARTEL. — Revue neurologique,

30 mars 1910

Syndrôme d’hypertension cérébrale très amélioré par la trépa-

nation décompressive.

Il s’agit d’une femme de 35 ans entrée dans le Service de M. le Professeur Raymond pour un syndrôme d’hypertension très net avec céphalée, vomissements, œdème de la papille. Absence de troubles moteurs, sensibilité normale, réflexes normaux.

Au bout de quelque temps les symptômes s’aggravèrent

ncore, la malade devint gâteuse et tomba dans le coma.

Elle fut alors pansée en chirurgie dans le service de M. le | Professeur Segond où le docteur de Martel la trépana. Un large volet osseux fut taillé dans région pariétale et la duremère ne fut pas incisée.

Quelque temps après l’opération la malade sortait de l'hôpital complètement guérie. — La guérison persiste depuis 11 mois.

C’est là une des observations que nous avons données prouvant qu’il est bon de ne pas ouvrir la dure-mère lors de

la première intervention, car on peut parfois éviter cette

ouverture qui aggrave beaucoup le pronostic ou au moins la

reculer à une date parfois très éloignée.

Obvervation XIII (Résumée) Due à l’obligeance de M. BAUDOUIN

Hémiplégie gauche avec crises convulsives. - Hérédo syphilis. — Trépanation décompressive. - Amélioration. — Mort par

infection méningée.

Enfant de 8 ans amené dans le service de M. le Professeur Raymond, parce que depuis deux ans il a des crises convulsives.

A. H. Névropathie très accentuée chez le père.

A. P. L'enfant s’est bien porté jusqu’à 6 ans. — Intelligent.

Histoire de la maladie : depuis deux ans et demi crises convulsives. La 1re a eu lieu à l’école.

Pendant les quatre ou cinq premiers mois, allure suivante :

Sensation de chatouillement dans la jambe gauche, puis la jambe fléchissait, l’enfant était obligé de s'appuyer pour ne pas tomber. — Crises de quelques minutes survenant quatre ou cinq fois par jour sans perte de connaissance.

Au bout de quatre à cinq mois. — Début par une aura sensitive dans le dos du côté gauche, écume à la bouche, émission d'urine, perte de connaissance. — Les crises deviennent très fréquentes (10 par jour) et surviennent le jour et la nuit. Abattement après la crise. L’enfant reste quatre mois alité. -- Très faible, phénomènes parésiques du côté

gauche. — Strabisme.

Puis les crises s’espacent pendant l’été pour réapparaître ensuite aussi fréquentes.

A son entrée à l'hôpital. — Enfant de 8 ans et demi, intelligent, nez en lorgnette, voûte palatine très ogivale. Il a des crises presque toutes les nuits, mais pas dans la journée. Hémiplégie gauche en voie de régression ; la jambe gauche est encore nettement traînée.

Motilité. — Au mémbre inférieur, flexion dorsale du pied nulle, flexion plantaire très diminuée. -- Extension et surtout flexion de la jambe sur la cuisse très diminuées.

Au membre supérieur. — Serre moins fort à gauche, pas de modifications dans les autres segments du membre.

Réflexes.— Rotuliens et achilléens plus brusques à gauche. Plantaire indifférent. — Clôrius — 0.

Réflexes égaux des deux côtés aux membres supérieurs.

Pas de trouble de la sensibilité.

Troubles vaso-moteurs : jambe gauche toujours plus froide.

Wassermann positif.

On fait des piqûres de biodure.

Le 15 janvier. — Les crises ont cessé pendant huit à dix jours, elles reprennent mais plus espacées qu'avant (une tous les deux ou trois jours.)

Hémiplégie gauche toujours nette.

21 février. — Les crises deviennent plus fréquentes depuis trois semaines. Le malade en a tous les jours : elles se répètent plusieurs fois dans la nuit (5-6 fois).

Début net parle côté droit : le bras puis la jambe se lèvent, puis les contractures se généralisent.

À la face, contracture de tous les muscles. — Quelquefois

émission d'urine. — Grande fatigue après les crises.

Pre

1er mars. — Hémiplégie plus marquée. — Crises aussi fréquentes. — Vue diminuée du côté gauche.

12 mars. Crises subintrantes (quinze pendant la nuit).

17 mars. Trépanation par M. de Martel, 1° temps.

Suites normales et :

23 mars. Second temps. — L’arachnoïde est rouge et congestionnée ; on ne sent rien de net : un peu d’induration profonde dans la zone rolandique. On incise en arrière de la scissure de Rolando et on ne trouve rien.

L'enfant allait bien, quand au bout de quelques jours, il s’est mis à faire de grandes poussées de température, la plaie débridée suppurait. — La mort survint environ trois semaines après l'opération dans un demi coma. L’autopsie prouva qu’elle était due a uné infection méningée. — C’est pourquoi j'ai voulu signaler cette observation, pour montrer qu’on ne saurait prendre trop de précautions d'asepsie pour pratiquer une trépanation. — (Dans ce cas, l'infection a été certainement due à ce que l'irrigation continue de la plaie

durant l’intervention fut faite avec un sérum mal stérilisé).

Observatior XIV (Résumée\ Due à l’obligeance de M. DE MARTEL

Céphalée. - Vomissements. — Œdème de la papille. — Trépa-

nation décompressive..— Guérison depuis 19 mois.

Homme de 45 ans, présentant depuis quelque temps une céphalée continue, intense et rebelle, s’'accompagnant de

vomissements.

Le malade est amené dans un semi-coma et l'examen du fond de l'œil révèle de l’œdème de la papille. Large trépanation temporale droite, sans ouverture de la

dure-mère.

Suites opératoires très simples. Disparition de tous les

symptômes. La guérison persiste depuis dix neuf mois.

Observation XV (Résumée)

Due à l’obligeance de M. DE MARTEL

Œdème de la papille. — Céphalée, vomissements. — Troubles de la marche. — Trépanation décompressive. — Hemianopsie.

Enfant de 14 ans présentant des troubles de la marche assez accusés : latéropulsion-ataxie.

On constate en même temps de l’œdème de la papille et de la névrite optique.

La céphalée est intense, les vomissements fréquents.

On porte le diagnostic de tumeur du cervelet.

Opération. — On se propose d’ouvrir la loge cérébelleuse et d’aller à la recherche de la tumeur, mais l’hémorragie qui se produit surtout par les émissaires est tellement violente qu’il faut y renoncer, et on se contente d’ouvrir la loge cérébrale au niveau de la région occipitale. |

Quelques jours après, aggrandissement de la brèche osseuse et ouverture de la dure-mère.

La première intervention avait été suivie d’une grande

amélioration.

A la seconde intervention, cette amélioration s'affirme encore, mais, en même temps, apparaît une hémianopsie. J'ai pris cette observation pour exemple de ce qui peut se

passer quand on trépane dans la zone occipitale.

Observation XVI

(Résumée)

Due à l’obligeance de MM. BouLocHEe et MOUCHET

Néoplasme intracränien. — Céphalée, vomissements. — Vertiges. Trépanation décompressive. — Amélioration passagère.

Henri G., 14 ans et demi, neprésente rien de trèsparticuliers dans ses antécédents personnels et héréditaires.

Histoire de la maladie (observation prise le 25 avril 1910).— Il yasix mois environ que l'enfant a perçu dans l'oreille gauche un sifflement continu à la suite de mouvements ou d'efforts, ce sifflement augmente très sensiblement et se fait entendre aussi dans l’oreille droite ; de plus ces mêmes causes produisent une sensation de battement intracrânien qui n’est pas à proprement parler douloureux et siège au sommet du crâne ; l'enfant dit qu'il sent là une : « barre ».

Ces phénomènes paroxystiques durent de 3 à 5 minutes, après quoi seul persiste le sifflement dans l'oreille gauche.

On note enfin de légers vertiges et des étourdissements très irréguliers et passagers.

I y à 15 jours (le 11 avril) le matin, à son réveil, l'enfant pousse des cris aigus et il en est ainsi toute la journée.

En même temps apparaissent deux phénomènes nouveaux :

L'enfant voit double etil louche.

Il reste agité le soir et dort mal.

Le lendemain, nouveau paroxysme de 20 minutes.

La nuit du 23, phénomènes semblables.

Depuis 15 jours, rien de nouveau ne s’est manifestré et on note seulement une petite augmentation des vertiges et étourdissements.

Mais ce vertige n’a eu à aucun moment l'allure d'un vertige auriculaire ou cerébelleux. Les calmants administés ont eu un effet nul.

Le 23 avril, à la clinique Rothschild, on institue un traitement mercuriel.

A son entrée dans le service :

A Bretonneau, on ne constate rien autre chose que les symptômes précédents. Du côté des viscères on ne trouve rien et on ne trouve trace ni de syphilis ni de tuberculose.

Les reflexes rotuliens sont un peu exagérés (surtout à droite).

On constate des deux côtés le signe de Babinski.

Les reflexes oculaires sont normaux, peut-être un peu paresseux à la lumière.

On envoie l’enfant à M. Abraud pour qu’on examine ses oreilles et il constate : « très peu de modification ». Hypoacousie subjective à gauche, tenant au sifflement continu, Le cadran inféro-gauche est un peu plus bombé que norma-

lement.

Le docteur Morax, qui a examiné les yeux, donne la note suivante :

Papilles larges mais réagissant bien ;

Strabisme par paralysie de la VI paire droite ;

Parésie du droit externe droit ;

Névrite œdémateuse bilatérale sans modification de l’acuité visuelle. | CDN 010 OPEN HS

Le ?8 avril. Etat stationnaire.

Ponction lombaire. On retire 30 ce. de liquide limpide et non hypertendu.

Immédiatement après la ponction, le malade se plaint d’un mal de tête qui dure 5 minutes. Puis pendant deux heures, cessation de tous les symptômes (sauf diplopie et strabisme).

Mais en une demi-heure ils réapparaissent au même degré ; on note : une légère réaction lymphocytaire et albumineuse du liquide.

Le 30 avril, à 4 heures du matin, quelques vomissements sans efforts bilieux et alimentaires. ÿ

Durant toute la matinée, l’enfant reste somnolent et se plaint un peu de la tête.

A 1 h. 1/2 il pousse quelques cris aigus, et sans se réveiller s’agite dans son lit.

À 5heures du soir seulement il se réveille, inconscient de lheure, ne sachant pas qu'il a crié et s’est agité.

Le 1e mai. — Il est encore toute la journée dans un état somnolent.

Le 2 mai. — Nouvelle ponction lombaire ; on retire 32 de liquide clair et non hypertendu. - A la suite céphalée pendant une demi-heure, vive agitation, cris aigus. Puis s’endort.

Le 4 mai. — Les bourdonnements d’oreille ont un peu diminué.

Le 9 mai. — Somnolence très accusée ; à 11 heures du matin on l’interroge et on constate l'embarras de la parole, il

comprend bien mais ne peut pas bien répondre, il semble

qu’il y ait plutôt paralysie de la langue qu’aphasie, il ne peut pas tirer la langue.

Aucun trouble moteur appréciable au niveau des membres.

Le soir, il vomit.

Le 18 mai. — Il se plaint sans cesse et est dans une torpeur prononcée, il comprend pourtant ce qu'on lui dit.

10 heures du soir. — Céphalée, cris, agitation jusqu’à 8 heures le lendemain matin. Puis torpeur complète.

Le 19 mai. - Céphalée vive sans localisation, hier et ce

matin vomissements cérébaux. — Lavements de bromure.

Observation XVII (Résumée) Due à l’obligeance du Dr VALENZI

Tumeur intracränienne. — Céphalée. — Vomissements. — Stase papillaire. — Trépanation décompressive. — Grande

amélioration.

Mne B..., 37 ans, ne présente rien de particulier dans ses antécédents. — Mariée depuis 12 ans, le mari est en bonne santé et nie la syphilis.

Pas d’excès de boisson. — Pas de maladies notables.

Maladie actuelle. — A débuté en juillet 1909 par de la céphalée et des vomissements.

En septembre, elle voit trouble pendant quelques jours, puis, peu à peu, la vue s’affaiblit.

Elle entre à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. le

Professeur Roger, en mars 1910. Elle se plaint d’une céphalée

intense, bilatérale, à prédominence occipitale survenant également le jour et la nuit sous formes de crises paroxystiques. Des vomissements accompagnent souvent les crises céphalalgiques, parfois surviennent indépendamment avec tous les caractères des vomissements cérébaux.

Œïil : léger degré de paralysie de moteur oculaire droit.

Papilles mydriatiques égales, à gauche, signe d’argylle; à droite, papille immobile à la lumière et à la distance. = Acuité visuelle très diminuée.

Fond de l'œil : Stase papillaire bilatérale très marquée.

Motilité : Marche, titubation sans caractères nettement cérébelleux.

Station : Pas de Romberg.

Force musculaire normale.

Troubles cérébelleux : Pas d’asynergie.

Adiodococcinégie de la main droite.

Réflexes Tendineux, tous très vif, cutanés normaux.

Sensibilité normale à tous les modes.

Opération le 29 avril 1910. Large volet rolandique.

Durée de lopération : 12 minutes

Suites normales : élévation de la température à 39,4 les jours suivants, puis retour à la normale.

Pouls à 90 pendant8 jours.

Cessation des vomissements et de la céphalée.

Examen le 22 juin 1910. La céphalée et les vomissements ontdisparu. — D’après la malade, l’acuité visuelle aurait plutôt diminué. Il existe par contre de l’amnésie : amnésie globale portant sur les faits récents et les faits éloignés. C’est surtout la mémoire d’évocafion qui est atteinte, car elle reconnaît parfaitement les faits lorsqu'on les évoque devant elle et ne

se trompe jamais.

Observation XVIII

(Résumée)

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