CONCLUSIONS
Tout ce qui précède me semble donc bien mener à cette même conclusion que formulait M. Babinski dans son article du Bulletin Médical du 20 avril 1910,
« Les services que rend la crâäniectomie décompressive l’'emportent notablement sur les dangers qu'elle fait courir. »
Cette conclusion, M. Babinski l’a étayée sur des considérations que lui ont suggérés nombre de faits cliniques. Mais je crois qu’elle doit-être consolidée encore si, de l'étude des techniques chirurgicales actuelles, se dégage cette impression que les dangers auxquels elle expose ne sont peut-être pas si grands qu'il était coutume de le penser,
J ne faut pas, sans doute, comme le fait remarquer M, Lecène, se placer au point de vue statistique brute et comparer les résultats de la crâniectomie à ceux que donnent les hystérectomies pour fibrome ou les ablations de cancer du sein, Mais, « si on tient compte des difficultés opératoires considérables que le chirurgien doit surmonter, » les succès enregistrés représentent à coup sûr une proportion assez éloquente et sont assez |
encourageants pour engager à persévérer dans cette
voie d'autant, fait encore remarquer l’auteur, qu'il s'agit de lésions incurables par d’autres procédés et fatalement mortelles si on n'intervient pas, légitimant par conséquent toutes les hardiesses opératoires.
Enfin, je me range encore volontiers à l'avis du même auteur qui déclare que « dans les succès remportés par la crâniectomie il y a une question de technique qui joue un rôle essentiel et l'expérience personnelle du chirurgien améliore grandement le pronostic de l'opération. » On ne saurait donc trop étudier cette question de technique pour se mettre en mesure de tirer de la trépanation décompressive tous les avantages qu’elle est capable de fournir.
Ceci posé en principe, on peut donc conclure que :
1) Les avantages que peut fournir la trépanation décompressive sont indiscutables :
2) Il faut trépaner tout malade présentant un syndrôme d'hypertension intracrânienne chez lequel les symptômes s’accusent ;
3) Trépaner selon la technique qui semble la plus facile, la plus rapide et devoir entraîner le moindre choc. J'ai insisté longuement sur la technique actuelle suivie par de Martel parce que je l’ai vu souvent employer, qu’elle m'a particulièrement séduit et enfin parce qu’elle empreinte à toutes les autres techniques nombre de petits détails opératoires dont on ne saurait contester l'importance ;
4) Trépaner, en tous cas, de façon précoce avant di-
minution trop considérable de l’acuité visuelle ;
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5) Enfin, ne trépaner au niveau du siège présumé de la tumeur que s’il y a une indication spéciale ; sinon,
trépaner toujours au niveau d’une zone muette.