‹ Techniques de Mesure du Taux de Prothrombine dans le Sang et Hyperprothrombinémie GravidiqueChapitre 10 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La coagulation sanguine représente un phénomène fondamental en pathologie comme en physiologie, et si le mécanisme intime n’en est pas encore complètement élucidé, les quinze dernières années ont été néanmoins particulièrement fécondes à ce sujet en données nouvelles d’un grand intérêt.

En 1934, Dam fait connaître l'existence d’un facteur vitaminique antihémorragique, la vitamine K, dont Almquist précise ensuite la structure chimique. Dam. et Schünheyder établissent que le syndrome hémorragique consécutif à l’avifaminose expérimentale chez l’animal à pour substratum humoral essentiel un abaissement du taux de prothrombine dans le sang, et que l’administration de vitamine K ramène ce taux à la valeur normale.

Symétriquement, le domaine des facteurs anticoagulants s'enrichit d’un élément prometteur. Les premières constatations de Schofield en 1922, puis celles de Roderik en 1929, sur la maladie hémorragique du bétail consécutive à l’ingestion de trèfle gâté (« sweet clovèr disease »), et les recherches chimiques de Link aboutissent à l'isolement d’une substance dérivée de la coumarine, qui, administrée per os, provoque

une diminution importante de la coagulabilité sanguine. Campbell et ses collaborateurs, en 1940, reproduisent par synthèse le produit actif, la 3-3 méthylène-bis-di-hydroxycoumarine (en abrégé : M. B. H. C. ou dicoumarine). Quick, dès 1937, établissait que l’action de cette substance se traduit principalement par un abaissement notable du taux * de prothrombine du sang. Bingham, Meyer et Pohle, en 4944, proposent enfin d'utiliser cette propriété en vue de la thérapeutique et de la prophylaxie des thrombo-embolies.

Ces différentes possibilités thérapeutiques mettent en lumière l'intérêt de l'évaluation quantitative de la prothrombinémie, qui fut inaugurée en biologie clinique par Quick en 1935 [66] et appliquée aussitôt à l'étude de la pathogénie des hémorragies dans diverses affections hépatiques. Généralement répandu depuis dans les ia anglo-saxons et scandinaves, ce nouveau mode d'investigation hématologique est encore d'usage restreint en France, où il fut introduit par Caroli et Lavergne en 1939 [13]; pratiqué selon des techniques diverses, aux résultats quelquefois contradictoires, il n’a peut-être pas suscité chez nous toutes les applications qu'il semble mériter. |

C’est pourquoi nous avons cru intéressant d'examiner l’en- Semble du problème de la mesure de la prothrombinémie et quelques-unes de ses incidences cliniques, dans des limites malheureusement plus restreintes que nous ne l’eussions souhaité.

Dans une première partie, nous résumerons les conceptions actuelles concernant le mécanisme de la coagulation sanguine et les propriétés des éléments qui y participent. |

: Nous aborderons ensuite l'exposé des diverses techniques utilisées pour la mesure du taux de prothrombine et leur discussion; puis nous décrirons dans ses détails la technique que nous avons principalement adoptée dans nos mesures.

Enfin une dernière partie comportera le compte rendu de quelques résultats personnels, dont la majeure partie se réfère au problème des variations de la prothrombinémie au cours de la grossesse. |

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