V. — Microméthode de Soulier
Cette méthode est réalisée sur du sang capillaire total, et la lecture opérée sur lame, sans décalcification (donc principe semblable à celui de la méthode de Smith).
Sur une lame bien dégraissée, l’on dépose, à l’aide d’une pipette Pasteur très finement étirée, une gouttelette de solution de thromboplastine de 2 millimètres, de diamètre; puis une goutte de sang, obtenue par piqûre appuyée du lobule de l’oreille (ou du talon chez le nourrisson) est recueillie sur la lame par-dessus la goutte de thromboplastine, en même temps qu’un chronomètre est déclenché au moment précis de l’entrée en contact des gouttes. Aussitôt, avec un agitateur à pointe fine, tenu à portée de la main, le mélange homogène des deux gouttes est parachevé rapidement, et du même coup la goutte résultante est étalée sur une surface d'environ 8 à 10 millimètres de diamètre. Ensuite la lame est retournée vers le sol, au-dessus d’une surface blanche pour éviter des reflets gênants, et agitée d’un mouvement assez rapide de rotation oscillatoire; l’on suit attentivement le déplacement circulaire du centre opaque de la goutte, que l’on voit un moment donné se ralentir, puis brusquement s’annuler au moment final de la mesure. La mesure est effectuée, au début et à la fin d’une série de mesures, sur un sujet témoin normal.
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La solution thromboplastique utilisée par Soulier est de préparation identique à celle de Quick, à partir de substance cérébrale traitée par l’acétone. L'auteur recommande expressément de n’utiliser qu’une thromboplastine coagulant, avec sa méthode, le sang normal en moins de trente secondes.
Soulier propose d'exprimer les résultats
— soit en « index de prothrombine », selon la formule de la méthode de Smith;
— soit directement en « taux de prothrombine », par référence à une courbe d'étalonnage établie selon la technique de Quick sur le sang d’un sujet témoin normal, avec la préparation thromboplastique qui servira ensuite dans les mesures par méthode de Soulier. L'auteur affirme avoir vérifié expérimentalement le bien-fondé de cette transposition, basée sur le postulat du parallélisme des courbes établies avec une même thromboplastine dans diverses conditions d’activité (en rapport avec le vieillissement et la température).
Les avantages de la méthode de Soulier tiennent au mode de prélèvement du sang et à la simplification des conditions de mesure. :
Cependant l’utilisation en est plus délicate qu'il ne semble, car le facteur personnel intervient considérablement et rend malaisé d'obtenir la standardisation nécessaire à toute méthode de miesure. Un facteur d'infidélité non négligeable provient notamment de la difficulté qu'on rencontre pour prélever des gouttes de sang d’un volume identique chez divers sujets, ou successivement chez le même sujet; il en résulte une variabilité inévitable dans la proportion volumétrique entre le sang et la thromboplastine; or l'influence du facteur « dilution » sur le temps de prothrombine n’est pas négligeable. On peut, il est vrai, pallier à cet inconvénient en répétant plusieurs fois la même mesure et en prenant comme résultat définitif la moyenne des résultats successifs.
L'imprécision de la méthode de Soulier (et aussi de la. méthode de Smith) apparaît particulièrement importante pour
NE
l'appréciation des taux de prothrombine allant de 56 %— à 100 % et au-delà, car dans cette zone les différences de temps correspondant à des taux de plus en plus élevés sont minimes, nous l'avons vu.
La microméthode de Soulier ne sera donc utilisée avec -profit que dans l’étude des taux de prothrombine inférieurs à 50 %; dans cette zone, sa sensibilité est largement <uffisante pour les besoins de la clinique.