A: — VEINES DU MEMBRE INFÉRIEUR
Les veines du membre inférieur doivent être divisées en veines profondes ou sous-aponévrotiques et veines superficielles ou sous-cutanées.
19 VEINES PROFONDES (fig. 1).
a) Veines profondes du pied et de la jambe.
Elles suivent exactement le trajet des artères dont elles portent le nom et possèdent les rapports. Elles sont, en outre, au nombre de deux pour chaque artère. C’est ainsi qu’on distingue :
— deux veines pédieuses, —— deux veines plantaires internes, — deux veines plantaires externes,
ms GE
— deux veines tibiales antérieures, — deux veines tibiales postérieures, — deux veines péronières,
-— deux troncs tibio-péroniers.
La dissociation de ces veines est difficile sur un cliché de face. Aussi est-il bon, comme l’a conseillé OLIVIER, de pratiquer un cliché de face et de profil ou un cliché en oblique comme l'ont préconisé Nozr et LANGERON.
b) Veine poplitée.
Satellite de l'artère du même nom, en arrière de laquelle elle est située, elle débute à l’anneau du soléaire par la réunion des veines tibiales antérieures et des troncs tiblio-péroniers. De là, elle remonte jusqu'à l’anneau du troisième adducteur qu'elle traverse pour prendre le nom de fémorale. Dans ce trajet, elle parcourt de bas en haut le creux poplité et reçoit, comme affluents, les veines jumelles et les veines articulaires, correspondant (deux pour chaque artère) aux artères articulaires supérieures, moyennes et inférieures. .Une autre veine volumineuse, superficielle celle-là, vient aussi la grossir : c’est la veine saphène externe, que nous étudierons plus loin.
c) Veine fémorale. |
Faisant suite à la poplitée, elle accompagne l'artère homonyme depuis l’anneau du troisième adducteur jusqu’à l’anneau crural, au-delà duquel elle prend le nom de veine iliaque externe. | ;
Placée tout d’abord en dehors de l'artère, elle décrit autour de celle-ci un demi-tour de spire qui l'amène sur son bord interne au niveau du triangle de Scarpa.
À la veine fémorale aboutissent toutes les veines satellites des branches artérielles émises par l’artère fémorale, à l’excepjion des veines sous-cutanées abdominales et honteuses externes, qui viennent s'ouvrir préalablement dans la veine saphène interne, veine superficielle que nous décrirons tout
à l’heure. ST cd it en ie
PT
d) Disposition des valvules dans les veines profondes du membre inférieur.
Leur connaissance est indispensable pour l'interprétation des phlébogrammes.
HouzÉ en a compté en moyenne :
— à dans la veine fémorale superficielle, — 3 dans la veine fémorale profonde, — 2 dans la veine poplitée, — 13 dans la veine tibiale postérieure, — ? dans le tronc tibio-péronier, — 8 dans la péronière, — 3 dans la plantaire.
29 VEINES SUPERFICIELLES (fig. ?).
Elles forment sur la peau un riche plexus à larges mailles.
a) Veines du pied.
Elles se comportent différemment sur la face dorsale et sur la face plantaire.
«) Face plantaire. — Le pied, comme la main, ne possède pas sur sa face plantaire de veines superficielles volumineuses La pression continuelle que subit cette région dans la station verticale, station habituelle de l’homme, y aurait singulièrement gêné la circulation de retour. Maïs si les veines souscutanées de la plante du pied sont presque partout de petit calibre, elles sont, par contre, fort nombreuses et disposées en un faisceau extrêmement riche. Elles sont particuhèrement bien mises en évidence par la technique de phlébographie rétrograde par voie artérielle préconisée par J. REBour, Bouyssou, CONARDEAU et DOUTRE.
La disposition et le nombre de ces veines leur a d’ailleurs fait donner le nom de semelle veineuse par LEJARS.
En avant, ce réseau veineux se termine par une série d’ar- * cades qui encadrent la racine des orteils et le bord libre des
espaces interdigitaux. À ces arcades aboutissent les veines plantaires des orteils ; et, au niveau de chaque espace interdigital, il en part une grosse veine interrosseuse dorsale, large voie anastomotique entre les deux systèmes superficiels du dos et de la plante.
— Sur les deux bords du pied, la semelle veineuse se résout en une série de 8 à 12 gros troncs qui se jettent, après avoir croisé les deux bords, soit en dedans dans la veine marginale interne, origine de la saphène interne, soit en dehors dans Îa veine marginale externe.
— En arrière, sous le talon, les veines restent presque toutes transversales, sinueuses et bombées. Elles sont étroitement accolées, en nappe continue. Ce n’est qu’à la pointe du talon qu’elles s’inclinent en arrière et remontent derrière le tendon d'Achille, pour se jeter dans une arcade constante, qui l’enserre vers le milieu de sa hauteur et se continue ensuite avec le réseau superficiel de la jambe. 15
G) Face dorsale. — On y retrouve des veines à la fois nombreuses et de fort calibre. Elles s’y étalent en un riche réseau, affectant le plus souvent la forme d’une arcade transversale à concavité dirigée du côté de la jambe.
A la convexité de cette arcade, arcade veinéuse dorsale du pied, aboutissent les veines dorsales des orteils, largement anastomosées entre elles, et aussi ces veines plantaires, ci-dessus décrites, qui contournent de bas en haut les deux-bords interne et externe du pied.
De l’une et l’autre de ces deux extrémités partent deux veines, appelées veine dorsale interne et veine dorsale externe qui se portent l’une et l’autre obliquement en arrière et en haut et changent de nom en atteignant la jambe : la dorsale externe devient la saphène externe ; la dorsale interne devient la saphène interne. |
La saphène externe et la saphène interne sont les deux troncs auxquels aboutissent toutes les veines superficielles de la jambe et de la cuisse. SPENCER
b) Veine saphène externe.
Elle passe en arrière de la malléole externe, longe ensuite pendant quelque temps le côté externe du tendon d’Acille, et vient enfin se placer dans le sillon longitudinal des deux Jumeaux qu’elle parcourt de bas en haut jusqu’à la partie moyenne du creux poplité. Là elle s’infléchit en avant, en formant un léger coude et vient s'ouvrir à la partie postérieure de la veine poplitée. La saphène externe, superficielle au niveau du pied, perfore l’aponévrose en arrière de la malléole et, à partir de ce point jusqu’à son abouchement dans la poplitée, chemine au-dessous du plan aponévrotique.
Au moment de s'ouvrir dans la poplitée, la saphène externe émet un canal anastomotique qui, se portant en haut et en dedans, contourne la face interne de la cuisse et vient s'ouvrir dans la saphène interne, un peu au-dessous de son abouchement dans la veine fémorale.
Sur tout son trajet ascendant, la saphène externe reçoit de nombreux affluents venant des téguments de la partie postérieure et externe de la jambe.
c) Veine saphène interne.
Elle fait suite à la dorsale interne et, par l'intermédiaire de cette dernière, à l'extrémité interne de l’arcade dorsale du pied. Verticalement ascendante, elle passe en avant de la malléole interne, longe ensuite successivement la face interne de la jambe, le côté interne du genou et la face antéro-interne de la cuisse jusqu’à trois ou quatre centimètres en-dessous de l’arcade fémorale. Là, elle s’infléchit en avant, perfore l’aponévrose en décrivant un crochet à concavité inférieure (crosse de la saphène interne) et s’ouvre à la partie antéro-interne de la veine fémorale. ;
Dans son long trajet la saphène interne reçoit comme affluents :
— Les veines sous-cutanées de la partie antérieure et interne de la jambe. Rs
— Toutes les veines sous-cutanées de la cuisse.
__ Le canal anastomotique que lui envoie la saphène externe (veine de JACOMINI).
Les veines honteuses superficielles.
—— Les veines sous-cutanées abdominales.
30 ANASTOMOSES ET COMMUNICANTES ENTRE VEINES SUPERFICIELLES ET VEINES PROFONDES.
Elles ont pour but de rendre solidaire au point de vue anatomique et fonctionnel, les deux réseaux superficiel et profond du membre inférieur. Elles jouent un grand rôle de suppléance, en particulier dans les cas d’oblitération phlébitique d’un territoire.
— Sur le dos du pied, l’arcade dorsale et ses rameaux afférents communiquent sur plusieurs points avec le réseau veineux au-dessous de l’aponévrose.
—- La saphène interne communique à son tour :
Au niveau du cou-de-pied avec les veines pédieuses, les veines tibiales antérieures et les veines tibiales postérieures ;
Le long de la jambe avec ces mêmes veines tibiales antérieures et tibiales postérieures ; À
À la cuisse avec la veine fémorale par deux ou trois anastomoses qui perforent l’aponévrose en dedans du muscle couturier.
— La saphène externe s’anastomose elle aussi dans le voisinage du cou-de-pied avec les veines plantaires externes d’une
part, et, d'autre part. avec les veines péronières antérieures et postérieures.