ARRIVÉE
Les fleurs sont mortes, une à une, en le vent rude, yoici r ombre et le temps et j'ai touché du pied La terre du silence et de la solitude.
Les fleurs, graves ainsi qu'un espoir expié, Périrent devant moi déjà, et voici mortes Les fleurs, pâles ainsi qu'un visage oublié.
L ombre lourde a pesé sur mes épaules fortes Et le temps m'a conduit le long de son chemin Sans m' arrêter au seuil et sans m'ouvrir les portes,
Ni la porte d'érable ou la porte d'airain^ Ni le calme tombeau, ni la maison heureuse Qu'annonce le cyprès ou qu indique le pin l
Ma vie, au fond des soirs, sereine ou douloureuse, Est dans l'ombre à jamais comme un chemin perdu. Le passé se récuse aux grottes qu'Use creuse
Dans le flanc de la niiit et du silence dû
A son sommeil que tord toute la lassitude
De son espoir en pleurs près de son orgueil nu.
Et me voici plus seul de mon inquiétude Parmi le crépuscule oit. mon pas a foulé La terre du silence et de la solitude.
Le ciel sur mon destin ne s'est pas étoile Car ce n'est plus le jour, et la nuit pas encore N'ouvre son ombre vaste oit le soir s est raélé.
Les flûtes qui chantaient au delà de l aurore Se sont tues, lasses de répondre à ta voix, Lvre dominatrice de la Mer sonore ;
Les trompettes de bronze oit, toutes à la fois, Criaient les passions hâtives ou nocturnes, Joyeuses départir qui, de mortels exploits.
Déplorent une cendre, au retour , dans les urnes ^ Toute cette clameur haute sur un Destin S'est éteinte à travers les passés taciturnes.