‹ Tel qu'en songeChapitre 15 sur 15 · EXERGUE · texte numérisé non relu

EXERGUE

Au carrefour des routes de la forêt, un soir, Parmi le vent, avec mon ombre, un soi?', Las de la cendre des aires et des années, Incertain des heures prédestinées.

Je vins m' asseoir.

Les routes s en allaient vers les jours Et j'aurais pu aller avec elles encor, Et toujours,

Vers des terres, des eaux et des songes, toujours Jusques au jour

Où, de ses mains magiques et patientes, la Mort Aurait fermé mes yeux du sceau de sa fleur de paix et d'or.

Route des chênes hauts et de la solitude

Ta pierre âpre est mauvaise aux lassitudes.

Tes cailloux durs aux pieds lassés.

Et fy verrais saigner le sang de mon passé,

A chaque pas,

Et tes chênes hautains grondent dans le vent rude

Et je suis las !

Route des }?ouk\iiix clairs qui s'effeuilîent et tremblent ,

Paies comme /j bonté Je tes passants pâles

Qui s'égarent en tes fanges tenaces,

Et vont ensemble.

Et se détournent pour ne pas se voir face à face!

Route Je boue et d'eau qui suinte

Le Te nt à tes feuilles cbuclote sa plainte y

Les grands marais d'argent, de lunes et de givre

Stagnent au crépuscule au bout de tes chemins

Et l'Ennui à qui veut te suivre

Lui prend la main!

Route des frênes doux et des sables légers

Où le vent efface les pas et veut quon oublie

Et qu'on s'en aille ainsi qu'il s'en va d'arbre en arbre!

Tes fleurs de miel ont la couleur de l'or des sables.

Ta courbe est telle qu'on voit à peine où l'on dévie;

La ville où tu conduis est bonne aux étrangers

Et mes pas seraient doux sur le seuil de ses portes

S'ils n'étaient pas restés le long d'une autre vie

Où mes Espoirs en pleurs veillent des Ombres mortes

Je n'irai pas vers vos chênes

Ni le long de vos bouleaux et de vos frênes

EXERGUE J2ÎJ

Et ni vers vos soleils, vos villes et vos eaux, O routes !

J'entends venir les pas de mon passé qui saigne, Les pas que f ai crus morts, hélas et qui reviennent, Et qui semblent me précéder en vos échos, O routes.

Toi la facile, toi la honteuse, toi la hautaine, Et j'écoute

Le vent, compagnon de mes courses vaines, Qui marche et pleure sous les chênes.

O mon âme, le soir est triste sur hier, O mon âme, le soir est morne sur demain O mon âme, le soir est grave sur toi-même !

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