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DIFFICULTÉ DE DÉFINIR LA SIMULATION

Ce qu'est la simulation ? Ce n'est pas de prendre une figure ou de faire un acte, qui n'est pas de notre nature — mais d'une autre nature.

Cela n'a point de sens. — Qu'est-ce que notre nature ? — et d'ailleurs comment s'en départir ? Si ma nature est de simuler ?

C'est l'idée de V inachevé àz cette nature seconde qui est l'idée essentielle de simulacre.

On ne peut pas achever de ressembler. A prend de lui-même ce qu'il peut prendre de la figure deB.

Il y a donc quelque part, ou en quelque moment, un désaccord, — une coupure dans celui qui imite.

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Et nous apprendrons à distinguer la soif, — manque de liquide ; et la soif, manque d'une sensation de fraîcheur. (Ce qui apaise la première n'apaise pas nécessairement la seconde ; et réciproquement.)

On pourrait généraliser : définir deux mondes qui se compénètrent, se substituent imperceptiblement, — se commandent tour à tour.

On s'éveille, ou on est réveillé, d'une simulation, — comme d'un rêve.

La personnalité pèse peu devant ces propriétés \

Le passé, l'avenir, formes de simulation. La simulation volontaire, intentionnelle, est peu de chose auprès de la simulation ou identification inconsciente.

Même notre personne, en tant que nous en tenons compte, est une simulation. — On finit par être plus soi qu'on ne l'a jamais été. On se voit d'un trait, dans un raccourci, et l'on prend pour soi-même l'efîet des actions extérieures qui ont tiré de nous tous ces traits, qui nous font un portrait.

I. Cet inachevé joue enliferemenl le rôle de l'achevé pendant un («inps bref.

ANALECTA

La simulation tend à une limite qui est la contradiction.

Or toute pensée étant de la nature d'une simulation, il en résulte que toute pensée pressée et poussée à l'extrême, dans le sens de sa précision, tend à une contradiction.

La simulation résulte d'une propriété fondamentale, à savoir que : une excitation quelconque sur un système partiel sensitif donné, provoque une réponse toujours identique, — la seule que puisse fournir un système partiel. Toute excitation de la rétine donne lumière et couleur. Qu'il s'agisse de radiations, de contact matériel, d'intoxication ou congestion locale, la rétine y répond par des phénomènes lumineux. Il s'ensuit que l'on peut arbitrairement faire correspondre à ces phénomènes l'une des causes énumérées. Pour lever cette indétermination, il faut qu'aux phénomènes lumineux se joignent d'autres données.

De même, si nous pouvons simuler la colère, la souffrance, l'indifférence, etc. — c'est que le mécanisme des actes et de la mimique qui signifient extérieurement colère, souffrance, etc., peut être mû identiquement par des excitations bien diverses, — motifs de colère, causes de souffrance, volonté de simulation, courant électrique, imitation inconsciente d'un autre sujet, etc. ^.

Mimétisme.

L'émotion communiquée par le geste et l'attitude, il est bien plus difficile d'y résister qu'à celle qui parle.

L'homme est le jouet absolu de tout homme qui se modifie devant lui. Il est esclave du sang et de la couleur du sang ; du gémissement et du trouble ; de la danse présente et du vomissement.

r. La pluraliW des causes possibles est cause de In possibilité ties simulations. Les mûmes efjeti ne sont pas produits par les mêmes causes.

AN ALECT'A

Plus lié peut-être par les sensations qui signifient, que par celles qui ne sont qu'elles-mêmes seules.

Critique du don des larmes.

Pour me tirer des pleurs, il faut que vous pleuriez.

C'est plus bête que faux.

Je ne vois pass l'intérêt qu'il y a à pleurer.

Sinon le plaisir même de pleurer.

Ce plaisir de faire fonctionner artificiellement telles glandes et amener tous les mouvements annexes et connexes qui les décrochent, qui justifient, achèvent le fonctionnement.

La vieille « beauté pure » tenait à Honneur d'éviter les chemins des glandes.. Elle laissait glander les porcs. Produire une espèce d'émotion qui ne trouve pas sa glande ni haute ni basse, une émotion sans jus, sèche, c'était son affaire.

Si elle tirait des pleurs, c'était par ses propres moyens ; par des moyens qui n'existent pas dans l'expérience forcée de la vie : et que la vie n'a pas

prévus par des organes particuliers. Personne en général n'était forcé de pleurer. Là où tout le monde doit pleurer, elle s'abstenait. Elle n'accablait que quelques-uns. Et tous les autres deuaietit se demander, sans pouvoir comprendre, pourquoi ceux-là pleuraient. Idée pourtant de la Communion.

Avoir des machines pour la joie, pour la tristesse, des organes de l'impuissance à soutenir une pensée, que c'est étrange ! Appareils compensateurs, évacuateurs d'une énergie laquelle correspond elle-même à des images indigestes, — insoutenables, inachevables.

Et l'efïet variant avec les hommes : il y en a de durs à la détente...

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