I. Le génie consid^Té comme un jugement
ANALECTA
ment propre et local du cerveau. Naïvetés, stupeurs élémentaires d'un groupe, résistances insuffisantes, courts-circuits, suspens de la lumière incréée, actes hâtifs... acharnements d'oiseau contre une vitre, rires d'enfant devant le danger, se croire enfermé par une porte sans verrou \..
La sottise est de ne pas voir ce qu'un autre voit. La faiblesse, de ne pas pouvoir ce qu'un autre peut.
Mais où personne ne voit et où personne ne peut, il n'y a ni sottise ni faiblesses possibles.
II y a dans l'algèbre quelque chose de la puissance de la « nature » et elle en retire un certain
I. Il y a une bêtise h forme lente, une autre à forme rapide. Les uns se perdent dans leur cerveau. Les autres ne font que le traverser par le plus court.
élément de prestige. Je pense à la complication et à la longueur des immenses calculs, aux développements infinis. On a l'impression du travail végétal, d'une répétition qui s'étale, d'une cellule qui se subdivise.
L'algèbre seule donne cette impression. Le langage ordinaire s'arrête aux premières démarches — est incapable de se conserver dans sa suite.
L'algèbre a pour elle la figure de ses formules. Son extension combinatoire. Etc.. En quoi elle est inhumaine comme la vie aveugle et proliférante est inhumaine.
Le travail de l'esprit considéré comme le pénible succédané d'un sommeil (puisque la solution vient en dormant, d'après beaucoup d'auteurs).
— Dormez, et vous trouverez.
Chercher n'est que se mettre en état de trouver par quelque accident ou par quelque sommeil. C'est préparer le champ de l'heureuse étincelle.
ANALECXd
La connaissance fonctionnelle du système nerveux devra réagir sur l'idée qu'on se fait de la valeur de la connaissance en général, sur la notion de certitude, d'univers, d'houame, ctc.\.
L* « esprit » s'arrache aux cKoses qui touchent le corps et sont sous les yeux. Il y retourne. Il donne à ces choses des fonctions diverses. Ainsi le même arbre est un bui de mouvement ; il est un signe de souvenirs ; il est im repère de pensées qui n'ont aucun lien avec lui, un fixateur ou un distracteur, un révélateur, un interrupteur ; un réflecteur ^.
Voici un philosophe qui spécule sur le monde,
I. Mais cette connaissance est dans les limbesj a II est en somme, un objet privilégié.
sur la connaissance ; il dispose de l'espace et du temps ; pense dans la plus grande généralité ; se distingue de son mieux de l'instant... mais sa pensée est au milieu d'objets et de petits incidents — de bruits, et des brusques reflets d'une fenêtre crevant de soleil qu'on ouvre en face de la sienne. Il a un goût dans la bouche et une jambe nerveuse. Il se perd et se retrouve, et se retrouve un peu différent, tantôt ne se comprenant plus ; tantôt plus éveillé.
XD
La mort est l'union de l'âme et du corps dont la conscience, l'éveil et la souffrance sont désunion.