CAUCHEMAR
Le cauchemar, ce rêve impuissant à rompre l'enchantement, cette image enterrée vive, — s'élève jusqu'à la précision la plus affreuse, à la netteté du réel. — Cette netteté marque l'efïort désespéré.
I. C'est qu« le JE et ce qu'il voit sont de même espèce dans le6 rêves.
ANALECTA
Comme le désespéré de la veille cherche le sommeil absolu, celui du sommeil cherche l'éveil.
Comme l'homme englouti se débat désespérément contre l'eau pour venir à l'air, les mauvais rêves engendrent les actes désordonnés de la mémoire. L'eau qui étouffe, ce sont les actions cachées des gênes du fonctionnement organique. Le sol qui lui manque pour y appliquer ses forces, — à cause de quoi il les disperse et les consume en vain dans toutes les directions de l'espace, — c'est la localisation et la détermination de ces impressions qui le tourmentent au travers d'un voile.
Le rêveur, dont le rêve se prolongerait, se dépenserait, — déchargerait à la fin toute sa ressource mentale dans le t/ide ; rayonnerait toutes ses possibilités dans ce vide.