LXXXIV
Le réel ne peut s'exprimer que par l'absurde.
N'est-ce pas toute la mystique et la moitié de la métaphysique que je viens d'écrire ?
En vérité, qui veut concevoir le moindre phénomène chimique ou physique, s'il s'efforce de ne pas y introduire ces opérations finies, nettes, comme de séparer une masse, de discerner le volume, de la structure ; celle-ci, du poids, etc., de distinguer le temps, du changement ; la vitesse, de l'accélération ; le corps, de sa position ; les forces, de la nature et de la situation, etc. s'il peut encore concevoir quelque chose, — c'est un rêve qu'il aborde et explore.
Et pour une certaine division trop fine ou attention trop poussée, les choses perdent leur sens. On dépasse un certain « optimum » de la compréhension, ou de la relation possible entre l'homme et ses propriétés ; l'homme tel que nous nous sentons et nous connaissons l'être, ne pourrait plus exister, être conçu dans ce petit domaine étrange où pourtant sa vision pénètre. On voit, mais on a perdu ses notions à la porte. Ce qu'on voit est indubitable et inconcevable. La partie et le tout ne communiquent plus.
'ANALECT'A
Ceci est général : en logique, au microscope, dans le rêve, dans la profonde méditation, dans les états horriblement détaillés de douleur, d'anxiété.
L'optimum ne comporte pas ces « agrandissements » des durées ni des angles de vue \