IMAGE DE LA LIBERTÉ
Je ne sais plus où j'ai représenté le « problème de la liberté » par cette image : qu'on se figure deux mondes identiques. On remarque sur chacun d'eux un certain homme, le même agissant mêmement.
Tout à coup, l'un des deux agit autrement que l'autre.
Ils deviennent discernables.
Tel est le problème de la liberté.
J'ajoute aujourd'hui ceci : on peut représenter la nécessité par l'identité de deux systèmes.
Dire qu'une conséquence est nécessaire, c'est dire que deux systèmes identiques en A. B. C. seront identiques en D.
14N ALECT A
Le crime comme soulagement ef, en somme, — moralisation — exorcisation du criminel — (lequel était auparavant peut-être, bien plus criminel, lourd et horrible de la chose devant être faite...)
cxvni
Une idée très compliquée est plus légitime qu'une simple, car les choses sont aussi compliquées qu'on le voudra, et si tu veux représenter du plus près les choses, tu seras d'autant plus compliqué.
Mais une idée très compliquée est très rare ; antipathique à l'esprit, et au langage. On peut la rejoindre, mais il sera impossible de la saisir entièrement, de la conserver et retrouver aisément, de s'en servir. Le sens de Vuùle a donc fait la bonne réputation du simple.
Les pensées que l'on garde pour soi, se perdent ; l'oubli fait voir que soi, que moi, ce n'est personne^
Pas de révolution plus profonde que celle qui remplacera l'ancien langage et les anciennes idées vagues par un langage et des idées nets.
Mais peut-être le vague est indestructible, son existence nécessaire au fonctionnement psychique *,