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OPINIONS PENSÉE PARTIELLE

La partie de nos pensées qui est provisoire, inctudiee, simpliste, résultant de la date, de la mode, de la classe de l'interlocuteur présent, du décor... de tout, excepté de la chose même qu'elle semble viser, c'est l'opinion.

Lorsque l'homme est suffisamment et solidement sot, lorsqu'il ne se doute même pas des différences de valeurs logiques, qu'il ne sent pas l'escamotage des objections, qu'il confond des impressions primitives, naïves, avec l'authenticité, etc. l'opinion en lui se baptise conviction.

Mais je veux dire encore un mot de l'opinion.

Pourquoi telle opinion, non telle autre ?

Ici, la coutume est d'invoquer le sentiment.

Sensibilités différentes, donc — etc. Voir Pascal.

Le pauvre raisonnement va se réduire à le céder au sentiment.

Voici un autre point de vue :

Il s'agissait d'abaisser le raisonnement. Et ce qui abaisse le raisonnement ce ne peut être que... ? — On ne risque rien de l'appeler sentiment i

L'autre point de vue — dit :

Vous pensez de telle sorte, non de telle autre ; ce peut être par ce que la puissance de presser vos pensées, de les faire tendre à une figure précise, s'est arrêtée à tel point. Si vous ne savez les attaquer, les presser, les traduire, et les retraduire, — vous demeurez à tel état. — Ou si le temps, le goût vous a manqué, attendez encore un peu. Telle pensée qui a dormi vingt ans s'éveille, trouve en moi un nouveau maître qui la rudoie et la change...

Et l'opinion sur tel objet dépend donc aussi de cette puissance formelle, des adversaires intérieurs suscités, — du travail interne, — du sommeil et du réveil...

Et fort peu de l'objet même.

Si tout raisonnement se réduit à céder au sentiment S c'est celui qui cède qu'il faut plaindre- Mais ce n'est pas le raisonnement qui cède. C'est moi. — Qui, Moi ? — Celui qui agit. Car l'autre est variation illimitée ; il reviendra sur son sentiment ; il se reprendra au raisonnement. Et ainsi de suite...

I. C'est là un« idée de Pylliie, l'idole ôe> l'oracl*. Le BpOll* tané, l'irrëdéchi plus précieux, plus digne de foi que le rén('chi.

SUITE

AQNPSIE DESIRABLE

Le grand malheur de l'homme est de n'avoir pas un organe, une sorte de paupière ou de frein, pour masquer ou bloquer à son gré une pensée ; ou toute pensée. Les conséquences seraient étranges.

Mais au contraire, tels que nous sommes, nous pensons d'autant plus que nous voulons ne pas penser, et plus nous le voulons, plus... etc.

J'ai observé sur moi-même l'ébauche de cette faculté fantastique d'inhibition. J'ai cherché d'abolir directement une certaine pensée. Mais rien de plus limité que les effets de la volonté intérieure. Plus l'on s'éloigne du domaine où l'action des muscles striés s'exerce directement, ou indirectement ^ — plus s'affaiblit le pouvoir volontaire.

L'impossibilité de supporter une idée, — une

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