‹ Télégraphie électriqueChapitre 35 sur 52 · LOIS DE PROPAGATION DE L*ÉLBCTRICITÉ. S · texte numérisé non relu

LOIS DE PROPAGATION DE L*ÉLBCTRICITÉ. S

M. Bergon (1) rapporte dos résultats qui sont loin de déposer en faveur de remploi de ces transmetteurs automatiques. L'administration française a plusieurs fois essayé les appareils de MM. Marqfoy et' Digney, toujours sur de bons fils et quand la transmission manuelle se comportait bien ; on n'a jamais pu obtenir t;m^^ mots par minute, d'une maniée assez nette et assez suivie pour assurer un service. Une fois, ajoute M. Bergon, on a pu aller jusqu'à trenie^inq mots sur une ligne de &00 kilomètres, non sans quelques erreurs; mais ce A'est là qu'un tour de force obtenu dans des conditions exceptionnelles, et qui ne saurait être pris pour base d'une exploitation régulière. Ces essais tendent à établir que, dans les conditions actuelles des lignes et des alphabets adoptés, la transmission à la main réalise, sur les longues lignes, à peu près toute la rapidité de transmission qu'on peut obtenir.

Avec les manipulateurs automatiques, la transmission est plus- régulière et la dépêche est plus correcte. Tôt ou tard ils seront introduits dans la télégraphie électrique; mais avant tout, comme l'a très bien établi M. Bergon, on doit s'occuper de l'amélioration des lignes ellesrmêmes. On ne se mettra sans doute jamais à l'abri des influences perturbatrices des courants naturels et des flux déterminés par les aurores boréales et par les variations de la distribution de l'électricité atmosphérique ; mais on peut obtenir un isolement beaucoup plus parfait des fils à leurs points de suspension, et rendre ainsi complètement im-

^O Ànnà{/e$ iéUnroishiqueSy 1860, t. lil, p. 125.

SiO OOiMBPOliDAlfCl TÉliGRAPftlOra'

possibles, ou du moins extrêmement rares, ces pertes excessives par dériYati<Ni et ces dérangements connus sous la dénomination de mélange de$ fUs^ qui, par les temps très humides, pendant les brumes et les brouillards, et surtout à la suite des fortes pluies, viennent encore trop souvent gêner la correspondance. Un plus grand espacement des fils d'une même ligne amoindrirait les effets des actions rédproques d'induction des fils suspendus aux mêmes poteaux, et contribuerait à l'amélioration des con*» ditions de transmission.

L'alphabet du télégraphe Morse ne comprend que deux signaux élémentaires : le point et le trait. 11 en résulte que chaque lettre, chaque chiffre, chaque signe de ponctuation se compose en moyenne de trois, cinq ou sa signaux âémaitaires, et exige, pour être transmis, un même nombre d'émissions de courant. Or nous avons vu plus haut que chaque émission nouvelle de courant in* troduit un temps perdu dans la transmission, et que, par suite, la multiplication de ces émissions est une cause puissante de ralentissement de la correspondance. U y aurait donc, sous le rapport de la rapidité, un grand avantage à augmenter le nombre des signaux élémentaires de l'alphabet; toute introduction d'un nouveau »gnal dans l'écriture tâégraphique aurait, en effets pour tésultat évident de diminuer le nombre d'émissions de courant nécessaire à la reproduction d'une dépêcha Tant que la ttlammission à la main sera exclusivemeunt maintenue, il est impoSsiUe de songer k une semMaUe réforme de Talphabet généralement adopté. On comprend bien, en eSét» que les en^bjrés, n'ayant k reproduire que

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deux espèces de signaux, puissent parvenir à iAiprimer au levier du manipulateur un mouvement rhythmique en oondbrdanoe avec les exigences de la correspondance. Mais, si le nombre des signaux élémentaires augmentait, si seulement on «i introduisait un nouveau plus long que le trait actuel, l'employé serait obligé de recourir à troiê durées différentes de contact; le travail de transmission deviendrait excessivement difficile; les erreurs se multiplieraient, et compromettraient d'une manière très fâcheuse l'exactitude de la correspondance. Avec les transmetteurs automatiques, il n'y a rien de semUable à redouter. La dépêche est composée à l'avance, et contrôlée avec soin avant d'être livrée à l'employé expéditeur; la transmission n'est plus alors qu'une opération méca* nique qui ne peut en aucune façon altérer l'exactitude de la correspondance. Le transmetteur proposé par M. Marq» foy se prêterait mervmlleusement à l'introduction d'un ou deux signaux élémentah*es nouveaux dans l'alphabet télégraphique; la composition et la lecture de la dépêche seraient sans doute renduesun peu plus difficiles, mais 1» rapidité de la eorrespondance serait considérablemeut augmentée.

En résumé, nous avons vu que les récepteurs des ap* pareils télégraphiques sont assez bien construits pour su^ fire à tout le travail que les lois de propagation de TAectricité permettent sur les grandes Agnes. Pour obtenir une tfttnsmission plus rapide sur les lignes aériennes, on doit donc chercher à améliorer installation des fils tâégraphiquesj et aussi à modifier l'alphabet de manière à diminuer autant que possible le nombre de signaux simples

312 CORRESPONDANCE TiLÉGRAraïQUE .

correspondant à chaque lettre. Pour cette dernière réforme à opérer dans le mode de reproduction des dépêches, les transmetteurs automatiques .nous paraissent offirir de grandes et précieuses ressources.

f jCs résultats exposés dans le cours de ce chapitre nous permettent d'aborder une question importante : nous avons montré ailleurs (1) que la condition à remplir pour obtenir un courant d'intensité donnée avec la plus petite surface possible de zinc, est de combiner le nombre et les dimensions des couples de manière que la résistance de rélectromoteur soit égale à celle du circuit interpolaire. Or nous avons dit (page 53) qu'en temps ordinaire, on entretient une corres^ndance directe entre Paris et Strasbourg avec une pile de quarante couples Daniell; 'dans ce cas, la résistance de rélectromoteur n'est que de quarante kilomètres, tandis que la résistance du conducteur est de sept cents kilomètres, cinq cents pour le fil de ligne, et deux cents pour les bobines du récepteur. Cet exemple suffit pour montrer combien les piles de ligne sont loin d'être disposées de manière à fournir le maximum d'effet utile. Les équations de la page 53 nous fournissent le moyen de déterminer les dimensions qu'il faudrait donner aux couples Daniell pour obtenir un courant d'intensité suffisante avec la plus petite surface possible de zinc, et de calculer le nombre de couples à employer dans chaque (ms particulier.

Nous savons, en effet (page 53), qu'en appelant E la force électromotrice d'un couple Daniell, la correspon-

(1) TraUé d*électrieiiéy t. M, p. 103 et suiv.

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