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LOIS DE PROPAGATION BB L'ÉLECTRICITÉ

nomëne prouve que, pendant toute la durée de son contact avec la pile^ le fil enveloppé était traversé par un flux d'électricité faible sans doute, si on le compare à la puissance de la pile employée, mais dont Texistence est nettement accusée par la déviation du galvanomètra Puisque le bout libre du câble était maintenu isolé, le flux d'électricité devait nécessairement être dirigé du fil conducteur au liquide environnant, à travers Tenveloppe de gutta- percha.

Depuis cette époque, la conductibilité de la gutta-percha a été directement démontrée par plusieurs observateurs. H. Gaugain est, à notre connaissance, le premier qui ait traité expérimentalement cette question; nous nous empressons de rapporter ici une note qu'il a bien voulu nous communiquer.

« La conductibilité de la gutta-percha peut être aisé- » ment mise en évidence : il suffit pour cela de prendre » un fil métallique recouvert de gutta-percha, d'appliquer » sur une portion de la surface extérieure un ruban mince » d'élain, puis de mettre cette espèce d'armature en rap- » port avec un électroscope à décharge, en même temps » qu'on fait communiquer le fil intérieur avec une source )) constante d'électricité. Je me suis servi pour cette expé- » rience d'une pile de 600 petits éléments; l'un des pôles » était en rapport avec la terre^ l'autre communiquait » avec le fil recouvert de gutta-percha. Avec cette dispo- » sition, j'ai obtenu une succession indéfinie de décharges. » H est démontré, par conséquent, qu'un flux électrique » i^éut se propager du fil intérieur à l'armature exté- » rieure.

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)) Il reste à savoir quelle voie suit Télectricité, si elle » traverse l'épaisseur de la gulta -percha, ou bien si elle » sort par les deux bouts du fil intérieur, et va rejoindre » l-armure d'étain en cheroinant exclusivement à la sur- » face extérieure de la gutta-percha. Pour résoudre cette » question, j*erap'oie la méthode suivante. J'applique » sur un même câble télégraphique trois rubans d'étain » de manière à former trois anneaux cylindriques séparés » par deux intervalles découverts; puis, le fil intérieur » étant mis comme précédemment en communication » avec une source constante, je constate le flux transmis » par l'anneau moyen : 1** en laissant les anneaux ex- » trémes isolés, 2° en faisant communiquer avec la terre » ces mêmes anneaux.-^ Le flux transmis est mesuré par )) le nombre des décharges de Télectrôscope qui se pro- » duisent dans un temps déterminé.

» 11 est aisé de voir que le résultat de Vexpérience doit » être tout différent suivant que Télectricité prendra Tune » ou Tautre des deux voies indiquées. — Si elle traverse » l'épaisseur de l'enveloppe de gutta-percha , le flux » transmis par l'anneau moyen ne sera pas affaibli lors- » qu'on mettra les anneaux extrêmes en communication » avec le sol; car la source fournissant par hypothèse une » quantité illimitée d'électricité, la tension du fil intérieur » ne sera pas diminuées — Si au contraire l'électricité se » propage exclusivement à la surface de la gutta-percha, » il est clair qu'en mettant les anneaux extrêmes en rap- » port avec la te^e, ou interceptera complètement le flux )) transmis par l'anneau du milieu.

» Ce procédé d'investigation ayant été appliqué k di*

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» vers échantillons de câbles cpie radroinistration des x" lignes télégraphiques a eu l'obligeance de mettre k ma » disposition, j'ai trouvé qu'en général on affaiblit très peu » le flux transmis par Tanneau du milieu en mettant les » anneaux extrêmes en communication avec le sol. C'est » donc à travers l'épaisseur de la gutta-percha que -se » dirige la majeure partie de l'électricité transmise; mais » il y en a aussi une certaine quantité qui se propage à la » surface extérieure. On conçoit d'ailleurs que le rap- » port des quantités transmises par l'une et l'autre voie » doit varier avec l'épaisseur de la couche de gutta- » percha et avec la longueur des espaces découverts qui » séparent les anneaux extrêmes de l'anneau moyen.

» Lorsque la gutta*percha reste exposée à l'air, sa con<* » ductibilité superficielle s'accroît généralement avec le » temps et peut devenir très notable ; mais, pour faire » disparaître cet accroissement accidentel de conductibi« » lité, il suffit de laver la gutta-percha et de l'essuyer. » J'ai depuis longtemps constaté que le lavage produit » les mêmes effets sur la tourmaline , la gomme laque » et le verre. Il est probable que toutes ces substances » se recouvrent, lorsqu'elles sont exposées à l'air libre, » d'une couche invisible qui les rend plus hygrométriques » qu'elles ne le sont naturellement, et que cette couche est » enlevée par le lavage. Du moins les choses se passent » comme s'il en était ainsi. »

HM. V. Siemens et Guillemin ont aussi constaté dans leurs expériences la conductibilité de la gutta-percha. Il résulte des recherches de M. Siemens que la résistance (le cette substance diminue k mesure que la température

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s'élève ; sa conductibilité étant un à la température de 5d^és, devient sep/ à 27 degrés centigrades. Ajoutons enfin que les essais de MM. Siemens et Guillemin s'accordent pour montrer qu'à épaisseur égale, la conductibilité de la gutta-percha est notablement supérieure à celle du caoutchouc non vulcanisé.

De tout ce qui précède, il résulte qu'il n'est jamais permis de considérer le fil conducteur d'un câble sous-marin comme complètement isolé de l'armature extérieure et du liquide dans lequel il est immergé.

Deux moyens principaux ont été proposés pour obtenir une transmission plus rapide sur les lignes sousmarines. On a conseillé la substitution des courants d'induction aux courants voltaïques ordinaires; dans ces derniers temps, on a imaginé d'envoyer avec la même pile des courants de sens alternativement contraires sur le conducteur.

Dans le circuit d'un appareil d'induction, l'électricité est mise en mouvement par une force électromotrice très intense, mais d'une durée excessivement courte. Au poste de départ, le fil de ligne reçoit, en un temps qui ne dépasse pas quelques dix-millièmes de seconde, une quantité très considérable d'électricité ; puis toute force électromotrice cesse, toute impulsion disparaît et la charge se répand spontanément sur le conducteur. Au poste d'arrivée, le fil des bobines du récepteur est traversé par un véritable courant de décharge dont l'intensité suit d'abord une marche croissante, atteint bien vite son maximum pour s'affaiblir ensuite graduellement. Pour que la coiTespondance télégraphique marche régulièrement, l'é-

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