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LOIS DE PROPAGATION DB L'ÉLECTRICITÉ

lectro-aimant du récepteur doit agir d'une manière efficace sur son armature mobile au moment où ce courant de décharge atteint son maximum d'intensité. Le temps qu'il faut au courant d'induction pour acquérir cette intensité maximum à l'extrémité de la ligne en communication avec le fil est-il plus court que la durée de l'état variable d'un courant voltaïque ordinaire? Telle est la question qu'il faudrait résoudre pour savoir si, sous le rapport de la rapidité de la correspondance, il y a avantage réel à* substituer les appareils d'induction aux piles hydro-électriques. On peut, il est vrai, en augmentante longueur du gros fil de la bobine inductrice, allonger la durée de la force électromotrice d'induction ; mais les recherches entreprises jusqu'ici ne prouvent pas avec évidence que, sur les très longues lignes sous-marines, la transmission des dépêches s'exécute aussi sûrement et plus rapidement avec les courants induits qu'avec les courants voltaîques. En tout cas, la durée du courant d'induction étant complètement indépendante de la volonté de l'expéditeur, il est évident qu'un appareil d'induction ne peut jamais être employé pour faire marcher directement le levier imprimant d'un télégraphe Morse, maia seulement pour agir sur la palette d'un relais, comme nous l'avons déjà dit page 20/k, à propos du système de M. Siemens.

Dans ces derniers temps on a proposé une modification très heureuse du mode de transmission sur les lignes sousmarines. L'électromoteur est toujours une pile hydroélectrique, dont le pôle négatif communique avec le sol. Pour expédier un signal, on établit, comme à l'ordinaire, le contact du pôle positif et du fil de ligne; mais, au lieu

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de se contenter d'interrompre le circuit et de laisser au lil de ligne le temps de se décharger spontanément, on renverse le sens du courant à Taide d*un commutateur. Cette modification, très facile à réaliser, permet d'obtenir une correspondance plus rapide sur les lignes sous-marines, et la raison en est bien simple. Une des principales causes du ralentissement de la correspondance avec les câbles immergés est la grande durée de la décharge du fil conducteur abandonné à lui-même. Mais, lorsqu'au lieu d'interrompre simplement le circuit, on lanc« sur le fil un courant de sens inverse, on substitue à la décharge spontanée très lente, une neutralisation active de la charge accumulée par voie de condensation. Avec ce procédé, le fil est activement ramené à l'état neutre à chaque signal élémentaire expédié, et la durée de la décharge est néces* sairement raccourcie. La transmission est donc plus rapide que par le procédé ordinaire; mais, comme la durée de l'état variable est toujours la même, la correspondance reste toujours plus lente sur un câble immergé que sur une ligne aérienne de même longueur.

Soumises à une perte latérale d'électricité et à la loi de la longueur du conducteur, les lignes sous-marines ne diffèrent en réalité des lignes aériennes que parla condensation qui s'opère sur les deux surfaces de la lame isolante dont le fil est enveloppé. Nous avons vu que reflet inévitable de cette condensation est d'augmenter le coefficient de charge, et d'allonger la durée de l'état variable et de la décharge. D'autre part, l'expérience de tous les jours montre que l'influence de cette condensation est assez considérable pour que , sur le câble sous-marin de

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Ul kilomètres tendu entre Douvres et Calais, la correspondance soit beaucoup plus lente que sur les lignes aériennes de 5 à 600 kilomètres. Sans doute les résultats des expériences de MM. Guillemin et V. Siemens per* mettent d'espérer qu'en augmentant l'épaisseur de la lame isolante, et surtout en remplaçant la gutta-percba par le caoutchouc, on pourra parvenir à diminuer sensiblement l'intensité de la condensation ; mais le mode de propagation de l'électricité restera le même, et le câble armé ou non armé, du moment qu'il s'^ra immergé, con-* dansera toujours une proportion considérable d'électri<« cité. Toutes choses égales d'ailleurs, la transmission télégraphique sera donc toujours beaucx)up plus lente sur les lignes sous-marines que sur les lignes aériennes.

Quelle que soit la longueur d'une ligne sous-marine, il est toujours possible de la faire traverser par un courant d'intensité suffisante pour mettre en jeu un récepteur tél^aphique. Réduite à ces termes simples, la possibilité de la transmission ne saurait être mise sérieusement en, doute. Mais, en télégraphie électrique , le problème à résoudre est tout autre. Les moyens de communication doivent permettre un échange de signaux assess rapide pour que la correspondance rende des services réels en proportion avec les frais d'établissement de la ligne. En présence des effets inévitables de la condensation et de leur influence sur la durée de l'état variable et de la décharge, il est permis de se demander si l'établissement d'une correspondance directe à travers l'océan Atlantique au moyen d'un câble d'une seule portée n'est pas une entreprise vaine. Les lois de propagation de l'électricité sur

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les conducteurs linéaires nous semblent condamner à tout jamais des tentatives de ce genre. Nous sommes convaincu que l'Amérique sera un jour télégraphiquement reliée à notre continent. La science est en mesure de fournir tous les éléments de la solution de ce beau problème, lorsqu'on voudra la consulter sérieusement et tenir compte de ses précieuses indications. L'électricité est un agent de transmission merveilleux, et que rien ne saurait remplacer; . mais il en est de Féleclricité comme de toutes les autres forces de la nature : l'homme, pour la faire concourir utilement à la satisfaction de ses besoins, doit commencer par étudier ses lois de manifestation, et leur soumettre rigoureusement ses moyens d'action. Au lieu de chercher à tendre entre l'Europe et le nouveau monde un câble d^unesevle portée de ^000 kilomètres de longueur, il faut se jeter en dehors de la ligne droite, et rechercher avec soin des stations intermédiaires de nature-à permettre rétablissement d'une série de relais rattachés les juns aux autres par des conducteurs partiels aériens et sous-marins : le succès est à ce prix.

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