‹ Télégraphie électriqueChapitre 9 sur 52 · ÉLECTRO-AIMANTS · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-AIMANTS

mesurer Tamplitude de son mouvement de rotation. Enfin les extrémités du fil enroulé sur le cadre C aboutissent aux bornes intérieures B, B', et ces dernières bornes ellesmêmes communiquent avec les bornes extérieures P, P', au moyen de fils flottants placés au-dessous du disque D, et assez longs pour ne pas gêner ses mouvements de rotation.

Quand le courant passe, Taiguille aimantée est déviée, l'extrémité de Taiguille indicatrice a vient butter contre une des goupilles de la colonnette f. On fait tourner le disque D jusqu'à ce que l'extrémité de l'aiguille de cuivre a se détache de la goupille, et s'arrête exactement audessus de la ligne.de repère tracée sur la face supérieure de la colonnette f. Le nombre de degrés dont l'index t s'est déplacé sur le limbe du socle indique l'angle de rotation du disque D, et, par suite, l'angle de déviation de l'aiguille aimantée. Les intensités des courants qui tra-* versent successivement le fil de la boussole sont proportionnelles aux sinus des angles de déviation mesurés sur le limbe du socle. Quand les déviations ne dépassent pas 15 degrés, on peut, sans erreur sensible, prendre le rapport des arcs pour le rapport des sinus, et admettre que les intensités sont proportionnelles aux angles de déviation observés.

si eetr «Kaîmants.

Les électro-aimants jouent un rôle d'une si liante importance dans la télégraphie électrique, qu'il nous paraît nécessaire de consacrer quelques pages à l'exposition de

leurs propriétés et à Texamen des conditions du développement de leur puissance magnétique.

Soit C (fig. 18) une bobine autour de laquelle est enroulé un long fil de cuivre entouré d'une enveloppe isolante de soie ; plaçons dans sa cavité intérieure un bar-

Fig. 18.

reau de fer doux AB. Au moment où le fil de la bobine C est traversé par un courant électrique, le barreau AB devient un aimant, reste aimanté tant que le courant continue à passer, et retombe à Y état neutre au moment où le courant est interrompu. D'ailleurs, conformément à la théorie d'Ampère, le pôle austral du barreau aimanté est toujours à gauche du courant qui traverse le fil de la bobine.

L'expérience la plus vulgaire montre que le magnétisme développé dans le barreau augmente avec l'intensité du courant. Il est en outre évident que, son intensité restant la même, la puissance magnétisante du courant doit être proportionnelle au nombre des tours de spire du fil conducteur, à condition cependant que le diamètre de la bobfne soit compris dans des Hmites telles que Faction du courant reste sensiblement indépendante de la distance des tours de spire au barreau de fer doux. —

iLECTRO-AIHANTS. 67

De leurs recherches, MM. Lenz et Jacobi avaient déduit cette loi très simple :

LHntensité magnétique développée dans un barreau de fer doux est proportionnelle au produit de l'intensité du courant par le nombre des tours de spire du fil de la bobine.

M. MûUer a démontré que cette loi traduit très exactement les résultats de l'observation tant qu'on n'opère qu'avec des courants faibles sur des barreaux cylindriques dont le diamètre n'est pas très petit par rapport à leur longueur. Il a établi en outre que, dans les limites entre lesquelles la loi de MM. Lenz et Jacobi reste vraie :

Les intensités magnétiques développées dans les barreaux de fer doux sont proportionnelles aux racines carrées de leurs diamètres. ^

En désignant par m l'intensité magnétique développée, par I l'intensité du courant, par n le nombre des tours de spire, par d le diamètre du barreau de fer doux, et par c une quantité constante, nous avons donc

m sa cnl ydr

Mais les expériences de H. Mûller prouvent en même temps que la proposition de MM. Lenz et Jacobi ne peut pas être acceptée comme une loi générale. Il résulte, en effet, de ses recherches que :

Pour chaque barreau de fer doux, il existe un maximum d'intensité magnétique que rien ne peut lui faire dépasser. Ce maximum est proportionnel au carré du diamètre du barreau .

Hàtons-nous d'ajouter que les électro-aimants em-

ployés dans la télégraphie électrique fonctionnent toujours dans des conditions telles que la loi de MM. Lenz et Jacobi leur est applicable, et que l'intensité magnétique du barreau de fer peut, sans erreur appréciable, être représentée par la formule précédente (1).

La multiplication du nombre des tours de spire de la bobine augmente Faction du courant sur le barreau de fer doux, mais d'un autre côté elle diminue l'intensité du courant en rendant plus considérable la résistance de son circuit. Il y a donc une disposition du fil de la bobine dont il ne faut pas s'écarter, lorsque, avec une pile donnée et agissant dans des conditions déterminées, on veut communiquer à un barreau de fer doux le maximum d'intensité magnétique. Dans les limites entre lesquelles la loi de MM. Lenz et Jacobi est applicable, l'expérience et les considérations déduites des lois des courants voltaïques sont d'accord pour établir la règle suivante :

Quand la résistance du fil de la bobine est égale à la résistance du circuit extérieur à V électro-aimant^ y compris celle de la pile, on obtient le maximum d'intensité magnétique (2).

Les électro-aimants employés dans la télégraphie électrique sont disposés en fer à cheval (fig. 19). G, C, sont les deux bobines ; A, B, les deux barreaux de fer doux ; T est une culasse de fer doux qui relie les deux barreaux. Ces électro-aimants doivent être distingués eu deux

(ï) Voyez la note B pour l'exposition des lois des électro-aimants. (2; Voyez la noie C pour Ja démonstration de cette propositioo.

KLKCTRO-AIMANTS. 69

Les premiers sont placés dans le circuit de la ligne et séparés de la pile active par toute la distance des deux postes correspondants ; dans ce cas, la résistance du cir-

,Fig. 19.

cuit extérieur à l'électro-aimant est toujours très grande. Pour que la résistance du fil enroulé soit égale à celle du reste du circuit sans que sa masse occupe un volume trop considérable, les bobines de ces électro-aimants doivent être faites avec du fil très fin formant un très grand nombre de circonvolutions autour des barreaux. Comme la distance à laquelle un poste télégraphique est appelé à correspondre varie suivant les circonstances, il est impossible que Télectro-aimant intercalé dans le circuit de la ligne remplisse rigoureusement, dans tous les cas, les conditions de maximum d'intensité déduites de la loi de MM. Lenz et Jacobi. On satisfait à toutes les exigences du service en donnant aux bobines de ces électroaimants une résistance commune de 200 kilomètres; le fil employé est assez fin pour faire environ 2000 tours de spire sur les barreaux de fer doux.

Les électro-aimants de seconde classe fonctionnent sous rinfluence des piles locales des postes dans lesquels

ils sont placés. Dans ce cas, le circuit extérieur est très court et sa résistance se réduit à peu près à celle de la pile elle-même. Le fil des bobines de ces électro-aimants doit être assez gros; le nombre des tours de spire n'est pas très considérable.

Nous avons dit, en commençant cet article, qu'au moment où le courant inducteur est interrompu, le barreau de fer doux placé dans la bobine perd immédiatement son magnétisme et retombe à l'état neutre. Les choses ne se passent jamais réellement ainsi. Les barreaux des électro-aimants conservent toujours, après la cessation du courant, une faible aimantation dont on peut considérablement diminuer l'intensité et la durée, mais qu'il est impossible d'annuler complètement. Les qualités du fer jouent ici un grand rôle; mieux il est travaillé, plus ce magnétisme rémanent est faible et plus la demimantation complète s'opère rapidement. L'expérience démontre encore que le contact immédiat d'une armature de fer et des surfaces polaires de l'électro-aimant contribue puissamment à augmenter l'intensité et la durée du magnétisme rémanent; une mince feuille de papier placée entre les surfaces polaires et l'armature suffit pour hâter considérablement la désaimantation des barreaux de fer doux.

Dans les appareils télégraphiques, qu'ils servent à fermer à distance le circuit d'une pile locale, ou à manœuvrer la détente d'une roue à rochet, ou à soulever un levier imprimant, les électro-aimants agissent en mettant en mouvement des armatures de fer doux placées en présence de leurs surfaces polaires. On ne saurait prendre

SONNERIES. 7t

trop de précautions pour combattre les effets du magnétisme rémanent ; c'est le seul moyen d'avoir des électroaimants qui perdent très vite leur aimantation acquise, communiquent des oscillations très rapides à leurs armatures, et permettent d'expédier sur la ligne un très grand nombre de signaux en très peu de temps. La rapidité de la correspondance télégraphique dépend, en grande partie, de la rapidité avec laquelle les barreaux de fer doux s'aimantent et retombent à l'état neutre sous l'influence des alternatives de passage et d'interruption du courant inducteur. Il faut donc choisir le fer le plus doux possible pour construire les barreaux des électroaimants, et régler le jeu des armatures mobiles de manière qu'elles n'arrivent jamais au contact des surfaces polaires actives.

Sonneries,

Les sonneries sont placées dans les bureaux des postes. Irtercalées dans le circuit de la ligne télégraphique, elles entrent en jeu sous l!.iniluence du courant envoyé par le poste correspondant qui demande à transmettre une dépêche; leur tintement avertit l'employé qu'il doit se tenir prêt à recevoir.

Sonnerie & mouvement d'horlo|;erle. — La figure 20

représente le dernier modèle adopté par M. Bréguet. Le mouvement d'horlogerie est tout entier contenu entre deux plaques métalliques, parallèles et rectangulaires. Une de ces plaques est représentée en efgh; l'autre, toute semblable, est située sur un plan postérieur, à la distance

nécessaire pour placer le mouvement d'horlogerie dont le carré de remontage fait saillie en C. La roue U du barillet agît sur le pignon 3 de Taxe de la roue 2, qui elle-même engraîne le pignon 1 de l'axe de la roue

Fig. âo.

d'échappement E. Des flèches indiquent le sens de la rotation de ces roues quand l'échappement est dégagé.

Les organes de la sonnerie placés en avant de la plaque antérieure efgh, ou tout à fait en dehors des plaques, sont indiqués en lignes pleines; on a figuré en lignes ponctuées les organes situés entre les deux plaques ou en arrière de la plaque postérieure, et en lignes pleines les parties de ces derniers organes qui font saillie en dehors des plaques métalliques.

R est un ressort vertical, libre par sa partie supérieure et muni d'un arrêt qui vient naturellement se mettre en prise avec la dent d de la roue d'échappement E. Dans cette position, le mouvement d'horlogerie est arrêté. Les deux plaques supportent un axe horizontal mobile auquel sont invariablement fixés un levier L situé derrière la plaque postérieure, une tige métallique t comprise entre les deux plaques en avant et très près de la roue 2, enfin une virgule V placée en avant de la plaque antérieure et contre l'extrémité libre du ressort R. Ces trois pièces importantes L, t, V sont rendues solidaires par l'axe auquel elles sont fixées ; elles s'abaissent et se relèvent en même temps. Le levier L est sollicité à s'abaisser par un ressort r. En outre, h l'extrémité antérieure de l'axe de la roue 2, en avant de la plaque efgh^ est fixée une pièce métallique quadrangulaire D, dont les deux grands côtés sont formés par des lignes droites et les deux petits côtés par des arcs de cercle. La pièce D tourne dans le même sens que la roue 2, presse le ressort R, et le tient écarté de sa position verticale pendant une demi-révolution entière.

En arrière de la plaque postérieure est placé un électroaimant horizontal en fer à cheval. Les extrémités du fil des bobines sont fixées aux petites bornes Y, Y'. Y cora-

mnnique avec la grande borne X, à laquelle aboutit le fil de la ligne; Y' communique avec la grande borne X', qui elle-même donne attache au fil de terre. En face des extrémités polaires de Télectro-aimant, on voit une palette de fer doux P, mobile autour de la ligne qui joint les extrémités de deux vis v entre lesquelles elle est pincée. De cette palette part une queue verticale Q, dont l'extrémité vient s'engager au-dessous du levier L et le maintient dans sa position horizontale. Les excursions de la queue û de la palette et de la palette elle-même sont réglées par les deux petites vis 5, s^; un ressort r' maintient la queue de la palette dans sa position verticale, et l'y ramène quand elle en a été écartée.

La figure 21 représente la palette P vue de face, sa position par rapport aux surfaces polaires de l 'électroaimant, la disposition des vis v, v' qui la pincent en lui permettant de tourner autour d'un axe horizontal passant par leurs pointes, et l'origine de la queue Q.

de cette palette.

T représente le timbre de la sonnerie.

Le marteau M est porté sur un manche

métallique naobile autour du point A, et

terminé par une fourchette entre les

'** * branches de laquelle est placé un bouton

métallique b fixé à la roue d'échappement E.

A l'état de repos, toutes les pièces sont dans la position représentée dans la figure 20.

Supposons maintenant que le courant soit envoyé sur la ligne. L'électricité arrive par la borne X, passe à la

SONNERIBS. 75

borne Y, traverse les bobines de rélectro-aimant, gagne la borne Y', la borne X', et se perd dans le sol. En même temps la palette P est attirée par les surfaces polaires de Félectro-aimant, sa queue Q vient butter contre la vis s, et le levier L est dégagé. Ce levier obéit à la pression du ressort r, entraîne la virgule V qui presse contre le ressort R et réloigne de sa position verticale; la dent d de la roue d*échappert}ent E est dégagée et le mouvement d'horlogerie entre en jeu. La pièce D maintient, pendant chaque demirévolution, le ressort R éloigné de la position verticale, et Tempêchede se remettre en prise avec la dent d. Pendant ce temps-là, le bouton b de la roue d'échappement E, agissant comme excentrique, fait osciller la fourchette du manche autour du point A, et le marteau M frappe alternativement sur les deux côtés du timbre T. Le bruit de la sonnerie dure nécessairement jusqu'à ce que le ressort R puisse se remettre en prise avec la dent d de la roue d'échappement E.

Au moment où le courant cesse, la palette P et sa queue Q sont ramenées à leur position verticale par le ressort antagoniste r'. Déplus, deux chevilles métalliques e, c, sont implantées sur la face antérieure de la roue 2. Il en résulte qu'à chaque demi-révolution, une des deux chevilles c, c, relève la tige ^, et avec elle le levier L et la vii^le V. Lors donc que la palette P a repris sa position verticale, une des chevilles c, c, relève le levier L, et le remet en prise avec l'extrémité supérieure de la queue Q. Dès lors la virgule V a aussi repris sa position normale, et ne s'oppose plus au mouvement de retour du ressort R . Mais il est facile de voir qu'au même moment, la pièce D

16 LIGNE TèLBGRAPHIQUE.

a repris la position dans laquelle ses deux longs côtés sont verticaux, et que le ressort R est libre désormais d'obéir à l'impulsion de son élasticité. Ce ressort R entre de nouveau en prise avec la dent rf, le mouvement d'horlogerie est arrêté, et le marteau M cesse de frapper sur le timbre T.

11 est facile de voir que, quelque courte que soit la durée du passage du courant, le tintement de la sonnerie se prolonge nécessairement pendant une demi-révolution delà roue 2.

La sonnerie est armée d'un index S qui par sa position indique si, pendant l'absence momentanée de l'employé, elle est restée au repos, ou si elle a été mise en jeu. Cet index S porte une queue verticale munie d'un ressort à boudin qui le pousse de bas en haut, et d'un bouton qui entre en prise avec l'extrémité d'une tige métallique p poussée de dedans en dehors par un ressort à boudin o. — L'employé, en pressant sur l'index S, met le bouton de l'extrémité de sa queue en prise avec la tige horizontale p; dans cette position de repos, l'index S est maintenu audessous du plan supérieur de la boîte de bois BB qui enveloppe la sonnerie, et se trouve caché. Quand la sonnerie entre en jeu, la dent d de la roue d'échappement accroche, en passant, l'extrémité recourbée de la tige horizontale p, entraîne cette tige, et dégage le bouton de la queue de l'index S, qui, poussé par son ressort à boudin, sort delà boîte à travers une échancrure, et vient prendre la position S'. L'index reste ainsi en S', visible pour l'employé, jusqu'à ce que, la sonnerie étant arrêtée, on le replace dans sa position de repos S.

Cette sonnerie a l'avantage de pouvoir marcher sous Tinfluence d'un courant très faible. L'électro-aimant en effet n'a qu'une action très minime à exercer; sa fonction se borne à attirer la palette P et à dégager l'extrémité du levier L. Le jeu du marteau, qui exige toujours plus de force, est confié à un puissant mouvement d'horlogerie.

Sonnerie & tremblenr. — D'une construction plus

simple que la précédente, la sonnerie à trembleur marche

Fig. 23.

sous l'influence directe du courant électrique. Nous décrirons ici (fig. 22) le modèle construit par M. Bréguet pour le service des principales lignes télégraphiques.

Le timbre T est fixé à la partie supérieure d'une botte de bois qui recouvre l'appareil. Les pièces de communication et les organes de la sonnerie sont fixés sur un sodé horizontal et sur une plaque de bois verticale. L'électroaimant en fer à cheval est supporté par la plaque verticale de bois. En face de ses surfaces polaires est disposée une palette mobile, composée d'un cylindre de fer L creux, d'une lame d'acier très élastique, fixée inférieurement au bouton C, et d'une tige armée d'un marteau M destine à frapper sur le timbre T.

La borne A reçoit le fil de la ligne et communique par une bande métallique avec le bouton B. Les extrémités du fil des bobines de l'électro-aimant aboutissent, l'une au bouton B, l'autre au bouton C. A l'état de repos, la palette L, écartée des surfaces polaires, appuie contre le ressort r fixé inférieurement au bouton D. Ce dernier bouton communique lui-même par une bande métallique à la borne E qui donne attache au fil de terre.

Le courant transmis sur la ligne arrive à la borne A et au bouton B, traverse les bobines de l'électro-aimant, le bouton C, la palette L, le ressort r, le bouton D, et gagne la borne E, d'où il se perd dans le sol. Au moment du passage du courant, la palette est attirée par l'électroaimant, et le marteau M frappe sur le timbre T; mais la palette L s'éloigne du ressort r, le circuit est interrompu, et l'électro-aimant, retombé à l'état neutre, cesse d'attirer la palette. La lamô élastique d'acier qui fixe la palette L au bouton C la ramène à sa position primitive au contact du ressort r, le circuit est de nouveau fermé, et le marteau M de la palette L attirée par l'électro-aimant frappe

un second coup sur le timbre T. Tant que dure rémission du courant sur la ligne, la palette L, sous l'influence des actions alternantes de rélectro-aimant et de la lame élastique, oscille autour de sa position d'équilibre, et le marteau H irappe sur le timbre T.

Relais de somierie. — L'électro-aimant de la sonnerie à trembleur, pour agir d'une manière efficace sur le marteau, doit être animé par un courant d'une certaine intensité. On assure le jeu régulier de cette sonnerie en la faisant marcher sous l'influence d'une pile locale, par l'intermédiaire d'un relais (fig. 23).

E est un électro-aimant horizontal fixé sur un socle de bois ; ses surfaces polaires agissent sur une palette de fer doux, p mobile autour de Taxe horizontal passant par les extrémités des deux vis v, v'. Ces deux vis v, v\ sont implantées dans une fourchette métallique horizontale soutenue par une tige métallique verticale m fixée elle-même au socle de bois par un pied métallique en équerre C. A Fétat de repos, la palette p, maintenue verticale par le ressort antagoniste /, appuie contre la pointe isolante d'ivoire de la vis d. Quand la palette est attirée par l'électro-aimant E, sa partie supérieure heurte la pointe de la vis métallique d\ et sa partie inférieure vient appuyer contre le petit ressort métallique o fixé au pied de la borne métallique b.

La borne L reçoit le fil de la ligne, et communique d'une manière permanente avec la borne a. La borne T, qui donne attache au fil de terre, est en communication avec la borne a'. Par suite, le courant de la ligne arrivé en L passe à la borne a, traverse le fil des bobines, de

80 LIGNE TÉLÉGRÀPDIQUE.

rélectro-airaant E, gagne la borne a\ la borne T,et se perd dans le sol.

La borne S, qui communique d'une manière permanente avec la borne i, est reliée par un fil métallique à la borne A de la sonnerie à trembleur (fig. 22).

La pile locale communique par son pôle négatif avec le sol, et par son pôle positif a'vec la borne P. Cette dernière borne P est elle-même en communication permanente avec le pied métallique C de la tige m, et par suite avec la palette p de Télectro-aimant.

A l'état de repos, quand il n'arrive pas de courant par la ligne, la palette p, maintenue par le ressort /, appuie contre la pointe isolante de la vis d et ne touche pas le ressort o; par conséquent, le circuit de la pile locale est interrompu en o.

Quand le courant est transmis sur la ligne, l'électroaimant E attire la palette p, qui vient appuyer contre le ressort o. Dès lors le courant de la pile locale passe de la borne P dans le pied C de la tige m, gagne la palette p, le ressort o, la borne h, la borne S, et traverse la sonnerie, dont le marteau entre en jeu et frappe sur le timbre tant que dure le courant transmis par la ligne.

La palette p est munie d'une queue verticale terminée par un crochet qui entre en prise avec un bouton fixé à la partie inférieure de l'indicateur I. A l'état de repos, le bouton supérieur de l'indicateur est caché dans la boîte du relais. Mais quand la palette p est attirée, le bouton inférieur est dégagé, l'indicateur est poussé de bas en haut par le ressort à boudin r, et le bouton supérieur 1 fait saillie au-dessus de la boîte. Un employé qui aurait été

SO.NNERIES.

retenu hors de son poste se trouverait ainsi averti que la sonnerie a marché en son absence.

Fig. 23.

Dans les postes auxquels aboutissent plusieurs fils de ligne partant d'autant de postes correspondants, le relais permet de suffire aux besoins du service avec une seule sonnerie. Dans ce cas, on place dans une boîte autant de refais qu'il y a de fils de ligne arrivant au poste, et chacun de ces fils aboutit à un relais dont le bouton supérieur I de findicateur porte la lettre initiale ou le nom du poste correspondant. D'ailleurs la borne S de chacun de ces relais communique avec la sonnerie. Par ce

moyen, quand la sonnerie est en jeu, l'employé n'a qu'à regarder quel est l'indicateur qui fait saillie au-dessus de la boîte du relais pour savoir quel est le poste du réseau télégraphique qui demande à entrer en correspondance avec lui.

Paralonnerreff.

Par les temps d'orage, les fils des lignes télégraphiques s'électrisent par influence ; des courants d'intensité et de sens variables s'établissent sur la ligne. Quand cette électrisation accidentelle n'est pas trop forte, la sûreté des employés n'est pas compromise, les appareils ne sont exposés à aucune détérioration ; les effets se bornent à de simples perturbations qui générit la propagation des courants voltaïques, et occasionnent, dans la transmission des dépêches, des dérangements variés que nous étudierons dans le troisième chapitre.

iMais quelquefois le développement d'électricité acquiert assez d'intensité pour causer de véritables dégâts sur la ligne. — Dans des cas rares, la tension électrique des fils est assez considérable pour qu'ils échangent des étincelles avec les rails des chemins de fer. — La ligne elle-même peut être foudroyée et éprouver de nombreuses avaries : ainsi, en plusieurs points, les supports isolants de porcelaine sont brisés, et l'électricité s'écoule dans le sol à travers les poteaux, fortement endommagés ou même rompus et renversés.

Quand le mouvement électrique développé sur la ligne par un orage devient considérable, les fils sont traversés par des courants assez intenses pour mettre les appareils

PAliTONNlBRIS. 8S

télégraphiques hors de service. — Les aiguiUes des boussoles peuvent perdre subitement leur aimantation. — Dans certaines circonstances, les fils intérieurs du poste et ceux des électro -aimants sont échauffés jusqu'au rouge par le passage de ces courants accidentels ; les barreaux de fer des électro-aimants sont fortement aimantés, et conservent une aimantation assez intense pour qu'on soit obligé de les remplacer.

Les accidents peuvent être poussés encore plus loin. Dans rintérieur d'un poste, de fortes étincelles éclatent entre des pièces métalliques placées à distance, les fils de communication et les fils des électro-aimants sont fondus et projetés au loin avec grand bruit, tous les appareils sont mis hors de service; la sûreté des employés est compromise. Un effet de ce genre a été observé en mai 1846, pendant un violent orage et au moment de Tapparition d'un éclair, dans le poste du Vésinet, au bas du chemin atmosphérique de Saint-Germain.

Plusieurs moyens ont été proposés pour préserver les appareils des atteintes de ces courants accidentels. Sur quelques lignes étrangères, on a armé les poteaux de la ligne de tiges métalliques terminas en pointe et reliées au sol par des conducteurs. Ces paratonnerres ont Tinconvénient très grave de favoriser les pertes de courant pendant les temps pluvieux. Nous ferons remarquer en outre que, très efficaces pour protéger les poteaux, ces tiges métalliques, isolées des fils conducteurs, ne les mettent pas à l'abri des coups de foudre, et ne préservent pas les postes des avaries déterminées par le passage de courants très intenses.

^f\ LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE.

Dans les circuits voltaïques, la tension est toujours si faible, que le passage de l'électricité ne peut s'opérer qu'entre des conducteurs maintenus en contact ; mais quand, sous l'influence d'un orage, la charge d'une plaque métallique armée de pointes acquiert une tension considérable, l'électricité s'échappe à travers les pointes sous forme d'aigrettes ou d'étincelles, et gagne les conducteurs voisins. D'autre part, nous savons que, quand un flux d'électricité traverse une série de conducteurs, la quantité

Fig. «4.

de chaleur développée dans une section quelconque du circuit est proportionnelle à sa résistance. Profitant de ces données de la science, M. Bréguet a construit un petit appareil très simple (fig. 24), cx)nnu sous le nom dépara-

PARATOMMfiRftBS. 85

tonnerre, qu'il suffit d'intercaler dans le circuit de la ligne pour mettre les employés et les instruments d'un poste tél^raphique à Tabri de tout danger, même pendant les orages les plus violents.

Deux plaques métalliques, U, V, séparées par un intervalle très petit et armées de pointes sur leurs bords en regard, sont fixées sur une planchette de bois. Le fil de la ligne aboutit au bouton L de la plaque V ; la plaque U porte un bouton B auquel vient se fixer le fil de terre, et communique avec la goutte de suif T. La plaque V porte un commutateur N dont le ressort métallique peut à volonté être amené sur Tune des trois gouttes de suif T, I, CD, qui communiquent, la première avec la terre par le bouton B, la seconde avec la virole 6, la troisième avec le bouton E. Les deux viroles G, H, sont reliées par un fil de fer très fin dont les extrémités sont fixées à deux petits cylindres de cuivre retenus eux-mêmes par deux fortes vis. On protège ce fil de fer contre les causes accidentelles de rupture en le plaçant dans Taxe d'un tube de verre, ou de bois bien sec et recouvert d'un vernis isolant. Enfin la virole H communique au bouton F, auquel s'attache un fil métallique qui se rend aux appareils télégraphiques du poste.

Lorsque le commutateur N est sur la goutte de suif I, la ligne communique avec les appareils du poste par la plaque Y, le commutateur N, la goutte de suif I, la virole G, le fil de ter, la virole H, le bouton F et son fil métallique. Il est évident que les pointes des plaques V, U, ne peuvent, dans aucun cas, dériver les courants voltaïques employés à la transmission des dépêches ;

86 ^ LIGNK TÉLÉGRAPHIQUE.

ces courants n'ont jamais assez de tension pour donner une décharge à distance.

Mais, dans les temps d'orage, si la tension électrique du fil de la ligne est très forte, une décharge se fait de la plaque V à la plaque U par les pointes en regard, et Télectricité accumulée par influence se perd dans le sol sans traverser les appareils télégraphiques du poste. Lorsque réiectricité accumulée par influence n*a pas assez de tension pour se décharger de la plaque V à la plaque U, elle s'écoule sous forme de courant à travers le fil de fer tendu entre les viroles G et H. Si ce courant accidentel assez d'intensité pour être dangereux, le fil de fer, en raison de sa grande résistance, est fondu, et toute communication est interceptée entre la ligne et les appareils télégraphiques avant que le flux d'électricité ait acquis assez de force pour les détériorer. Quand le fil de fer a été fondu dans un poste, il faut se hâter de le remplacer pour rétablir la communication entre la ligne et les appareils télégraphiques.

Quand on est menacé d'un violent orage, il est prudent de renoncer à la correspondance, qui, d'ailleurs, est presque toujours impossible dans ces conditions. Alors on pousse le commutateur N sur la goutte de suif T ; la ligne est en communication avec le sol par la plaque V, le commutateur N, la goutte de suif T, la plaque U. et le bouton B, auquel vient se fixer le fil de terre ; l'électricité accumulée par influence se perd directement dans le sol.

Les bureaux intermédiaires qui correspondent avec deux postes situés l'un à droite, l'autre à gauche, sont munis de deux paratonnerres fixés symétriquement sur le

PARATONNKRRKS. 87

même support. Ces deux appareils (voyez figure &0) communiquent d'une manière permanente par un fil métallique fixé au bouton E. Quand on veut établir la correspondance directe entre les deux postes de droite et de gauche, sans que le courant de la ligne passe par les appareils du bureau intermédiaire, on pousse les com^ mutateurs N des deux paratonnerres sur les gouttes de suif marquées CD ; par ce moyen, les deux fils de ligne qui pénètrent dans le bureau sont en communication directe.

En partant des mêmes principes que M. Bréguet, quelques constructeurs ont proposé des paratonnerres qui ne diffèrent du précédent que par certaines modifications introduites dans la disposition des pièces. Nous donnerons la description de deux des modèles employés sur les lignes françaises.

Sur la partie inférieure d'une planche de bois (fig. 25) sont fixées trois bornes métalliques L, T, F. La première donne attache au fil de la ligne, la seconde au fil de terre, la troisième à un fil métallique qui se rend aux appareils télégraphiques dû poste. A la partie supérieure de la planche de bois sont fixées deux bornes X, Y, maintenues en communication permanente par un fil de fer très fin entouré d'une enveloppe de soie. Ce fil traverse le cylindre métallique Z dont il est isolé par la soie. P, Q sont deux plaques métalliques très rapprochées et dentelées sur leurs bords en regard. La planche de bois porte encore quatre gouttes de suif a, 6, c, d^ et un commutateur N à trois ressorts métalliques. Le ressort médian communique seul avec Taxe métallique H du commutateur;

88 LIGNE TÉLÉGUAPHIQUE.

les deux ressorts latéraux communiquent entre eux, et sont isolés du ressort médian, ainsi que de l'axe métallique H. Des bandes métalliques, fixées à lar face postérieure du support et indiquées dans la figure par des lignes ponctuées, établissent les communications entre les diverses pièces de l'appareil.

La borne L reçoit le fil de la ligne, et communique d'une manière permanente avec la plaque P, l'axe métallique H et le ressort médian du commutateur N.

La borne T reçoit le fil de terre, et communique d'une

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