‹ Télégraphie pratiqueChapitre 11 sur 46 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

Note

Sot

Cor

Moi

Un

Var

Rate

On arrivera ainsi progressivement à faire lire de petites phrases et enfin des dépêches complètes.

Lorsque les élèves ont lu les premières lettrés d'un mot, ils ont toujours une tendance à deviner les autres.

Ainsi, dans la phrase :

« J'ai reçu de vos nouvelles. »

Dès que les deux premières lettres du mot « nouvelles » auront été transmises, tous les élèves écriront ce mot sans le lire; l'instructeur doit s'assurer que les élèves lisent réellement et ne devinent pas; pour cela, il change fréquemment la transmission, dût-il introduire dans la phrase un mot sans aucun sens ; au lieu de nouvelles, par exemple, il transmettra « notification » ou un mot quelconque autre que celui qu'il suppose devoir être deviné par les élèves.

On doit combattre par tous les moyens cette tendance à deviner qui peut devenir une cause d'erreurs irréparables.

Lecture sur la bande. — La lecture sur la bande, lorsque les élèves lisejit bien au son, n'est plus qu'une affaire d'application; on peut d'ailleurs profiter des moments de repos, qui doivent être assez fréquents, pour leur faire lire des bandes préparées à l'avance.

Lorsque les télégraphistes sont bien assouplis à ces différents exercices, on peut les mettre en correspondance, en prenant soin d'empêcher toute communication entre les deux correspondants, autrement que par le fil conducteur qui relie les deux appareils.

Règles de transmission. — Nous avons précédemment fait connaître les signaux conventionnels et les indications de service en usage avec l'appareil Morse.

Dans le collationnement, on peut employer les signaux suivants pour exprimer les chiffres :

APPAREIL MORSE I2r>

Barre de fraclion

Aux termes des instructions administratives, les agents séparent les télégrammes sur la bande Morse par un trait vertical à lencre.

Ils indiquent, en outre, sur la bande, au-dessus des passages correspondants, l'ouverture et la clôture <le chaque séance dans cette forme :

Ouverture du. . • • /t^ i . - . \

^,. . , Date, année, mois, heure

Clôture du \ /

Le rouleau de papier-bande ne doit jamais être coujjé. Aussitôt après la réception d'un télégramme par Tappareil Morse, Fagent qui a reçu, après avoir compté les mots, et, s'il y a lieu, pro.voqué la rectification de Terreur, donne le collationnement à son correspondant.

Le collationnement ne peut être retardé ni interrompu sous aucun prétexte. Lorsqu'il est achevé et que le télégramme est vérifié, le bureau qui a reçu donne à celui qui a transmis le signal de « réception » ou « compris ». Ce signal est immédiatement répété par le correspondant.

En cas d'erreur, la responsabilité incombe :

1° A l'agent transmetteur et à l'agent réceptionnaire, si Terreur porte sur des indications éventuelles, des mots, des nombres dont le collationnement est obligatoire et qui, ayant été transrais, n'ont pas été collationnés ;

2° A Tagent qui refuse de donner ou de recevoir la répétition de passages dont le collationnement paraît nécessaire au correspondant;

3* A Tagent transmetteur, lorsqu'il n'a pas rectifié un collationnement erroné ;

4^ A Tagent réceptionnaire, lorsqu'il n'a pas tenu compte de la rectification faite à son collationnement ou d'une rectification transmise d'office par son correspondant ;

o<»Dans les cas non prévus parles alinéas précédents : à Tagent transmetteur, s'il n'y a pas conformité entre la transmission et le libellé qui a servi à cette transmission ; à Tagent réceptionnaire, s'il n'y à pas conformité entre la bande de réception et la copie de réception.

La transmission des télégrammes échangés par Tappareil Morse peut s'effectuer par séries alternatives de cinq télégrammes sur les lignes importantes dont le travail est continu. Tout télégramme de cent mots et au-dessus est considéré comme formant une série.

Récepteur Morse & translation. — Tous les récepteurs Morse ne sont pas aussi simples que celui qui a été précédemment décrit; il existe notamment un modMe dont les communications électriques ont été compliquées à dessein pour permettre, au besoin, de réaliser des combinaisons spéciales sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir. Ce récepteur, dit récepteur Morse à translation, porte cinq bornes sur son socle en bois; son mécanisme, pas plus, d'ailleurs, que son électro-aimant, ne différent sensiblement des organes similaires de l'appareil que nous avons choisi comme type. En revanche, la colonne qui supporte les vis-butoirs limitant les déplacements de Tarmatun* présente des dispositions particulières. Cette colonne modifiée a reçu le nom de colonne de translation; elle se compose de deux parties distinctes, isolées F une de l'autre par une rondelle en ivoire ou en ébonite et est en tous points semblable à celle du relais Froment précédemment décrit.

La partie supérieure porte la vis 1, contact de repos ou vh isolée^ contre laquelle bute le prolongement de l'armature à l'état de repos; elle est traversée par un cylindre métallique avec lequel elle communique électriquement. La partie inférieure porte la vis P, contact de pile ou vis de contact^ contre laquelle s'arrête le prolongement de l'armature lorsque celle-ci est attirée; c'est un tube métallique qui enveloppe, sans le toucher, le cylindre de la partie supérieure.

La partie inférieure de la colonne de translation est assujettie sur le socle de l'appareil par deux pieds et par un écrou; la partie supérieure, filetée vers le bas, est serrée par un écrou qui rimmobilise; les deux parties sont, de la sorte, solidement unies.

Les cinq bornes placées sur le socle du récepteur sont désignées par les lettres M, 1, P, T, L qui signifient : massif, vis isolée, pile, terre, ligiie.

Ces bornes communiquent au moyen de fils de cuivre et de vis de serrage :

M, avec la masse métallique du réceptc^ur, et par conséquent avec l'armature ;

1, avec la partie supérieure et intérieure <le la colonne de translation ;

P, avec la partie inférieure et extérieure de cette même colonne ;

T, avec l'une des extrémités du fil qui entoure les bobines de Télectro-aimant;

L, avec Tautre extrémité de ce fll.

Ainsi :

1° Un courant entrant par L ressort par T et réciproquement;

^ Un courant entrant par P ressort par M et réciproquement, si Parmature est en contact avec la vis de contact de la colonne de translation, c'est-à-dire sij'armature est attirée par Télectroaimant ;

3** Un courant eiitrant par M ressort par I et réciproquement si l'armature est en contact avec lat'tv iso/ée de la colonne de translation, c'est-à-dire si l'armature est au repos.

^0119 verronij, en nous occupant de l'installation des postes,, comment on utilise ces différentes commiuiicalions électri([ues.

Différents modèles de récepteurs Morse. — Les modèles de récepteurs Morse encore en service dans les bureaux français sont assez nombreux. Presque tous les changements de forme introduits successivement dans la construction ont pour objet de faciliter le réglage ou d'améliorer la reproduction des signaux sur la bande par une distribution automatique d'encre oléique^ sur le tampon encreur; mais dans cette voie on s'est heurté à de nombreuses difficultés, et c'est encore l'ancien système d'encrage au pinceau qui a prévalu jusqu'à présent.

Dans certains récepteurs anciens, le ressort antagoniste, au lieu d'être accroché, comme dans le modifie actuel, en arrière du point de suspension du levier d'armature et au-dessus de celui-ci, est accroché en avant et au-dessous. C'est un ressort à boudin, en fil de laiton, à la partie inférieure duquel est attaché un fil de soie. Sur le socle de l'appareil est placée une longue vis sur laquelle peut se mouvoir un écrou. Le fil de soie passe sur la gorge d'une poulie de renvoi et est attaché à l'écrou. En manœuvrant la vis dans un sens ou dans l'autre, on fait avancer ou reculer l'écrou et, par conséquent, on tend ou on détend le ressort antagoniste.

La forme du couteau a été l'objet de diverses modifications, plus ou moins heureuses, sur lesquelles il serait superflu d'insister. De même, la situation des guide-papier dépend de celle du rouet qui, dans certains récepteurs, est situé au-dessus de la cage de l'appareil; ce scmt là des questions de détail qui n'offrent qu'un intérêt secondaire.

Bêcepteur Morse à noyaux mobiles. — MM. Rault et Ghassan,

agents spéciaux de radministration des Postes et des Télégraphes, ont construit un type de récepteur dans lequel le réglage consiste uniquement à faire varier la position des noyaux de l'électro-aimant par rapport à Tarmature.

Les noyaux sont montés sur de longues tiges qui, traversant la culasse et le socle de l'appareil, sont articulées avec un levier mobile autour d'un point fixe et commandé par une vis de réglage. Cette vis, dont la tige traverse la colonne de translation, se termine, à la partie supérieure de cette colonne, par un bouton moleté. En tournant ce bouton, dans- un sens ou dans l'autre, on abaisse ou on élève le levier qui, lui-môme, entraîne les noyaux mobiles; ceux-ci s'éloignent ou se rapprochent de l'armature. Le ressort antagoniste est un long ressort-lame, monté près du point de suspension de l'armature et descendant le long de la face latérale de la cage du récepteur. Il se termine par une vis dont la pointe s'appuie sur la cage et qui détermine la tension (iu ressort. Cette tension est réglée une fois pour toutes par le constructeur; il en est de même des vis butoirs de la colonne de translation, dont la position relative reste invariable.

Récepteur à culasse scindée, — Dans le système combiné par M. Héquet, directeur des Postes et des Télégraphes, la culasse de l'électro-aimant est en deux pièces, l'une fixe, l'autre mobile. La partie mobile est montée sur une glissière et commandée par une vis qui permet de l'éloigner ou de la rapprocher de la partie fixe. Il est ainsi possible de graduer la puissance attractive de l'électro-aimant.

Procédés d'encrage, — MM. Rault et Chassan ont adapté au récepteur une pièce additionnelle qui consiste en un réservoir, sorte d'encrier qui est rempli de vaseline, colorée en bleu. L'axe de la molette traverse de part en part ce réservoir et tourne à l'intérieur, mu, comme à l'ordinaire, par le mouvement d'horlogerie. La molette elle-même est appliquée sur un orifice latéral que porte le réservoir et ne laisse entre sa surface et les parois de cet orifice que l'espace suffisant pour laisser suinter ime mince couche de vaseline. Ce suintement est d'ailleurs facilité par une goupille horizontale, dont est garnie la face postérieure de la molette, goupille qui, en suivant les mouvements de la molette, tourne constamment à l'intérieur du réservoir et forme agitateur dans la masse de vaseline qu'elle maintient dans un état de fluidité suffisante.

Le système d'encrage de M. Lefilleul, inspecteur principal des Postes et des Télégraphes, a une certaine analogie avec celui que nous décrirons en parlant de l'appareil Wheatstone. Une

poulie tourne dans un réservoir rempli d'encre oléique et entraîne, dans sa gorge, une certaine quantité d'encre. La molette tourne elle-même en regard dé la gorge de la poulie et assez près pour recueillir sur sa tranche une partie de Fencre entraînée par la poulie. ,

L'axe de la molette est posé entre les branches d'une fourchette que fait basculer le mouvement de l'armature. Lorsque l'armature est attirée, la molette est mise en contact avec la bande de papier; lorsque l'armature reprond sa position de repos, elle entraîne la molette qui s'éloigne de la bande.

M. Hérodote fait usage d'un double tampon. Les deux tampons sont superposés et tournent l'un sur l'autre. On dépose, au pinceau, de l'encre oléique sur le tampon supérieur qui sert ainsi de réservoir au tampon inférieur; ce dernier s'imprègne par frottement; c'est lui qui est en contact avec la molette.

M. de Lirac agit par capillarité, aussi lui faut-il une encre spéciale ne contenant pas, comme l'encre oléique, la matière colorante en suspension.

Une mèche plonge dans un réservoir fermé, rempli d'encre colorée au violet d'aniline ; cette mèche traverse ensuite un tube recourbé dont Torifice est voisin du tampon à imbiber; l'extrémité de la mèche qui sort du tube repose snr le tampon qu'elle imbibe régulièrement de la quantité d'encre suffisante, sans en déposer en excès.

M. Carbonnier a proposé un encrier qui s'adapte facilement sur les réce|)teurs Morse. C'est un réservoir dont le couvercle, réglable, agit en comprimant la couche d'air qui se trouve audessus de l'encre; celle-ci est chassée dans un tube capillaire terminé par un pinceau. La pointe du pinceau repose sur le tampon dont la tranche est ainsi constamment imbibée.

Réglage du manipulateur Morse. — Le réglage du manipulateur Morse consiste dans le jeu à laisser au levier. Les deux vis latérales commandent ses mouvements autour de ses pivots; vWvs doivent laisser assez de liberté au levier pour ne pas contrarier l'action du ressort qui doit toujours ramener franchement le levier h sa position de repos; une pression exagérée de ces vis sur les pivots pourrait immobiliser lo levier et le laisser suspendu entre les deux enclumes, sans qu'il prenne contact ni avec Tune ni avec l'autre. Cependant, les vis latérales doivent ôtre assez serrées pour éviter tout ballottement du levier.

La vis de droite, garnie d'un contre-écrou, doit seule être manœuvrée.

La vis qui s'appuie sur l'enclume de repos permet de laisser

430 TELEGRAPmE PRATIQUE

au levier plus ou moins de jeu dans le plan vertical. La position qu'il convient de donner à cette vis dépend, en grande partie, de rtiabileté du télégraphiste. Il est cependant des cas où un réglage raisonné peut améliorer la transmission.

Si, par exemple,^ le correspondant fait connaître que les signaux sont collés ensemble, on peut parfois rétablir la régularité de la transmission en donnant plus de jeu au levier du manipulateur, ce qui revient à séparer davantage les signaux Si, au contraire, le correspondant se plaint de ce que des points manquent dans les signaux transmis, on devra diminuer l'amplitude des mouvements clu levier, ce qui diminuera aussi l'intervalle compris entre les signaux, mais, dans cv dernier cas, le télégraphiste devra surtout surveiller sa manipulation.

Réglage du réceptenr Morse, réylaye de Varmature, — L'armature attirée lorsque le courant électrique traverse les bobines de l' électro-aimant détermine la pression de la bande do papier par le couteau contre la tranche de la molette et, par suite, l'enregistrement des signaux sur cette bande.

Pour que les sigTumx s'inscrivent régulièrement il faut :

1° Que la pression exercée par le couteau sur la bande de papier soit assez forte pour que celle-ci, appliquée contre la molette, reçoive une trace d'encre bien nette;

2° Que cette pression ne soit pas assez forte pour arrêter la bande de papier dans son mouvement uniforme de progression.

On obtient la pression régulière de la bande de papier contre la molette sans l'intervention du correspondant. La position de la vis de butée inférieure de l'armaUire (vis de contact de la colonne de translation) est établie, une fois pour toutes, par h^ constructeur; il ne faut pas la déranger. Cette vis a pour but d'empôcher l'armature de toucher les noyaux de l'électro-aimant, tout en lui permettant d'en approcher le plus possible.

Pour régler la pression du papier ou, pour mieux dire, pour régler la position du couteau, on abaisse l'armature avec le doigt, de façon que l'extrémité du levier s'appuie sur la vis k\\> butée inférieure; on met le mouvement d'horlogerie enmardu», de manière à faire dérouler la bande, puis on desserre la vis de réglage du couteau jusqu'à ce qu'il ne se produise plus aucune trace d'encre sur le papier. On serre ensuite progressivement la vis de réglage du couteau jusqu'à ce qu'on obtienne» un trait bien régulier et bien net sur la bande de papier; dans cette position, le couteau ne doit pas fléchir. Le meilleur réglage est obtenu lorsque, l'armature étant attirée, l'es-

pace qui sépare le couteau de la molette est égal à l'épaisseur de la bande de papier.

Pour régler le jeu du levier, on cesse d'appuyer avec le doigt sur Farmature ; on détend complètement le ressort antagoniste, de façon que le levier n'étant plus retenu, vienne par son propre poids s'appuyer sur la vis de butée inférieure; on tend alors progressivement le ressort jusqu'à ce que le levier, abandonnant la vis de butée inférieure, vienne s'appliquer contre la vis de butée supérieure.

La vis de butée supérieure doit être réglée de façon que, lorsque le levier vient s'appuyer contre elle, l'écartement entre le papier et la molette soit d'environ 2 millimètres, écartement suffisant pour empêcher le papier de frotter contre la molette lorsque l'armature n'est pas attirée par l'électro-aimant.

Ce réglage prélimaire terminé, on invite le correspondant à faire des points, et on tend le ressort antagoniste jusqu'à ce que les points s'enregistrent bien nets et bien détachés sur la bande.

Dans le cours d'une transmission, on détend le ressort antag-oniste lorsque les points manquent ; on le tend si les signaux ne sont pas nettement séparés.

Si le courant n'est pas assez énergique pour déterminer l'attraction de l'armature, on serre la vis de butée supérieure, pour rapprocher l'armature des noyaux, ou bien on invite le correspondant à augmenter sa pile si cela lui est possible.

Si, lorsque le ressort antagoniste est complètement tendu, les signaux sont encore collés enseml)le, on intercale une bande de papier entre l'armature et les noyaux ou, mieux encore, on fait diminuer la pile du correspondant.

Le collage des signaux pourrait provenir de l'électro-aimant du récepteur si les noyaux consentaient, après le passage du courant, des traces suffisantes de m^ignétisme ; c'est ce que l'on appelle le inagnéfisme réwnneixt; le fer le plus pur n'en est pas exempt; mais si les noyaux et la culasse de l'électroaimant sont de bonne qualité, le magnétisme rémanent n'est généralement pas de nature à entraver la régularité des transmissions.

Quoi qu'il en soit, si le cas se présentait, il faudrait détacher les fds extérieurs reliés aux bornes L et T du récepteur et les rattacher en les inversant. « Cette dernière opération faite, si la rémanence persistait, on la détruirait en serrant la vis du manipulateur jusqu'au contact. Le courant de la pile du poste ayant ainsi traversé les bobines, pendant dix à quinze minutes,

aura fait disparaître toute trace d'aimantation persistante (1). »>

Réglage du déroulement. — Pour que la bande de papier se ^léroule, il faut, en premier lieu, que le mouvement dliorlogerie soit remonté et mis en marche; il faut, en outre, que le rouleau de papier soit convenablement placé sur le rouet et que celui-ci tourne librement sur son axe.

La position des joues du guide-papier cylindrique doit être telle que les signaux s'enregistrent exactement au milieu de la bande.

Pour régler le jeu des cylindres d'entraînement, étant donné que la pression du couteau contre la molette a été réglée au préalable, on desserre la vis de réglage du cylindre supérieur jusqu'à ce qu'elle ne presse plus sur le ressort qu'elle commande. La bande de papier étant engagée entre les deux cylindres, on serre de nouveau la vis de réglage jusqu'à ce que le papier soit entraîné régulièrement, môme lorsque le couteau l'appuie contre la molette. Un serrage excessif aurait pour effet de rendre le déroulement irrégulier et môme d'entraver le jeu du mouvement d'horlogerie. Si la pression du cylindre supérieur est bien réglée, ce cylindre ne doit pas retomber de lui-môme sur le cylindre inférieur lorsqu'il a été soulevé à l'aide de la manette.

Entretien de l'appareil Morse. — Les pièces du manipulateur Morse livrant passage à l'électricité ne doivent pas ôtre graissées. Les contacts platinés doivent toujours ôtre très propres; on les nettoie soit à sec, soit avec de» l'alcool.

Toutes les vis munies de contre-écrous ou commandées par une contre-vis ne peuvent ôtre manœuvrées que lorsque le contre-écrou ou la contre-vis ont été préalablement desserrés.

S'il est nécessaire de démonter le levier, il faut avoir soin, avant tout, d'enlever le boudin de sûreté; c'est ce qu'on no fait presque jamais, aussi est-on dans l'obligation de remplacer très fréquemment ces boudins.

Ainsi que nous l'avons dit, il est quelquefois nécessaire de déposer, d'heure en heure, une petite quantité d'encre oléique sur le tanjpon du récepteur, nuûs lorsque celui-ci est bien imbibé et en bon état, deux ou trois encrages par jour sont généralement suffisants.

// faut éviter avec soin de déposer trop d'encre oléique sur le Jampon dont les parois et la monture doivent été nettoyées souvent à l'aide d'un chiffon.

(1) Micliaut et Gillet^ Leçons élémentaires de Télégraphie électrique» Deuxième édilion. Paris, 1895.

Le tampon ne tourne plus lorsque ses pivots sont encrassés ; par suite la molette n'est plus encrée.

La molette doit être l'objet de fréquents nettoyages, car l'encre desséchée et la poussière augmentent son diamètre et empêchent Timpression de rester correcte. On nettoie la molette en promenant sur sa tranche et sur ses deux faces, pen-

Fig. 86. - Rouet.

dant qu'elle tourne, un morceau de papier plié en quatre ou une petite feuille de carton qui agit comme la lame d'un couteau et enlève les impuretés.

Les appareils doivent, autant que possible, être tenus à l'abri de la poussière; on les recouvre d'une toile pendant les balayages. Chaque jour ils sont époussetés avec un pinceau plat en crin, dit queue de morue, et essuyés avec une peau de chamois. En faisant tourner autour de leur pivot les volets qui

garnissent les platines du récepteur, on découvre les extrémités des axes du mouvement d'horlogerie; de temps en temps, on essuie les extrémités de ces axes pour enlever Thuile épaissie et on y met, à Taide d'une pointe fine, une seule goutte d'huile; on referme ensuite les volets. Pour ce graissage, on doit faire usage, à l'exclusion de tout autre, de l'huile fine d'horlogerie (huile de pied de mouton pure). Toutes les pièces de contact livrant passage au courant électrique sont nettoyées, soit à sec, soit avec de l'alcool.

Rouet. — Toute installation Morse est complétée par un rou(»t indépendant, destiné à emmagasiner les handes sur lesquelles sont enregistrés les signaux composant les télégrammes.

Le rouet (fig. 86) est fixé par deux vis sur la table affectée aux appareils.

Les bandes enroulées sur ces rouots sont soigneusement conservées dans les archives des bureaux et permettent de vérifier ultérieurement, s'il y a lieu, l'exactitude des télégrammes reçus. .

Démontage et remontage de l'appareil Morse. — Le démontage et le remontage du levier du manipulateur Morse ne présentent aucune difficulté ; il suffit de se conformer anx indications que nous avons données au sujet de son réglage.

La seule pièce à démonter, en dehors du levier, est le ressort antagoniste qu'il faut parfois remplacer, soit parce qu'il s'est affaibli, soit parce qu'il est brisé. Il suffit pour cela, d'enlever les vis qui le maintiennent si c'est un ressort-lame, de le décrocher si c'est un ressort à boudin.

Le démontage du réceplem; à moins de circonstances exceptionnelles, ne doit être entrepris que par un mécanicien ou par un employé chargé spécialement de l'entretien de ces appareils. La première opération à exécuter consiste à détendre le ressort moteur; c'est par là qu'il faut commencer, ne fût-ce que pour ne pas l'oublier, ce qui occasionnerait fatalement de graves avaries.

On peut employer deux méthodes pour détendre le ressort : 1° Laisser dérouler l'appareil jusqu'à ce qu'il s'arrête; si le ressort est complètement tendu, l'opération exige quarante minutes ;

2° Saisir la clé à pleine main et la maintenir vigoureusement en la laissant tourner doucement pendant un quart de tour, tout en soulevant le cliquet d'arrêt de la roue àrochet; à chaque temps d'arrêt, il faut laisser le cliquet mordre de nouveau sur la roue à rochet. Le ressort étant remonté par sept tours de clé, il

faudra recommencer vingt-huit fois la même manœuvre pour le ilébander complètement. .

Le ressort moteur étant complètement détendu :

1° Décrocher le ressort antagoniste du levier d'armature ;

^ Enlever les deux vis qui fixent la cage du mouvement cVhorlogerie sur le socle ; les tètes de ces vis sont sous le socle ;

S*» Enlever les plaques latérales de la cage du mouvement d'horlogerie; celle qui porte le tendeur du ressort antagoniste ost maintenue par deux vis; les deux autres plaques sont à glissière ;

A" Placer la cage à plat sur la platine postérieure et enlever la platine antérieure, maintenue par quatre fortes vis; avec la platine antérieure on entraîue Taxe de la molette avec son pignon, ainsi que les axes des deux cylindres d'entraînement du papier; les autres axes restent adhérents à la platine postérieure; le levier d'armature devient libre au moment où on sépare les deux platines.

5<» Dégager successivement Taxe (hi barillet, le i"', le 2* et le 3" mobile ; il ne reste plus alors sur la platine postérieure que Taxe du volant que Ton démonte s'il y a lieu, en dévissant le pont supérieur;

H* Pour démonter les cylindres d'entraînement, les guides du X3apier, la molette et l'axe du tampon, il suffit d'agir sur les vis cpii les maintiennent;

7^ L' électro-aimant est maintenu par trois vis; deux de ces vis réunissent les fils des bobines aux conducteurs aboutissant aux homes L et T; la troisième assujeltit réloctro-aimant tout entier ot mord dans la culasse; enlever ces vis dont les têtes sont placées sous le socle de l'appareil. Ensuite on dégage doucement les boudins qui, à l'entrée et à la sortie, terminent le fil enroulé autour des bobines et on enlève Télectro-aimant complet; les bobines deviennent indépendantes si on les fait glisser sur les noyaux ;

8° Démonter la colonne qui porte les vis de butée du levier d'armature, en enlevant la vis qui la maintient.

Dans les appareils à cinq bornes, la colonne de translation est fixée par deux écrous : l'un central, qui assujettît la partie supérieure et intérieure de la colonne; l'autre, latéral, qui fixe la partie inférieure et extérieure ; on démonte la colonne en dévis- - sant ces écrous.

Pour remonter le récepteur Morse, on remet en place les pièces démontées, en commençant par la dernière et en suivant un ordre inverse de celui du démontage.

Remplacement du ressort moteur. — Le démontage du barillet et le rcmplacomcnt du ressort sont des opérations très délicates que nous ne conseillons pas d'entreprendre sans les avoir vu exécuter, au préalable, plusieurs fois devant soi. On fait usage, à cet effet, d un instrument spécial, nommé estrapade.

On serre fortement dans un étau, garni de mâchoires en plomb, la partie antérieure de Taxe du barillet. Saisissant ensuite avec la main gauche, la denture du barillet, on le fait tourner légèrement dans le sens de l'enroulement du ressort, de façon à dégager le doigt d'arrêt, appuyé sur la dent convexe de la croix de Malte. Cela permet de retirer la croix de Malte, en ôtant la vis autour de laquelle elle tourne. En laissant tourner doucement le barillet, le ressort qui, on se le rappelle, est amorcé par une légère tension initiale se détend complètement. Il devient possible alors de retirer le doigt d'arrêt, en chassant la goupille qui le maintient sur l'axe. On peut, à ce moment, desserrer Tétau et prendre le barillet à la main. Après avoir dévissé les deux équerres qui assujettissent le couvercle, on fait sortir celui-ci, en frappant légèrement sur l'extrémité postérieure de Taxe. En faisant tourner convenablement l'axe on sépare l'ergot de celuici de l'œillet du ressort dans lequel il est engagé, et, de ce côté, le ressort devient lil)re. A l'axe du barillet que l'on a enlevé on substitue l'estrapade, dont le bâti a été serré dans Fétau; l'axe de l'estrapade possède aussi un ergot qui pénètre dans l'œillet du ressort et, en tournant la manivelle, on tend de nouveau le ressort. Pour cela on agit sur la manivelle avec la main droite, tandis qu'on serre fortement le barillet avec la main gauche, garnie d'un chiffon pour ne pas se blesser, en cas de détente brusque.

Lorsque le ressort est tendu, on l'empêche de se détendre, en faisant basculer l'encliquetage de l'estrapade, puis, avec une pince, on décroche la partie du ressort adhérente, par son œillet, à l'ergot situé sur la surface du barillet. Avant de retirer complètement le ressort, on l'immobilise par une ligature en fil de fer.

S'il s'agit d'un ressort cassé, on ne peut plus employer l'estrapade et on en retire les fragments avec une pince.

Pour remplacer le ressort, l'estrapade devient indispensable. Les ressorts sont livrés tout bandés et cerclés par un lien de fil de fer. On introduit l'axe de l'estrapade dans la partie centrale et on engage l'ergot de l'axe dans l'œillet intérieur du ressort; on tend le ressort en tournant la manivelle avec la main droite, puis on enlève le lien de fil de fer, en maintenant fortement le ressort avec la main gauche. Par suite de la tension du ressort

enroulé, son diamètre total diminue, et il arrive im moment oîi l'on peut l'introduire dans le barillet; la partie extérieure du ressort étant saisie avec une pince, on présente la boîte du barillet et on pousse à fond; en même temps, on retire la pince, et le ressort, en se déroulant, s'accroche de lui-môme, par son œillet extérieur, à l'ergot de la surface de la boîte. Pour s'en assurer, on tient la boîte du barillet avec une main et, de l'autre, on imprime deux ou trois tours à la manivelle de l'estrapade. La difficulté que l'on éprouve à empêcher la boîte du barillet de tourner indique que le ressort est bien accroché. U ne reste plus qu'à remettre en place l'axe, le doigt d'arrêt, la croix de Malte et à amorcer le ressort.

Nous ne saurions trop répéter que toutes ces opérations exigent un tour de main spécial et une habileté qu'on ne saurait acquérir du premier coup.

Page 1