‹ Télégraphie pratiqueChapitre 18 sur 46 · CHAPITRE VII INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

ObGAXISITION des BUBEàUX DI CARIS. — RaPPIL BsiCUET-RODART. — RaPPEL DBS CRIMIIfS

DB PBR DB L*ÉtAT. — RaPPBL-PARLBUR MARCHAND. RaPPBL GÉNÉRAL ClAUDB. — SON-

XUIE JODSSBLIN. — GOMPAGTIIB OBS CHBMINS DB PBR DU NORD. — COMPAGNIE DES CHEMINS

DB PBR DE l'Est. — Compagnie des chemins de per de Paris a Lyon et a la Méditerurée. — Compagnie des chemins de per d'Orléa.hs. — Compagnie des chemins de pkk DU Midi. — Compagnie DEi chemins de per de L'Ouest. — Chemins db per de l'État.

Organisation des bureaux de gares. — L'installation des bureaux télégraphicpies dans les gares de chemins de fer varie d'une compe^Tiie à l'autre, mais est généralement d'un modèle uniforme pour chaque compagnie.

L'aménagement des bureaux consiste le plus souvent en tables toutes montées qu'il suffît de disposer le long des murs, dans le local qui leur est affecté, et auxquelles viennent s'attacher les différents fils de lignes, ainsi que les conducteurs qui les relient à la pile et à la terre.

Les instruments employés ne sont pas toujours les mômes, quant à la forme, que ceux dont on fait usage dans les bureaux de l'État. Nous ferons connaître les différents types en service au fur et à mesure que l'occasion se présentera. Toutefois, nous devons signaler, dès à présent, plusieurs appareils qui répondent à des besoins spéciaux provenant du mode d'organisation du réseau télégraphique des voies ferrées.

Les compagnies de chemins de fer possèdent trois sortes do fils télégraphiques : des fils directs^ des fils semi-directs et des fils omnibus.

Le nombre des postes desservis par ces conducteurs étant relativement considérable, on a été conduit à faire usage de systèmes de rappels particuliers permettant d'établir rapidement la communication entre le poste appelant et le poste appelé.

Dans cet ordre d'idées, les compagnies utilisent phisieurs appareils ingénieux ; le rappel-omnibus Bréguet-Rodary, le rappel des chemins de fer de l'État, le rappel-parleur Marchand* le rappel général Claude.

Rappel-omnibus Bréguet-Rodary. — Le rappel-omnibus construit par la maison Bréguet s'applique, avec de légères modifications, aux postes téléphoniques et aux postes télégraphiques. 11 est en service sur plusieurs sections du réseau des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée et, pour cet usage particulier, a été modifié par M. Rodary; ce modèle porto le nom de rappel Bréguet-Rodary.

L'ensemble des organes est monté sur une planchette que l'on accroche au mur et à laquelle aboutissent les fils de communication.

Les organes communs aux trois modèles de rappels sont : un bouton-poussoir pour les appels et un cadran divisé en autant de cases, plus quatre, qu'il existe de postes sur la ligne. Ces divisions portent des numéros correspondants à chacun des postes ; dans les quatre cases supplémentaires sont inscrites les indications : dépêche circulaire^ ligne occupée^ ligne libre, attaque. Une aiguille indicatrice se déplace sur le cadran sous l'action des courants d'appel; elle est commandée par Tarmature d'un électro-aimant, sans Pintervention d'aucun mouvement d'horlogerie.

Dans le rappel pour postes téléphoniques, rinstallation est complétée par un relais polarisé dont l'armature peut occuper trois positions, par un bouton d'appel ordinaire, dit bouton fT attaque y et par un poste micro-téléphonique. Dans le rappel pour postes télégraphiques, le relais occupe l'emplacement réservé au téléphone dans le modèle précédent. Sur la gauche est disposé un commutateur dont la manette, normalement sur la position attente, peut être portée sur la position correspondance.

Dans le modèle de la Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée, le bouton d'attaque est supprimé, mais il existe deux relais polarisés et une sonnerie à trembleur. Deux manettes de commutateurs, placées à la partie supérieure du tableau, permettent de mettre les deux sections de ligne à la terre ou bien en communication directe par la plaque CD (fig. 123).

Lorsqu'un poste appelle en appuyant sur son bouton-poussoir, il fait, à chaque coup, avancer d'une division les aiguilles de tous les rappels simultanément. Lorsque, dans un poste, l'aiguille s'arrête sur le numéro de ce poste ou sur dépêche Circulaire^ la sonnerie d'appel se fait entendre jusqu'à ce que l'agent appelé ait répondu en amenant l'aiguille sur ligne occupée et ait poussé son commutateur sur correspondance. La transmission terminée, l'aiguille est ramenée, d'un coup de

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

bouton, sur ligne libre^ puis le commutateur remis sur attente. Chacun des relais polarisés R^ R^ a une résistance de

ÔplQ__^^^0 MJÔ

'ip

Fig. 123. — Uappel-omnibus Brégucl-Kodary.

fiOohms; leur armature a', a^ se déplace entre une butée de repos è*, b^, et une butée de travail 6^, 6*. Ces relais fonctionnent comme des rappels par inversion de courant qui

19G TELEGRAPHIE PRATIQUE

pourraient leur être substitués. Ils sont réglables de l'extérieur au moyen d'une aiguille surmontée d'une poignée. Les indications utiles pour efTectuer le réglage sont inscrites sur le couvercle de la boîte.

Le mécanisme qui fait avancer Faiguille indicatrice sur le cadran comprend un électro-aimant E, dont la résistance est de 10 ohms. L'armature a, commandée par un ressort antagoniste r, se termine par une tige recourbée dont l'extrémité est engagée entre les dents d'une roue étoilée R. Les dents de cette roue égalent en nombre les divisions du cadran.

Sur l'axe de la roue étoilée R est calée, au moyen d'un manchon en ébonitc, Faiguille indicatrice cpii est entraînée en même temps que la roue. A la position de repos de l'aiguille [ligne libre) correspond, sur le manchon en ébonite, un cran dans lequel s'engage une came dépendant du ressort dd; ce ressort rencontre les butées c, c', suivant que la came est engagée dans son cran, ou bien que, la roue R ayant subi un déplacement angulaire, la came, dégagée du cran, a été soulevée et repose sur la périphérie du manchon. Plus haut, une seconde came, portée par le bras de levier rf* rf*, et sollicitée de haut en bas par le ressort d^, est engagée entre deux dents de la roue R et, sans s'opposer à son mouvement, l'empêche cependant d'avancer de plus d'une dent à chaque déplacement. La pression du ressort d^ est réglée par la vis V. La roue R est percée, suivant une circonférence, d'autant de trous qu'elle porte de «lents. Dans chacun de ces trous peut être vissée une cheville métallique e, mais, dans chaque bureau, il n'existe que doux chevilles, l'une placée en regard de dépMie circulaire, l'autre en regard du numéro que porte le bureau; la position de cette dernière varie donc d'un bureau à l'autre. Les chevilles sont disposées perpendiculairement à la roue R, et, dans leur plan de rotation, se trouve un ressort d^ qu'elles rencontrent à un moment donné. De ce contact résulte la fermeture d'un circuit local, dans lequel est compris la sonnerie. Si la cheville e ne fait que passer sous le ressort d^, le marteau de la sonnerie a à peine le temps de s'ébranler et il se produit un simple tintement; si, au contraire, le contact de la cheville e avec le ressort d? se prolonge, le fonctionnement de la sonnerie est continu.

A chaque émission de courant traversant l'électro-aimant E, l'armature a est attirée, pousse la roue R de droite à gauche et la fait avancer d'une dent, mais d'une seule ; l'armature a est ramenée en arrière par le ressort antagoniste r et se trouve prête à obéir à une seconde émission de courant. A chaque

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES i97

émission de courant, la cheville du bureau appelé avance d'un cran et, lorsque, au bureau appelant, l'aiguille se trouve sur le numéro du bureau appelé, la cheville de celui-ci est en contact avec le ressort cP et produit un appel continu. Les aiguilles de tous les bureaux fonctionnant simultanément, il est évident que lorsqu'au bureau appelant l'aiguille a passé sur la case 1, la cheville du bureau n* 1 a pris contact avec son ressort ûP, mais, l'appel ne s adressant pas à ce bureau, une seconde émission a suivi la première, et le circuit de la sonnerie du poste n" 1 n'a été fermé cpi'un instant. 11 est donc bien entendu que pour qu'il y ait appel, il faut qu'il y ait tintement prolongé de la sonnerie.

Les appels se font au moyen du bouton F, après avoir préalablement manœuvré le commutateur G.

Le commutateur G peut occuper deux positions : attente lorsque la manette est dirigée vers la plaque A ; correspondance, lorsqu'elle est inclinée vers la plaque B.

La manette G commande une * étoile à six branches ff, en matière isolante, sur laquelle reposent cinq ressorts r^ H, r*, r*y r*, Lorcpie G est sur attente, r* est en contact avec la vis /*, r^ avec /^, H avec P; H et r* sont isolés. Lorsque G est sur correspondance, r' est isolé, r* s'appuie sur /^, r* sur f*, r* sur f^, r* sur /^.

Le bouton-poussoir, de forme conique, agit sur la tige F et la chasse de bas en haut; le ressort h* abandonne le plot k et prend contact avec le plot A', le ressort h^ s'applicpie sur le plot A*.

Lorsque le rappel est mis en relation avec la table de manipulation, c'est-à-dire, lorsqu'il est installé et prêt à fonctionner, les deux sections de ligne sont attachées aux bornes L, L, la borne T est à la terre.

La borne PO est réunie au pôle négatif de la pile de ligne ordinaire, dont le pôle positif est à la terre. A Tintérieur du rappel, et lorsque le commutateur G est dans la position attente, cette borne PO est en relation avec la borne M de droite, reliée elle-même à l'enclume de travail du manipulateur. La borne PO est isolée en P lorsque le commutateur est dans la position de correspondance.

Cette disposition permet, lorsque les lignes rattachées au rappel sont Ubres ou en communication directe, de travailler avec d'autres lignes, reliées à la table de manipulation, en disposant convenablement les commutateurs de cette table.

Les bornes PL reçoivent les deux pôles de la pile locale. Celle de gauche communique avec les armatures a', a^ des deux relais polarisés et avec la vis de réglage V du ressort de la came

<rarrôt de rétoile R; celle de droite est reliée en s* à la sonnerie, en e^ à la bobine de rclectro-aimant E et au ressort ;•' qui est k la terre lorsque le commutateur G est dans la position d'attente.

La borne R est reliée au récepteur. A Tintérieur du rappel, (die communique avec les ressorts r^ et r^ du commutateur G; <dle est isolée en ces points lorsque le commutateur est dans la position d'attente.

Les bornes M sont reliées, celle de gaucbe à la parlie centrale du manipulateur, celle de droite à l'enclume de travail de ce dernier. A l'intérieur du rappel, elles sont reliées : la première au plot Py la seconde au ressort r*.

La borne PR communique avec le pôle positif de la pile des relais, le pcMe néf^atif étant réuni à la liorne R.

A l'intérieur du rappel, la borne PR (»st en relatioîi avec le plot de travail A' du bout(m-poussoir F et avec le plot p* du commutateur G.

Le plot/*' du commutateur G est à la terre par la borne T; le plot Z*^ est réuni au ressort //* du bouton-poussoir et, en m^y au fil des bobines du relais R^. Le plot f^ correspond aux contats A'^, k du bouton-poussoir, le plot /*', par //^, à la butée de travail b^ du relais R* et au plot c.

Le ressort H est réuni, en m^y aux bobines du relais R' et au ressort h^ du bouton-poussoir.

Par m^, le relais R* communique avec la manette X* et la borne L de gaucbe ; par m^, le relais R^ communique avec la manette N* et la borne L de droite.

La butée de travail b^ du relais R^ est réunie au plot c*; enfin, le ressort d est réuni à l'électro-aimant K en /'^ et le ressort cP à la sonnerie S en .v^.

Lorsqu'un poste veut en appeler un autre, il doit :

1° S'assurer que Taiguille de son cadran est sur Ugnn. libre et que les commutateurs de sa table de manipulation sont convenablement disposés pour le mettre en relation avec le rappel, c'est-à-dire qu'ils sont sur sonnerie ;

2° Placer le commutateur du rappel sur correspondance;

3° Abaisser son manipulateur pour amener l'aiguille de tous les cadrans de la ligne sur la position attaque;

¥ Pousser le bouton d'appel, lentement et à fond, autant de fois qu'il est nécessaire pour amener l'aiguille du cadran sur le numéro correspondant au poste appelé (les aiguilles de tous les cadrans de la ligne suivent le môme mouvement).

Le poste attaqué entend le bniit continu de sa soimerie, il doit alors :

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES 190

1° Placer le commutateur de son rappel sur corres^pondance .

2" Répondre par le n()m])re de coups de bouton nécessaire pour amener son aig'uille et, par suite, celle de tous les postes sur Ugne occupée.

La correspondance s'enpraprc alors sans se préoccuper davantage du rappel.

Celle-ci terminée, le poste appelant pousse son bouton une seule fois et ram^ne ainsi toutes les aipruilles sur l'indication lignp libre; les deux correspondants remettent ensuite leur commutateur dans la position attente.

Lorsqu'il s'agit d'une dépêche circulaire, le nombre des coups de bouton destinés à Tappel doit être tel ([iie tontes les aipruilles soient sur la case dépêche circulaire. Un coup de bouton supplémentaire porte les aipruilles sur la case ligne occupée. Les postes sont ensuite appelés par leur indicatif.

Au premier appel, fcmrni par le manipulateur qui envoie un courant néf^atif, le circuit est ainsi constitué :

Poste appelant : pcMe positif de la pile des rappels, borne PR, /*, H, borne M de droite, enclume de travail du manipulateur, massif du manipulateur abaissé, borne M de fraucbe, f\ H, m\ R^ m^, L de gauche; le pôle négatif de la pile c^t relié à la borne R et communique avec la borne L de droite par r^, /"*, k^, /i./i^m^ R^ »?•.

La ligne et tous les postes qu'elle dessert sont traversés par le courant qui, étant donné son sens, fait fonctionner tous les relais <le gauche.

Postes sur attente : (ces postes comprennent 1(^ poste appelé ;. Suivant que ces postes sont situés en deçà ou au delà du poste appelant, le courant y pénètre par la borne L de gauche ou par la borne L de droite. Dans le premier cas, le trajet suivi est : L de gauche /;?■'*, R*, ni\ ;•-, /"-, //', m'^y R^ />/*, L de droite; dans le second cas, le courant traverse le rappel par L de droite, m% R>, /;«•-, //S /•^ r\ ?nK R», 7n\ L de gauche.

Dans tous les postes, le circuit local du relais R* est fermé par le contact de l'armature a* avec le ressort />^. Ce circuit comprend : p(Me positif de la pile locale, borne PL de gauche, /?, //. //*, «', b^y n^y r, r/rf, e^, E, ^', .s', borne PL de droite, pôle négatif de la pile locale.

L'armature « de l'électro-aimant E est attirée: elle pcmsse de droite à gauche la roue R qui avance d'une dent; en même temps, la came de dd est sortie de son cran et s'appuiera désormais, et jusqu'à ce que la roue R ait exécuté une révolution complète sur la périphérie en ébonite du manchon ; le ressort dd

i^e trouve ainsi exhaussé, abandonne le plot c et prend contact avec le plot c^ L'aiguille de tous les cadrans est dans la position attaque.

Le bureau appelant agit alors sur le bouton-poussoir F qui envoie des courants positifs. A chaque coup de bouton, le pôle positif de la pile des rappels est mis en relation avec la borne L de droite par PR, k\ h\ m} y R*, m^; le pôle négatif est mis en relation avec la borne L de gauche par la borne R et H, /•, A^, A^, r', m% R*, m}. Les courants traversant le relais sont de sens inverse à celui précédemment émis par le manipulateur; c'est donc le relais R* qui fonctionnera, tandis que le relais R' restera inactif. Le circuit local sera fermé par : pôle positif de la pile locale, borne PL de gauche,/?, n^ a^, é^ w^, c*, dd, e^, E, €\ s\ borne PL de droite, pôle négatif de la pile locale. L'armature de E sera attirée et, à chaque coup de bouton, fera avancer d'uD cran la roue R et d'une division Taiguille indicatrice.

Dans chacun des autres bureaux, le circuit sera fermé d'une manière analogue.

Il est à remarquer que le pôle positif de la pile locale est constamment en relation avec la roue étoilée R par PL de gauche, jo, p*, V, rf*, rf'; le pôle négatif de cette pile est relié en 5* à la sonnerie S qui communique d'autre part avec le ressort rf^. Ce circuit est fermé toutes les fois qu'une goupille e de Ja roue R rencontre le ressort rf'. Si le contact est de courte durée, la sonnerie fonctionne à peine; si le contact se prolonge, le tintement devient continu; c'est ce qui se passe au poste appelé, l'aiguille indicatrice restant sur le numéro de ce poste jusqu'à ce que l'employé ait pris la position de correspondance et amené, par les mouvements répétés de son bouton d'appel, toutes les aiguilles sur la case ligne occupée.

Pendant la transmission, les deux postes en relation sont seuls dans la position correspondance, tous les autres sont sur attente.

Il en résulte que le courant du poste qui transmet circule sur toute la ligne, mais le récepteur de la station destinataire n'est actionné que par le courant d'une pile locale.

Le courant de ligne traverse le relais de droite de chacun des postes dont le commutateur est dans la position attente, mais il le traverse dans im sens tel qu'il ne le fait pas fonctionner. Dans le poste qui reçoit et dont le commutateur est sur le plot correspondance, le courant de ligne traverse le relais de gauche, le fait fonctionner, et c'est l'armature de ce relais qui ferme le circuit de la pile locale sur le récepteur.

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

En résumé, les relais de droite sont des relais d'appel, ce sont eux qui ferment le circuit local du cadran indicateur; les relais de gauche sont des relais de correspondance, ce sont eux qui ferment le circuit local du récepteur.

Fig. m. — Rappel des chemins de fer de l'État (vue de face).

Dans le cas où un dérangement local ne permettrait pas à un poste de communiquer, il devrait mettre les manettes des commutateurs sur la bande CD (communication directe), de façon à ne pas immobiliser les autres postes de la ligne.

Rappel des chemins de fer de l'État. — Ce rappel, récomment mis en service, est dû à M. Sarroste, chef du service télégraphique des chemins de fer de l'État. Il est établi pour trois

postes, cela suffit aux besoins derexploitation,mais il pourrait être construit pour un nombre plus considérable de bureaux. Le mécanisme en est très simple.

L'installation esl la niém(^ dans tous les postes, à cette exception près, qu\m commutateur qui ferme le circuit local (le la sonnerie n une orientation différente de poste en poste.

Un relais polarisé A esl embroché dans chaque posle sur le circuit de ligne (fig. 124, 125, 12Gj. L'armature a constitue l'un des pôles d'un aimant N, dont l'autre pôle supporte la culasse de réleclro-aimant A.

Cette armature est mobile autour d'un axe vertical el peut se déplacer entre les pièces polaires jo',j»-, montées à ghssiére, pour en faciliter le réglage ; elle s'appuie sur la vis V ou sur la vis V, mais, normalement, elle reste en contacl avec la vis V* qui n'a aucune»

communication électrique.

Un courant de sens convenable l'oriente sur la vis V reliée à un autre électroaimant B, dont la résistance est de 50 ohms et qui fonctionne en local. La résistance de l'électro-aimanl A est de 500 ohms. L'armature b de l'électro-aimant B est articulée en D et commandée par un long ressort antagoniste R, réglable au moyeu

FIg. 125. — Kappel des chemins de fer de TKtal (vue de profil).

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES -m

de la vis V-, guidée dans son écrou et manœuvrée par (Unix boutons moletés. L'écartement de Tarmature b est limitée par la vis V^.

Sur cette armature, en F-, sont articulés deux bras de levier F, F' , réunis entre eux, à leur partie supérieure, par un ressort à boudin R. Entre ces deux leviers passe un axe horizontal qui supporte un disque E, divisé en quatre parties ép^ales pouvant successivement apparaître à travers un guichet pratiqué dans la boîte qui recouvre Tappareil. Le premier quart (hi disque esl blanc et indique que la ligne est libre, le second porte» l'indication, appel poste n" 1, le troisième appel pos/e ;/" 2, le quatrième appel poste n° 3. Pour un nombre plus considérable di» ])osles, le disque serait divisé dilï'éremment et d'ailleurs, il n'en fonctionnerait que mieux, ses déplacements angulaires dev(Miant moins considérables.

L'axe du disque porte :

1° Un encliquetage;

i" Deux roues juxtaposées; la roue antéricHirc^ a huit d(»nls, hi roue postérieure n'en a que (iuatr(\

3° Un commutateur.

L'encliquetage est formé par une roue à rocbet H, calée» sur l'axe; un cliquet c, pressé par le ressort /•, permi^t à la roue H de tourner de gauche à droite, mais s'oppose à tout mouvement rétrograde. Lorsque la roue H est entraînée par l'axe», le cliquet c saute par-dessus la denture. Le mouvement du disque E et de son axe est provoqué par les déplacements de l'armature b.

Lorsque Tarmature ù est attirée, les tiges F, F^ s'abaissent av(»c elle; l'ergot /"* de la tige F* s'appuie sur la dent 1 de la rout» antérieure et force cette roue à tourner de gauche à droite, mais, dans ce mouvement, la roue n'a avancé que d'une dent parce que le crochet /"* (fig. 1:24) a arrêté l'une des quatre dents de la roue postérieure. Le déplacement angulaire du syslènu» comprenant les deux roues dentées, le disque et son axe, n'a été que de 45". Pour obtenir la déviation de 90" qui est nécessaire, on a utilisé le ndèvement de l'armature ù\ lorsque, après le passage du courant dans les bobines di^ B, le ressort antagoniste R ramène l'armature ô à sa position initiale, les leviers F, F', sont entraînés de bas en haut, l'ergot f de F pousse de gauche à droite la dent 3 de la roue antérieure, tandis que le doigt p de F* arrête la dent de la roue postérieure qui se présente devant lui; il y a donc eu un nouveau déplacement angulaire de 4,V qui a amené l'indication appel poste it" 1 devant le guichet. Une seconde émission de courant produirait encore un double dépla-

cernent du disque qui tournerait, en deux fois, dun angle de 9(y degrés.

Le commutateur tourne avec Taxe du disque. Il se compose d'un cylindre isolant M, sur lequel reposent deux ressorts isolés Tun de Tautre A, A*. Suivant une des génératrices du cylindre est incrustée une bande métallique K qui, au premier poste, se trouve dans le premier quadrant, au second poste dans le deuxième quadrant, au troisième poste dans le troisième quadrant. Lorsque la bande métallique K passe sous les deux ressorts Ar, k^ elle les réunit et ferme le circuit local de la sonnerie.

Six agrafes servent à relier le rappel aux conducteurs extérieurs. Ces agrafes communiquent :

S de gauche avec A' ;

[ avec le fll des bobi- L *

nés de Télectro-aimant A; S de droite avec A; Z avec l'armature a de l'électro-aimant A ;

C avec rentrée des bobines de l'électro-aimant B, dont la sortie est réunie à la vis V, butée de travail de Tarmature a.

Il y a ainsi trois circuits bien distincts : circuit de ligne : L, A, L; circuit local du rappel : pile locale C, B, V, a, Z; circuit local de la sonnerie : pile locale, sonnerie. S, A*, K, A, S.

Si, par suite d'un dérangement, le disque ne revenait pas à sa position de repos, on l'y ramènerait aisément à la main; à cet effet, une tringle J, articulée par un étrier avec l'armature A, permet de manœuvrer celle-ci.

Il est bien entendu que les transmissions s'échangent avec un courant de sens contraire à celui qui a servi aux appels; les postes sont donc munis de commutateurs inverseurs.

Fig. 126. ~ Rappel des chemins de fer de rÉtal (schéma).

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

Rappel-parleur Marchand. — Le système Marchand consiste à installer des parleurs embrochés dans une série de postes desservis par le même fil, les postes intermédiaires ne disposant que de piles locales, les postes extrêmes ayant des piles de ligne, d'égale force et montées en opposition.

Le parleur en lui-même n'offre rien de bien particulier; Tarmature, lorsqu'elle est attirée, vient buter contre une colonne métallique avec laquelle elle prend contact.

Le réglage se fait au moyen d'une manette extérieure (fig. i27) cpii commande le ressort antagoniste. Il faut incliner la manette vers la gauche, lenrtement et insensiblement, lorsque les points manquent; on manœuvre la manette vers la droite lorsque les signaux sont collés les uns aux autres.

La partie originale du système réside tout entière dans Tinstallation des communications et dans les modifications apportées au récepteur Morse.

Le levier de mise en marche et d'arrêt a* de ce récepteur

(flg. 128) a été garni d'un commutateur b* ; le récepteur lui-même porte une borne supplémentaire /*. Lorsqu'on tire le levier de droite à gauche, c'est-à-dire lorsqu'on met le récepteur en marche, le commutateur, placé sous le socle de l'appareil, intercale ce dernier dans le circuit d'une pile locale, en même temps qu'il met à la terre la borne pile du manipulateur.

La figure 128 représente le montage de deux postes extrêmes, avec un poste intermédiaire.

Dans les postes extrêmes, la pile de ligne est placée entre le parleur et la terre ; le pôle positif est relié à l'entrée de la bobine du parleur, tandis que la sortie est réunie à la ligne; le pôle négatif est à la terre.

Entre la borne ligne et la borne appareil du manipulateur, on a intercalé, sous le socle de ce dernier, mais dans les postes extrêmes seulement, une bobine RV R^, qui se trouve interposée entre la pile de départ et la terre. Cette résistance additionnelle a pour objet d'éviter la polarisation de la pile; elle permet aussi au parleur de départ de fonctionner sans qu'il soit nécessaire de modifier le réglage, que le poste reçoive ou transmette.

Fig. 127. — Ilappel-parleur Marchand.

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES 207

Lorsqu'un poste, quel qu'il soit, veut en appeler un autre, il ouvre son récepteur. Par la manœuvre du levier de mise en marche, qui entraîne le commutateur, le récepteur se trouve dans le circuit de la pile locale et la borne pile du manipulateur <»st à la terre, comme dans les postes C, B.

A Taide de son manipulateur, le poste appelant transmet Tindicatif du poste appelé jusqu'à ce que celui-ci ait répondu; les postes sont numérotés, et le numéro du poste appelé est suivi du numéro du poste appelant; tous les parleurs de la ligne répètent ces indicatifs, mais le poste appelé répond seul, le rythme de son parleur lui permettant de reconnaître son indicatif.

Quand ce poste a répondu, la correspondance est engagée, à la manière ordinaire, et, le coUationnement reçu, les deux postes arrêtent le mouvement d'horlogerie de leur récepteur, en poussant le levier d'arrêt; cette manœuvre rétablit la communication directe du (11 de ligne.

Le récepteur du poste qui transmet étant ouvert, la bande se déroule et fournit ainsi un contrôle de la transmission.

Le poste qui entend son indicatif répété par son parleur met son récepteur en marche, répond avec son manipulateur, reçoit le télégramme qui lui est destiné, le coUationne et referme son récepteur.

Lorsqu'il s'agit d'un télégramme collectif, cas fréquent dans Je service des voies ferrées, un signal particulier l'indique. Le poste appelant transmet les lettres R G, ce qui veut dire rappel ffétiem/; à ce signal, tous les postes doivent répondre par ordre de» numéro.

Soit le poste B appelant im des postes de la ligne. Au moment de l'appel, le récepteur de B est disposé conmae sur la figure 148 ; tous les autres récepteurs sont, au contraire, fermés, comme celui de A. Chaque fois que B abaisse son manipulateur, il fermtN <lans son poste môme, le circuit des deux piles de ligne P*, P^ disposées aux postes extrêmes A, C. En effet, par la dérivation d, le manipulateur m^ abaissé, la borne /^et le commutateur 6*, les pôles positifs des piles PS P^ sont mis à la teiTe en T^. La pile P* actionne les parleurs embrochés entre A et B, la pile P^ ceux qui sont situés entre B et C. Le poste C, recomiaissant son indicatif répercuté par son parleur, ouvre son récepteur pour répondre. En abaissant son «manipulateur m^, il met k la terre en T^ le pôle positif de la pile P^. à travers son parleur D^, la résistance P.^ et le conunutateur b^; le pôle positif de la pile P* est également mis à la terre en T* par le manipulateur 7n^ et le commutateur 6^, mais sans traverser la résistance R^. Tous les parleurs de la

ligne fonctionnent donc, comme pendant Pappel par le poste B.

Dans tous les postes dont le récepteur est fermé, les signaux ne s enregistrent pas, puisque Télectro-aimant du récepteur est isolé au commutateur 6*, comme en A ; il n'en est plus ainsi dans les postes qui ont ouvert leur récepteur, comme B et C. Là, le circuit des pites locales p« et p^ est fermé par Tarmature du parleur rencontrant la colonne é^, e^. Au poste B, ce circuit local comprend : p^, e', D^, /^, r*, 6', P; au poste C, il se compose de : p^, é^y D^yp, r^, b^j P; les récepteurs de C et B, postes en correspondance, fonctionnent donc sous l'action des piles locales de ces postes.

Le système Marchand est ^employé sur certaines lignes du réseau des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée.

Rappel général Claude. '— Le rappel général Claude permet d'intercaler un certain nombre de postes sur le parcours d'un môme 111 conducteur et d'exploiter ces postes dans les conditions suivantes :

1*» L'installation est identique dans tous les postes; cependant, seuls les deux postes extrêmes communiquent avec la terre ;

2** Chaque poste peut appeler l'un quelconque des autres, lui transmettre directement des télégrammes et en recevoir de lui, sans que les autres postes puissent intervenir, sans qu'ils aient connaissance des communications échangées, l'appareil indiquant seulement que la ligne est occupée et par qui elle est occupée ;

3° Chaque poste peut transmettre un télégramme collectif en appelant tous les autres postes;

4° Le fonctionnement général est toujours assuré, même lorsqu'il se produit des dérangements dans les appareils d'un poste, c'est-à-dire qu'un accident de ce genre n'a aucune influence sur la marche du courant et que la communication des autres postes n'est aucunement entravée ;

5° Les postes installés sur la ligne peuvent être des posles téléphoniques ou des postes télégraphiques ; on peut même disposer sur le même conducteur des postes télégraphiques et des postes téléphoniques; en effet, en complétant l'installation des postes télégraphiques par une installation téléphonique, on leur permettra de correspondre exclusivement entre eux par le télégraphe et avec les autres postes par le téléphone.

Dans tous les postes télégraphiques, l'installation comprend : un relais double, un rappel à deux cadrans dont l'un indique le poste appelant et l'autre le poste appelé, un récepteur Morse, une sonnerie, un commutateur spécial et un manipulateur Morse

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

à double contact ou bien un manipulateur Morse ordinaire avec un commutateur inverseur.

Chaque poste est désigné par un numéro.

Le relais double qui, dans le début, était formé par deux relais polarisés placés Tun à côté de Tautre, affecte aujourd'hui une autre forme.

Deux longs l)arreaux aimantés NS, N'S' (ftg. 129) embrassent <mtre leurs pôles de noms contraires deux bobines annulaires B, B*, moulées sur des axes verticaux A, A*, très mobiles sur leurs pivots.

Les deux bobines, ainsi placées dans (les champs magnétiques, sont disposées, Tune à la parlie supérieure du relais, l'autre à la partie inférieure; t'iles sont associées ou série et sont toutes les deux traversées parles courants émis sur la ligne.

Par suite de leur situation entre les p(Mes des deux aimants, elles fonctionnent comme des rappels par inveision de courant. En effet, la bobine supérieure ayant à sa gauche un pôle Nord, par exemple, et à sa droite un pôle Sud, déviera de gauche à droite sous raclion d'un certain courant; mais le môme courant aura évideninieul [un effet contraire sur la bobine inférieure, qui a à sa gauclie un pôl(» Sud et à sa droite un pôle Nord. Sous l'action d'un courant de sens déterminé, l'une des bobines sera donc déviée à gauche, l'autre à droite. Les vis de réglage a, a* limitent ces déviations.

Fig. 129. — Relais Claude.

TêLÉGPRAPHIE PRATIQUE

îj'axe vertical A, A* de chacune «les bobines porte un appendice horizontal b, ô* dont les écarts sont limités par les butées a, a^. Un ressort antagoniste en spirale s, .v*, analogue à ceux des montres, maintient les bobines B, B* appliquées contre les butées de gauche «, «; mais lorscpie le courant tend à dévier la bobine vers la droite, le ressort v, s* cède et l'appendice A, ô* vi-ent rencontrer un ressort vertical />V p^ monté sur une pièce C, C isolée du massif. Le contact de la pièce b avec le ressort jo* ferme un circuit locaU le contact do la pièce 6* avec le ressort />en ferme un autre.

Le relais que la disposition do ses organes rend très sensible, porte cinq agrafes que nous désignerons par les lettres P, P*, P^. L», L\

Les communications oloctriquos sont les suivantes :

L* avec e^ entréi»

(\o la bobine B ;

L^ avec e^ sortie do la bobine B* :

e sortie de la bobine B avec e^ entré(»

do la bobine B' ;

P avec le massif et, par conséquent, avec b et 6* ; P* avecjo* :

P- avecjy^.

D'après co qui procède, on voit que le courant entrant par L* ressort par L^ après avoir traversé les deux bobines B, B^ mais qu'une seule do ces bobines est déviée vers la droite et que. suivant le sons du courant, c'i^st la bobine supérieure ou la bobine inférieure. On voit aussi que lorsque la bobine B (»st déviée vers la droite le circuit est fermé entre P et P* /tandis qu'il est formé entre P et P^ lorsque la bobine B* est déviée vers la droite. Le courant de ligne traverse purement et simplement le relais pour passer i\i} la section do ligne attachée à Tagrafo IJ à la section de ligne attachée à l'agrafe L^.

Le rappel, dont la figure 130 montre la tbrme générale, se compose, en quelque sorte, do doux récepteurs à cadran juxtaposés et dont les mouvements (rborlogorie sont actionnés par le mémo barillet. Los aiguilles dos deux cadrans tournent en sens inverso. L'aiguille du cadran de droite, poste appelé, se

Kig. 130. — Kappel général Claude.

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

mâttt de .guuche à droite, comme les aiguiller d'mie montre; l'aiguille du cadran de gauche, poste appelant, se meut de droite à gauche.

A chaque émission positive traversant la ligne, Taiguille du cadran de droite avance d'une division ; à chaque émission négative, c'est l'aiguille du cadran de gauche qui avance d'une case.

Chacun des deux cadrans porte autant de cases, phis deux,

Fig. 131. — Détails du rappel général Claude.

qu'il existe de postes sur la ligne. Les deux cases en plus correspondent. Tune à la croix, l'autre au rappel général de tous les postes.

L'axe de l'aiguille de chacun des cadrans porte des disques parallèles dans lesquels sont percés, suivant une circonférence, autant de petits trous qu'il existe de cases sur le cadran. Ces trous sont destinés à recevoir des chevilles en acier dontj la position varie suivant le numéro du poste.

Un jeu de ressorts-lames (fig. 131), garnis de cames en ivoire, se trouve en regard des disques, sur le parcours dos chevilles, de telle sorte que les chevilles, en passant, soulèvent ces ressorts et les mettent en contact avec des plots convenablement dis-

posés, fermant ainsi certains circuits et en ouvrant d'autres. Par le jeu de ces ressorts, lorsque les aiguilles des deux cadrans sont Tune sur le numéro du poste appelé, l'autre sur le numéro du poste appelant, ces deux postes sont en communication directe et le secret de la correspondance reste assuré entre eux. La môme indication persistant sur les cadrans de tous les postes pendant toute la durée de la communication, ceux-ci savent que la ligne est occupée et par qui elle Test.

Le rappel est muni de six bornes que nous appellerons L',L', P, PS P^ R (fig. 132). Désignons par D, E, F, G les ressorts, pari, J, les deux électro-aimants dont les armatures commandent le mouvement des aiguilles. La borne L* communique avec le contact inférieur g du ressort G, la borne \? avec le contact inférieur <f du même ressort. La borne R est reliée au ressort F; les contacts supérieurs /", P du ressort F sont réunis ensemble et aussi au contact inférieur e du ressort E. Le ressort E est en relation avec la borne P*. Le contact supérieur e^ du ressort E est relié au contact supérieur rf^ du ressort D, à Télectro-aimant J, uni lui-même à Télectro-aimant I dont le fil de sortie aboutit au contact inférieur d du ressort D. Le contact d} communique av(»c la borne P^. Enfin, sur le conducteur de jonction des électroaimants J, I, vient se greffer un (Il aboutissant à la borne P.

Nous verrons comment fonctionnent les ressorts D, E, F, G ou étudiant Tinstallation générale et renseml)le des circuits.

Le commutateur (fig. 132) se compose d'une barrette isolante un commandant trois lames métalliques mobiles autour des axes m', m^, m'^. Le commutateur sert à passer de la position de repos ou d'attente à la position de travail ou d'attaque et réciproquement. Dans la position d'attente, la lame m^ repose sur le plot 1, la lame ni- sur le plot 3, la lame m^ est isolée. Dans la position de travail, la lame ni^ repose sur le plot 2, la lame m^ sur le plot 4, la lame m^ est isolée.

Les bornes sont au nombre de six: P, S, P^, P\ L*,L-,' elles communiquent :

P avec l'axe de m*;

S avec le plot 1;

P^ avec Taxe de ni^\

P^ avec le plot i;

L' avec l'axe de nî^ ;

L^ avec le plot 3.

Le manipulateur (fig. 132) est à double clé, Tune M envoyant des courants positifs, l'autre N des courants négatifs. Le massif 4ie la clé M est relié à la borne L^, celui de la clé N à la borne L*.

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES m

Le plot de travail des deux clés communique avec la borne Z, le plot de repos avec la borne C.

Le courant émis par la clé M ferme le circuit PP' du relais ; le courant émis par la clé N ferme le circuit PP^.

Lorsque Tun des postes veut appeler, il ambne Taiguille du cadran poste appelé (flg. 130) sur le numéro du poste avec lequel il veut correspondre, puis il amène Taiguille du cadran poste appelant sur son propre numéro. Par le fait de la position môme des deux aiguilles sur les cadrans, la communication directe est établie entre les deux postes. Le dernier numéro du cadran sert à établir la communication générale ou collective.

Les relais, embrochés sur le fil de ligne, mis à la terre aux deux postes extrêmes, sont actionnés par la pile de ligne du poste appelant.

Le rappel, le récepteur et la sonnerie fonctionnent au moyen de piles locales.

Lorsque la communication ^st établie entre deux postes, tous les postes en sont avisés par la position des aiguilles de leur rappel, ces aiguilles indiquant les numéros des deux postes en correspondance.

La correspondance terminée, tous les rappels sont ramenés à la croix, ce qui indique que la ligne est libre.

Le commutateur est habituellement sur la position attente. Le poste qui veut en appeler un autre place son commutateur dans la position d'attaque ou de travail; puis, avec le levier M de son manipulateur, fait autant de contacts que le numéro du poste qu'il appelle contient d'unités. Ensuite, avec le bouton supplémentaire N de son manipulateur, il fait un nombre de contacts égal au numéro de son propre poste. Après ces opérations, les aiguiUes de tous les rappels sont respectivement sur les numéros ilu poste appelé et du poste appelant.

Le poste appelé répond par son indicatif et la correspondanc(^ s'effectue comme si les rappels n'existaient pas.

Les transmissions terminées, le poste appelant ramène les aiguilles à la croix en faisant un nombre de contacts suffisant avec le bouton supplémentaire N de son manipulateur; il remet ensuite son commutateur sur la position attente.

Le poste appelé reçoit les attaques dans sa sonnerie; il met son commutateur dans la position de travail, répond par son indicatif et, après avoir échangé, dans les conditions ordinaires, ses télégrammes avec le poste appelant, remet son commutateur sur la position attente.

Dans le cas d'une dépêche collective à transmettre, le poste

appelant, par un nombre de contacts suffisant de son manipulateur M, amène l'aiguille du cadran poste appelé sur le dernier numéro de ce cadran ; avec le bouton supplémentaire N du manipulateur, il amène raignille du cadran />05/e appelant surdon propre numéro. Tous les postes, en mettant leurs- comnratateurs dans la position de travail, ont alors leur manipulateur et leur récepteur dans le circuit.

Le poste appelant attaque chacun des postes par son indieatif; lorsque tous ont répondu, il transmet la dépêche collective; le poste le plus éloigné coUationne, et chacun des autres accuw réception.

Le poste expéditeur ramène ensuite les aiguilles à la croix par le procédé que nous avons déjà indiqué.

Les rappels doivent être remontés chaque jour.

La figure 132 représente Tinstallation d'ensemble d'un peiste Morse avec un rappel Claude; cette figure nous permet d'étudier les combinaisons de circuits qui se produisent dans les diff^renU postes pendant les appels et pendant le travail.

Sur la figure 432, la position du relais, du rappel et du com^ mutateur est celle de ces instruments dans tous les postes d'ime ligne inoccupée; les aiguilles des cadrans joo.s/^ appelant et poste appelé de tous ces postes sont sur la croix.

Dans le relais, le circuit local est ouvert entre les bornes P, P' et P, P^

Dans lo rappel, le ressort D est appuyé sur la butée inférieure rf, le ressort E sur la butée supérieure ^*, le ressort G sur la butée inférieure //*, le ressort F est isolé.

Le commutateur est dans la position attente, le manipulateur est au repos.

Supposons qu'un poste quelconque de la ligne en appelle un autre, soit, pour fixer les idées, le posto n° 2 appelant le poste n* 7 :

Le poste n° 2 met son commutateur dans la position attaque ei appuie sept fois sur la clé M de son manipulateur.

A chaque émission de courant, l'aiguille du Cdàrtin poste appelé avance d'une case, et voici comment : dans le poste appelant, la borne Z de la pile de ligne, reliée a P^ du commutateur, sf* trouve, par la position de celui-ci, en communication avec P' par le plot i et la lame m^. La borne P^ étant reliée à la borne Z du manipulateur, lorsqu'on abaisse la clé M, cette borne Z com* munique avec L^, .r, //, L' du relais, les bobines du relai», L'^et la section de ligne de droite. Le pôle positif G de la pile de ligire arrive à la borne C du manipulaleur, au contact de repos de la clé N, à la borne L*, à :; et va directement h la section de ligne

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

de gauche. Dans tous les autres postes, le courant posso de- la home Lif/nfi / à la borne Ligne 2 du paratonnerre, ou récipio-

ip4?^6P i^P^à^,

XdS^

^ ff]

TT

i.>-:^jg

Fig. 132. — InstallatioQ d'un poste Morse avec le rappel Claude.

quemenl, par Ligne i du paratonnerre, z, U du commutateur, m^, 3, L^ j', y, L* du relais, les dcîux bobines du relais, \? du relais et Ligne 2 du paratonnerre.

Le circuit de la pile de ligne est fermé, car, à Tun des postes extrêmes, la borne Ligne i du paratonnerre est à la terre et à Tautre poste extrême la borne Ligne 2 est également à la terre.

Tous les relais de la ligne fonctionnent donc.

La bobine supérieure, déviée vers la droite, ferme le circuit de la pile locale p sur Télectro-aimant J, par h-, P du relais, bobine supérieure, P* du relais, P^ du rappel, E, e*, rf^, J, P du rappel, — . L'aiguille du cadran poste appelé avance d'une division à chaque émission de courant, mais les chevilles montées sur les disques qu'entraîne l'aiguille donnent une nouvelle orientation aux ressorts du rappel. Lorsque l'aiguille du cadran poste appelé est arrivée sur le numéro 7, numéro du poste appelé, les ressorts du rappel du poste appelé ont les positions suivantes :

Ressort D, appuyé sur les plots inférieurs d et rf* ;

Ressort E, appuyé sur le plot supérieur e* ;

Ressort F, appuyé sur le plot supérieur p et séparé du plot supérieur f;

Ressort G, séparé des plots inférieurs g, gK

A ce moment, le poste appelant indique son numéro en abaissant la clé N et en envoyant sur la ligne des courants de sens contraire à ceux émis par la clé M.

Ces courants traversent le circuit de ligne comme les précédents, mais orientent les bobines inférieures des relais sur leur butée de travail p^. Le circuit de la pile locale est alors fermé par 4-, P, p^, P^ du relais, P^du rappel, d\ D, rf, I, P du relais, — .

L'aiguille du cadran j^av/e appelant se déplace, et, sous l'action des deux émissions nécessaires pour indiquer le numéro 2 du poste qui appelle, passe sur la case 1 du cadran pour s'arrêter sur la case 2.

L'aiguille du cadran poste appelé est, à ce moment, sur la division 7, celle du cadran poste appelant sur la division 2. Par suite de la position des chevilles dans les différents postes, les rappels ont leurs circuits disposés de la manière suivante :

Dans le poste appelant : Ressort D, appuyé sur les plots inférieurs rf et rf';

Ressort E, appuyé sur le plot inférieur e;

Ressort F, appuyé sur le plot supérieur f;

Ressort G, appuyé sur le plot inférieur g*;

Dans le poste appelé : Ressort D, appuyé sur les plots inférieurs detd';

Ressort E, appuyé sur le plot inférieur e;

Ressort F, appuyé sur le plot supérieur /"' ;

Ressort G, appuyé sur le plot inférieur g.

INSTALLATION DES BUllEAUX DE GARES 217

Dans les postes non intéressés :

Ressort D, appuyé sur les plots inférieurs rf, rf' ;

Ressort E, appuyé sur le plot inférieur e;

Ressort F, isolé ;

Ressort G, appuyé sur les plots inférieurs g, g*.

Dans tous les postes autres que le poste appelant, les commutateurs sont restés sur la position attente.

Si, à ce moment, le poste appelant manœuvre la clé M de son manipulateur, la bobine supérieure de tous les relais s'orientera sur sa butée de travail p', sans que pour cela Taiguille du cadran poste appelé se déplace, car le circuit de Télectro-aimant J osl ouvert en rf-, e^ ; de même Faiguille du cadran poste appelant reste immobile, le circuit de I étant ouvert en p^. Au poste appelé, le circuit local sera fermé sur la sonnerie par +> P du relais, j»*, P* du relais, P* du rappel, E, <?, /**, F, R du relais, R S de la sonnerie, S du commutateur, 1, m* , P du commutateur i/, — . Dans les postes non intéressés, le circuit de la sonnerie restera ouvert par le ressort F qui est isolé.

Le poste appelé mettra son commutateur sur la position de travail, répondra avec la clé M de son manipulateur, et les transmissions pourront être échangées.

Le courant de la pile de ligne suivra le trajet suivant :

Poste manipulant :

Le courant de ligne partant de la borne de pile G passe par la borne G du manipulateur, la clé N, la borne L^ du manipulateur, le point -S, le paratonnerre et la ligne 1. La borne Z de la pile communique avec P*, 4, m^, P^, la borne Z du manipulateur, la clé M abaissée, la borne L^ du manipulateur, les points x et y y la borne L* du relais, les bobines A, B, la borne L^ et la ligne 2.

La bobine A du relais est orientée par ce courant sur son plot de travail p\ mais par ce fait, le circuit local des bobines I, J du rappel n'est pas fermé, car il est isolé en e\ d^ pour la bobine J, et enp* pour la bobine L Le courant de la pile locale jo traverse les bobines du récepteur par — , «, P du commutateur, m*, 2, R, récepteur, R du rappel, F, / ou /**, e, E, P^ du rappel, P^ du relais, J»*, P, +•

Poste recevant :

Le courant suit le trajet : ligne 1, z, L* du maniputateur, clé N, clé M, borne L* du manipulateur, x, y, borne L* du relais, bobines A, B, borne L*, ligne 2.

La bobine A s'oriente sur sa butée de travail/?' et ferme le circuit local sur le récepteur par+j P du relais, /?*, P* du relais.

218 TELEGRAPHIE PRArTIQUB

P* du rappel, E, e, f ow /*', F, R du rappel, récepteur, R du commutateur, 2, m^ P du commutateur, w, — .

Poste neutre :

Le courant de ligne, en traversant le relais, oriente la bobine A sur sa butée de travail p^, mais- le circuit loeal* reste oiu/^rt. En effet, la bobine I du rappel est isolée e» ^, la bobine J en (P, e*, la sonnerie en F, le récepteur au plot 2 du commuitateur.

Lorsque les transmissions sont terminées^ le poste- appelant ramène toutes les- aiguilles à la croix. Pour cela> il agit sur la clé N de son manipulateur le nombre de foi» qu'il est néeeseaire pour amener l'aiguille du cadran posée appdmit sur la dernière division de ce cadran, c'est-à-dire sur celle qui est située immé^ diatement avant la croix ; là, l'aiguille s'arrête et toutes- le» émissions de courant qui suivent agissent sur le cadran poste appelé. En effet, le levier enclencheur K (flg. 131) a arrêté le cylindre ([ui porte Taiguille du cadran j9o.ç/^ appelant; en môme temps^ le ressort D est venu s'appuyer sur la butée d^ fermant ainsi* le circuit local sur l'électro-aimant J par — , ?/, P du rappel, J:, d?y I), ^/*, P^ du rappel, P^ du relais, /?*, P du relais--}*. L'aiguille du cadran poste appelé, contrairement à ce qui a lieu habituelloment, est entraînée, bien que les courants de ligne soient émis par la clé N ; l'aiguille du cadran poste appela^U est immobilisée par le levier enclencheur. Mais, lorsque Taiguille du cadran joas/^ uppeté atteint la division qui précède la croix, la rupture du circuit local se produit en d} par le soulèvement du ressort D. A ce moment précis, une goupille k^ soulève le levier enclen- 4;heurK et dégage l'aiguille du cadran poste appetani ; les deux aiguilles s'arrêtent sur la croix et tous les ressorts- reprennont la position de repos représentée par la figure 132.

Les postes non intéressés ne peuvent intervenir ni déranger, <m aucune façon, deux postes échangeant des transmissions. La situation des ressorts de ces postes neutres est telle que s'ils mettent leur commutateur dans la position de correspondance •<*t s'ils abaissent leur manipulateur, leur pile est mise en coiul circuit dans le poste lui-môme. Le circuit de la pile de ligne PL est, en effet, fermé par : borne Z de la pile de ligne, P^ i, m^, P', borne Z du manipulateur, clé M abaissée, borne L* du» manipulateur, X, y, borne L* du relais, r/. G, (/, borne L^ du^ relais, borne G de PL, le ressort G étant appuyé sur les. deux butées g, g^ .

Lorsqu'il s'agit d'une dépêche collective, raîguiUé du* cadran poste appelé est portée sur la dernière division» qui est le- n^^dlî

INSTALLATION DBS BUREAUX DE GARES 2<9

dans le rappel que nous avons figuré ; Taiguille du cadran poste appelant occupe le numéro du poste qui a appelé.

Au poste appelant, les ressorts ont les positions sumuites- :

D appuyé sur les contacts inférieurs rf, rf' ;

E appuyé sur le contact inférieur e\

F appuyé sur les contacts inférieurs f, p ;

G isolé!

Dai» les autres postes :

D est appuyé sur les contacts inférieurs rf, rf* ;

E sur le contact inférieur e\

F sur le contact /"' ;

G sur le contact y.

Somwrte- Jousselin, — La correspondance à échanger entare deux gares se réduit, dans bien des cas, à une série de dépêche» conventionnelles qui, se répétant chaque jour, n'exigent p«wp leur transmission qu'un télégraphe élémentaire. La sonnerie Jousselin répond à ce besoin.

La sonnerie en elle-même n'est qu'un récepteur, le transmetteur consistant soit en un commutateur indépendant qui ferme le circuit autant de fois qu'on le veut, soit en un bouton d'appel qui remplit le même objet, mais qui est placé sur Tappareil lui-même.

La face antérieure de la scmnerie est un cadran comprenant ±i divisions, numérotées de 1 à 40, plus une croix qui sert de repos à deux aiguilles superposées. L'aiguille supérieure est noire et garnie d'une manette; l'aiguille inférieure est rouge.

En regard des divisions du cadran se trouvent des macarons sur lesquels sont inscrils les phrases conventionnelles ou les ordres à transmettre.

Lorsque Taiguille noire se déplace de gauche à droite, elle entraîne l'aiguille rouge à l'aide d'un doigt; ce mouvement a lieu sous l'action d'un mécanisme d'horlogerie: mais lorsque Faiguille noire est manœuvrée à la main, de droite à gauche, l'aiguille rouge n'est plus entraînée et reste en place.

Lorsque la sonnerie comporte un bouton d'appel, il est placé en bas et à droite.

Chsifue coup de boulon donné par l'un des postes correspondants fait avancer d'une division l'aiguille noire et l'aiguille rouge dans les deux postes; le poste expéditeui? contrôle donc sa transmission en même temps qu'il est assuré du bon fonctionnement de sa pUe.

Les deux aiguilles sont calées sur un des mobiles d'un mtiu* veme«t d'horlogerie, mais, comme dans l'appareil à cadran^ ce

mouvement d'horlogerie n'est libéré qu'au moment du passage du courant dans un électro-aimant. A ce moment les aiguilles avancent d'une division. A ce moment aussi une came agit sur un marteau, le soulève et lui fait frapper un coup sur un timbre. Un ressort ramène le marteau à sa position initiale lorsque la came a cessé d'agir.

Il y a donc simultanément signal optique et signal acoustique.

On remonte le mouvement d'horlogerie en ramenant l'aiguille à la croix avec la main.

La manœuvre de l'appareil est la suivante ;

Chaque poussée du bouton transmetteur détermine, dans les deux postes en correspondance, un coup de timbre, et, en outre, fait avancer l'aiguille double d'une division. Il convient de laisser un intervalle dune seconde entre deux poussées consécutives. Cinq secondes après l'audition du dernier coup de timbre, les deux correspondants ramènent à la main, de droite à gauche, les aiguilles noire et rouge à la croix.

Si le signal reçu doit être coUationné, les deux postes ramènent seulement l'aiguille noire à la croix, le poste récepteur répète au poste transmetteur le signal qu'il a reçu; l'aiguille noire revient alors recouvrir l'aiguille rouge restée en place, ce qui indique aux deux agents qu'ils se sont bien compris. Cinq secondes après, les deux aiguilles sont, dans chaque poste, ramenées à la croix avec la main.

Compagnie des chemins de fer du Nord. — Les postes télégraphiques de la Compagnie du Nord se divisent en postes permanents, postes facultatifs et postes de secours.

Les postes permanents sont en relation constante avec leurs correspondants. Dans les postes facultatifs, les conducteurs sont habituellement installés en communication directe, et les postes de cette catégorie ne rentrent dans le circuit que pour les besoins de leur service; ils peuvent appeler les autres postes sans pouvoir être appelés par eux. Les postes de secours ont une disposition analogue et sont installés dans les maisons des gardes des passages à niveau; ils agissent sur les sonneries d'urgence des postes correspondants.

Les piles employées par la Compagnie du Nord, tant pour le service des appareils télégraphiques que pour les signaux de la voie, sont des piles Leclanché à vase poreux. Dans les bureaux, elles sont renfermées dans des armoires et reposent sur des rayons à claire-voie, placés au-dessus de rayons pleins; ces rayons sont mobiles.

Lorsque les locaux sont insuffisants, les piles sont disposées

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES 221

à l'extérieur, dans des abris en ciment qui peuvent contenir jusqu'à 50 éléments.

Les fils omnibus sont desservis par l'appareil à cadran, les flls directs ou semi-directs par Tappareil Morse.

Le manipulateur à cadran est à commutateurs; le récepteur à cadran, le manipulateur Morse et le récepteur Morse n'offrent rien de particulier; le rouet de ce dernier est placé au-dessus du mouvement d'horlogerie.

Les modèles de sonneries en usage sur le réseau de la Compagnie du Nord comprennent des trembleuses qui, telles que la sonnerie Faure, sont actionnées par un circuit local fermé par le fonctionnement de Télectro-aimant de ligne. 11 existe également une sonnerie dite ^alarme ou iXurgence, dont la compagnie possède deux types.

La sonnerie d'urgence est placée sur le trajet du ill de terre et peut, par conséquent, être actionnée par toutes les lignes desservant le poste dans lequel elle est installée. Son timbre, différent de celui des autres sonneries, permet de distinguer ses appels, et on reconnaît, en outre, le poste qui attaque, puisque la sonnerie correspondant à ce poste fonctionne en même temps que la sonnerie d'urgence.

La sonnerie d'urgence est construite sur le môme principe que le rappel par inversion de courant; les deux types qui existent ne diffèrent que quant à la disposition; l'un est une sonnerie à électro-aimant polarisé, l'autre, ce (jui revient au même, est une sonnerie à armature aimantée.

Dans le premier type, un électro-aimant horizontal a pour culasse un aimant permanent. L'armature est sollicitée par un ressort antagoniste, et, malgré l'action de ce ressort, est constamment attirée par le noyau de réleclro-ainiant jxïJarisé.

Tous les courants positifs parcourant les bobines de l'électroaimant polarisé augmentent l'adhérence de l'armature; sous l'influence d'un courant négatif, au contraire, l'armature, obéissant à l'action du ressort antagoniste, s'éloigne de l'éleçlroaimant, laisse échapper un voyant qui apparaît en dehors de la boîte et qui ferme un circuit composé d'une pile locale et d'une trembleuse. La trembleuse fonctionne tant que le voyant n'a pas été relevé.

Ainsi, pour résumer, la sonnerie d'urgence est installée sur le fll de terre, entre les sonneries affectées aux différentes lignes et la plaque de terre; toutes les fois qu'un poste attaque avec un courant positif (ce qui est le cas général), la sonnerie correspondante fonctionne, mais la sonnerie d'urgence ne fonctionne

pas; toutes les fois qu'un poste attaque avec le courant i^atif, la sonnerie correspondante fonctionne et la sonnerie d'urgence fonctionne aussi. Tout poste qui demande du secours ou, .pour être plus exact, qui veut faire fonctionner la sonnerie d'ur^nw de son correspondant, doit employer le courant négatif.

Les postes de secours, qui n'ont à rentrer dans le circuit que» dans une hypothèse semblable, ont le pôle positif de leur pile à la terre, tandis que le pôle négatif est en relation avec leur manipulateur. Quant aux autres postes qui, en temps normal, envoient sur la ligne un courant positif, ils sont forcés, pour agir sur la sonnerie d'urgence, d'inverser les pôles de leur pile; ils disposent, à cet eflet, d'un commutateur inverseur.

Fig. 133. — Paratonnerre Lartigue.

Le commutateur inverseur, les commulateurs à manette et les paratonnerres de la Compagnie du Nord dillerent un peu des types précédemment décrits, mais, comme ils reposent sur pes mêmes principes, il nous a semblé superflu d'entrer dans des détails de construction au milieu desquels tout télégraphiste» tant soit peu exercé doit aisément se reconnaître ; seul le paratonnerre Lartigue nous retiendra quelques instants. C'est un paratonnerre h pointes et à (il préservateur (fig. 133). La pièce centrale est soutenue par un mince fil de fer tendu entre deux bornes. Si ce fil vient à être fondu par un coup de foudre, la pièce centrale perdant son point d'appui tombe et met la ligne» en communication avec la terre.

Les galvanomètres sont horizontaux ou verticaux, mais ne diffèrent pas sensiblement des modèles que nous connaissons déjà.

Le parleur est utilisé sur les lignes mises momentanément

en communication directe; il permet de voir si la ligne est occupée ou non et s'il est opportun de rentrer dans le circuit. La figure 134 représente la vue d'ensemble d'une table montée pour deux directions avec l'appareil Morse et l'appareil à cadran. Les communications sont sous la table. En haut on voit deux paratonnerres Lartigue; sur la tablette la sonnerie d'urgence et une sonnerie à voyant à deux directions. Sur la table, à gauche, un commutateur à deux manettes qui permet de mettre sur sonnerie, sur appareil et de donner la communication directe. Le commutateur inverseur est caché par le récepteur Morse. Dans les postes facultatifs on a des planchettes toutes montées que l'on fixe sur une table. Enfm dans les postes de secours, on fait usage d'un appareil à cadran renfermé dans une boîte comprenant un manipulateur, un récepteur, un galvanomètre et une pile.

Presque tous les appareils télégraphiques de secours en service sur le réseau du Nord sont doublés par des appareils téléphoniques du type Ader.

Compagnie des chemins de fer de l'Est. — Les postes de la Compagnie de l'Est sont permanents ou facultatifs. On y

fait usage de la pile Leclanché à vase poreux et de l'appareil Morse.

Les tables de manipulation sont de cinq types; elles diffèrent par leurs dimensions et par le nombre de directions qu'elles desservent.

Le type n° 1 est établi pour deux directions, le ïx" 2 pour trois, le n° 3 pour quatre, le n° 4 pour six et huit directions, le n** 5 pour dix et douze.

Dans la majorité des cas, on ne place qu'un seul appareil Morse dans les postes de deux à huit tlirections; on en installe toujours deux sur les tables à dix et à douze directions.

Dans ces installations, le fil de terre des appareils est distinct de celui des paratonnerres.

Fig. 135. — Paratonnerre à papier el à peignes à deux directions (modèle de la C^e de l'Est).

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

Le réglage du manipulateur Morse de la Compagnie de TEst se fait par la butée antérieure et non plus par la butée postérieure comme cela a lieu pour les manipulateurs de TÉtat. Le

Fig. 136. — Table de manipulation à deux directions (modèle de la €>« de TEsi).

ressort antagoniste est à boudin et situé en arrière du point de suspension du levier.

Le récepteur Morse est à tendeur rapide, à rouet latéral et sans translation.

Les paratonnerres sont à papier et à peignes, à deux directions, avec chevilles de court circuit pour mise à la terre (Tig. 135). Les galvanomètres sont horizontaux ou bien verticaux avec un aimant directeur placé à Tinlérieur de la boîte.

La Compagnie fait usage de relais à lapins avec sonnerie continue ou sonnerie intermittente. Ces relais, ainsi que les parleurs, sont à deux bobines.

Les sonneries sont des sonneries Faure, ou liien des tremiileuses actionnées par des relais à lapins; on en construit pour deux ou trois directions.

Pour le rappel des postes on fait usage des rappels par inversion de courant, mais pour permettre d'embrocher sur une ligne un plus grand nombre de postes, on utilise le rappel général Claude, Cet appareil est on service sur le fil direct Paris-Nancy avec quatre postes intermédiaires.

Gompaernie des chemins de fer de Paris À Lyon et À la Méditerranée. — La pile Leclanché à vase poreux est seule en usage dans les bureaux télégraphiques de la Compagnie; cependant, pour les parleurs embrochés, on emploie l'élément Leclanché-Barbier à aggloméré cylindrique. Les signaux de la voie sont assurés par des piles au sulfate de cuivre.

Quelques petites gares sont encore desservies par des appareils à cadran, mais l'emploi du système Morse a reçu un grand développement et est aujourdluii presque général.

Les paratonnerres sont des

paratonnerres à peignes :fig.

137), des paratonnerres à

peignes et à fil fusible, des paratonnerres à peignes et à papier,

des paratonnerres Bertsch.

Ces derniers paraissent suffisants à la Compagnie pour protéger les appareils et les agents; partout où ils sont installés, il est interdit de se mettre à la terre en cas d'orage.

Les paratonnerres à papier sont généralement installés pour deux directions.

Les commutateurs sont hahituellement du même genre que

Fig. 137. — Paratonnerre à peignes (modèle de la C«e de P.-L.-M).

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

les commutsteurs ronds; la colonne qui porte la manette, ainsi que les plots de contact, sont fixés à demeure sur les tables. Le cas échéant, on utilise les commutateurs inverseurs. Les galvanomètres sont verticaux.

Pig. 198. — Table de mantpulâtiOD à deux directions (modèle de la €>« de P.-L.-M.}.

Les sonneries les plus généralement employées sont des son neries à mouvenaient d'horlogerie; cependant, dans un certain iTornitire de postes, elles sont remplacées par des sonneries à re*ais avec indicateur à lapin.

Les sonneries à lapin sont construites pour deux directions.

On rencontre enfin dans quelques postes de simples trembleuses.

La Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée ne fait pas usage, comme la Compagnie du Nord, des sonneries d'urgence ; il est seulement convenu que, dans les cas d'urgence, les appels du poste qui a une dépêche à transmettre deviennent précipités et ne cessent que quand le correspondant a répondu.

On fait usage du parleur dans les bureaux qui donnent habituellement la communication directe ; cet instrument, placé sur le trajet du fil de ligne, permet d'appeler par son indicatif un quelconque des postes de la ligne et de le faire rentrer dans le circuit.

Les tables de manipulation sont d'un modèle uniforme; elles sont à deux, quatre ou six directions. La figure 138 représente une table à deux directions. Elles sont montées en fil nu, les fils passant en dessous de la table, et sont pourvues de tous les appareils accessoires installés à demeure, de telle sorte que, lorsque la table de manipulation est mise en place, il ne reste plus qu'à y attacher les fils de ligne, de pile et de terre.

Lorsqu'il est nécessaire d'ajouter dans un poste une ou deux nouvelles directions, on emploie, afin d'éviter l'installation d'une table supplémentaire, une console de poste qui porte la sonnerie, les paratonnerres, les galvanomètres et le commutateur. Celle console, fixée sur le mur, permet d'employer pour les nouvelles lignes les appareils télégraphiques de la table de manipulation ; elle est reliée aux bornes C, C de cette table.

Les consoles de coupure [ïi^, 139), analogues aux précédentes, permettent à une gare, normalement hors circuit, de rentrer momentanément sur le conducteur pour appeler une gare voisine et lui transmettre une dépêche; mais la gare munie de la console ne peut être attaquée par les gares voisines, car elle est habituellement dans la position communication directe (CD ; pour obtenir la réciprocité des appels, il suffirait de substituer un parleur à la sonnerie et de l'embrocher sur la ligne.

Pour les rappels des postes, la Compagnie emploie, sur diverses sections de son réseau, le rappel Claude, le rappel Bréguet-Rodary, le parleur Marchand.

Il nous reste à dire que les postes télégraphiques de la Compagnie comprennent quatre catégories :

1° Postes à service permanent de jour et de nuit;

2° Postes à service limité, habituellement en communication directe et rentrant dans le circuit à des heures déterminées, prévues par les règlements ;

Fig. 139. — Console de coupure (modèle de la Ci* de P.-L.-M.).

5^3° Postes facultatifs, habituellement hors circuit et ne rentrant

que pour la transmission des dépêches urgentes ; 4° Postes temporaires installés dans les maisons de gardes et

destinés principalement à assurer la circulation des trains de

ballast entre deux gares déterminées, avec lesquelles ils peuvent

correspondre; ils restent habituellement en communication

directe sur le fd omnibus.

[^ Compagnie des chemins de fer d*Orléans. — La Compagnie

des chemins de fer d'Orléans emploie la pile Callaud, petit modèle, et la pile Leclanché. Sauf sur les lignes de jonclion qui relient les gares aux bureaux de l'État et qui sont desservies par le Morse, l'appareil à cadran est seul en usage; le récepteur est (l'un modèle plus grand que celui des télégraphes de rÉlat (1/3 en l)lus environ); le manipulateur ne porte pas de commutateurs sur son socle.

Les sonneries sont à mouvement d'horJogerie, mais il en exisle phisieurs modèles dont riin présente une ingénieuse disposition imaginée^ par M. Dernier.

Les paratonnerres sont du modèle rej)résonté par la figure IK).

C'est un paratonnerre à peignes, à papier et à fil préservateur; le fil ténu est renfermé dans un

lul)e en bois. Une manette de commutateur permet la mise k

la terre.

Les galvanomètres sont verticaux.

FIg. 1 10. — Paralonncrre à peignes, à papier et à Gl pr^servaleur (modèle de la C'c d'Orléans).

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES

L'installation des tables de manipulation est faite mi-partie en dessus, mi-partie en dessous de la table.

Kig. 111. — Table de manipulation à deux directions (modHe de la Ci» d'Orlôans).

I/installation en dessous est on fil de (Miivre reconvort de soit» on (\o coton, quelquefois mc^me en fil nu.

Au-dessus des tables, ee sont des fils recouverts ou, le plus souvent, des ba^^ueltes d(^ laiton incrustées dans le !)ois de la table, légèrement arrondies et faisant saillie.

La figure iil représente une table de manipulation pour deux directions.

Les commutateurs L^, Lj permettent de mettre les deux sections de ligne sur sonnerie, en plaçant les manettes sur les plots S^, Sg. La ligne est sur appareil lorsque la manette correspondante est placée sur la plaque A. Les deux lignes, enfin, sont en communication directe lorsque les deux manettes reposent sur la plaque CD.

Des appareils de secours sont installés dans certaines maisons de gardes. Ces instruments, établis sur le fil omnibus, peuvent communiquer avec les deux stations voisines. La boîte de l'instrument, lorsqu'elle est fermée, établit la communication directe; lorsqu'elle est o4iverte, l'appareil se trouve placé dans le circuit. Pour appeler un poste, il suffît de placer la manette fixée à gauche du récepteur sur le contact de cuivre tourné du côté du poste que l'on attaque. Des étiquettes indiquent les noms des stations correspondantes. La communication avec le sol s'établit par la pression sur un ressort fixé au fil de terre.

Sur tout le réseau d'Orléans, les appels sont de deux sortes : courts et limités pour les dépêches ordinaires, persistants pour les dépêches urgentes.

La disposition adaptée aux sonneries par M. Bernier permet de voir si la station appelée est sur sonnerie et, par conséquent, si elle reçoit les appels. A cet effet, chacune des stations d'une section de ligne reçoit un numéro particulier, et dans chacune de ces stations est placée une sonnerie présentant une disposition de mécanisme différente et exclusivement affectée au service de la station.

Le système consiste à faire envoyer automatiquement par le poste appelé une série de courants qui, parvenant dans le récepteur du poste qui appelle, reproduisent l'indicatif du poste appelé. Pour atteindre ce but, le poste qui attaque doit, après chaque appel, reprendre la position de réception, revenir à la croix. Ainsi, le poste n° i appelle le poste n° 4. Le poste n* 1 place la manivelle de son manipulateur sur la lettre D et revient à la croix. Un instant après, si le poste n*' 4 a reçu l'attaque, l'aiguille du récepteur du poste n*' 1 se déplace d'elle-même et s'arrête sur le chiffre 4.

Sur certaines sections de son réseau, la Compagnie fait usage du rappel Claude pour faire rentrer les bureaux.

Compagnie des chemins de fer du Midi. ~ Les piles en service sont composées d'éléments Leclanché à vase poreux.

L'appareil Morse a été généralement substitué à l'appareil à

INSTALLATION DES BUREAUX DE GARES 233

cadran; cependant, ces derniers ont été maintenus sur les fils de secours. Ces conducteurs aboutissent aux gares munies d'une locomotive de réserve et sont destinés à la transmission des demandes de secours émanant des trains en détresse en pleine voie.

A cet effet, chaque train est muni d'un poste mobile, composé d'une boîte renfermant un manipulateur et un récepteur à cadran, ainsi que deux bobines de fil de cuivre recouvert de coton. L'une des bobines sert à prendre communication avec la terre, au moyen d'un coin en acier qu'on enfonce entre les joints de deux rails; l'autre sert à s'amorcer sur la ligne à l'aide d'une longue perche en bambou, à rallonge, terminée par un crochet à ressort.

Le poste mobile nvL pas de pile; celle-ci est à la gare de secours. A l'état normal, la pile communique avec la ligne, à travers la sonnerie du poste de secours; mais la ligne est isolée à l'extrémité de la section desservie par la gare de secours, de sorte que le circuit est ouvert. *

Dès qu'un poste mobile est installé en pleine voie, le circuit est fermé et la sonnerie du poste de secours fonctionne. A partir de ce moment, la pile actionne les deux récepteurs, quel que soit celui des deux postes qui manipule.

En réalité, l'extrémité isolée du fil de secours se trouve dans une gare de contrôle. Cette station est munie d'un manipulateur et d'un récepteur à cadran, sans pile, mais en communication avec la terre. Au moyen d'un commutateur, ces appareils peuvent être reliés au fil de secours, absolument de la même nianière qu'un poste mobile. Les postes de contrôle ont pour ll^ssion d'appeler tous les jours la gare de secours, pour vérifier ^^t de la ligne et des appareils. La gare de secours ne peut pas PpelGr la gare de contrôle dans laquelle le fil de ligne est nor- ^«^ement isolé.

ntr ^^^^^^ d^ ^^**^ particularité, les appareils télégraphiques noj'*^^ par la Compagnie du Midi ne présentent aucun caractère

es galvanomètres sont horizontaux, sous globe en verre, es j^aratonnerres sont à fil préservateur et à peignes. , ^ sonneries à mouvement d'horlogerie sont d'un emploi g^îiferç^j^ Dans les grandes gares, comportant plusieurs directions, ^11 ait xisage de relais à voyants.

^ ^^ppel général Claude est le seul employé ; il fonctionne ur le fij semi-direct de Bordeaux à Agen et sur plusieurs autres sectiox^s ^^ réseau.

Page 1