CHAPITRE XII LIGNES SOUTERRAINES
Lignes souterraines. — Gables isolés a la gutta-psrcha. — Gables Fortin-Hermann. — Gables sous papier. — Gonstruction des lignes souterraines : lignes en galerie, lignes en tranchée. — Gables armés. — Soudures. — Raccordement des lignes souterraines AVEC LES LIGNES AÉRiEN/iBs : guéiltes, poteaux de raccordement.
Lignes souterraines. — Les lignes souterraines, dont le premier essai, en France, remonte à 1855, ne reçurent, pendant longtemps, qu'un développement très restreint et, à part le tronçon installé entre Juvisy et Paris, il n'en existait guère, on 1879, qu'à Tintérieur des villes.
A cette époque, on se décida à construire un réseau comprenant des conducteurs de grande étendue.
Suivant TafTectation à laquelle ils sont destinés, les câbles employés pour la construction des lignes souterraines sont de plusieurs sortes, et, si on ne tient pas compte de ceux mis à l'essai sur certains points, on peut les diviser en trois catégories :
1° Câbles isolés à la gutta-percha ;
2° Câbles Fortin-Hermann ;
3° Câbles sous papier.
Les câbles télégraphiques souterrains les plus employés sont à 1, 3, 5 ou 7 conducteurs.
G&bles isolés èl la gutta-percha. — La composition des câbles isolés à la gutta-percha ne diffère pas sensiblement de celle des câbles sous-marins, si ce n'est qu'ils comportent souvent un nombre de conducteurs plus grand. Les procédés de fabrication sont à peu près les mômes, au moins dans la plupart des cas; nous y reviendrons dans le chapitre suivant.
Dans les câbles souterrains, le diamètre des brins qui composent le toron du conducteur est de 0,5 millimètre pour les communications urbaines ; lorsque ces brins sont au nombre de sept^ le toron a la même conductance que le fil de fer de 4 miUimètres. Pour les lignes reliées aux fils de grande communication ou aux fils internationaux, le toron de 7 conducteurs est
constitué en brins de 0,7 millimètre de diamètre et correspond au fil de fer de 5 millimètres.
Le nombre et la grosseur des brins permet de reconnaître du premier coup le modèle du câble.
Le toron est recouvert d'une couclie de composition Chatterton et de deux couches de gntta-percha séparées et reliées par une couche intermédiaire de Chatterton.
Chaque conducteur constitué de la sorte est recouvert d'un guipage en filin tanné. La différence de coloration de ces guipages permet de distinguer les conducteurs. Câblés suivant une hélice dont le pas est d'environ 75 centimètres, les conducteurs sont recouverts, tous ensemble, d'une double couche de ruban tanné, enroulé en sens inverse (fig. 281).
Ici s'arrête la fabrication si le câble est destiné à être posé dans une canalisation en fonte; mais, s'il doit être placé dans une galerie dégoût, il ne saurait rester sans protection, et on l'introduit dans un tube de plomb, dont l'épaisseur varie de 1 à 1,5 millimètre, ce qui constitue les câbles sous plomb.
Si le câble doit être abandonné à lui-même au fond d'une tranchée, il est nécessaire de Vanner. L'armature est posée, soit sur le câble guipé, soit sur le câble sous plomb.
Dans le premier cas, le câble guipé est recouvert d'un matelas supplémentaire de filin tanné, épais de 2 millimètres; il reçoit ensuite son armature, composée de 14 ou 15 fils de fer galvanisé de 4 millimètres de diamètre. Deux couches de filin, imprégné d'une composition bitumeuse, et enroulées en sens inverse protègent l'armature métallique.
Dans un autre modèle, l'armature de fils métalliques est double; colle qui est la plus rapprochée des conducteurs comporte 18 fils de 3 millimètres de diamètre; une couche de filin tanné la sépare de l'armature extérieure, formée par 18 fils de 5 millimètres.
Quand il s'agit de câble sans plomb, le nombre des fils de fer galvanisé qui protège le tube de plomb est de 2i, et leur diamètre est de 2,5 millimètres. Deux rubans de toile bitumée sont enroulés en sens inverse par-dessus ces fils.
G&bles Fortin-Hermann. — Ce câlde doit sa faible capacité à son diélectrique. Chaque conducteur est enfilé dans un chapelet de petites perles en bois paraffiné, qui se succèdent tout du long sans discontinuité. Les conducteurs, dont le nombre varie suivant le modèle du câble, sont cordés ensemble et mis sous plomb.
Le bois employé pour fabriquer les perles, est du bouleau bien sec et bien sain. L'arbre est refendu en billes de 10 à 15 centimètres,
débitées elles-mêmes à la serpe, dans le fil du bois, e;i planchettes de i centimètre d'épaisseur. Ces planchettes sont desciées en prismes à base carrée, au moyen d'une scie circulaire.
Chacun des petits prismes ainsi obtenus est présenté à un outil spécial qui, d'un seul coup, façonne les perles; un foret perce le trou central, tandis qu'une sorte d'emporté -pièce découpe la partie extérieure.
La perle obtenue de la sorte est un tube cylindrique, long de 1 centimètre ; son diamètre est de 3 millimètres. Les perles sont ensuite placées dans un ^'*«- ^*- - ^***« ''*®'^ « ^» guiu-percha. polissoir. C'est un cylindre dont
les deux bases sont grillagées, et qui se meut autour d'une de ses diagonales. Pendant la rotation continue de ce cylindre, toutes les perles défectueuses sont rejetées au dehors.
Lame de chaque conducteur se compose de trois brins de cuivre de 0,5 millimètre de diamètre.
Pour l'opération de Tenfilage, les perles sont placées dans un cylindre, où un balancier, par ses mouvements de va-et-vient, les oriente et les fait glisser, d'abord dans un entonnoir, puis dans un long tube. Elles s'engagent dans le tube une à une, et dans le sens de leur longueur, de sorte que le trou dont elles sont percées coïncide avec le centre de l'orifice inférieur du tube. Sur le môme axe est placée verticalement une aiguille d'acier, attachée au conducteur à perler; aussi, les perles s'eniilent-elles tout naturellement; il n'y a plus qu'à les faire glisser le long du fil, opération qui^s'exécute mécaniquement.
Les conducteurs sont préparés par bouts de 40 mètres, il s'agit (le les souder : un petit manchon de cuivre, d'un diamètre juste suffisant pour laisser passer le conducteur, est placé à cheval sur les deux bouts à relier; le manchon est évidé en son milieu, de façon à laisser couler la soudure. Au-dessus de cet évidement, on attache, avec du fil de cuivre fin, un petit morceau d'argent; La soudure ainsi préparée est décapée au pineau, puis soumise au chalumeau. La fusion du morceau d'argent est très rapide; elle produit une soudure solide, et il ne reste plus qu'à enlever les bavures et à faire glisser les perles qui doivent la recouvrir. La mise sous plomb des conducteurs se fait au moyen d'une ficelle engagée dans les difierents tubes. Des manchons de plomb ser>'ent à réunir les tubes ; on rapproche autant que possible les deux tubes à réunir, on fait glisser le manchon par
dessus, on soude à Tétaiii, et il ne reste plus qu'à embobiner le câble.
Le câble Fortin-Hermann donne :
Un isolement kilométrique supérieur à 200 mégohms, une capacité kilométrique de 0,05 microfarad, une résistance kilométrique de 13 ohms.
L'épaisseur du tube de plomb est de 2 millimètres pour les câbles contenant de 1 à 4 conduclcurs, et de 3 millimètres pour les câbles de 5 à 14 conducteurs.
G&bles sous papier. — Ces câbles sont isolés avec du papier, sans autre diélectrique.
Chaque conducteur est formé par un fil de 1 millimètre de diamètre, entouré de deux bandes de papier, enroulées à lonfrues spires, pour faciliter la circulation de Tair. Les conducteurs sont ensuite tordus deux à deux sur un pas de 20 centimètres pour former une paire. Réunis en nombre de paires, variant d'après le modèle, pour former un cylindre, les conducteurs sont recouverts d'une gaine de plomb de 3,5 millimètres d'épaisseur. L'enveloppe de plomb est mise au moyen d'une presse hydraulique.
Le plomb fondu est refoulé sur l'âme, qui est entraînée d'un mouvement uniforme et s'enroule sur une bobine.
Pendant la fabrication, un courant d'air comprimé et bien desséché par son passage sur du clilorure de calcium est envoyé dans le câlile et remplace le passage à l'étuve anciennement en usage.
Ce procédé, qui rend les plus grands services pour l'entretien des câbles, est dû à M. Barbarat.
La résistance moyenne des conducteurs est de 20,5 à 21,5 ohms à 12°, leur capacité moyenne de 0,06 micro farad, et leur isolement kilométrique, généralement de 3000 mégohms, peut être porté à 8000.
Le raccordement des conducteurs se fait par une simple torsade recouverte de papier; un manchon de plomb soudé sur les revêtements de môme métal des câbles ^à relier complète l'assemblage.
Si l'isolement vient à baisser par suite de l'humidité qui aurait accidentellement pénétré à l'intérieur du câble, l'isolement normal est promptement rétabli par un courant d'air sec. Ce procédé s'applique également aux câbles Fortin-Hermann, où le diélectrique est, en réalité, l'air sec.
. Pour appliquer le procédé de M. Barbarat,, on dispose, sur la canalisation d'air comprimé, un dessécheur qui, par des ajutages
placés sur Fenveloppe de plomb des câbles, permet de faire passer le courant d'air sec à Tintérieur de ceux-ci.
Cet appareil comprend des cylindres remplis de chlorure de calcium calciné, que traverse successivement Tair venant de là canalisation. A sa sortie de ces réservoirs, Tair est tamisé par un tampon d'ouate qui empoche les poussières de chlorure d'être entraînées.
L'installation est complétée, outre les robinets d'évacuation, par un manomètre et un régulateur de pression.
On s'assure de l'état de siccité de l'air en lui faisant traverser un flacon d'acide sulfurique que l'on pèse avant et après l'expérience.
Le procédé de M. Barbarat a non seulement pour efl*et de maintenir les câbles dans un parfait état d'isolement, il permet aussi de trouver facilement les piqûres des enveloppes de plomb. Pendant la circulation de l'air, celui-ci s'écoule à travers les fissures avec un fort sifflement qui décèle la présence de la fuite, à laquelle on remédie immédiatement par une soudure do plombier.
Construction des lignes souterraines. — On distingue deux sortes de lignes souterraines :
Les lignes en galerie.
Les lignes en tranchée.
Les lignes en galerie, de beaucoup les plus économiques, sont fatalement limitées aux grandes villes dans lesquelles il existe un réseau dégoûts facilement accessible. Partout ailleurs, on construit les Mgnes souterraines en tranchée.
Lignes en galerie, — Les lignes en galerie sont construites
Fi g. 282. — Lignes en galerie. — Suspension des câbles.
Fig. 2S3. — Lignes en galerie. — Suspension des câbles.
Fig. 284. — Lignes en galerie. — Crampon.
avec des câbles sous plomb, ou bien avec des câbles sans revêtement métallique, mais protégés par des boîtes en métal.
Dans les égouts de Paris, les câbles sont soutenus, de niMro on niMro, par dos supports en fer, scellés dans la maçonnerie. Ces supports (flg. 282 et 283), dont les dimensions varient avec le nonil)re de câbles à supporter, sont en fer méplat, ou mieux, on fer demi-rond; ils sont scellés à une profondeur de 4 à 7 centimètres.
Lorsqu'il ne s'agit que de câbles de faible diamètre et en petit nombre, on les soutient par des crampons (flg. 284) enfoncés dans la muraille.
Aux points de croisement, on fait parfois usage de longues tiges, recourl)éos deux fois à angle droit, et scellées au plafond de la voûte (flg. 285).
Fig. 283. — Lignes en g.ilerie. — Point de croisement.
Fig. 2«n. — Lignes en g.ileric.
Boiie de protection.
Los boîtes qui protègent les câbles sur certains points, comme dans les catacombes de Paris, sont en zinc (fig. 280). Elles sont soutenues par dos équorres scellées.
Ji'alignement que doivent occuper les supports est tracé à la craie et recoupé, de mètre en mètre, par un trait vertical; ces traits indiquent remplacement des supports en fer.
Los trous sont successivement percés et les supports mis en place. Le scellement se fait avec du ciment; un gabarit en bois permet de donner exactement la mt^mo saillie à tous les supports.
Pondant toutes les opérations en égout, un ouvrier se tient sur la cbaussée, à cùto d'un regard ouvert, de façon à pouvoir correspondre avec ses camarades; c'est le garde-plaque.
Pour le déroulement et le tirage du câble, la bobine est placée à coté de la boucbe d'ogout située vers le milieu de la section à développer, qui est généralement de 400 mètres. La bobine est montée sur un cbâssis on for, garni d'un axe; un ouvrier la fait tourner à la main. Le bout du câble est d'abord engagé^ dans
régout et tiré par un ouvrier, vers la gauche, par exemple. Cet ouvrier marche droit devant lui en portant le câble sur son épaule ; lorsqu'il a parcouru une douzaine de mètres, un second ouvrier charge également sur son épaule la portion de câble qui descend par la bouche d'égout et marche avec son fardeau à la suite du premier ouvrier. A tous les 12 mètres, un nouveau porteur entre en fonction, jusqu'à ce que 200 mètres soient ainsi déroulés. A ce moment, les 200 mètres de câble sont engagés sur les supports par tous les porteurs à la fois, chacun opérant sur la section de 12 mètres qui lui incombe. Cette opération terminée, l'équipe se réunit au-dessous de la bouche d'égout et le déroulement recommence dans la direction opposée. La bobine a été transportée de Tautre côté du regard et le câble se déroule en double. L'ouvrier qui le reçoit marche à reculons, en maintenant la boucle aussi large que possible, pour ne pas froisser le câble; lorsqu'il a fait 6 mètres en arrière, un autre ouvrier intervient, et ainsi de suite jusqu'à ce que le premier ouvrier ait parcouru 100 mètres à reculons. A ce moment, tout le câble est déroulé et forme une boucle dont les deux brins ont chacun 100 mètres de longueur. Les derniers ouvriers continuant à marcher, la tête de la boucle se déplace, petit à petit, jusqu'à ce que le câble soit complètement étendu sur tout son parcours; on le place alors sur les supports.
Il faut éviter, bien entendu, toute manœuvre de nature à détériorer le câble, boucles, frottement sur le sol qu le long de la muraille, etc. On prendra également soin de ne pas laisser les bobines exposées au soleil.
Une équipe de 20 ouvriers peut poser, en une journée, de 1600 à 2000 mètres de câble à 7 conducteurs.
Aux points de raccordement, il faut laisser chevaucher une petite portion du câble que Ton déroule sur celui qui est déjà mis en place afin de faciliter la confection des soudures.
Lignes en tranchée. — Les lignes en tranchée sont construites en câbles simplement guipés qui, alors, sont enfermés dans des conduites en fonte, ou bien elle sont installées en câbles armés et abandonnées au fond de la tranchée.
Avant Touverturc de la fouille, on en trace au cordeau la direction ôt on en indique la largeur; la profondeur à atteindre est de 1 à 1,20 mètre sur une largeur de 60 centimètres.
Les terrassiers sont espacés de 10 en 10 mètres.
La fouille terminée et son fond bien nivelé, les tuyaux y sont descendus. Ce sont des tuyaux en fonte, à emboîtement, de 3 mètres de long. L'un des bouts se termine par une sorte d'en-
tonnoir ou de tubulure évasée; c'est le bout femelle; l'autre, le bout mâle, est cylindrique. La partie cylindrique d'un tuyau s'engage dans la tubulure du tuyau suivant. L'orientation des accouplements a lieu dans le sens du tirage des câbles qui, sur la figure !287 est supposé se faire de gauche à droite. De la sorte,
le cable pénètre toujours dans le tuyau par la tubulure et ne risque pas de se heurter contre la partie cylindrique, ce qui ne manquerait pas de se produire s'il était engagé Fig. 287. - Lignes en tranchée. ^ rebours daus la Canalisation.
Canalisation en fonte. • Les dcux tuyaux étant bien
alignés et calés avec de la terre, l'ouvrier engage à l'intérieur un brip de fil, de fer ou aiguille, de 3 millimètres de diamètre; cette aiguille servira au tirage des câbles.
Pour parfaire l'assemblage des tuyaux, on commence par dégager leur point de jonction, en pratiquant au dessous une excavation qui permettra à l'ouvrier de passer là main tout autour du tuyautage (fig. 287).
Une corde goudronnée assez longue pour faire deux fois le tour du bout sans tubulure du tuyau est enfoncée à force entre
les deux tuyaux (fig. 288). On mastique ensuite avec de la terre glaise l'ouverture de la tubulure, en V ménageant un petit enton-
Fip. 288. — Lignes en tranchée. . * ' , i j •
Raccordement des tuyaux. nOir par lequel OU COUlC GU
plomb fondu qui doit remplir complètement l'intervalle compris entre la corde et la terre glaise. Dès (fue le plomb s'est consolidé, c'est-à-dire après une minute environ, la terre glaise est enlevée et le plomb est solidement maté, de façon à former un joint parfaitement élanche.
A tous les 50 mètres environ on place un manchon.
Le manchon est formé par un tuyau de 1 mètre de long, d'un diamètre assez grand pour qu'il puisse glisser sur les tuyaux adjacents; il faut donc qu'il n'existe de tutmlure ni d'un cùlé ni de l'autre du manchon; l'un des tuyaux remplit déjà cette condition, pour l'autre on fait usage d'un tuyau droit, sans tulyilure ni à un bout ni à l'autre et qu'on appelle bout droit ; les bouts droits ont 3 mètres de longueur.
Les manchons ne sont définitivement assemblés qu'après le tira.tri' des cables qu'ils permettent de surveiller au passage.
Lorsque la direction de la ligne dévie, on fait usage de tuyaux
courbes portant, comme les tuyaux rectilignes, un bout mâle et un bout femelle. Ces tuyaux qui correspondent à des angles de 45^ et de 22°30' ont des longueurs de 48 et de 37 centim^t^es.
Aux points de raccordement des lignes, aux points de soudure des câbles, dans les angles très vifs, on place des chambres de raccordement.
Ces chambres sont des sortes de marmites en fonte, de 55 centimètres de diamètre et de 30 centimètres de hauteur. Elles portent un couvercle légèrement bombé que Ton boulonne en interposant une bague de plomb entre le couvercle et la marmite ; le joint est rendu parfaitement étanche au moyen d'un mastic appelé serbat.
Les chambres sont toutes semblables et ne possèdent pas d'ouvertures pour laisser passer les câbles; ce n'est qu'au moment de la mise en place que l'on pratique, au burin, et suivant Torienlation des tuyaux, les trous dans lesquels les câbles s'engageront. A ces trous on adapte les tubulures dont les joints sont obturés avec du plomb et du serbat.
Dès que la pose d'une section comprise entre deux manchons est terminée, on s'assure qu'elle est parfaitement étanche. A cet effet, on bouche l'un des orilîces avec un tampon et on met l'autre en communication avec une pompe à air. On refoule de l'air dans la conduite, à la pression de 1 ou 2 atmosphères, pendant 10 minutes. Si pendant ce temps, l'aiguille du manomètre adapté à la pompe indique une perte, on la recherche immédiatement en vérifiant tous les joints. Les joints défectueux sont réparés ou même complètements refaits, en remplaçant l'anneau de plomb qu'on y a coulé.
L'ouvrier reconnaît les joints fautifs en présentant à chacun d'eux le dos de la main mouillée.
On peut aussi placer sur les joints de l'eau de savon qui donne des bulles lorsqu'il y a une fuite.
Les conduites sont tamponnées aux deux bouts et on procède au remblayage par couches de terre de 10 centimètres, soigneusement tassées.
Avant de commencer \v tirage des câbles, qui se fait ordinairement par sections de 400 mètres, on nettoie la canalisation au moyen d'une brosse métallique attachée au fil introduit dans les tuyaux au moment de la pose. A cette brosse, on attache un nouveau fil qui remplace le premier dans la canalisation.
On a imaginé pour le tirage des cailles un certain nombre d'appareils tels que le soleil, le tracteur, la poulie d'introduction avec entonnoir à talc.
Pour effectuer le tirage de plusieurs câbles, les bobines à dérouler, dont chacune est placée sur un châssis, sont disposées en arc de cercle en regard de la canalisation et assez loin pour que l'angle que feront les câbles en pénétrant dans les tuyaux soit très ouvert.
A l'autre bout de la section est placé un treuil sur lequel est enroulé un cordage de 500 mètres.
En avant des bobines est le soleil, sorte de châssis en forme d'étoile dont chaque câble traverse une branche entre deux galets.
Le tracteur a pour but de réunir tous les bouts de câble que Ton doit introduire dans les tuyaux et de les fixer solidement à la corde du treuil.
La poulie d'introduction guide le faisceau de câbles et répand sur eux du talc qui facilite le glissement.
Dans le service de Paris, on a renoncé à l'emploi de tous ces instruments, et toutes les opérations se font à la main (1).
La corde du treuil est amenée jusqu'aux bobines au moyen de l'aiguille en fil de fer qui parcourt la canalisation.
ti y ïz
Fig. 289. — Tirage des cAbles.
Les bobines sont rangées en demi-cercle à l'extrémité opposée à celle où est le treuil (fig. 289j. Des ouvriers A, B, C surveillent le déroulement, à raison de un ouvrier par bobine ou un ouvrier pour deux bobines au plus.
Les bouts des câbles sont attachés à la corde du treuil sur une longueur de 50 à 60 centimètres. Autour des câbles et de la corde,* on enroule des chiffons pour former un cône (fig. 290); on
^1) Beau, Annales télégraphiques, 1895.
serre fortement avec un ruban de toile et on consolide avec du fll à ligatures^ très serré et enroulé dans les deux sens.
Dès que rattache est terminée, on fait signe aux ouvriers chargés de la manœuvre du treuil de le mettre en marche. Pendant que les ouvriers A, B, C font tourner les bobines à la main, im autre ouvrier placé en D rassemble les câ- «.. ««« ». ^ ^ .- • ^ ak.
f . »* . F ig. 290. — Mode de liaison des câbles
bles. L ouvrier M, accroupi à avec la corde du treuil.
l'ouverture de la conduite, y
engage le faisceau, tandis qu'un premier aide jette du talc sur les câbles et qu'un autre fournit le fil de fer qui sert d'aiguille. A chaque manchon, un homme surveille et dirige les câbles ; il les saupoudre de talc, nécessaire au glissement.
Les manchons sont enfin mis en place, assemblés, comme les tuyaux eux-mêmes, par des joints étanches, et on referme la tranchée au-dessus d'eux, tout le reste de la canalisation étant déjà remblayé.
Avant de procéder au remblayage au-dessus des manchons et des chambres, il convient d'en repérer l'emplacement; les bornes kilométriques et l'axe des routes fournissent de bonnes indications.
Nous n'avons considéré jusqu'ici que le tirage des câbles sur une section rectiligne.
Lorsque la ligne fait des coudes, il faut sectionner le tirage et avoir prévu ce sectionnement au moment de la pose des tuyaux, dont l'orientation a dû être faite en conséquence, pour ne pas venir heurter les bouts mâles pendant l'opération.
Les bobines sont d'abord placées au manchon M et le treuil en A (flg. 291), de façon à tirer la section la plus longue dans le sens de la flèche /*, soit 200 mètres. Il reste 200 mètres de câble sur chaque bobine; ces 200 mètres sont déroulés et lovés à la main à côté du manchon M, pendant
qu'on transporte le Fig. 291. -Tirage des câbles dans les courbes.
treuil au manchon M'.
I-.es bouts libres des câbles sont attachés à la corde du treuil et le tirage a lieu dans la direction de la flèche f\ les câbles . étant guidés à la main par les ouvriers. En M', il reste encore
50 mètres de câbles à introduire dans la canalisation M'B. Ce câble est lové sur le sol, tandis que le treuil est transporté en B et le tirage se fait comme pour la section MM', dans le sens de la flèche f.
G&bles armés. — Le déroulement des câbles armés ne présente pas de difficultés. Si la tranchée est complètement dégagée, s'il n'existe pas d'obstacles entre elle et la route, la bobine de câble est installée sur un châssis, dans la voiture qui la transporte, et le déroulement se fait au fur et à mesure que la voiture avance. Si, au contraire, il existe des arbres ou d'autres obstacles entre la fouille et le chemin suivi par les voitures chargées de câble, on procède par stationnement comme pour les canalisations en fonte ; la bobine entière est déroulée et le câble déposé à bras au fond de la tranchée.
Soudures. — Les différentes bobines de câbles étant déroulées les unes au bout des autres, il s'agit d'assurer la continuité des .conducteurs en les raccordant. C'est une opération délicate qui exige beaucoup de soin et de propreté.
Les procédés ne sont pas les mêmes pour les différents modèles de câbles.
Les soudeurs sont munis de l'outillage suivant : Un fourneau de plombier; Une lampe à alcool à jet de flamme;
Une lampe à alcool avec enveloppe cylindrique percée de fenêtres ; Deux fers à polir la gutta (en acier) ; Une pince coupante; Deux pinces plates ; Un couteau ; Des ciseaux courbes; Des chiffons propres.
Pour souder deux câbles isolés à la gutta-percha, on enlève, sur une longueur de 40 centimètres, l'armature ou le tube de plomb, le revêtement, le guipage commun et le guipage particulier de chaque conducteur.
Les conducteurs qui ne sont plus recouverts que de leur enveloppe de gutta-percha, sont rapprochés de ceux du câble opposé et croisés deux à deux, en prenant soin que les points de croisement ne soient pas en face les uns des autres. Chacun des conducteurs est ensuite rogné à 5 centimètres au-delà du point de croisement et dénudé sur la même longueur. La gutta-percha est enlevée au couteau, en ménageant avec soin les conducteurs que l'on nettoie en les frottant avec le dos du couteau.
Les conducteurs sont ensuite divisés en deux groupes qui, suivant le nombre de brins du toron, sont égaux ou diflèrent
Fig. 202. — Raccordement des câbles isolés à la gutta-percha (l'« phase).
d'un brin (flg. 292). Les deux groupes, emboîtés l'un dansTautre, sont tordus Tun sur l'autre, en torsade^ comme le montre la
Fig. 293. — Raccordement des câbles isolés à la gutta-percha (2« phase).
i XymT^r^L
Fig. 294. — Raccordemeot des cftbies isolés à la gutta-percha (3« phase).
figure 293, de façon à obtenir le toron très régulier de la figure 294, toron qui mesure 3 centimètres.
Chacun des conducteurs ainsi raccordés doit avoir exactement la même longueur, de telle sorte que l'ensemble du raccordement ne présente pas de boursouflure.
De môme, les épissures dos dirt*érents conducteurs doivent être régulièrement espacées et ne pas coïncider, pour éviter ime augmentation de diamètre des câbles au point de raccordement.
Les épissures, faites comme nous l'avons indiqué, sont généralement soudées à Tétain.
Il s'agit maiutenant de recouvrir chaque toron formant un conducteur de son diélectrique et de rétablir le revêtement. On emploie pour cela de la gutta-percha en bandes, de la composition^Chatterton en bâtons et du ruban tanné.
IFig. 295. — Raccordement des câbles isolés à la gutta-percha (4« phase).
r,32 TÉLÉGRAPHIE PRATIQUE
Des deux côtés de l'épissure, on taille la gutta-percha en cône, comme on taillerait un crayon (fîg. 294). On chauffe légèrement le conducteur avec la flamme de la lampe à alcool et on Tenduit d'une mince couche de composition Chatterton, en y promenant le bâton chauffé lui-môme. La couche isolante est égalisée et polie au fer chaud ; G à 7 centimètres de ruban de gutta-percha, ramollis- à la lampe, sont présentés au soudeur par son aide. Le soudeur pose vivement ce ruban, dans le sens de la longueur, sur le conducteur encore chaud, l'enveloppe complètement, réunit les bords et fait adhérer les extrémités avec les biseaux de la gutta, situés de part et d'autre de Tépissure. Les doigts du soudeur sont humectés de salive pour éviter Tadhérence, et l'opération doit être menée vivement. Les parties de gutta en excès sont enlevées avec les ciseaux courbes, et, toujours avec les doigts mouillés, le soudeur parfait son assemblage, en pétrissant la gutta jusqu'à ce qu'il ait obtenu la forme d'un fuseau très allongé, qui est ensuite égalisé, poli au fer chaud, et dont le diamètre ne doit pas dépasser le double de celui du conducteur. La température du fer est très importante ; on l'essaie à la joue, comme on essaie les fers à repasser; il doit produire une impression de chaleur douce et avoir une teinte bleu pâle.
La confection d'une soudure ne demande pas moins d'une heure de travail.
Quand tous les fuseaux de gutta sont refroidis, chacun d'eux est.entouré de ruban tanné ; puis, réunis ensemble, ils reçoivent deux autres couches du même ruban, disposées en sens inverse, et immobilisées avec du fil à ligatures.
Dans les cùbles sous plomb, on ne saurait, sans inconvénient, rétablir à chaud la continuité de la gaine protectrice; on risquerait, en eflet, par la chaleur développée, de détériorer la gutta-percha. Avant de raccorder les deux câbles, on a enfilé sur l'un d'eux un manchon de plomb. Le raccordement terminé, on fait glisser ce manchon au-dessus de l'épissure; on le fixe de part et d'autre au moyen de solides ligatures en fil de 1 millimètre; par-dessus ces joints, on enroule du ruban goudronné qu'on assujettit de nouveau avec du fil à ligatures.
Le raccordement des conducteurs est le même pour les câbles armés que pour les câbles sous plomb. Quant à l'armature, voici comment on procède : pour le cable sous plomb, on a enlevé, sur chacun des bouts à raccorder, 40 centimètres de la gaine protectrice; pour le câble armé, on rogne de 40 centimètres sur le bout de gauche tous les fils de rang impair de l'armature, et sur le bout de droite tous les fils de rang pair. Il reste donc, par
quantités égales, sur chacun des câbles à relier, des fils lon^s et d'autres écourtés de 40 centimètres. Les fils longs sont relevés pour ne pas gôner Touvrier pendant la confection de l'épissure des conducteurs. La soudure terminée, les fils longs sont rabattus et logés dans les espaces laissés vides par les fils courts, de sorte que tous les fils longs du câble de gauche viennent se placer en regard de tous les fils courts du câble de droite, et réciproquement. Les fils de Tarmature, ainsi raccordés, sont maintenus par des ligatures en fil de 2 millimètres; le tout est recouvert de chanvre suiffé ou bitord, assujetti lui-même par une nouvelle ligature.
Le raccordement des câbles Fortin-Hermann se fait à laide d(î manchons en ébonite, spécialement construits pour cet usage.
Le manchon (fig. 2%) porte un trou central, pour la circulation (le l'air, et sept trous latéraux à travers lesquels passeront les conducteurs à épisser. Ces trous latéraux, pratiqués obliquement dans la matière, sont réunis deux à deux par dos gouttières longitudinales qui serviront de logement aux épissures.
A chacune de ces extrémités , le manchon est évidé
sur une profondeur de 1 centimètre. Les gouttières sont numérotées et permettent de reconnaître facilement les conducteurs qui y sont engagés.
Sur chacun des deux câbles à raccorder on enlève de lo à 20 centimètres de plomb. Les perles sont refoulées à l'intérieur du câble et, au besoin, on en enlève jusqu'à ce que, sur chaque conducteur, il n'en reste plus que deux en dehors de la gaine de plomb; le conducteur plié à angle droit les empêche de s'échapper.
Chacun des conducteurs du premier câble est engagé dans un des trous du manchon en ébonite et, en tirant sur ces conducteurs, on repousse le manchon jusqu'à ce que la gaine de plomb s'engage dans l'excavation et vienne buter contre l'épaulement avoisinant les trous. On procède de la môme manière pour le second câble. On fait ensuite les épissures des conducteurs opposés, et ces épissures, bien serrées et bien
Fig. 296. — Manchon de raccordement pour câble Fortin-Hermann.
Fig. Î97.
Mâchoires de recouvrement.
polies il la pince, sont couchées dans les gouttières dont elles ne doivent pas dépasser les bords supérieurs.
Le manchon en ébonite est recouvert par deux surfaces demicylindriques, également en ébonite, qui l'emboîtent exactement (fig. 297). Deux bagues de plomb sont glissées de part et d'autre
du manchon en ébonite, jusqu'au contact et sont serrées avec un pince de gazier. Pardessus le tout on glisse un manchon de plomb, préalablement enfilé sur l'un des câbles et on soude h Tétain, a la manière ordinaire. On emploie pour cela la lampe à alcool à jet de flamme et de la stéarine; la
Fig. 298.
Soudure des câbles Fortiu-Hermann.
Fig. 299. — Coupe d'un raccordement du cAble Fortin-Hermann.
soudure qui présente l'aspect de la figure 298 est égalisée avec un tampon de>soie imbibé de suif.
LXi:^.i^^ia- r-MA.i^
Fig. 301. — Coupe de la rosace.
Fil»
Ca"blc 65
Fig. 300. — Rosace d'une guérite.
Fig. 302.
Agrafe du conducteur souterrain.
Sur la figure 299, on voit : on DD le câble coupé dans le sens de sa longueur, en BB les bagues de plomb, en N 1^ manchon en ébonite, en CC le couvercle d'ébonite qui protège et isole les épissures des conducteurs, en MM le manchon de plomb.
Raccordement des lignes souterraines avec les lignes aériennes. — Le raccordement des lignes souterraines avec les
Fig. 304.
Agrafe du conducteur aérien.
ïi
:jM)
Fig. 303.
Entrée de poste d'une guérite.
Fig. 305. — Borne à cxmtre-écrou recevant les i
lignes aériennes se fait dans des guérites analogues aux guérites de coupure, ou bien sur des poteaux
Fig. 306. — Installation des paratonnerres Bertsch.
spéciaux dits poteaux de raccordement.
Guérites. — Ce sont des 'constructions
Borne. I
Fig. 307. — Insullation des paratonnerres Berlscb.
en bois posées sur des dés en pierre de
taille reliés par une assise en maçonnerie.
Sur la paroi du fond, une rosace est
Fig. 308.
Poteau de raccordement.
Fiff. 309.
J'oteau de raccordeiuent Jacot.
lELEGRAPHIE PRATIQUE
fixée par des ferrures d'environ oO centimètres, qui la maintienneid éloignée de la cloison (fig. 300 el 301).
Les conducteurs souterrains, arrivant par le plancher, sont séparés sur une longueur de 1,20 mMre, traversent la partie centrale évidéi* de la rosace et se terminent par une agrafe (fig. 302) portant une étiquette en cuivTC sur laquelle sont inscrits le numéro du câble et celui du conducteur.
I)*autre part, les fils aériens, arrêtés sur le dernier appui, aboutissent à des isolateurs d'entrée de p(»stc, vissés le long d'une traverse i\xé{} à la face extérieure de la paroi qui supporte la rosace (fig. 303). Sur ces conducteurs sont soudés des fils recouverts de gutta-percha qui, traversant des tu!)es coudés en porcelaine, pénétrent à l'intérieur de la guérite et se terminent par des agrafes en cuivre (fig. 304).
Sur la rosace, des bornes à contreécrou (i\g. 305), disposées sur une circonférence d'environ 1,20 mèln* de diamètre, reçoivent les deux agrafes du conducteur souterrain el dn conducteur aérien que l'on veut réunir; mais, auparavant, le conducteur aérien a été relié à un paratonnerre destiné à protéger la ligne souterraine.
Les paratonnerres sont montés de chaque côté de la guérite, sur des plaques de tôle, comme le montrent les figures 306 et 307. Ce sont des paratonnerres Bertsch, dont le fil de terre est habituellement soudé à la canalisation en fonte de la ligne souterraine.
LIGNES SOUTERRAINES b'M
Poteaux de raccordement, — Les poteaux de raccordement sont des appuis métalliques ou des poteaux en bois de forte taille.
Les poteaux métalliques (flg. 308), plantés dans de la maçonnerie, sont en tôle; les tôles sont boulonnées sur deux nervures en fer méplat qui laissent libre un espace assez considérable à l'intérieur du poteau ; tels sont les poteaux Desgoffe et les poteaux en fer zorès.
A la hauteur de la canalisation souterraine, un trou est pratiqué dans la base du poteau.
Quand le poteau n'a pas de disposition spéciale pour recevoir les paratonnerres, on loge ceux-ci dans une boîte étanche et fermant à clé, interposée entre la ligne souterraine et le poteau. Les conducteurs souterrains, ou leurs prolongements en fil recouvert, sont introduits dans le poteau, en ressortent par des tubes en porcelaine recourbés et sont enfin soudés aux fils aériens, arrêtés sur les isolateurs placés immédiatement au-dessous des tubes.
Pour les poteaux en bois, M, Jacot, inspecteur du service de Paris, a imaginé le dispositif suivant :
En sortant de la canalisation en fonte, les câbles montent le long du poteau et sont recouverts par ime gaine en tôle, vissée sur le bois du poteau. A hauteur d'homme, se trouve un vaste collier en tôle entourant tout le poteau. C'est une boîte fermant à clé et contenant les paratonnerres Bertsch {i\^, 309). De cette boîte partent les nouveaux conducteurs qui se relieront aux fils aériens et qui sont également protégés par ime gaine en tôle. Au-dessus de chaque isolateur est placé un tube de fonte qui aboutit à la gaine de tôle et par lequel passe le conducteur venant de la ligne souterraine; il est soudé au fil aérien arrêté sur l'isolateur situé immédiaiement au-dessous du tube de fonte par lequel il débouche.
Historique. — Cables sous-marins; fabrication, épissures. — Pose des câbles soismarins; navires télégraphiques^ machinerie, engins divers. — Immersion des ubleà SOUS-MARINS. — Essais élbctriques pendant la fabrication et pendant la pose.
Historique. — Sans nous arrêter aux premi^res conceptions de la télégraphie sous-marine qui, suivant des auteurs autorisés, remonteraient à 1815, nous ne retiendrons que ce fait capital : le 25 septembre 1851, l'Angleterre fut reliée à la France par un câble à quatre conducteurs. Une entreprise plus audacieuse encore fut menée à bonne fin quelques années plus tard: en 1858, après plusieurs échecs, un câble fut immergé avec succès dans TOcéan entre l'Irlande et Terre-Neuve. Le 5 août la pose était terminée, mais le conducteur ne fonctionna jamais bien régulièrement; il fut interrompu au bout de vingt jours. La possibilité de communiquer télégraphiquement entre l'ancien et le nouveau monde était néanmoins démontrée. Ce n'est cependant qu'en 18G6 que les relations télégraphiques entre les deux continents furent pratiquement réalisées et restèrent depuis ininterrompues.
En 1869, la France eut son câblé indépendant entre Brest et Saint-Pierre et Miquelon.
C&bles sous-marins. — Les câbles sous-marins se composent:
1" D'une dme formée par un conducteur central recouvert d'une enveloppe isolante ou diélectrique ;
^'^ D'un revêtement destiné à séparer l'âme de l'enveloppe extérieure, en môme temps qu'à la consolider;
3° D'une armature rigide servant à protéger l'âme contre les avaries auxquelles l'exposerait le contact des objets extérieurs, et aussi à donner au câble une résistance mécanique suffisante.
Fabrication. — Le conducteur est formé par un toron, quelquefois de trois fils, mais le plus souvent de sept fils de cuivre tordus ensemble. Lorsque le conducteur est à sept brins, chacun d'eux a habituellement 0,7 millimètre de diamètre et les six
brins de la périphérie sont câblés autour du conducteur central.
Ce conducteur est recouvert d'une couche de composition Chatterton qui bouche les interstices et donne de l'adhérence à la gutta-percha qui formera le diélectrique.
Dans la machine affectée à la fabrication, du toron, le conducteur central traverse une cuvette remplie de composition Chatterton fondue dont il se recouvre ; il monte ensuite jusqu'à une fûïbre où viennent le rejoindre les six fils dii pourtour, dont les bobines de déroulement occupent la circonférence d'un disque tournant. A l'intérieur de la filière, et par suite de la rotation du disque, ces fds s'enroulent autour du conducteur central en s'incrustant dans la couche de composition Chatterton qui le recouvre. Les torons ainsi préparés sont enroulés sur des bobines, par bouts de 2 milles marins de longueur.
La composition Chatterton est composée de : 3 parties de gutta-porcha, \
1 partie de résine, ? en poids.
1 partie de goudron de Stockholm, )
Avant d'être appliquée sur le conducteur, la gutta-percha du commerce, bien que choisie avec le plus grand soin, est soumise à une série de manipulations qui ont pour objet d'éliminer ses impuretés.
La gutta-percha est un suc laiteux que l'on obtient en incisant Técorce de certains arbres de l'Archipel Indien.
A l'air, ce suc se sofidifle et devient brunâtre; l'action de l'oxygène de l'air le résinifie et le rend cassant, mais, sous l'eau, il se conserve presque indéfiniment.
Insoluble dans l'eau, l'alcool, les alcalis et les acides étendus, la gutta-percha est très soluble, surtout à chaud, dans l'éther, la benzine, la térébenthine. Sa densité est d'environ 0,981; elle se ran)ollit vers 37° ; entre 50 et 60°, elle devient plastique et fond vers 100°.
Sur la machine qui sert à recouvrir les conducteurs de leur diélectrique, on place habituellement 5 ou 6 torons de fils disposés parallèlement; ils traversent une caisse contenant de la composition Chatterton fluide et en ressortent par une fil ère qui ne leur laisse emporter qu'une mince couche de Chatterton. Ils arrivent ensuite à un réservoir contenant la gutta-percha et, à leur sortie, des filières calibrent l'épaisseur de la couche isolante.
Les fils ainsi recouverts sont refroidis dans des cuves à eau, à la température de 12 ou 13°, puis, ils sont enroulés sur des tambours, tandis qu'un ouvrier exercé les fait glisser entre ses doigts pour constater qu'il n'existe ni soufflure ni gerçure.
Doux autres couches de composition Chatterton et de gultapercha sont superposées de la môme manière, le diamètre des
filières étant seul changé dans les machines.
Les âmes sont mesurées et pesées ; le poids du cuivre étant connu on en déduit celui du diélectrique; on procède ensuite aux essais électriques, puis les bohines sont conservées sous l'eau et à Tahri de la lumière jusqu'à ce qu'on les utilise.
Avant d'armer les âmes de câbles, on les recouvre généralement de deux couches de rubans de chanvre ou de jute, enroulés en hélice et en sens inverse, dans le but d'éviter tout contact entre l'âme et les (ils de fer composant l'armature. Il y a • quelques années encore, on faisait \ usage de chanvre et de jute tan- I nés; il a paru préférable depuis » d'imprégner le ruban d'ozokérilc fondue; cette substance, que Ton i appelle aussi c\re fossile, est de la ç paraffine à l'état natif.
La machine à enrouler le chanvre ou le jute est analogue à celle qui sert à fabricpier le toron du conducteur : l'àme à recouvrir traverse un axe creux sur lequel est monté lui plateau garni d'autant de bobines qu'il y a de fils à enrouler.
L'àme est animée d'un mouvement recliligne horizontal, tandis que l'axe creux et le plateau tournent rapidement autour d'elle; les bobines, en laissant les fils se dérouler, permettent leur enroulement en hélice le long de l'àme. Des guides et un frein complètent l'assemblage.
La seconde couche est enroulée de la môme manière, mais en procédant en sens inverse.
La flgiire 340 représente une machine destinée à enrouler les âmes (les câbles à plusieurs conducteurs, ainsi qu'à les recouvrir de chanvre et de toile.
L'expérience a conduit à armer différemment les câbles des mers profondes et les câbles côtiers ou d'atterrissement; on a môme admis un armement intermédiaire entre ces deux types.
L'armement des câbles de haute mer se fait habituellement avec des fils de fer de 2 à 3 millimètres de diamètre, enroulés suivant une hélice à lon^ pas autour de l'âme recouverte de son revêtement de jute.
L'armature des câbles d'atterrissement ou des câbles côtiers se fait avec de gros fils de fer ou bien avec des torons formés de fils de 3 à 6 millimètres de diamètre. On peut encore constituer une double armature en employant du câble de mer profonde, dont on recouvre l'armature d'une couche de chanvre pour appliquer par-dessus une seconde armature plus résistante. On peut également, pour obtenir une grande solidité, faire usage de fils d'acier ou de fds de fer homogène^ c'est-à-dire de fer légèrement aciéré.
Les fils de fer des armatures sont en fer très doux, bien recuit et galvanisé ; ces fils sont préalablemet essayés au point de vue de leur résistance à la traction et à la flexion.
Les machines employées pour armer les câbles sont, en principe^ analogues à celles qui servent à recouvrir les âmes de chanvre et de jute. Mais il a fallu éviter ici la torsion des fils de fer pendant leur mouv(»ment de rotation autour du câble : torsion qui n'avait pas d'inconvénient lorsqu'il s'agissait de matières textiles; on y est arrivé en compliquant le mécanisme dont la description ne saurait trouver place dans cet ouvrage élémentaire.
La puissance des nuicbines varie évidemment avec la nature de l'armature à enrouler; ces machines ont des efforts considérables à vaincre et supportent des poids très élevés. Les bobines sont manœuvrées à l'aide d'une grue, lorsqu'il s'agit de les remplacer, et on réunit le fil d'une bobine au fil de la suivante par une soudure fait(» au moyen d'une forge portative.
Il existe trois types de machines, une pour les câbles de haute-mer, une pour les câbles intermédiaires, une pour les câbles d'atterrissement.
Épissurfs. — Nous avons dit que les âmes étaient livrées par brins d'environ 2 milles marins.
Pour les relier les unes aux autres et en constituer un conducteur de grande longueur, on fait des (épissures.
On peut procéder comme pour les câbles souterrains, mais on applique do préférence des méthodes spéciales qui ont pour objet de ne pas augmenter le diamètre du conducteur.
L'un des procédés consiste à dénuder les deux bouts des conducteurs à raccorder, à les saisir dans deux étaux convenablement rapprochés, à limer en sifflet les deux bouts et à les étamer. On les rapproche et on les lie fortement avec un mince fll de cuivre; on soude ensuite.
Dans une autre méthode, on taille en biseau chacun des brins des deux torons et on les soude deux à deux, en observant qu'après la soudure tous les fils doivent avoir la même longueur et que les différentes soudures doivent, sans coïncider, être uniformément réparties sur une longueur d'environ 2 centimètres.
On refait ensuite le toron, mais pour que chacun des fils y reprenne sa position naturelle, il faut que l'opération ait été exécutée avec beaucoup de précision.
Les soudures sont faites à l'étain avec de la résine ou de la stéarine.
Le soudeur est toujours accompagné d'un aide, de façon à n'avoir à toucher à aucun objet extérieur pendant son travail.
La soudure de l'enveloppe de gutta-percha se fait comme s'il s'agissait d'un câble souterrain. On dépose autant de couches de gutta, réunies par de la Chatterton, que Tàme elle-même en comporte, seulement, les soudures des rubans de gutta sont inversées, c'est-à-dire que sur la soudure longitudinale de l'un des rubans, on applique la partie médiane du ruban suivant.
S'il s'agit de relier ensemble deux tronçons de câbles armés, deux cas peuvent se présenter :
1° Les armatures des deux câbles sont semblables ;
:2° Elles sont dissemblables et diffèrent notablement entre elles, comme lorsqu'on réunit un câble de haute mer à un câble çôtier.
Dans le premier cas, on emploie des procédés analogues à ceux que nous avons indiqués pour les câbles souterrains armés.
Cependant, en raison des eft'orts considérables qu'aura à supporter l'épissure, il convient de la consolider.
Ce résultat est obtenu à Taide de fortes ligatures en fil de fer de 1 millimètre et, pour empêcher le glissement, on fait sortir une ou deux fois les fils de l'armature en dehors de la ligature pour les emprisonner ensuite sous cette dernière. Une couche de bitord fortement serré recouvre Tépissure, en la débordant des deux côtés.
Dans le cas du raccordement de deux câbles dont les armatures sont dissemblables, on fait une épissitre en queue de rat. Les fils de Tarmature du câble le plus gros sont enroulés autour de l'armature du câble le plus petit, puis fortement ligaturés avec du fil de fer de 1 millimètre. Comme dans le cas précédent, l'épissure est recouverte de bitord.
Au moment de l'immersion de l'épissure, on peut encore la consolider en y plaçant une bosse, c'est une forte corde de chanvre, solidement fixée de part et d'autre de l'épissure. Cette corde est plus courte que la portion de câble comprise entre ses deux points d'attache, de sorte qu'elle supporte tout l'effort de traction.
Pose des c&bles sous-marins. Navires télégraphiques, — La flottille chargée de poser et d'entretenir les lignes sous-marines (tans le monde entier se compose aujourd'hui d'une trentaine de navires.
Kn France, le François-Arago et le Pouyer-Quertier appartiennent à des compagnies privées.
L'Ampère et la Charente sont la propriété de l'État.
V Ampère est chargé de l'entretien des câbles de la Manche et dos câbles côtiers de l'Océan; il séjourne habituellement au Havre.
La Charente est affectée au service de la Méditerranée et mouille à La Seyne, à l'usine môme que le gouvernement possède on cet endroit pour la réparation et l'armement des câbles.
LAmpèj^e est un navire déjà ancien, il a été acquis en Angleterre on 1803 ; avant 1870, il s'appelait le Dix-Décembre,
Sa coque est on fer; il mesure 52,40 mètres de longueur, 8 mètres do largeur et 4,93 mètres de creux; son tonnage est de 383 tonneaux ; sa vitesse est de 10 nœuds.
La Charente, également en fer, affectée depuis 1873 au service des câbles, mesure G5,70 mètres de longueur, 9,50 métros de largeur et 5,55 mètres de creux; son tonnage est 548 tonneaux; sa vitesse est de 10 à 11 nœuds.
Sans nous attacher à une étude minutieuse des moyens dont disposent ces doux navires, nous examinerons sommairement la machinerie installée sur les navires télégraphiques en général, on vue de l'immersion et du relèvement des câbles.
En premier lieu, le navire contient des cuves étanches (fig. 312) ilans lesquelles le câl)le est emmagasiné et reste sous l'eau, même pondant l'immersion. Ces cuves, formées de fortes tôles, solidement boulonnées, sont des cylindres à base circulaire, quelquefois elliptique.
Un tambour en tôle en occupe le centre. Une tuyauterie appropriée permet de les vider et de les remplir facilement. Le câble y est lové à sa sortie de l'usine. Soutenu par un jeu de poulies, il arrive jusqu'à un tambour, muni d'un compteur et actionné par une machine à vapeur. Le câble est rangé dans la cuve par couches horizontales, les spires serrées les unes contre les autres, de la périphérie au centre. Un bout de 50 à 60 mètres est maintenu libre et remonte le long de la paroi verticale pour permettre, en temps utile, Fépissure avec le câble d'une autre cuve. La dernière spire enroulée près du tambour central, on ramène le câble vers la périphérie pour recommencer une seconde couche, et ainsi de suite. Un lait de chaux posé sur chaque couche empêche l'adhérence du revêtement bitumeux avec celui de la couche suivante.
La cuve est remplie d'eau petit à petit, de façon à baigner toujours la dernière couche posée.
Machinerie. — La machinerie comprend habituellement une machine pour l'immersion et une autre, indépendante, pour le relèvement. Chacune de ces machines est constituée par un tambour et des freins, et complétée par des appareils de retenue, un dynamomètre et une roue d'immersion.
La roue d'immersion est supportée par une plate-forme installée tout à l'arrière du navire et surplombant la mer (flg. 311 et 313); cette roue porte une gorge profonde dans laquelle le câble est engagé ; un couvercle mobile empêche le câble de s'échapper. Sur les bords de la plate-forme sont fixés, d'espace en espace, de forts anneaux en fer auxquels sont attachées des cordes doubles en chanvre ; on les enroule autour du câble lorsqu'il est nécessaire de l'empêcher de glisser; la traction du câble suspendu dans l'eau ne s'exerce plus alors sur la partie restée à bord; on dit que le câble est bossé^
dl6
TÉfirBÔRAPHIE PRATIQUE
L Cmusot
Fig. 313. ~ Roue d'immenion.
Lm 'dynanomëtres afFectenl; diverses formes : en général l'appireil est placé è ég^te âifitaaoe de deux p€Milies*^ides;il est pourra d'xme pcdilie scmè laquelle passe le câble ; phis la :tensiMi (dn câble est faible, pins le peads de la poulie le fait fléchir; mais, à mesure que ^sa tension augmente, il tire sur la
poulie qui remonte en èandant un ressort; on conçoit qu'on puisse, au moyen d'ime aiguille mobile sur vue règle ou sur un cadran, gradués expérimentalement, évaluer Teffort que le câble exerce sur la poulie.
Sur wi bâti S (flg. 314) sont montées quatre colonnesG,C en acier forgé. A la partie supérieure, ces quatre colonnes sont assemblées par une plaque D ; elles sont également unies par une plate-forme P\ La pièce P qui supporte Taxe de la poulie Q, dans la gorge de laquelle s* engage le câble, est montée à glissière sur les quatre colonnes C, C; elle est liée à un ressort R comprimé par le poids du plateau P et de la poulie Q. Le plateau P commande une Aiguille qui se meut sur un cadran gradué. Le câble engagé sous la poulie Q a pour effet de soulever le plateau P et ce mouvement de bas en haut, dont rétendue dépend de la tension du câble, est accusé par le déplacement de Taiguille sur le cadran.
Le dj'namomètre destiné à TimmersioB est placé à l'arrière du navire.
L'appareil de retenue est représenté mfl sur la figure M^; on l'appelle helding-back. Il est formé par deux rangées de pièces demi-circulaires en fonte, soUdement montées sur un bâti. L'ime des rangées, composée de trois pièces, est fixe; les deux pièces de la seconde rangée correspondent Htix intervalles qui existent entre les pièces de la première et sont mobiles. On peut les déplacer au moyen d'Un jeu d'engrenages et resserrer ou élargir le chemin sinueux formé par Teiisemble«de ces organes, chemin que doit parcourir le >câble avant
TIg. 3Î4. — DynanioniMre.
Avant
-.Amàre
Fig. 315. — Machine d'immeisloQ.
L Oourlin
ta.
son entrée dans la machine d'immersion» En avant et en arrière
du holding-back sont des rouleaux-guides qui facilitent le
glissement.
Nous prendrons comme type de machine dlmmersion, celle de la Charente, installée tout récemment sous la direction de M. Morris (1).
Les pistons M du moteur (flg. 315) agissent par des bielles sur Taxe ce; celui-ci, par le pignon 2 engrène la roue dentée r, calée sur Taxe a.
Le même axe a porte à son extrémité le tambour en tôle T sur lequel le câble est enroulé deux ou trois fois. Le tambour a environ 2 mètres de diamètre; son pourtour représente une gorge plate d'environ 40centimètres de large, garnie de deux rebords en saillie. Des pièces en acier rangent le câble sur le tambour au fur et à mesure de son passage.
Un compteur de tours est adapté à Taxe.
Le disque F, monté
fsur le même axe que le tambour, supporte le frein dont nous
parlerons tout à Fheure.
e. L'arbre ce porte un second pignon 3 qui, par un arbre inter-
,(1) Morris, Annalei télégraphigueê, 1895.
médiaire garni des roues 4 et 5, communique le mouvement à la roue 6 et à Tarbre d.
L'arbre d avec ses poupées aux deux extrémités forme ainsi un treuil à vapeur.
Parle pignon i, la roue r communique également le mouvement à Tarbre 66 d'un frein hydraulique 0. Les embrayeurs E, E'' permettent d'établir à volonté la liaison d'une part entre le moteur et l'arbre a, d'autre part entre l'arbre a et le frein hydraulique 0.
Ce frein est à trois corps de pompe ; il aspire l'eau par lo tuyau A et la refoule par le tuyau R. Les conduits A et R ont la même section, mais R est garni d'un robinet-vanne qui permet de rétrécir l'oriflce d'écoulement. Ce robinet est manœuvré par un volant S dont l'axe porte une roue dentée engrenant avec un secteur également denté qui fait corps avec l'axe du robinet.
Lorsque le robinet du tuyau R est en partie fermé, l'eau aspirée par A ne trouvant plus son écoulement normal oppose à la marche des pistons une résistance d'autant plus forte que la section de R est plus réduite ; de là un ralentissement dans \& mouvement du tambour et dans le déroulement du câble.
Le frein F est un frein à rubans dont la flgure 316 représente schématiqucment la disposition.
Sur deux lames d'acier, minces et flexibles, sont rivées des* traverses de bois qui s'appliquent sur le pourtour du disque monté sur l'arbre du tambour de la machine d'immersion. Les bouts F, F' des ressorts d'acier sont attachés à un long levier L qui pivote autour du point 0 et qui supporte les poids variables P, P'. Au-dessous du levier L se trouve une sorte de balancier auquel est attachée la chaîne ce, manœuvrée par une roue de gouvernail B. Il est facile de voir qu'en abaissant ou en élevant le levier L on serre ou on desserre les ressorts F, F' et que la pression des sabots en bois contre le disque varie en conséquence. L'homme qui manœuvre la roue B observe le dynamomètre et agit dans un sens ou dans l'autre, suivant les indications fournies par cet instrument.
On évite réchauffement en faisant baigner la partie inférieure du disque dans une caisse remplie d'eau froide.
Le frein à ruban installé sur la Charente et que l'on voit en F sur la flgure 315 est manœuvré par le volant /.
La machine de relèvement, placée à l'avant du navire, comprend des organes analogues à ceux de la machine d'immersion. Elle possède deux tambours T, T (fig. 317) dont l'un sert à manœuvrer les fllins des bouées, des grappins, des dragues et
ILIQNES SOUSi-MARIIÉEaSt
autres engins^ et Vautre est aiffëcié ai> relènreniMÉ da eàbtei Chacun des tambours est pourvu d'un frem àruhaaôFvF. Leé. CTEibrayeuars, E^E' permettont, ée nitfftbre Im roue motrice R en relation avec V\m> ou avec- Fa«tre^ ées. deux tamlMNirs.
Fig. 318. — Roue de relèvement.
Un dynamomètre analogue à celui dont nous avons parlé précédemment, est placé à Tavant ainsi que les poulies de renvoi. L'installation se termine enfin par la roue de relèvement (fig. 318) disposée d'une manière analogue à la roue d'immersion.
Engins divers, — L'outillage, à bord, doit comprendre tous les engins nécessaires pour retrouver les câbles, les saisir et les remonter, enfin, indiquer leur emplacement. Tels sont les dragues, les grappins, les champignons etles bouées.
Les cordages à l'aide desquels on manœuvre ces puissants engins sont
composés de brins de fil d'acier de 2,5 millimètres de diamètre ealiourés de cordelettes e» chanvre de manille- goadarottiié (fig. M^ et 320). On assemble ces toro*is par 3, 4s 5 ou 6, et les différente brms ainsi cordés sont eux-mêmes réiiinis pou<p former ua eâl>te dont le diamètre atteint souvent 35 millimètres. Ces. coréag«9
Fig. 319, 320. — Cordages.
sont fractionnés en longueurs bien définies que Ton réunit par des émerillons (flg. 321).
On fait aussi usage de cordes uniquement en chanvre ou de chaînes en fer à fortes mailles.
Les grappins ont de 3 à 6 branches ; ils pèsent de 50 à 250 kilogrammes. Parfois, leurs branches sont arrondies (fig. 322); d'autres fois, elles font, avec la tige centrale, des angles aigus dans lesquels le câble dragué s'engage avec force et est plus facilement retenu (flg. 323).
Les champignons (flg. 324 et 325) sont destinés à mouiller les bouées ; ce sont des tiges verticales, terminées par des calottes sphériques qui, en s'enfonçant dans la vase, y deviennent plus adhérentes que ne le seraient les grappins; c'est, en quelque sorte, un système d'ancrage pour les bouées.
Leur poids varie entre 50 et 250 kilogrammes. Les bouées sont destinées à repérer certains points du parcours
Fig. 821. ÉmeriUon.
Fig. 322. — Grappin.
Fig. 323. — Grappin.
des lignes sous-marines ou bien à indiquer l'emplacement des câbles que l'on a été obligé d'abandonner en mer et qu'on se propose de relever plus tard. Suivant leur importance et leurs dimensions, elles sont en liège, en tôle ou en bois. Elles affectent
la forme d'un œuf, d'une poire ; d'autres fois, ce sont deux cônes assemblés par leur base, ou bien im baril plus ou moins gros, lesté à sa base.
Les grandes bouées sont en tôle d'acier de 4 millimètres d'épaisseur, galvanisée sur les deux faces et boulonnée sur une membrure en fer cornière; ces bouées sont garnies d'un couvercle boulonné gui masque un trou d'homme permettant de visiter, de vider ou de réparer l'intérieur. Ces bouées sont habituellement, sur les navires, suspendues à des porte-manteaux, comme les embarcations ; elles pèsent près de iiOO kilogrammes;
Fig. 33^. — Champignon.
Fig. 323. — ChampignoD.
leur grand diamètre est d'au moins 2 mètres, et leur hauteur de 2,30 mètres.
La figure 326 montre une bouée en bois de 1,06 mètre de diamètre et de 1,08 mètre de hauteur; elle porte à sa partie inférieure un contre-poids, et à son sommet un pavillon visible à 2 ou 3 milles en mer. Elle pèse 112 kilogrammes.
Immersion des c&bles sous-marins. — Le tracé idéal des lignes sous-marines est la ligne droite qui réunit les deux points d'atterrissement, choisis généralement dans des baies bien abritées.
Cependant, la nature des fonds peut amener à s'éloigner, sur certains points de la voie la plus directe; la connaissance des fonds et de la profondeur des eaux est donc d'une importance capitale.
TEUttlBAPRIB PRATIQUE
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C'est à ràide de soudaines répétés; que Vçm arme k Aétemioet le tracé eocaict d^- la ligne d'immersioa. A dé&ut d'iftstiniiiieiit» spéciaux, les sondages s'opèrent à Taide de masses 4e plomb» en towwm d'olive: La pairtie supérievare poirto imi «iUei anqueL on attache* la ligncy longue cojpde' de^ cbaotyre dlviflé^ (m braises. La partie inférieuse du pl0nib de sonde est aplanie et é^idée; Té^i*
deflteafc est gaunâ de* siûl^ ce qui petm«t de ra^ porter des échimtililiMe du fond, fttattd on ïdè^ie la sonde.
Pour opérer un sondage, on arrête le navire et un homme laisse filer la ligne entre ses doigts jusqu'à ce que le plomb touche le fond. A ce moment, l'opérateur éprouve une sensation à laquelle il ne peut se tromper; il ne reste plus qu'à mesurer la ligne immergée en la relevant.
Sur le rivage, au pohit de départ de la ligne sous-marine, on construit une guérite montée sur une embase en maçonnerie et édifiée elle-même en maçonnerie ou bien en plancher. Cette guérite servira à abriter les instruments de mesure et le personnel préposé aux essais électricpies pendant la pose; elle servira aussi à protéger le point de raccordement du câble avec la Hgne souterraine ou aérienne aboutissant au bureaii télégraphique le plus voisin.
A partir de la guérite, on creuse dans la direction de la met une tranchée d'au moins 1 mètre de profondeur; on la prolonge jusqu'au niveau des plus basses eaux, et au delà, s'il est possjl^Ie. Le navire porteur du câble vient mouiller le plus près possible du rivage, l'arrière tourné du côté de la terre. Si les eircoostances et l'outillage du navire s'y prêtent, le moyen le plus
Fig. 3id. — Bouée.
LÏGNliS SOUS^MARTNES 555
shnpte de' ]mer le ' câble d'atterriseement est le'saivaat : Une* forte corde de cbattvre dent rextvéniité reete^ ftxée à; bord, eet conduite à terre par une embarcation. Sur le rivage, dewx po»lies- hovizoalales- distante» dB â.ou 30Q mètres sonA très solidement ui8faiiKe»r I* eorde est eng^agiée dans les gorges de ces devar pcmlies- et est ramenée h bord à; Tavaiit du navire. Le câMe* d*aAlerrisaemeiik est attaché au bout de la corde qui n'a pasquitté le naiTirev et e^ déroulé par la machine dlmmersiid»; l'extrémité de la corde ramenée au navire est montée sur la; maeMne de relèvement ou sur un treuil à vapeur, de sorte que le* câble se déroule par Tarrière, tandis que la corde de retoujr qui l'entraîne dans la direction de' la guérite s'enroule paP'^ l'aivant. Afiit d'éviter le frottement du câble sur le tond de la mer pend(BSffe le déroulement, on l'allège, d'espace en espace, au: niioyen de bavriquies vides attachées par des cordages que Ton €Owpe ensuite pour- laisser le câble coulera fond.
Si ce moyen n'est pas praticable, on en est réduit à lover le câble sur des radeaux que l'on fait remorquer par une embarcation. Une corde est préalablement tendue entre le navire et la terre, et c'est ew s' appuyant sur cette corde que le remorqueur, en se héflant à bras d'hommes, se dirige vers le rivage. Les Iiommes montés sur le radeau remorqué déroulent le câble à la main, la vitesse de déroulement étant réglée par un frei» improvisé.
La pose du câble d'atterrissement terminée, on remblaie la tranchée, d'abord avec du sable fin, puis avec des galets et des pierres.
L'épissure du câble d'atterrissement avec le câble intermédiaire ou avec le câble de mer protonde est effectuée pair les procédés que nous avons fait connaître.
Cette opération terminée, l'immersion commence. Elle se conr tinue en laissant au câble le mou nécessaire, établi d'après des tables spéciales, calculées à l'avance, suivant les profondeurs, et d'après la vitesse du navire, vitesse comprise entre 6 et ^ nœuds à Theure. Pendant la durée de Timmersion, le câble est continuellement soumis à des essais électriques.
t'atterrissement, au point d'arrivée, se fait dans les mômes conditions qu'au départ; cependant, il arrive parfois que le câble d'atterrissement au point d'arrivée a été posé le premier et que le navire est revenu sur lest, en faisant des sondages le long du parcours, pour prendre son chargement de câble de haute mer et procéder à l'alterrissement au départ. Dans ce cas, le câble côtier du point d'arrivée a été abandonné en mer, amarré à une
bouée. Le navire, après avoir immergé toute la ligne, accoste cette bouée, relève le bout du câble côtier, établit Fépissure et abandonne le tout à la mer.
Il ne nous a pas été possible d'indiquer ici toutes les manœuvres et surtout toutes les précautions que nécessitent les opérations multiples auxquelles donnent lieu Tinimersion et le relèvement des câbles sous-marins; nous avons voulu seulement donner une idée générale des grands travaux relatifs à leur fabrication et à leur pose.
Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à F excellent Traité de Télégraphie sous-marine de M. Wunschendorff, qui nous a souvent servi de guide au cours de ce chapitre.
Essais électriques pendant la fabrication et pendant la pose. — Les câbles sous-marins, tant pendant leur fabrication que pendant leur pose, sont soumis sans interruption à des essais électriques permettant de constater qu'ils n ont pas subi d'avaries et qu'ils remplissent les conditions stipulées aux cahiers des charges.
Ces conditions varient évidemment pour les différents câbles et si nous nous en tenons aux câbles qui relient la France à l'Algérie, nous pouvons dire que ce type qui se rapporte à des câbles ayant 5 à 600 milles marins de longueur, a la spécification suivante :
Conducteur : toron de 7 fils de 0,7 millimètre de diamètre;
Poids du conducteur : 48 kilogrammes par mille marin ;
Poids du diélectrique : 63 kilogrammes par mille marin;
Résistance maximum : 12 ohms par mille marin, à la température de -|- W centigrades.
Capacité maximum : 0,36 microfarad par mille marin.
L'isolement, mesuré avec une pile d'au moins 100 volts, doit être compris entre 300 et 1500 megohms, à la température de 24* et après une électrisation de deux minutes.
Les mesures d'isolement, de résistance et de capacité des âmes se font sur des brins de 2 milles marins, enroulés sur des bobines qui sont plongées dans une cuve à eau maintenue à 24*» centigrades et après un séjour de vingt-quatre heures dans ce bain.
Les âmes reconnues bonnes peuvent être, après ces essais, recouvertes de leur malelassure de chanvre ou de jute et de leur armature.
Pendant l'immersion, il y a lieu de s'assurer constamment de l'isolement et de la continuité du conducteur. Pour cela, il faut posséder à bord une installation électrique bien agencée comprenant des piles, des galvanomètres, des condensateurs, des
caisses de résistance, des clés, des appareils de transmission, etc. Sur le rivage, dans la guérite d'atterrissement, on organise également un dispositif d'essai.
Voici, d'une manière générale, comment on procède :
Le courant de la pile placée sur le navire chargé de la pose est envoyé en permanence dans l'âme du câble à travers un galvanomètre.
Au point d'atterrissement, le câble est isolé, mais il est relié au contact de travail d'une clé simple.
Le ressort de cette clé peut rester isolé ou bien être porté soit sur son contact de travail relié au câble, soit sur son contact de repos réuni à un galvanomètre à la terre d'autre part. Le ressort de la clé communique avec l'armature d'un condensateur dont la seconde armature est en relation avec le galvanomètre, dans les mômes conditions que le plot de repos.
Toutes les cinq minutes, le ressort de la clé est mis en contact avec le plot de travail, le condensateur se charge; on le décharge après chaque observation en mettant le ressort de la clé en contact avec son plot de repos.
Si le câble est en bon état, la charge du condensateur reste la même dans chacune des expériences et le galvanomètre accuse la même élongation.
S'il y a rupture, le galvanomètre cessera de dévier au moment où on abaissera la clé ; s'il y a simplement défaut, la déviation sera moins forte que lorsque le câble était en bon état.
A bord, le galvanomètre intercalé dans le circuit de la pile fournira des indications analogues.
Le sens du courant est changé périodiquement, à des intervalles convenus à l'avance, par exemple, d'heure en heure. II faudra également prévoir les moments où l'on devra correspondre avec la terre. Pour les cas imprévus, iî est entendu que les appels provenant du rivage consisteront en manœuvres répétées de la clé qui se traduiront sur le navire par les oscillations du galvanomètre. Les appels venant du navire consisteront à renverser le sens du courant, ce qui changera le sens de la déviation du galvanomètre installé dans la guérite d'atterrissèment.