PERTURBATIONS
Pendant toute la durée d'une aurore boréale, les aiguilles aimantées librement suspendues ou montées sur pivot ne conservent plus la direction nord-sud; elles sont animées de mouvements irréguliers, se déplacent vers la droite et vers la gauche sans raison apparente; à certains moments, l'aiguille subit une brusque déviation, à d'autres, ses oscillations deviennent lentes.
Les lignes télégraphiques, à l'approche des aurores boréales, et avant même que les premières lueurs aient fait leur apparition, sont parcourues par des courants dont l'énergie augmente à mesure que le phénomène lumineux s'accentue. Ces courants affectent souvent toutes les lignes d'une môme région, sans que l'on puisse préciser la loi à laquelle ils obéissent. On a remarqué cependant que lorsqu'un conducteur est influencé par ces courants, les autres flls qui suivent la môme direction sont influencés de la môme manière et avec une énergie à peu près égale.
De môme aussi à une augmentation dans l'intensité lumineuse de l'aurore boréale correspond toujours une recrudescence d'énergie dans les courants.
Les courants électriques auxquels une aurore boréale donne naissance ont, à certains moments, une durée très appréciable; à d'autres moments, ils sont instantanés. Dans le premier cas, les galvanomètres des bureaux dévient et les récepteurs Mopse restent sur contact tant que le courant persiste sur la lignei ; dans le second cas, les galvanomètres sont brusquement déviés, tandis que les armatures des récepteurs Morse, dans leurs mouvements précipités, font entendre un bruit analogue à celui que produisent les points transmis dans un parleur.
Quelle que soit d'ailleurs la nature des récepteurs, ces contacts, lorsqu'ils se produisent pendant la transmission des télégrammes, dénaturent les signaux et obligent à des répétitions fréquentes. On parvient à neutraliser leurs effets tant qu'ils ne sont pas très énergiques, en tendant les ressorts antagonistes des récepteurs, pour les rendre moins sensibles, ou môme en augmentant le nombre des éléments des piles. Quelquefois cependant ces moyens deviennent impuissants et on est obligé de suspendre momentanément tout travail.
Les courants électriques développés par les aurores boréales ont été, dans différentes occasions, assez énergiques pour produire des étincelles dans les bureaux; ce fait est tout à fait exceptionnel et d'ailleurs ne constitue pas un danger réel.
Perturbations produites par les orages. Précautions à
prendre. — Pendant les orages, surtout au moment des éclairs, les appareils des bureaux sont traversés par de forts courants instantanés, parfois assez intenses pour désaimanter les aiguilles des galvanomètres, fondre ou volatiliser les (ils Ans.
Des étincelles éclatent entre des pièces métalliques souvent distantes de plusieurs mètres. Le personnel lui-ménoe peut être frappé s'il ne prend les précautions nécessaires.
<c Les décharges produites par les orages s'observent quelquefois à des distances très, considérables. A 500 ou 600 kilomètres d'un orage et môme plus, quand il est violent, il peut parvenir assez d'électricité, sinon pour donner des étincelles, du moii^ pour faire fonctionner les récepteurs, et Ton peut suivre, dans un bureau télégraphique, la marche d'un orage par lïntensité des décharges, qui s'apprécie aisément, et reconnaître s'il s'éloigne ou se rapproche (1).
Sur les lignes aériennes, les isolateurs sont parfois brisés par la décharge, les poteaux fortement endommagés, fendus siir toute leur longueur et même réduits en miettes. Il n'est pas rare que les poteaux frappés soient séparés par plusieurs autres restés intacts.
Pendant les orages et môm« à leur approche, le travail télégraphique devient toujours diffkîile, souvent impossible et quelquefois dangereux.
L'employé qui transmet voit son récepteur reproduire des contacts de nature à lui faire supposer que son correspondant le coupe ; l'employé qui reçoit est lui-même gêné dans son travail; s'il fait usage de l'appareil à cadran, Taiguilte diu réceptenr déraille à chaque instant; avec l'appareil Morse les signaux sont dénaturés par tous les courants orageux qui viennent se mêler à ceux qu'envoie le correspondant.
Les paratonnerres que nous avons vu figurer dans Tinstallar tion des postes sont suffisants pour prévenir tous les accidents; encore faut-il qu'ils soient en bon état et convenablem^it manœuvres.
0» se rappelle que, dans tous les postes, te fil de ligne eomisu* nique avec la manette du paratonnerre à une bobine sans pointes.
Cette manette permet :
1° De mettre la ligne sur paratonnetre (le galvanomètre et te récepteur sont alors dans le circuit).
â^ D'isoler la ligne ou, comme on disait autrefois, ée la mettre sur boh (le galvanomètre et le récepteur soiïI; liora du circuit).
(Il MUviff, Nmiveau traité été Télégraphie électrique, t I, p. 393*